Laurent LaSalleUne application est-elle toujours plus intéressante qu’un site mobile?

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 publié le 30 mai 2011 à 14 h 41

En 2007, lorsque Apple a pour la première fois dévoilée l’iPhone au monde entier, une seule question était sur toutes les lèvres des développeurs de logiciels : sera-t-il possible de développer pour la nouvelle plateforme? La réponse fut catégorique. La seule façon d’offrir une expérience iPhone serait de passer par Safari, par le biais de sites web dédiés au nouvel appareil.

Heureusement, des pirates ont développé une solution de rechange permettant aux développeurs d’expérimenter la programmation d’applications dédiées sur iPhone. Apple a alors entendu l’appel de la communauté en dévoilant son App Store l’année suivante, un service maintenant essentiel à tous types d’appareils mobiles.

Diverses applications mobiles

On semble croire aujourd’hui que la seule vraie façon de développer pour iOS ou Android est de passer inévitablement par une application dédiée. D’importants changements ayant eu lieu récemment nous laissent envisager que le contraire pourrait bientôt être vrai.

La différence

Pour un développeur, le principal avantage d’un site mobile est qu’il est mis à jour sur son propre serveur. Inutile d’exiger de ses utilisateurs qu’ils téléchargent une nouvelle version du logiciel afin de profiter de nouvelles fonctionnalités. Sans compter que du côté iOS, les révisions des applications doivent être approuvées par Apple, ce qui ajoute un délai supplémentaire.

De son côté, l’application dédiée est de loin plus performante, puisqu’elle a un accès direct avec les fonctions de haut niveau (de calculs, graphiques, sonores). Quand vient le moment de parler de jeux, le combat est donc gagné d’avance.

Facebook

Facebook est probablement le meilleur exemple de la plus incomplète expérience mobile possible. Dans tous les cas (tant au niveau du site mobile que des applications iOS et Android), une principale lacune est partagée : contrairement à ce qu’offre le site classique, il est impossible de partager un lien, une vidéo ou de poser une question. Il est également impossible de supprimer du contenu se trouvant sur une page que l’on administre. En gestion de crise, le seul recours possible est d’invoquer la version bureau de Facebook à partir d’un fureteur mobile, et tenter de faire apparaître le X dans le coin supérieur droit de la publication afin de pouvoir le cliquer. Très frustrant…

MAJ : On vient de m’informer qu’il est possible de supprimer (à partir de l’application) en glissant son doigt de droite à gauche sur le contenu indésirable. Pourquoi avoir choisi de masquer l’option?

Malgré qu’il soit incomplet, le site mobile est à mon avis ce qui se rapproche le plus du site original de Facebook. Un menu nous permet d’accéder presque à la totalité des sections du réseau social, sans oublier les réglages de notre compte, une autre caractéristique absente de l’application dédiée.

Cependant, du côté de l’application, les notifications poussées sont très appréciées par les accrocs qui ne peuvent se permettre de manquer un message les concernant.

Je dois également souligner qu’aucune application Facebook (ex. : Farmville) n’est accessible sur les diverses solutions mobiles officielles.

Twitter

C’est sans tambour ni trompette que Twitter a mis à jour la version mobile de son réseau social il y a quelques semaines. La nouvelle mise en page est maintenant cohérente avec la refonte de sa version bureau, tant au niveau de son design que de son comportement. Néanmoins, il est maintenant impossible de revenir à la version standard, une option qui était accessible au pied du site mobile précédent. Ce qui signifie que si l’on désire modifier son profil, une fonction non offerte sur le site mobile actuel, on doit télécharger l’application dédiée ou utiliser un ordinateur classique. Ennuyeux…

Du côté des fonctionnalités, Tweetie (l’application officielle, renommée Twitter) permet de faire tout ce que la version bureau de Twitter propose. Peu importe si l’on préfère Tweet Deck (maintenant propriété de Twitter), Hoot Suite ou une autre application tierce, il est très difficile ici de préférer la version web mobile. Contrairement à Facebook, Twitter a d’abord misé sur la communauté de développeurs afin de les encourager à produire divers produits dérivés tournant autour de sa plateforme. Même si elle a récemment changé les règles du jeu pour ceux-ci, elle profite toujours des retombées de cette implication, ce qui contribue à cette expérience augmentée sur ses diverses applications.

Google

L’entreprise derrière le plus important moteur de recherche au monde s’est également amusée à mettre à jour ses différents sites mobiles au cours des dernières semaines. Les changements les plus majeurs ont été appliqués à Google Maps. Outre la nouvelle mise en page, on peut maintenant y voir les pistes cyclables, les photos prises par la communauté et une intégration de Google Places. Certains vont même jusqu’à considérer le nouveau site mobile comme étant supérieur à l’application iPhone.

Contrairement à une simple application dédiée, Google Maps sur iPhone est une application native. Elle est incluse avec iOS et ne peut être modifiée qu’au moment où le système d’exploitation est mis à jour. Cette fréquence est nettement inférieure à l’évolution d’une application courante, ce qui met un frein à la possibilité pour Google d’offrir une expérience améliorée.

Car la meilleure expérience mobile de Google Maps, comme tous les autres services Google, se trouvera toujours sur Android. Il vous suffit de regarder la vidéo ci-dessus pour vous en rendre compte.

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