Billets publiés en juillet 2011

On évoque parfois la montée du pouvoir d’Internet et des réseaux sociaux pour suggérer que la politique telle qu’on la fait depuis un siècle devrait changer.

On sait que les médias sociaux ont joué un rôle dans les soulèvements du printemps arabe. En Syrie, en ce moment, une partie de la bataille se joue sur Internet. L’Égypte de Moubarak l’avait compris et avait tenté un temps de fermer complètement Internet. L’Iran propose même de créer son propre réseau (un Internet « halal ») coupé du reste du monde pour contrôler les informations qui y circulent.

Serait-il possible que le web 2.0 puisse aussi affecter nos démocraties? Ce serait la moindre des choses…

L’international RSS

Le printemps arabe a des répercussions en Occident. Les manifestations des jeunes Espagnols « indignés » ont pris de l’ampleur et se sont solidifiées via les réseaux sociaux. Le mouvement des « indignés » fait même des émules à Paris et en Grèce.

Le mouvement s’est-il rendu au Québec? La vague orange de la dernière élection fédérale est-elle due au même désir de changement? Les démissions-surprises au Parti québécois mettent-elles aussi à jour le même besoin de changement, mais de l’intérieur du système?

Que les médias sociaux soient un modèle au point d’être « la base même d’une nouvelle façon de faire de la politique » est une idée séduisante.

Consultation publique web 2.0

Vous êtes invité à échanger sur l’utilisation du web 2.0 par le gouvernement du Québec depuis quelques jours. C’est une occasion d’exprimer votre opinion en commentant les différents sujets discutés et en votant sur les idées proposées.

Comment le gouvernement du Québec peut-il exploiter le web 2.0 – réseautage social, sites wiki, applications composites (mashups), blogues – pour améliorer la qualité des services aux citoyens et son efficacité interne?

Site : consultationgautrinweb2.gouv.qc.ca

Le succès de cette consultation dépend des citoyens. Peut-être que l’été n’est pas le moment le plus approprié. Mais c’est un moment où vous avez plus de temps. Votre contribution se traduira en recommandations qui seront soumises au premier ministre du Québec en décembre 2011.

Des idées qui font rêver

Voici ce que l’on trouve en ce moment sur le site :

- Tableau de bord des grands chantiers informatiques, soumis par Nicolas Roberge

Par souci de transparence et d’imputabilité, un portail interactif permettrait de consulter tous les projets d’envergure dans chacun des organismes publics. Il y a des indicateurs de performance pour connaître la santé de chacun des projets. On identifie clairement les responsables politiques et administratifs des projets et la firme qui a été désignée pour le réaliser.

- Préférer les protocoles ouverts aux plateformes propriétaires, soumis par Robin Millette

Facebook, Twitter et Google+, c’est bien, mais on perd le contrôle technique et aussi politique de nos moyens de communication. Il faut permettre un usage décentralisé des outils où chacun peut être sur la plateforme qu’il veut. Un protocole ouvert devrait être privilégié.

- Un site où les citoyens donnent leurs priorités au gouvernement, soumis par Sebas

Au lieu de lancer une sonde aux téléjournaux de 18 h (et d’attendre les échos), le gouvernement serait outillé pour recevoir le point de vue directement de la population.

Des pistes

Je ne sais pas à quoi ressemblerait une sortie de la démocratie représentative qui prendrait en compte la culture des réseaux. Mais l’idée que nos représentants soient en contact avec la population plus souvent qu’aux quatre ans (les élections) me semble une piste très fertile.

Voici d’autres liens pour réfléchir et aller plus loin :

- G1000, laissons aussi les citoyens délibérer, et pas seulement les représentants du peuple.

- Génération d’idées, aspirer à un Québec meilleur! Et à le bâtir!

- Institut du Nouveau Monde, encourager la participation citoyenne et le renouvellement des idées au Québec

- Les médias sociaux : utilisations politiques et conséquences pour la démocratie représentative / Publication No 2010-10F

- They work for you. Royaume-Uni. Un site pour surveiller les députés et ce qu’ils font.

