Billets publiés le 3 mai 2012

Martin LessardCe que signifie la chute de Branchez-vous!

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 publié le 3 mai 2012 à 15 h 07

Branchez-vous! (BV), le premier portail techno québécois indépendant, a passé l’arme à gauche hier. Ainsi en a décidé Rogers Media.

La chute de BV envoie le signal de la fin de la récré dans le créneau de la production de contenu à faible valeur ajoutée. Il ne semble plus y avoir de place pour tout le monde dans ce créneau. Or, un gros joueur vient de débarquer au pays. BV est probablement la première victime du Huffington Post.

« Malheureusement, les sites qui sont des joueurs solitaires ne font plus partie de la stratégie », précise la porte-parole de Rogers Media, sur Argent.

Qui pleura la disparition de Branchez-Vous?

« Je n’écrirai plus dans Branchez-vous. Le portail vendu à Rogers il y a deux ans a fermé ses portes sans préavis hier vers 14 heures. Je l’ai appris sur Twitter », raconte Pascal Henrard, chroniqueur à Branchez-vous depuis 7 ans.

« BV c’était souvent n’importe quoi, mais aussi un (petit) salaire pour des pigistes (parfois) très bons », lance Geneviève Lefebvre, auteure de Chroniques blondes et ChezJules.tv.

« Branchez-vous c’était aussi beaucoup de textes repiqués des grands médias, parfois sans attribution. Je ne pleurerai pas pour ça », écrivait hier Nathalie Collard de La Presse sur Twitter.

BV était la première plateforme qui était indépendante des grands groupes médiatiques à ses débuts. Même s’il n’a jamais réussi à vraiment prendre la première place, il faisait figure de pionnier dans le milieu. Bien sûr, le contenu était à moitié repiqué des autres médias (dixit son fondateur), mais c’était, au début, la plateforme qui a tenté de faire découvrir Internet aux Québécois (d’où son nom en forme d’impératif).

La vraie question est de savoir si oui ou non la disparition de BV va générer un vide sur le web.

Combat dans un créneau limité

Retrancher ce que vous voulez au web, ça ne sera toujours qu’une goutte d’eau qu’on enlève à l’océan. BV disparaît? Huffington le remplace.

L’attention des lecteurs est aujourd’hui captée par les réseaux sociaux numériques. Par la « conversation », par les échanges, les lecteurs sentent qu’ils participent à une certaine construction de l’information. Et c’est par le partage que se fait ou se défait une audience.

« La seule chose qui distinguait Branchez-vous! d’un site complètement anonyme était ses blogueurs. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas de gros noms pour attirer les lecteurs, qu’ils n’avaient pratiquement aucune visibilité (saviez-vous que Gérald Larose avait un blogue sur Branchez-vous?) et qu’ils n’étaient jamais cités dans les médias électroniques (même dans les médias sociaux, je voyais rarement leurs propos être repris ou cités. Problème). » précise Nathalie Collard dans son billet.

Dans le tsunami permanent de contenu qu’est devenu Internet, ce n’est plus « publier ou périr », mais « être retweeté ou périr ». C’est l’effet épileptique auprès des médias sociaux qui compte pour les propriétaires de plateforme.

Direction les limbes

Doit-on accepter pour autant que tous les contenus de BV disparaissent? Les archives nationales du Québec ne devraient-elles pas se porter acquéreuses des contenus de BV pour la postérité? C’est ce que demandait ce matin Michelle Blanc, auteure et blogueuse.

À moins de conserver les URL d’origine, tout transférer BV sur un autre serveur (ou pire, sur un disque dur) correspond à tout perdre dans les faits pour le commun des mortels. BV se retrouvera dans une sorte de limbes pour archivistes, pour témoigner d’une décennie qui a vu la montée en puissance du web dans toute la société (ça équivaut bien aux relations écrites des jésuites au début de la colonie!).

En tombant dans ces limbes, BV ne restera plus que le souvenir d’une tentative de combattre la surabondance de l’information par la production d’encore plus de contenu. Voyons maintenant comment les autres réussiront à s’en sortir…

Dans un monde numérique où le web est omniprésent, êtes-vous conscient de l’information que vous diffusez à travers tous les différents canaux de communications? Êtes-vous du genre à partager vos moindres faits et gestes ou au contraire, à préférer la discrétion à tout prix?

On nous espionne…

Gina, Martin, Philippe et moi-même nous sommes penchés sur la question de la vie privée et tout ce qui entoure la confidentialité sur Internet. Savons-nous vraiment ce que les entreprises font de nos données personnelles? Où est la limite entre le domaine privé et la vie publique sur la toile? Voilà quelques questions que nous avons explorées et auxquelles nous proposons humblement des pistes de solutions.

De retour en audio pour une dernière fois, c’est ainsi que se conclut cette série de huit balados. N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires au sujet de Triplex en balado. Nous espérons que vous avez apprécié la formule et nous vous invitons à continuer de lire notre blogue cet été.

Émission 8 : sommaire

L’émission d’une quarantaine de minutes a été tournée au café Laïka et est divisée en sept chapitres :

00:00 – Introduction
01:28 – Sommes-nous conscients de l’utilisation de nos données personnelles sur le web?
06:15 – Donnons-nous notre autorisation trop facilement
10:55 – Sommes-nous désensibilisés au danger sur le web?
18:50 – Où tracer la limite?
27:50 – Le phénomène de la ludification
35:55 – Questions en rafale

Vous pouvez vous abonner à la baladodiffusion sur iTunes. Si vous utilisez un autre agrégateur de contenu, copiez / collez l’adresse du fil RSS à l’endroit approprié.

Finalement, vous pouvez aussi télécharger la huitième émission, tout simplement.

Équipe de Triplex en balado :

Participants et blogueurs : Gina Desjardins, Laurent LaSalle et Martin Lessard
Animateur : Philippe Marcoux
Musique : Pierre Crube
Réalisatrice : Marine Fleury
Preneur de son et monteur : Martin Boulanger
Édimestre : Félix Antoine-Viens
Photographe : Christian Côté
Infographe et intégratrice web : Marie-Anne Seim

Pour en savoir plus

Voici quelques articles sur le sujet à lire à titre de complément d’information :