Martin LessardUn déclin pour G+?

Par

 publié le 19 septembre 2011 à 11 h 30
recommander

Quand Google+ (G+) est sorti au début de l’été, on voyait qu’enfin Google avait un service pour concurrencer la « forteresse Facebook ». Gina, Laurent et moi avions essayé toute la semaine suivante les fonctionnalités de la nouvelle plateforme. Constat : bonne note de passage. Mais avec un certain scepticisme : est-il trop tard pour changer de réseau social?

Malgré les 25 millions d’adeptes qui se sont joints au réseau en un mois, il semble que le rythme s’essouffle après un trimestre : il y aurait 41 % moins de commentaires publiés publiquement sur G+ qu’au début, selon la firme 89n. Comme toujours, il faut prendre avec des pincettes les chiffres. Ici, ils ne prennent pas en compte les commentaires privés. Mais on se pose tout de même la question : où est allé tout ce monde qui avait quelque chose à raconter?

Un ange+ passe

Samedi, Gizmodo.fr spéculait sur le fait que Larry Page, CEO de Google, n’ait plus posté sur G+ depuis le 15 août dernier. Un autre échec pour la firme de Mountain View?, concluait le site web. Ce serait aller un peu vite en besogne, car plusieurs personnes auraient pu tout simplement passer en mode conversation privée, ce que l’étude de 89n n’a pas évalué.

Mais alors, que doit-on comprendre de la diminution de l’engouement pour G+ dans les recherches? Huffington Post comparait jeudi dernier les termes des recherches Google+ (et Google Plus) avec ceux d’un autre produit, Google Maps. On y voit un sursaut au lancement pour G+ suivi d’un lent déclin. Les recherches de Google Maps restent, elles, constantes.

Et en comparant avec les recherches du terme Facebook au cours de l’été, Huffington Post remarque aussi que G+ apparaît à peine sur le radar, alors que Facebook garde le cap allègrement.

Avec le recul, on voit effectivement que G+, malgré sa bonne base d’abonnés et ses fonctionnalités intéressantes, n’a pas encore trouvé son souffle.

Il me semble même que Facebook ait gagné la première manche : de nouvelles fonctionnalités y ont été récemment ajoutées, comme celle de l’abonnement non réciproque (mentionnée par Laurent) ou celle des listes intelligentes qui rappellent les cercles de G+ (mentionnée chez Gizmodo.fr).

Google moins?

L’arrivée de G+ a provoqué beaucoup de remous dans la sphère des médias sociaux. Je vous avais déjà partagé mes premières impressions sur G+. Mais il n’y pas de changements notables encore dans le positionnement des trois autres grands, Facebook, Twitter et Linkedin. Ils n’ont pas subi un exode massif, comme ce à quoi certains s’attendaient (à la manière du naufrage de MySpace).

Je remarque personnellement une certaine diminution de la quantité de commentaires sur G+ dans mon réseau. Je découvre de nouvelles affinités avec des gens avec je ne suis pas en contact sur d’autres plateformes. Chacun trouve son nid.

J’utilise peu les cercles privés de G+. Donc tant qu’à commenter en public, je m’en tiens à mon compte Twitter pour faire circuler des liens intéressants. Et quand c’est plus long que les 140 caractères, je passe alors sur G+.

Et si je veux être plus personnel, je préfère retourner sur Facebook, où je me sers de la nouvelle fonction de partage public au besoin. Si mon sujet est trop pointu, je reviens sur G+.

Mais G+ est encore jeune. Twitter et Facebook ont mis longtemps avant de percer! Mais il faut aussi comprendre que la plateforme sociale de Google est encore en mode Beta fermée. C’est-à-dire que les invitations sont traitées au compte-goutte, et les invités se font poliment demander de prendre leur mal en patience. On a beau être 25 millions, on s’y sent à l’étroit quand on ne peut pas inviter ses amis.

Réseaux sociaux