- La renaissance démocratique; une affaire de médias sociaux?, publié par paradigmes21

Martin LessardDu rififi sur l’App Store

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 publié le 28 juillet 2011 à 9 h 41

Un mouvement dans les plaques tectoniques du continent numérique a créé une nouvelle configuration dont on ne perçoit pas encore les conséquences.

Cette semaine a commencé à apparaître sur les iPhone, iPod touch et iPad de nouvelles mises à jour d’applications d’éditeurs de contenu, de distributeurs ou d’entrepôts numériques qui n’ont plus aucun hyperlien pour permettre d’acheter du contenu.

Vous avez bien lu. Si vous téléchargez pour la première fois l’application Kindle d’Amazon, ou celle de Barnes & Nobles, de Google Books ou de Kobo, vous tomberez dans une librairie vide, sans livre et surtout sans aucun bouton pour acheter.

Même pas un lien vers un site web.

Ni même d’explication sur l’absence de lien.

Autrement dit, si vous téléchargez une de ces applications dans votre appareil roulant sous iOS (le système d’exploitation de l’iPad, de l’iPhone ou de l’iPod touch), la fonction d’achat n’existe plus à l’intérieur de l’application elle-même. Ces applications sont devenues strictement des liseuses.

Pour ajouter du contenu, vous devez vous rappeler l’adresse web du site en question (amazon.com/kindle par exemple) et utiliser Safari pour effectuer l’achat.

Ensuite, seulement, vous pourrez synchroniser votre liseuse.

Avouez que pour l’expérience d’utilisateur, on repassera.

Le parti unique de l’iOS

C’est que les nouvelles règles d’Apple ont commencé à faire effet : il est maintenant interdit, dans toutes les applications sur « App Store » iOS, de vendre sans passer via le compte iTunes du client.

Apple veut forcer les éditeurs/distributeurs et les entrepôts numériques sur toutes les applications à passer par eux pour les achats à l’intérieur d’applications (in-app).

Sur l’App Store d’Apple les éditeurs/distributeurs avaient jusqu’à la fin de juin pour se conformer aux nouvelles règles concernant les ventes in-app.

Évidemment au passage, Apple demande 30 % du montant de la transaction pour chaque vente.

Pour les plateformes de livres, ça veut quasiment dire la totalité du pourcentage de ce qui leur revenait…

Un monde, un iPad

La politique d’Apple est plutôt totalitaire. « Elle empêche de mentionner le nom du site web. Elle interdit de mentionner la véritable raison du retrait du magasin dans l’application. Elle rejette les applications incitant les utilisateurs à aller directement sur le site web. » (source : La Feuille)

Conséquence, seul l’entrepôt de livre d’Apple est accessible sur l’iOS avec un bouton achat intégré.

Les éditeurs ne sont pas contents du tout

Le Washington Post a détaillé sa propre situation sur son site en début de semaine.

Auparavant, le journal contournait le système d’Apple d’achat in-app en offrant aux utilisateurs un lien vers son site web à partir de son application iPad. En février, Apple a révisé ses termes iOS de service et a interdit de tels liens, exigeant que tous les achats de contenus ou des abonnements passent par son propre système.

Le journal a donc retiré le lien de son application.

Pour ceux qui imaginaient que l’iPad allait être la bouée de sauvetage des journaux ou magazines, il y a comme de l’eau dans le moteur.

Conséquences

Donc dans un premier temps, c’est un véritable recul pour l’expérience de l’utilisateur sur les appareils iOS. Et une impasse pour la presse d’information.

Probablement qu’Apple y trouvera son compte financièrement, pendant un certain temps.

Mais il est plus probable que ce qui va se passer, c’est que les éditeurs iront sur d’autres plateformes (notamment Android) pour faire ce qu’ils ne peuvent plus faire sur iOS.

Ce qui aura un double effet : celui de favoriser les tablettes de lectures autres qu’iPad et celui de stimuler un format standard pour rendre ensuite compatibles tous les formats ensemble pour qu’aucun contenu ne soit prisonnier d’une plateforme en particulier.

Le lendemain de l’annonce d’Apple sur les nouvelles restrictions, Google a révélé son nouveau service Google One Pass, un service qui permet aux éditeurs de mettre le prix qu’ils veulent sur leur contenu. Google ne prend que 10 % au passage.

