Billets publiés en mai 2011

Hier, une conférence de presse avait lieu pour annoncer l’ouverture de l’entreprise québécoise Sava Transmédia. Ce nouveau studio se spécialisera dans le développement de jeux pour plateformes sociales et mobiles. Le président et directeur général est Alain Tascan, cofondateur d’Ubisoft Montréal et fondateur d’EA Montréal. Selon lui, « la combinaison des médias sociaux et des nouveaux appareils portables a mené à la création d’un nouveau segment de marché pour l’industrie du jeu vidéo. Le Québec, et plus particulièrement Montréal, se classe parmi les leaders mondiaux dans le domaine des jeux vidéo, et l’objectif de SAVA est maintenant d’en faire un incontournable pour les jeux sociaux. »

Le studio prévoit embaucher une cinquantaine d’employés dans sa première année et devrait monter à 200 emplois d’ici cinq ans. Il ne sait pas encore dans combien de mois on peut s’attendre à un premier jeu, car il veut prendre le temps d’arriver avec un bon produit.

D’abord perçu comme un marché secondaire et boudé par plusieurs acteurs de l’industrie, le jeu vidéo intéresse de plus en plus de studios. Pas surprenant, c’est un marché en pleine expansion. SAVA Transmédia n’est d’ailleurs pas le seul chef de file québécois de ce marché.

Voici les autres :

Playfish (propriété d’Electronic Arts)

Nombre d’employés : 50 d’ici la fin de l’été 2011

Derrière les succès Facebook Pet Society, Restaurant City, Who Has The Biggest Brain? et Geo Challenge, Playfish est un des chefs de file du marché des jeux sociaux. En mars dernier, on apprenait l’ouverture d’un studio à Montréal créant une cinquante d’emplois d’ici la fin de l’été 2011. Ce studio aura pour mandat d’amener l’expérience Playfish sur le marché du mobile.

Frima Studio

Nombre d’employés : 300

Le studio de Québec, qui a aussi un bureau à Matane, a récemment remporté un prix au Canadian Videogame Awards dans la catégorie meilleur jeu social/occasionnel pour Pocket God sur Facebook. Il était aussi en nomination dans les catégories meilleur design de jeu, meilleur arts visuel et prix de l’innovation et lauréat.

Gameloft (propriété des frères Guillemot, les dirigeants et fondateurs d’Ubisoft)

Nombre d’employés : 400

On entend peu parler d’eux, car l’entreprise informe rarement des jeux spécifiquement développés à Montréal. N’empêche, des centaines de personnes y travaillent! Ils sont souvent, mais pas exclusivement, derrière les versions mobiles ou sociales des jeux d’Ubisoft.

EA Mobile

Nombre d’employés : 450

Derrière plusieurs gros succès sur iOS tels que Scrabble, Tetris et Rock Band.

Ludia

Nombre d’employés : 115

Derrière les adaptations de Où est Charlie (Where’s Waldo) pour iOS et The Price Is Right sur différentes plateformes. Plus de 1 million de personnes ont acheté l’adaptation du célèbre jeux-questionnaire télévisé (sur iOS, Nintendo DS ou Wii). Sur Facebook, au moins 300 000 personnes joueraient au jeu.

À l’automne 2010, on apprenait que FremantleMedia (producteur des émissions The Price is Right et American Idol), considérée comme la compagnie de production télé la plus importante au monde, avait acheté le studio montréalais pour en faire sa division jeux vidéo.

Warner :

Nombre d’employés : 60 (en prévoit 300 d’ici 2015)

En mars 2010, Warner Bros Interactive Entertainment annonçait l’ouverture d’un studio à Montréal. Quelques mois plus tard, on apprenait que le studio de Montréal a pour mandat de développer des jeux mettant en vedette les héros de Warner (dont Batman et Superman) sur les plateformes sociales et mobiles et en téléchargement sur les consoles Xbox 360 et PlayStation. Le studio envisage aussi de développer des jeux en ligne légers de type MMO (jeux en ligne massivement multijoueurs).

Dans la catégorie « ce n’est pas parce qu’on est petit qu’on ne peut pas être grand » :


Gamerizon (Indépendant)

Nombre d’employés : 15

Après un an seulement à se spécialiser dans le développement sur mobile, le studio fait partie du Top 50 des meilleurs développeurs pour plateformes mobiles de Pocket Gamer. Les jeux de leur série Chop Chop remportent un vif succès sur les plateformes iOS (iPod Touch, iPhone et iPad). Cinq jeux de la série ont été téléchargés plus de 1 million de fois et se sont hissés au haut des palmarès dans plus de 50 pays. Au total, la série compte 12 millions de téléchargements (comptant les versions lite et payantes). Les plus populaires : Chop Chop Ninja (4, 4 millions de téléchargements), suivi de Chop Chop Runner (2,6 millions). Leur nouveau jeu Chop Chop Slicer est prévu pour le 9 juin.

