Billets publiés le 29 décembre 2011

Martin LessardCinq robots à surveiller

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 publié le 29 décembre 2011 à 8 h 30

Pour mes chroniques techno de l’émission La sphère sur la Première Chaîne de Radio-Canada, Matthieu Dugal, l’animateur de l’émission, et Martine Hippolyte, la réalisatrice, m’ont proposé cet automne le défi de rapporter une histoire de robot chaque semaine. Défi relevé.

Voici un petit tour d’horizon des robots, présentés ou non à l’émission, qui m’ont le plus impressionné. Je ne m’attendais pas à trouver autant de diversité. Je vous en offre un aperçu.

Le robot mollusque

On connaît les robots à forme humaine, en fer et en O.S. Mais on n’avait pas encore essayé de fabriquer un robot mou comme un mollusque, sans aucun morceau dur, qui se tortille pour passer sous les obstacles.

Bâti avec du polymère élastique, il n’a aucune composante dure à l’intérieur. D’une grosseur de 15 cm, il a 4 jambes, pas de tête, et se déplace dans un mouvement qui rappelle à la fois celui de l’étoile de mer et celui de la chenille à cause de l’air comprimé.

Les scientifiques cherchaient un moyen de doter les robots d’articulations flexibles. Actuellement, les articulations des robots sont des mécanismes rigides, fixes et lourds. Ce robot mollusque est probablement le chaînon manquant.

Le hybrot

Les « hybrots » sont des robots composés de cellules d’êtres vivants. Contrôlés par les neurones provenant du cerveau d’un rat, déposé dans une solution, avec des électrodes, le hybrot (contrôlé à distance par des technologies sans fil) peut effectuer des mouvements simples et éviter des obstacles.

Un des buts de ces expériences consiste à apprendre comment le réseau neuronal synaptique apprend (vidéo).

L’exosquelette

Moins un robot au sens propre, il vient décupler la force de celui qui le porte « comme un squelette extérieur » (exosquelette). Évidemment, l’armée se trouve très intéressée par ces appareils.

Ça me fait penser au BlueBipod de NITech, une paire de jambes qui marche toute seule (vidéo), portée par la gravité. C’est le principe du slinky, quoi! Le blueBiPed a marché pendant 13 heures, sur 15 kilomètres, tout seul, juste avec l’énergie potentielle de sa pesanteur. Il peut aussi servir de robot transporteur (vidéo).

Le robot gardien de prison

Voici un autre robot à surveiller — ou plutôt, c’est lui qui cherche à nous surveiller. Le ministère de la Justice sud-coréen a autorisé l’usage de robots pour garder la prison de Pohabg au sud-est de Séoul.

Les robots patrouillent dans les couloirs pour détecter toutes activités suspectes et anormales, comme des comportements violents dans des cellules. Les robots n’interviennent pas, mais alertent tout de suite les gardiens humains. J’avais écrit sur le sujet plus tôt cet automne, et je suis toujours étonné qu’on en soit rendu là.

Le robot violoniste

Bon, celui-ci intéressera moins l’armée.

Fabriqué par Toyota il y a quelques années et présenté à l’exposition de Shanghai de 2010, il est vraiment symbolique de l’image qu’on se fait d’un robot humanoïde. Même si les musiciens n’apprécieront pas, c’est lui que je trouve le moins menaçant et en même temps le plus troublant…

Robotique en 2012

L’année prochaine se tiendra à Kuala Lumpur, en Indonésie, RoboticsAsia 2012,  le plus grand salon de robotique en Asie. On peut s’attendre à de nouvelles avancées qui seront annoncées dans ce domaine.

À mon avis, c’est du côté des « robots assistants » que l’on verra des innovations qui vont frapper l’imagination. D’ici là, on pourra voir un avant-goût de ce qui nous attend à Innorobo (Innovation Robotic Summit), le sommet européen consacré à l’innovation et à la robotique de services, en mars 2012 à Lyon.