Mine de rien, les plaques tectoniques se sont mises à bouger et quelque chose va changer dans le paysage numérique…

(Image d’origine, modifiée par Triplex)

Laurent LaSalleLinux célèbre son 20e anniversaire

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 publié le 27 juillet 2011 à 11 h 25

Revenons en 1991…

Nirvana lance Nevermind, album phare du mouvement grunge et meilleur vendeur de l’année aux États-Unis. Arnold Schwarzenegger est de retour dans Terminator 2 : Judgment Day, où il interprète cette fois-ci un gentil cyborg. Street Fighter II voit le jour en arcade tandis que le Super Nintendo arrive dans les foyers en Amérique. CISM envahit les ondes radiophoniques à Montréal pour la première fois.

L’URSS tombe. La guerre du Golfe se termine.

20 Years of Linux

De son côté, Linus Torvalds, un étudiant finlandais à l’Université d’Helsinki, est sur le point de programmer son propre système d’exploitation (OS). Il commence par développer un émulateur de terminal qu’il utilise pour se connecter aux serveurs UNIX de son université. Ensuite viendra un système de gestion de fichiers et diverses fonctionnalités qui peu à peu constitueront le noyau d’un système d’exploitation. Adaptant de nombreux composants provenant de GNU (un autre système d’exploitation qui emprunte les concepts et le fonctionnement d’UNIX), Torvalds obtient alors un OS plus complet.

Le 25 août 1991, il annonce sur un forum de discussion le début du développement d’un système d’exploitation (toujours sans nom) à titre de passe-temps : « rien de sérieux ni professionnel comme GNU ». Le projet, ensuite connu sous l’appellation Freax, sera finalement rebaptisé Linux en l’honneur de son créateur par un de ses collègues (Linus + UNIX).

Distribué sous la licence GNU GPL

La meilleure décision prise par Torvalds selon lui a été de distribuer Linux sous la licence publique générale GNU (ou GNU GPL), une licence libre de droits et contagieuse : elle oblige les travaux dérivés de l’œuvre à être publiés selon cette même licence. L’objectif de GNU GPL est de garantir à l’utilisateur quatre droits fondamentaux dans l’utilisation d’un programme informatique :

  1. La liberté d’exécuter le logiciel, pour n’importe quel usage.
  2. La liberté d’étudier le fonctionnement d’un programme et de l’adapter à ses besoins, ce qui passe par l’accès aux codes sources.
  3. La liberté de redistribuer des copies.
  4. La liberté de faire bénéficier à la communauté des versions modifiées.

Par conséquent, la distribution de Linux devient alors libre, et indirectement gratuite. En effet, bien que cette licence n’interdit pas de demander un paiement lors de la distribution du produit, dès la première diffusion, le produit peut être retransmis gratuitement en toute légalité. Ce qui n’empêche pas des compagnies comme Red Hat et Novell de facturer des logiciels libres, et de trouver le moyen d’être rentables.

Cette licence, diamétralement opposée à celle protégeant d’autres OS tels Windows et Mac OS, est certainement ce qui propulsera Linux au rang des systèmes d’exploitation les plus répandus au monde.

L’omniprésence de Linux

Linux est littéralement partout. Il est derrière les plus importants sites du web, tel Amazon, Facebook, Twitter, eBay et Google. Il est au cœur d’Android, l’OS mobile de Google. Il roule les 10 plus puissants super ordinateurs sur la planète. On le retrouve dans les guichets automatiques, les télévisions, les appareils photo et d’autres types d’appareils électroniques.

Linux peut se retrouver n’importe où : c’est inscrit dans son code génétique. Puisqu’il peut être librement compilé pour n’importe quelle plateforme, il n’est pas rare de voir des programmeurs enthousiastes adapter son noyau polyvalent à des appareils dont la fonction primaire est restreinte (par exemple les premiers iPod à l’écran monochrome).

Pour en savoir plus sur l’histoire de Linux, ou pour connaître les activités organisées pour son 20e anniversaire, je vous invite à consulter le site de la Linux Foundation.

