Billets publiés le 11 avril 2012

Laurent LaSallePAX East : un salon du jeu ouvert à tous

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 publié le 11 avril 2012 à 12 h 37

Penny Arcade est une bande dessinée en ligne mise à jour régulièrement depuis 1998. Elle met en vedette Gabe et Tycho, les alter ego respectifs du dessinateur Mike Krahulik et de l’auteur Jerry Holkins, que l’on retrouve généralement au milieu d’une conversation en lien avec les jeux vidéo ou l’actualité technologique.

Attirant en moyenne près de 3,5 millions de lecteurs au quotidien, la bande dessinée, tantôt satirique tantôt humoristique, est l’une des plus populaires sur la toile. Elle s’adresse à un public averti, considérant par exemple que l’un de ses personnages récurrents est un robot de forme humanoïde qui extrait le jus des fruits en les forniquant (d’où son nom, que je ne répéterai pas ici). Vous voyez le genre?

Le succès de Penny Arcade est tel que ses instigateurs ont mis en place leur propre salon dédié au jeu, tant les jeux vidéo que les jeux de table (des jeux de rôle comme Donjons et Dragons ou des jeux de société classiques). Son nom : Penny Arcade Expo (PAX).

PAX Prime et PAX East

En réalité, PAX se divise en deux événements distincts : PAX Prime (l’événement original existe depuis 2004 et se déroule à Seattle) et PAX East (l’événement pour la côte est existe depuis 2010 et se déroule à Boston). Ces événements attirent individuellement entre 60 000 à 70 000 participants, un nombre nettement supérieur à l’Electronic Entertainment Expo (E3), salon annuel du jeu vidéo qui attire en moyenne 40 000 participants.

De plus, contrairement à E3, qui est réservé aux gens de l’industrie, PAX est ouvert à tous. Par conséquent, il est convenu d’y croiser des centaines de costumédiens (ou cosplayers en anglais), dont certains arborent un accoutrement à couper le souffle (dans tous les sens du terme).

PAX East 2012 avait lieu la fin de semaine dernière, soit les 6, 7 et 8 avril. N’écoutant que mon courage, j’ai bravé les kilomètres en voiture pour vous livrer un compte-rendu de mon expérience.

Conférences

Dans la même veine que le Comic-Con de San Diego, PAX East offre un horaire de conférences portant sur une panoplie de sujets diversifiés : les communautés en ligne, comment bâtir son propre jeu de rôle, comment devenir concepteur de jeux vidéo, la dépression chez les maîtres de jeu, etc. Par contre, pour poursuivre la comparaison avec E3, à PAX East, les fabricants ne prennent pas la scène pour dévoiler les produits qu’ils planifient lancer dans l’année.

Parmi les conférences auxquelles j’ai assisté, je dois admettre que ma préférée a été celle animée par Jordan Mechner, le père de la franchise Prince of Persia. Visiblement timide, Mechner a raconté ses débuts, lorsqu’il programmait pour le plaisir de la chose sur son Apple II, à une époque où « il n’y avait pas d’Internet pour nous dire que développer son propre jeu était impossible ». Son premier jeu, Deathbounce, fut fortement inspiré d’Asteroids, le succès de 1979.

Un aperçu de Deathbounce

Seulement, lorsqu’il envoya sa réalisation à Broderbund Software, son studio préféré, on critiqua l’aspect vieillot de son jeu (même pour 1982). C’est à ce moment qu’il fit la distinction entre le jeu d’arcade, programmé de sorte que le joueur dépense tout son argent pour développer ses habiletés et obtenir un meilleur score, et le jeu domestique, qui aurait tout intérêt à raconter une histoire. Deathbounce ne sera jamais publié, mais de cette réflexion naîtra Karateka, et par la suite Prince of Persia.

Tandis que Mechner répondait à quelques questions à la fin de sa présentation, quelqu’un s’est empressé de lui demander de rendre disponible le code source de Deathbounce. Mechner a d’abord trouvé l’idée ridicule, et bien qu’il tentait par tous les moyens d’expliquer l’absurdité de la chose, la foule est demeurée insistante. Il a abdiqué le jour même par le biais de son blogue. Il en a profité par la même occasion pour rendre son jeu libre de droits. N’importe qui peut maintenant le compiler pour en faire une version pour n’importe quelle plateforme.

Jeux

Bien que l’engouement des annonces n’atteigne pas celui d’E3, certains studios ont profité de l’événement pour dévoiler des nouveautés. C’est le cas entre autres de 2K Games, qui y a présenté une version interactive de XCOM : Enemy Unknown, un reboot de la populaire franchise des années 90.

XCOM : Enemy Unknown préserve le genre établi par son prédécesseur. Il s’agit donc d’un jeu de stratégie dont l’interaction se fait à tour de rôle. Bien que cette caractéristique ait cédé sa place à une interaction en temps réel de nos jours, certains studios semblent prêts à assumer le risque en ressuscitant ce style de jeu. J’en parlais d’ailleurs dans la conclusion de mon billet sur Kickstarter avec le jeu Wasteland 2.

La perspective isométrique est préservée dans XCOM : Enemy Unknown

Le jeu respecte donc en tout point la version originale. Vous êtes responsable d’une base militaire internationale anti-extra-terrestre et vous devez à tout prix défendre la planète contre l’envahisseur. L’ambiance est cyberpunk, un genre qui fait également un retour (avec des titres comme Deus Ex : Human Revolution). On retrouve les mêmes races d’extra-terrestres aux côtés de quelques nouveaux venus. Le jeu prend également quelques libertés, comme celle de limiter les troupes à six soldats au maximum, afin d’offrir une meilleure expérience de jeu.

D’autres jeux étaient également sur le plancher : FarCry 3, FireFall, Borderlands 2, Hitman : Absolution, Assassin’s Creed 3 et j’en passe. J’aurai peut-être l’occasion de vous en reparler dans un autre billet.