Billets publiés le 23 juin 2011

Laurent LaSalleDiscrimination sur Facebook grâce à Klout

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 publié le 23 juin 2011 à 14 h 28

C’est avec beaucoup de fierté que Klout, l’outil d’analyse et de mesure d’influence sur les réseaux sociaux (sur lequel écrivait Martin en avril dernier), a dévoilé cette semaine l’intégration de son outil à Facebook. Il est donc maintenant possible pour des pages de diffuser du contenu en fonction du niveau Klout des visiteurs. L’application se nomme Klout Coupons for Pages et est disponible pour tous.

Klout sous Facebook

La première marque à tirer profit de cette nouvelle fonctionnalité est le fabricant automobile Audi, qui propose aux visiteurs de sa page Facebook connectés par le biais de Klout de télécharger un fond d’écran exclusif. L’image n’a rien d’extraordinaire et est d’ailleurs accessible à tous.

Mais quelle introduction du tonnerre! </sarcasme>

Comment ça marche?

Les administrateurs de pages Facebook peuvent dès maintenant s’amuser à offrir du contenu exclusif aux personnes ayant atteint un certain niveau sur Klout. On intègre l’application à la page ciblée et on la configure en conséquence, en déterminant le seuil du niveau Klout souhaité et le contenu à afficher pour les visiteurs ayant un niveau en deçà et au-delà de celui-ci.

Comme son nom l’indique (Klout Coupons), la principale vocation de l’outil est de permettre aux commerçants d’offrir des rabais à des personnes plus influentes, en supposant qu’un fort niveau sur Klout soit une démonstration d’influence et que la personne soit susceptible de partager la promotion en question.

Un accès restreint à la pub?

Je dois admettre que je suis resté d’abord surpris de l’indignation générale manifestée par mes amis sur Twitter. Pourquoi faire tout un plat avec quelque chose d’aussi anodin? Il s’agit seulement d’une autre façon que les « marketeux » ont trouvée pour passer des objets promotionnels.

« On s’en fout de la pub, c’est la tendance qui se dessine qui est beurk », me répond Patrick Dion, coauteur du livre Comment devenir une star des médias sociaux (titre à prendre au second degré).

Effectivement, il suffit qu’une page s’amuse à réserver à « l’élite » l’accès d’une section convoitée par ses fans pour que la situation dégénère. Déjà qu’on peut considérer les activités promotionnelles sur Facebook comme discriminatoire, puisqu’elles obligent le public cible à faire partie du réseau, avons-nous réellement besoin d’une couche d’abstraction supplémentaire?

Personnellement, je suis de ceux qui ne croient pas que les outils comme Klout et PeerIndex parviennent à mesurer l’influence des individus interagissant sur les réseaux sociaux. Ces services misent gros sur l’analyse de la propagation de l’information sans être en mesure d’interpréter la nature des messages transmis. Ce n’est pas parce que je répète le message d’un de mes pairs que j’en endosse pour autant la pertinence. Je n’ai pas l’impression que les scripts parviendront à déceler l’humour ou le sarcasme pour bientôt, un comportement très (voire trop) présent sur Twitter et Facebook.

De votre côté, est-ce que l’idée de tirer profit de votre niveau Klout pour obtenir des rabais ou des promotions vous enchante?