Martin LessardComment le web a changé le monde

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 publié le 25 juillet 2011 à 10 h 50

Sorti récemment en France, et en vente bientôt au pays (on peut déjà la commander en ligne), la deuxième édition de l’excellent livre de Francis Pisani et Dominique Piotet Comment le web change le monde donne une bonne synthèse des effets du web sur la société, l’économie, les médias et nos vies.

Le livre a été en partie révisé et augmenté pour s’adapter aux nombreux changements depuis la dernière parution (2008).

Ce qui a changé le plus depuis la première édition, c’est le monde dans lequel on est.

La version de 2008 aurait pu s’appeler Ce que le web va changer et celui de 2011, Ce que le web a changé, tant ce que les auteurs décrivent fait maintenant partie de notre quotidien.

Il était une fois le web 2.0

Relire ce livre aujourd’hui me montre avec quelle rapidité les choses changent.

Par exemple, alors que dans la première édition du livre, MySpace était montré comme un exemple à suivre, il n’est guère plus, dans la deuxième édition, qu’une note de bas de page.

La première édition listait des idées avant-gardistes, des jeunes entreprises Internet innovantes, des plateformes naissantes. Conservée dans la deuxième version, cette liste apparaît maintenant, au mieux, comme contenant des faits évidents, au pire, comme des idées vieilles ou des entreprises Internet dépassées – par exemple quand ils citent Cambrian House (p. 153) ou Joost (p. 215).

C’est le risque d’une réédition « actualisée et augmentée », par opposition à un tout nouveau livre : certaines idées (réalité augmentée), entreprises Internet (Quora) ou plateformes (les applications mobiles et les tablettes) n’y sont pas ou peu abordées.

Mais là n’est pas le propos du livre : les macrotendances décrites dans le livre de 2008 restent tout aussi valables en 2011.

L’alchimie des multitudes

Ce livre fait une synthèse des auteurs phares américains du web 2.0 de la dernière décennie (Anderson, Surowiecki, Weinberger, Boyd, Tapscott, O’Reilly, Shirky…) et des tendances lourdes (la montée en puissance des consommateurs, l’émergence des compagnies en réseau, l’incidence des réseaux sociaux, les expériences de l’externalisation ouverte (crowdsourcing) et les percées de l’infonuagique).

Le thème-clef de leur livre porte sur l’avènement du web participatif qui donne lieu à l’émergence de « quelque chose », qui est comme une « sagesse des foules » ou une « intelligence collective », termes qu’ils préfèrent traduire par « l’alchimie des multitudes ».

Au premier abord, « alchimie des multitudes » peut paraître bizarre : « Illustration de la dynamique relationnelle, l’alchimie des multitudes est le processus incertain grâce auquel la participation massive d’humains et d’ordinateurs connectés entre eux peut éventuellement produire l’émergence de propriété nouvelle. » (p. 178)

Mais l’expression est bien appropriée, car elle illustre adéquatement cette émergence quasi magique de quelque chose de nouveau, essentiel, vital auquel tous devraient participer.

- « Alchimie », parce que « cela peut donner de l’or, mais pas toujours ». Les mots sagesse ou intelligence soulignent excessivement le côté positif. Alchimie, ambiguë, nous rappelle que le résultat n’est jamais assuré.

- « Multitudes », parce qu’il permet de « suggérer une plus grande hétérogénéité et une plus grande diversité » sans tomber dans le travers du vocable foule qui laisse entendre qu’elle serait consciente elle-même ou du mot collectif qui possède des contours bien déterminés.

Le web est une curieuse expérience alchimique propulsée par la base et à laquelle nous tous, les multitudes, sommes invités à participer comme des « webacteurs ».

Et aujourd’hui, cette participation se vit sur Facebook, Twitter ou ailleurs (ce qui était loin d’être le cas en 2008) et fait dire aux auteurs qu’une certaine citoyenneté numérique est en train de se créer.

Macrotendances

Deux nouveaux chapitres ont été ajoutés au livre, un sur les réseaux sociaux et l’autre sur la mobilité. Dans la dernière partie, les auteurs posent la question sur une économie de la relation : peut-elle être rentable?

