Laurent LaSalleConnaissez-vous Creative Commons?

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 publié le 8 juillet 2011 à 16 h 28

Comme je l’écrivais plus tôt cette semaine, la projection du documentaire RIP : A Remix Manifesto m’a inspiré à traiter du sujet des droits d’auteurs à l’ère du numérique. Le film met en scène deux camps opposés : celui du copyright, représenté par l’industrie du divertissement (musique, cinéma et télévision) et celui du copyleft, représenté par les remixeurs puisant leur inspiration dans tout ce qui les entourent, incluant l’omniprésent contenu diffusé par l’industrie du divertissement.

Une solution de rechange au droit d’auteur

En 2001, tandis que le service de partage musical en ligne Napster se voyait refuser son offre de 1 milliard à la Recording Industry Association of America (RIAA) pour l’obtention d’une licence lui permettant de poursuivre ses activités illicites (sa librairie était majoritairement constituée de matériel protégé par droits d’auteurs), une solution de rechange légale au classique copyright voyait le jour par le biais d’un organisme à but non lucratif : Creative Commons.

Les personnes ne souhaitant pas protéger leurs œuvres en utilisant les droits de propriété intellectuelle standards de leur pays peuvent construire une licence Creative Commons moins restrictive et correspondant à leurs besoins. Voici les différentes combinaisons possibles :

  • Paternité, où vous êtes libre de partager (reproduire, distribuer et communiquer), de remixer (modifier) et d’utiliser l’œuvre à des fins commerciales, à condition d’indiquer l’origine de celle-ci.
  • Paternité – Pas de modifications, où vous êtes libre de partager et d’utiliser l’œuvre à des fins commerciales, à condition d’indiquer l’origine de celle-ci et de ne pas modifier, transformer ou adapter l’œuvre originale.
  • Paternité – Partage à l’identique, où vous êtes libre de partager, de remixer et d’utiliser l’œuvre à des fins commerciales, à condition d’indiquer l’origine de celle-ci et de conserver les mêmes conditions de partage (donc la même licence).
  • Paternité – Pas d’utilisation commerciale, où vous êtes libre de partager et de remixer l’œuvre, à condition d’indiquer l’origine de celle-ci et de ne pas utiliser l’œuvre à des fins commerciales.
  • Paternité – Pas d’utilisation commerciale – Partage à l’identique, où vous êtes libre de partager et de remixer l’œuvre, à condition d’indiquer l’origine de celle-ci, de ne pas utiliser l’œuvre à des fins commerciales et de conserver les mêmes conditions de partage.
  • Paternité – Pas d’utilisation commerciale – Pas de modifications, où vous êtes libre de partager et d’utiliser l’œuvre à des fins commerciales, à condition d’indiquer l’origine de celle-ci, de ne pas utiliser l’œuvre à des fins commerciales et de ne pas modifier, transformer ou adapter l’œuvre originale.

Le bonheur dans la flexibilité

Il semble être propre à la nature humaine de s’inspirer du travail de ses pairs dans le contexte d’un processus créatif. L’histoire est remplie d’exemples relatant ce fait, tant en ce qui concerne la musique (voir RIP : A Remix Manifesto à partir de la 14e minute pour des exemples) que le cinéma (lire les exemples sur Disney de mon précédent billet). Les restrictions légales actuelles risquent fort de ralentir l’évolution culturelle si nous n’envisageons pas de changer les règles du jeu.

Les licences Creative Commons accordent aux remixeurs une marge de manœuvre claire quant à la possibilité d’utiliser une œuvre comme matériau de construction et à quelles conditions. Elles sont utilisées dans plusieurs initiatives communautaires tels que Wikipédia, mais aussi à la portée des passionnés de photographies (sur Flickr et Picassa), des musiciens (Nine Inch Nails avec le projet Ghosts I-IV), des enseignants, etc.

Je pense qu’il est grand temps de tuer la perception de l’industrie qui considère qu’un contenu remixé à son insu est un contenu profané. La prochaine fois que vous voudrez partager une de vos créations, pourquoi ne pas lui soumettre une licence Creative Commons plutôt que de restreindre son utilisation?

MÀJ : The Power of Open

Creative Commons vient de publier le livre numérique The Power of Open (version française), relatant des exemples de projets utilisant des licences Creative Commons. À lire pour en apprendre davantage sur cette alternative.

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