Gina DesjardinsL’accessibilité du web pour les personnes handicapées

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 publié le 3 novembre 2011 à 15 h 38

Martin Lessard a fait un bon résumé de la journée Web-In, qui se déroulait cette semaine, dans son billet Ces défis qui nous attendent, mais je me permets de revenir sur une conférence qu’il n’aborde pas et qui m’a beaucoup plu : celle de Catherine Roy, directrice du Centre de recherche et d’expérimentation sur l’inclusion numérique (CREIN).

Catherine Roy travaille depuis 20 ans à l’amélioration des conditions de vie des personnes handicapées. Elle nous a rappelé qu’il y a 750 millions d’handicapés sur la planète et que les technologies de l’information peuvent contribuer à leur inclusion et à leur participation sociale.

« Je pourrais vous parler également du caractère novateur de l’accessibilité. Que nous, les personnes handicapées, avons été parmi les premières à expérimenter des technologies que vous tenez maintenant pour acquises, de la technologie GPS à la reconnaissance vocale au contrôle de l’environnement, etc. Que nos situations de handicap continuent à être une source intarissable pour votre créativité… » Effectivement, parmi les nouvelles technologies, plusieurs ont d’abord été développées pour aider les personnes avec un handicap.

Comme les conférences du Web-In ne duraient qu’une dizaine de minutes, elle a trouvé comment rapidement faire passer son message, en nous présentant la vidéo Demain, le web sera plus humain : « Je vais vous inviter à écouter. À écouter des membres de ma communauté vous dire pourquoi l’inclusion numérique n’est pas optionnelle pour une société comme la nôtre, qui se veut ouverte, tolérante et juste. »

Je vous invite à mon tour à regarder sa vidéo. Selon Catherine Roy, c’est un sujet mal compris, ignoré, et dont on ne parle pas assez. Prenez six minutes. Et parlez-en. Et si vous êtes développeur de sites web, pensez-y avant de créer votre prochain site. Les personnes handicapées ne devraient pas être exclues.

Tel que mentionné sur le site Internet de Catherine Roy, les intervenants de la vidéo sont : Alain Elmaleh, coordonnateur du Centre Alpha-Sourd, Deborah Kennard, présidente de Vie Autonome Montréal métropolitain, Mireille Manavella et Gérald Miller, respectivement agente de développement et directeur général du Regroupement des aveugles et amblyopes du Québec, et Laurence Parent, vice-présidente du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec.

Les témoignages vont tous dans le même sens : le web les rend plus autonomes. Et ils aiment se sentir plus indépendants. Ils peuvent faire des achats en ligne comme l’épicerie, sans devoir demander de l’aide ou trouver un bénévole.

Cependant, certains environnements leur causent problème :

Mireille Manavella, qui a une déficience visuelle, explique que la communauté non voyante est bloquée par les CAPTCHA (un test qui empêche les robots de soumettre des formulaires de façon automatisée. Les CAPTCHA ressemblent souvent à une série de lettres à déchiffrer). Ils sont un gros obstacle à leur autonomie.

Alain Elmaleh souhaite pour la communauté sourde que toutes les vidéos soient sous-titrées.

Deborah Kennard surveille le développement sur la reconnaissance vocale. Plus celui-ci devient efficace, plus les personnes à mobilité réduite pourront s’en servir adéquatement.

Selon Laurence Parent, nous sommes encore en train de construire le web, donc il n’est pas trop tard pour corriger les erreurs.

Bref, comme le mentionne Gérald Miller, ils demandent qu’Internet leur soit entièrement accessible.

 

Pour voir (ou revoir) sa conférence :

 

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Si le sujet vous intéresse, notez que j’ai également écrit le billet La technologie et la déficience visuelle

 

 

 

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