« L’ouverture [des compagnies aux webacteurs] est devenue une des clés du succès. Les entreprises qui sont capables de gérer la dynamique de la relation [avec les consommateurs] sont celles qui sont en train de réussir [parce qu'elles] acceptent de partager la valeur avec leurs clients. » (p. 227)

Ils concluent le livre sur les trois ouvertures fondamentales du web d’aujourd’hui. Voici les deux premières :

- La « mobiquité » : un web disponible partout, à partir du mobile, centré sur l’utilisateur et ses besoins.

- La capacité de s’organiser sans organisation : une coordination à grande échelle, à bas prix, facilitée par les technologies de l’information.

Vous pouvez vous-même en constater les effets embryonnaires aujourd’hui :

- Les téléphones intelligents sont de plus en plus répandus (ils ont la faveur de 33 % des Canadiens) et modifient déjà nos façons de communiquer et de nous informer.

- Les réseaux sociaux ont été un vecteur important de propagations du printemps arabe. Si vous avez participé à un événement via un groupe Facebook, vous avez fait l’expérience d’une « organisation sans organisation ».

Le troisième et dernier point représente probablement le prochain grand développement du web au cours de la prochaine décennie :

-L’hyperconnectivité : divers appareils se connectant et communiquant ensemble pour former un dispositif ad hoc cohérent et utile.

C’est ce qu’on appelle l’internet des objets (voir la vidéo ci-dessous de Rafi Haladjian pour une courte introduction).

Mais sur ce point, c’est tout un livre entier qu’il faudrait écrire.

Plus d’info

Le blogue de Pisani : http://pisani.blog.lemonde.fr
Le compte Twitter de Pisani :
Pisani sur G+
Vidéo avec Pisani sur les conséquences du nomadisme technologique

Laurent LaSalleMac OS X Lion sort de sa cage

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 publié le 22 juillet 2011 à 11 h 54

Les propriétaires de Mac sont invités depuis mercredi à mettre à jour le système d’exploitation de leur ordinateur à la version 10.7, surnommée Lion. Contrairement à Microsoft, Apple préfère mettre à jour de façon régulière son OS : les nouvelles versions sont donc plus fréquentes (elles paraissent tous les deux ans), mais heureusement moins chères (une trentaine de dollars).

Mac OS X Lion

Mac OS X Lion, quant à lui, passera à l’histoire non pas par ses nouvelles fonctionnalités, certes intéressantes, mais par son mode de transmission. Le produit est distribué exclusivement* en téléchargement (un lourd fichier de 3,7 Go), par le biais du Mac App Store. Ce n’est pas la première fois qu’un système d’exploitation est distribué de la sorte, une pratique qui est plutôt monnaie courante pour les amateurs de Linux. Cependant, la sortie d’un produit commercial à déploiement plus large et la montée en popularité du Mac App Store affirment certainement que nous nous trouvons dans la transition du média physique au média web comme principal support de stockage numérique.

Nouvelle interface

Ce qui m’a le plus frappé à la suite de l’installation de Lion est d’abord les améliorations imposées à la nouvelle interface. Je ne parle pas simplement de l’esthétique, mais de la navigation. Dès le départ, vous risquez d’être déboussolé, avec raison : le défilement sur surface tactile est maintenant inversé, afin d’imiter le comportement des autres appareils iOS. Une nouvelle uniformité qui risque de frustrer certains utilisateurs habitués à l’ancienne méthode de navigation. Par contre, il s’agit là également d’une transition nécessaire si on imagine Apple introduire un écran tactile sur de futurs ordinateurs.

Cette nouveauté vous agace? Vous pouvez revenir au défilement classique en passant par les Préférences Systèmes (dans Trackpad).

Dans ce contexte, les barres de défilement sont maintenant invisibles et n’apparaissent que lorsqu’il est approprié, exactement comme sur iPhone et iPad. Une belle optimisation de l’espace-écran. Encore une fois, il est possible de revenir en arrière et de faire en sorte que les barres soient toujours visibles, par le biais des Préférences Systèmes (dans Général).

