Billets publiés le 25 mai 2011

Quand vous partagez vos photos sur Internet, vous demandez-vous ce qu’il advient de vos droits d’auteur? Venez-vous simplement d’autoriser le service qui héberge votre image à l’utiliser dans un contexte précis, ou avez-vous carrément transféré la propriété intellectuelle de celle-ci?

Une caméra concept, la WVIL

Semi hors sujet : la WVIL, une caméra concept

La semaine dernière, World Entertainment News Network (WENN), une agence américaine spécialisée dans la diffusion d’images et de nouvelles concernant les célébrités par le biais de fils de presse, est devenue partenaire officiel de Twitpic, le plus important service de partage de photos sur Twitter. L’agence peut non seulement utiliser les images Twitpic à ses propres fins, mais elle est maintenant disposée à poursuivre en justice quiconque utiliserait dans un contexte commercial les photos publiées sur le service sans son consentement.

Bien que l’agence prétend être seulement intéressée par les photos partagées par des célébrités, Twitpic ne fait aucune distinction entre les droits des célébrités et des utilisateurs réguliers dans ses conditions d’utilisation. Par contre, elle prend soin de vous informer qu’en acceptant d’utiliser son service, vous lui accordez « une licence mondiale, non exclusive, libre de redevances, sous-licenciable et transférable d’utiliser, de reproduire, de distribuer, d’afficher et d’exécuter le contenu en relation avec le service de Twitpic (et celui des successeurs et affiliés) et d’en faire des oeuvres dérivées ».

Cette nouvelle s’inscrit dans le contexte très actuel de la frénésie qui entoure le partage d’information sur les réseaux sociaux. Les utilisateurs s’empressent de trouver un service répondant à leurs besoins sans prendre connaissance des conditions d’utilisation rattachées à celui-ci.

Le site satirique The Onion s’est d’ailleurs amusé à rapporter cette semaine que Facebook était en réalité un programme de surveillance de la CIA. Les déclarations du faux porte-parole de la CIA, bien que loufoques, portent à réfléchir.

After years of secretly monitoring the public, we were astounded so many people would willingly publicize where they live, their religious and political views, an alphabetized list of all their friends, personal email addresses, phone numbers, hundred photos of themselves and even status updates about what they were doing moment to moment. It is truely a dream come true for the CIA.

Christopher Sartinsky, [faux] sous-directeur de la CIA

Comme quoi vous êtes votre meilleur paparazzi.

À qui de droit

Pour l’agence WENN, ses intentions sont nobles : elle souhaite mettre un frein à l’utilisation non autorisée des images Twitpic dans les journaux et autres médias. Par contre, aux yeux des photographes professionnels, l’entente conclue entre WENN et Twitpic a de quoi rendre inquiet, puisqu’elle permet à l’agence d’utiliser n’importe quelle photo du service à des fins commerciales.

Chose certaine, selon les conditions d’utilisation, en aucun cas vous ne cédez la propriété de vos photos à Twitpic. Néanmoins, la prudence est de mise lorsqu’on fait affaire avec les différents services de partage de photos.

Pourquoi ne pas établir à l’avance les conditions d’utilisation de vos photos par le biais d’une licence Creative Commons? Cette option se veut une solution de rechange légale au copyright pour les personnes qui souhaitent partager leurs œuvres selon des balises claires et établies à l’avance (à savoir s’il est possible de partager, de remixer ou de réutiliser l’œuvre dans un contexte commercial). Essentiellement, elle permet d’éliminer l’ambiguïté provoquée par le traitement d’un contenu protégé par droits d’auteur pour les non-initiés.

D’abord popularisées par les blogues, les licences Creative Commons sont très employées sur les portails de partage de photos comme Flickr et Picasa. Malheureusement, il est impossible pour l’instant de jumeler ces services à votre client Twitter, la principale force de Twitpic et ses concurrents. Il vous faudra télécharger votre photo à partir du site (ou d’une application dédiée), une étape supplémentaire qui pourrait rebuter certains utilisateurs.

Un ménage s’impose

Contrairement à celle de Facebook, l’utilisation de Twitter est très axée sur le moment présent. Il n’est pas essentiel, ni même pertinent de conserver un historique des photos prises au cours du dernier mois, encore moins au cours des dernières années. Pourquoi donc ne pas supprimer celles-ci?

Techniquement, une fois ces images supprimées de votre profil, Twitpic et WENN ne seront plus en droit d’utiliser vos photos à leurs fins (après un délai raisonnable).

À lire aussi : Le billet de Gina sur une photo de Noam Galai publiée sur Flickr et volée des centaines de fois.