Martin LessardGoogle et le vol de données WiFi

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 publié le 30 avril 2012 à 14 h 58

Google a rendu accessible le rapport du FCC, le bureau fédéral américain des communications, concernant l’enquête sur les voitures de Google Street View qui captaient les signaux WiFi des résidences.

En 2010, le pot au rose est sorti quand les Européens ont découvert que Google collectait des informations sur les réseaux WiFi ouverts en même temps qu’elle photographiait le quartier pour son célèbre service de cartographie.

À cette époque, Google prétendait que c’était une erreur et qu’elle n’avait jamais eu l’intention de colliger quelques données que ce soit.

Google Street View

Sésame, ouvre-toi

Un réseau WiFi ouvert est un réseau qui ne chiffre pas les communications qui y ont lieu. En ayant les appareils et les logiciels adéquats, il y a moyen de capturer et de décoder facilement ce qui y circule (courriel, mots de passe, etc.)

Or, à la lecture du rapport, on voit bien que ce ne pouvait pas être une erreur de la part de Google. Plusieurs codeurs sont passés à tour de rôle dans le programme de captation de données; ce n’était donc pas un coup d’un ingénieur isolé. Malgré les dires répétés de Google, le rapport montre que les données emmagasinées étaient destinées à une analyse ultérieure.

« Nous enregistrons les signaux WiFi pour trianguler la position d’un utilisateur [au moment du passage de la voiture] et aussi ses données qui y circulent. »

Pour quelles raisons? Nul ne le sait. Les supérieurs des ingénieurs à la base de ce projet de collecte disent n’avoir pas vraiment lu le document de recherche avant de l’approuver. Pour plus de détails, consulter le blogue de Zorgloob ou le New York Times.

(cc) Lyudagreen

Ce géant qui vous veut du bien

Connaissant les ambitions démesurées du géant de Mountain View d’avoir toutes les informations du monde entier, les données personnelles sont son prochain eldorado.

La question de la vie privée à l’ère numérique donne bien du fil à retordre. D’un côté, on cherche à ne pas se faire espionner par les voitures de Google, mais de l’autre côté, on va mettre tous ses fichiers personnels sur leurs serveurs (voir l’article de Laurent sur Google Drive).

Les avantages du numérique d’un Internet omniprésent semblent dépasser les inconvénients d’une perte de vie privée. Ne pas participer à la vague numérique est-il une solution viable, alors que tous les services migrent en ligne? Vie privée, vie recluse?

Il est bien difficile de ne pas suivre. Commençons par verrouiller nos réseaux WiFi à la maison…

Internet, Sécurité