Les applications en mode plein écran font aussi leur première apparition. Toujours dans cette volonté de ramener des éléments propres à iOS, les applications peuvent maintenant être utilisées avec une mise en page optimale occupant tout l’écran. Oubliez le Dock, oubliez la barre de menu, tout se masque pour mettre l’accent sur l’utilisation du logiciel en cours d’exécution. Il s’agit d’un mode pratique pour faire une présentation dans Safari ou pour maximiser sa fenêtre de Mail ou d’iTunes.

« Just what do you think you’re doing, Dave? »

Mac OS X Lion amène une nouvelle philosophie en ce qui concerne la gestion de ressource : il décidera pour vous quand sera le bon moment pour quitter vos applications. Vous avez bien lu. Ce mode, surnommé Automatic Termination, doit être intégré aux applications lors de leur développement afin d’informer l’OS qu’il est acceptable de fermer le logiciel. Outre pour l’instant une poignée d’applications produites par Apple, vous n’aurez pas la chance de voir ce comportement de sitôt.

Peut-être vous demandez-vous ce qui justifie un tel changement de comportement? Cette philosophie va de pair avec un nouveau modèle de document qui intègre la progression de votre travail (un peu comme si l’on sauvegardait les undos avec votre document) et la conservation de l’état de l’application lors de sa fermeture. Autrement dit, lorsque vous retournez dans une application, c’est comme si vous ne l’aviez jamais quittée. Il est donc acceptable d’imaginer que lorsque votre système est en manque de ressources, il peut fermer les applications latentes inutiles.

Je suis très curieux (lire inquiet) de voir comment seront gérées mes applications, une fois le mode Automatic Termination implanté dans la majorité d’entre elles.

Mission Control

Mission Control

Imaginez une fusion entre Spaces, qui permettait de gérer plusieurs bureaux simultanément, et Exposé, qui permettait de voir les fenêtres des applications en cours d’exécution. Telle est la meilleure description de Mission Control, le nouveau gestionnaire de tâches sous Lion. Il est maintenant possible de déplacer le contenu de la zone active pour créer de nouveaux espaces, de manipuler les espaces pour changer leur ordre ou simplement de cliquer sur les fenêtres pour invoquer l’application concernée.

Launchpad

Dans l’intégration d’éléments familiers à l’iPhone et à l’iPad, Apple va même jusqu’à ramener la disposition en grille des icônes dans ce qu’elle nomme Launchpad. Il est maintenant possible d’utiliser des pages d’applications, que l’on manipule exactement comme sous iOS. D’ailleurs, une fois qu’on achète une application sous le Mac App Store, elle s’y trouve automatiquement, exactement comme sur les appareils mobiles d’Apple.

Launchpad

On peut y créer des dossiers, qui interagissent de la même façon également, ce qui peut sembler bizarre esthétiquement pour les écrans larges. Sympathique, mais utilisé de façon occasionnelle pour ma part.

Démarrage en mode Safari

Directement inspiré par les Chromebooks de Google, Apple offre maintenant la possibilité de démarrer son Mac avec seulement Safari comme logiciel de base. On peut croire que cette fonction sera populaire auprès des utilisateurs de portables n’ayant pas accès à une prise électrique lors de longs voyages, puisque ce mode est très peu gourmand en ressources.

Partition d’urgence

Une partition de 650 Mo, qui inclut les principaux utilitaires, outils de diagnostic, l’installateur et Safari, est imposée lors de l’installation. Puisqu’il s’agit du premier système d’exploitation à ne pas avoir de support physique pour les situations d’urgence, Apple se devait de trouver un moyen de permettre aux utilisateurs de formater le disque dur ou de réinstaller Mac OS X. Cette solution n’est pas l’idéal (imaginons que le disque dur subit une défaillance technique), mais peut être un intéressant compromis

Mettre à jour ou ne pas mettre à jour?

Si votre Mac répond aux exigences techniques (processeur Intel à double cœur et 2 Go de RAM, ce qui couvre presque tous les ordinateurs Apple parus depuis 2006), je vous encourage fortement à faire le saut. Par contre, si votre situation exige l’utilisation de logiciels qui ont cessé d’évoluer à moyen ou à long terme, assurez-vous que ceux-ci sont compatibles avec Mac OS X Lion.