Martin LessardDemain, la ville intelligente

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 publié le 7 juillet 2011 à 11 h 36

Si on s’entend pour reconnaître qu’Internet a rendu omniprésents les réseaux informatiques dans notre quotidien – au point d’en faire des téléréalités, comme l’a annoncé Gina hier –, on se doute moins qu’il va générer une nouvelle vague de développement urbain où un « réseau ambiant » reliera de façon transparente ses citadins entre eux, avec les services et les infrastructures, pour offrir un meilleur environnement de vie et de travail.

C’est ce qu’on appelle la « ville intelligente ». Ce concept émergent commence à faire des vagues.

À Marseille, aujourd’hui, à la conférence Lift France 2011, organisée par la FING, on discute sérieusement sur le thème « Avec qui, pour quoi, faire la ville intelligente ».

Hier, une étude a évalué que le marché des technologies entourant les « villes intelligentes » s’élèvera à 116 milliards de dollars pour la période de 2010 à 2016.

Au printemps dernier, lors des ateliers Montréal Métropole Numérique, TechnoMontreal a mis de l’avant la notion de ville intelligente pour la région de Montréal comme façon de se démarquer.

Trois signes que cette tendance est bien amorcée.

Bienvenue dans la ruche

Si vous voyez les réseaux sociaux comme une forme de ruche où chacun communique à tous, dans tous les sens, générant un énorme échange d’information en temps réel, vous n’aurez pas de mal à imaginer un réseau similaire, mais connectant des objets communicants, sans fil et à très grande échelle, dans un vaste réseau local.

Ces objets communicants, voire apprenants, munis de composants informatiques, de capteurs et de capteurs minuscules (et le jour n’est pas loin où tous les objets de la vie courante le seront) auront la capacité de déclencher des échanges d’informations spontanés, avec ou sans interaction d’un utilisateur.

Imaginez maintenant la capacité d’une ville si elle pouvait permettre à ses infrastructures de communiquer avec les citoyens et aux citoyens entre eux et avec les services de la ville.

Par communiquer, on n’entend pas faire la conversation avec un poteau de téléphone, devenir ami avec un tuyau d’égout ou suivre le compte Twitter d’un arrêt d’autobus. On entend ici un usage pratique d’outils numériques dans une ville qui optimise l’usage de ses services, données et infrastructures, pour rendre la cité durable, efficace, agréable.

La ville comme interface

La ville est souvent perçue comme un amalgame d’infrastructure physique (son réseau routier, les services sanitaires), mais avec les nouveaux outils numériques, il sera possible de faire l’agrégation des informations qui y circulent, pour mieux savoir ce qui s’y passe, connaître ce qui se passe sur le terrain et maximiser les services.

Le cellulaire est aujourd’hui l’interface de lecture toute désignée pour « lire » la ville et y « naviguer ». Et il peut « nourrir » la ville en retour. Comme l’exemple des montres vertes, sensibles aux nuisances sonores et à la qualité de l’air, et transmettant à un site ces informations environnementales.

Déjà avec des applications de réalité augmentée, on peut repérer les stations de Bixi dans les villes participantes et savoir lesquelles ont des vélos ou des places libres et où se trouve la station la plus proche. Avec Zap Québec ou Île sans fil, c’est le WiFi, donc Internet, qui est accessible un peu partout dans vos déplacements.

Regardez, c’est déjà commencé

À l’heure actuelle, cette intelligence flotte quelque part sur les réseaux, un peu sur Twitter, Foursquare ou Needium. Pour l’instant, ce sont les grands acteurs et les petits commerçants qui, lentement, façonnent cette nouvelle réalité, encore embryonnaire, d’une ville 2.0.

Bus connectés

Helsinki expérimente des bus connectés qui envoient un signal de priorité à l’approche des feux de circulation. À l’intérieur des véhicules, les voyageurs ont accès grâce au WiFi à une information en temps réel.

Communication de proximité

Peuplade.fr est une plateforme qui permet de créer des contacts entre habitants d’un même quartier (et où Google Maps permet de visualiser les membres de Peuplade les plus proches de chez soi).

Localmind permet d’envoyer des questions et de recevoir des réponses sur ce qui se passe – maintenant – dans un lieu distant en particulier.

L’état de la circulation

La technologie de Google map permet de connaître de façon assez précise les bouchons dans les grandes villes et en temps réel. Sur un téléphone intelligent muni d’un GPS, Google remplace avantageusement le bulletin de circulation à la radio.

Il y a aussi les comptes Twitter de la Société de transport de Montréal, du pont Champlain, du pont Mercier et du pont Jacques-Cartier qui tiennent au courant leurs passagers. Même si dans ces quatre cas, ce sont des employés qui communiquent, l’idée d’une infrastructure qui donne de la rétroaction à ses usagers fait son chemin…

Ville de demain


La construction de nouveaux mobiliers intelligents qui sauront interagir avec nos outils numériques, appuyée par un partage des ressources urbaines (de l’infrastructure aux systèmes d’informations), offrira, partout dans la ville, de nouveaux bouquets de service qui amélioreront notre qualité de vie en optimisant nos déplacements, les ressources partagées, la gouvernance, l’environnement et notre bien-être.

Les villes de demain seront jugées sur ces critères…

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