Martin LessardCes serveurs qui polluent le plus

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 publié le 18 avril 2012 à 9 h 12

« Infonuagique » est ce terme utilisé pour parler des informations qui sont sur des serveurs « quelque part ». Le mot « infonuagique » a l’avantage de ne pas cacher la technologie derrière le mot idyllique « nuage » (cloud). Vos gazouillis sur Twitter, vos photos sur Facebook, vos PDF dans votre boîte de courriel ont beau être faits de bits virtuels, il faut les stocker quelque part. Et ils le sont dans des centres de données, bien réels, dans « l’infonuagique ».

Mais ces centres de données consomment de l’énergie. Beaucoup d’énergie. En fait, tant que vous conservez vos documents en ligne, elles consomment de l’énergie.

Si on voyait les documents stockés en ligne comme une voiture stationnée, mais avec le moteur en marche, on n’aurait plus l’image bucolique du « nuage ». Sauf si l’on pouvait savoir quels serveurs consomment une énergie propre.

Au Québec, par exemple, on s’imagine que nos serveurs utilisent de l’énergie propre, grâce à l’hydro-électricité. Mais si on utilise des services en ligne américains, on utilise leur énergie provenant des centrales aux charbons…

La prise de photo avec Instagram consommera de l’électricité d’ici, mais son stockage, lui, se fera sur des serveurs dont on ne connaît pas l’empreinte écologique.

Le palmarès des centres de données qui polluent

Un rapport de Greenpeace (PDF) évalue 14 entreprises du secteur des technologies de l’information pour observer leur chaîne d’approvisionnement en énergie.

Greenpeace

« Les entreprises ne doivent pas uniquement se contenter de surveiller leur consommation d’électricité : elles doivent aussi se demander d’où provient l’électricité qu’elles consomment. » Voici le palmarès de Greenpeace.

Les mauvais élèves
Amazon, Apple et Twitter n’accordent pas suffisamment d’attention à la provenance de l’électricité qu’elles consomment. Quand vous naviguez sur Amazon, achetez sur iTunes ou tweetez, vous contribuez au problème environnemental.

Les bons élèves
Yahoo, Google et Facebook montrent l’exemple en utilisant de plus en plus les énergies renouvelables. Ça ne vaut pas dire que vous pouvez mettre à jour son profil Facebook ou Google plus davantage, mais vous pouvez être rassuré que ces firmes s’enlignent vers le bon chemin.

Plus d’info ici (rapport court et rapport long). Pour faire de la pression sur les mauvais élèves, c’est ici.

Et au Québec?

« Avec des surplus de production électrique renouvelable au Québec, le gouvernement Charest devrait activement attirer l’installation ici de centres de données », selon Éric Darier, directeur de Greenpeace au Québec.

Puisque la climatisation est la source de consommation la plus importante dans les centres de données, le Québec est effectivement bien placé pour tirer avantage des longs hivers froids pour diminuer la consommation énergétique.

Pour le Plan Nord, on compte offrir des routes aux entreprises minières; on pourrait aussi offrir plusieurs liaisons en fibre optique ultra haute vitesse pour alimenter des centres de stockages (seul ce type de centre peut supporter une latence causée par la distance).

Ainsi, quand vous voudrez laisser un fichier en ligne, au lieu de le supprimer, il sera au frais et au vert.

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