Martin LessardGoogle+ : premières réflexions

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 publié le 4 juillet 2011 à 8 h 53
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La mission de Google est d’organiser les informations à l’échelle mondiale, et le géant veut le faire maintenant pour notre réseau personnel avec le lancement de Google+ (voir l’article de Laurent pour en savoir plus).

C’est un service de partage entre contacts, regroupés en « cercles » (avec une meilleure gestion de la confidentialité que Facebook), et offrant des contenus organisés autour de centres d’intérêt (sparks), un peu comme les mots-clics de Twitter.

Nous nous sommes retrouvés, Gina, Laurent et moi, dans le ventre de la bête à essayer toute la semaine dernière les nouvelles fonctionnalités. Voici mes premières réflexions.

Les trois sphères

Google+ n’arrive-t-il pas trop tard? Ou pour le formuler comme Laurent le disait la semaine dernière : Est-il trop tard pour changer de réseau social?

Afin que G+ (pour les intimes) s’impose, il doit forcément y avoir un réajustement des usages pour les autres plateformes. Or, il me semble qu’il y a de la place pour trois sphères sur la place publique numérique.

- Facebook restera une place publique pour les conversations légères (photos de vacances, échanges d’humeur, souhaits d’anniversaires). Ce sera comme les discussions sur le perron de l’église, le lieu de rassemblement pour se croiser et se dire bonjour, socialiser entre paroissiens.

- Twitter restera une place de diffusion pour la propagation de nouvelles (liens, primeurs, commentaires à chaud). Ce sera le bulletin paroissial, le haut-parleur qui scande le rythme de la vie publique des citoyens du monde, par les fouineurs ou les journalistes du coin.

- Google+ pourrait alors prendre une place, pour continuer avec la même métaphore, dans le sous-sol de l’église, comme pour des rencontres de bénévoles dédiées à des thèmes de toutes sortes. Des rencontres pas assez intimes pour être dans Facebook, mais demandant plus de place que les 140 caractères de Twitter.

Autrement dit, G+ est un cercle privé d’amis, mais qui ne tiennent pas à se retrouver « amis » sur Facebook, qui veulent s’échanger des informations publiques, mais pas d’une façon lapidaire, en 140 caractères, à toute la planète.

Cercle privé

Un premier point important pourrait faire pencher la balance en faveur de G+, contre Facebook : la simplicité de la gestion de confidentialité.

Facebook a donné la désagréable impression qu’il a les clés de votre maison et qu’il peut à tout moment décréter une visite guidée de vos tiroirs à bobettes à sa prochaine mise à jour. Résultats, tout, absolument tout ce que vous écrivez dans Facebook doit être virtuellement considéré comme du domaine public.

La gestion des cercles d’amis dans G+ a l’avantage d’être simple et claire. En entrant dans G+, on met ses contacts tout de suite au bon endroit, dans le bon cercle.

Google profite ici de l’avantage d’arriver après Facebook, où nos amis côtoient parents et patrons, clients et inconnus : la fonction de regroupement de Facebook est arrivée après que la plupart des utilisateurs aient créé leur réseau. Faire le ménage de ses contacts Facebook semble maintenant être devenu aussi difficile que de s’attaquer à celui du sous-sol un week-end ensoleillé.

Centre d’intérêt public

Un second point qui pourrait favoriser G+ par rapport à Twitter, c’est Sparks, là on trouve une véritable « recherche sociale ».

Les résultats qui sont affichés dans Sparks ne sont pas ceux qui proviennent du célèbre algorithme de Google, mais du contenu qui (a) est récemment apparu dans les réseaux; (b) a une composante visuelle forte; (c) et bénéficie d’une grande visibilité virale.

Google espère gérer le contenu qui circule bien dans votre réseau social pour vous permettre de faire des découvertes plus intéressantes et de façon moins aléatoire. Et effectivement, vous le savez, trouver quelque chose dans Twitter relève du défi.

Avec G+, il y a comme une promesse que la bonne information pertinente arrivera au bon moment. Une sérendipité algorithmique, en quelque sorte.

Oui ou non?

La fonction essentielle d’Internet à mes yeux est la possibilité de découvrir des contenus dont je ne soupçonnais pas la présence le clic d’avant et dont je découvre tout à coup qu’ils recèlent des connaissances, pour moi, d’une grande importance.

Si Google+ réussit à faciliter ce processus, alors peut-être n’est-il pas trop tard pour une nouvelle plateforme de réseautage social…

Internet, Réseaux sociaux