Le nombre d’employés des compagnies m’a été fourni par l’Alliance Numérique.

En 2007, lorsque Apple a pour la première fois dévoilée l’iPhone au monde entier, une seule question était sur toutes les lèvres des développeurs de logiciels : sera-t-il possible de développer pour la nouvelle plateforme? La réponse fut catégorique. La seule façon d’offrir une expérience iPhone serait de passer par Safari, par le biais de sites web dédiés au nouvel appareil.

Heureusement, des pirates ont développé une solution de rechange permettant aux développeurs d’expérimenter la programmation d’applications dédiées sur iPhone. Apple a alors entendu l’appel de la communauté en dévoilant son App Store l’année suivante, un service maintenant essentiel à tous types d’appareils mobiles.

Diverses applications mobiles

On semble croire aujourd’hui que la seule vraie façon de développer pour iOS ou Android est de passer inévitablement par une application dédiée. D’importants changements ayant eu lieu récemment nous laissent envisager que le contraire pourrait bientôt être vrai.

La différence

Pour un développeur, le principal avantage d’un site mobile est qu’il est mis à jour sur son propre serveur. Inutile d’exiger de ses utilisateurs qu’ils téléchargent une nouvelle version du logiciel afin de profiter de nouvelles fonctionnalités. Sans compter que du côté iOS, les révisions des applications doivent être approuvées par Apple, ce qui ajoute un délai supplémentaire.

De son côté, l’application dédiée est de loin plus performante, puisqu’elle a un accès direct avec les fonctions de haut niveau (de calculs, graphiques, sonores). Quand vient le moment de parler de jeux, le combat est donc gagné d’avance.

Facebook

Facebook est probablement le meilleur exemple de la plus incomplète expérience mobile possible. Dans tous les cas (tant au niveau du site mobile que des applications iOS et Android), une principale lacune est partagée : contrairement à ce qu’offre le site classique, il est impossible de partager un lien, une vidéo ou de poser une question. Il est également impossible de supprimer du contenu se trouvant sur une page que l’on administre. En gestion de crise, le seul recours possible est d’invoquer la version bureau de Facebook à partir d’un fureteur mobile, et tenter de faire apparaître le X dans le coin supérieur droit de la publication afin de pouvoir le cliquer. Très frustrant…

MAJ : On vient de m’informer qu’il est possible de supprimer (à partir de l’application) en glissant son doigt de droite à gauche sur le contenu indésirable. Pourquoi avoir choisi de masquer l’option?

Malgré qu’il soit incomplet, le site mobile est à mon avis ce qui se rapproche le plus du site original de Facebook. Un menu nous permet d’accéder presque à la totalité des sections du réseau social, sans oublier les réglages de notre compte, une autre caractéristique absente de l’application dédiée.

Cependant, du côté de l’application, les notifications poussées sont très appréciées par les accrocs qui ne peuvent se permettre de manquer un message les concernant.

Je dois également souligner qu’aucune application Facebook (ex. : Farmville) n’est accessible sur les diverses solutions mobiles officielles.

Twitter

C’est sans tambour ni trompette que Twitter a mis à jour la version mobile de son réseau social il y a quelques semaines. La nouvelle mise en page est maintenant cohérente avec la refonte de sa version bureau, tant au niveau de son design que de son comportement. Néanmoins, il est maintenant impossible de revenir à la version standard, une option qui était accessible au pied du site mobile précédent. Ce qui signifie que si l’on désire modifier son profil, une fonction non offerte sur le site mobile actuel, on doit télécharger l’application dédiée ou utiliser un ordinateur classique. Ennuyeux…

Du côté des fonctionnalités, Tweetie (l’application officielle, renommée Twitter) permet de faire tout ce que la version bureau de Twitter propose. Peu importe si l’on préfère Tweet Deck (maintenant propriété de Twitter), Hoot Suite ou une autre application tierce, il est très difficile ici de préférer la version web mobile. Contrairement à Facebook, Twitter a d’abord misé sur la communauté de développeurs afin de les encourager à produire divers produits dérivés tournant autour de sa plateforme. Même si elle a récemment changé les règles du jeu pour ceux-ci, elle profite toujours des retombées de cette implication, ce qui contribue à cette expérience augmentée sur ses diverses applications.

Google

L’entreprise derrière le plus important moteur de recherche au monde s’est également amusée à mettre à jour ses différents sites mobiles au cours des dernières semaines. Les changements les plus majeurs ont été appliqués à Google Maps. Outre la nouvelle mise en page, on peut maintenant y voir les pistes cyclables, les photos prises par la communauté et une intégration de Google Places. Certains vont même jusqu’à considérer le nouveau site mobile comme étant supérieur à l’application iPhone.

Contrairement à une simple application dédiée, Google Maps sur iPhone est une application native. Elle est incluse avec iOS et ne peut être modifiée qu’au moment où le système d’exploitation est mis à jour. Cette fréquence est nettement inférieure à l’évolution d’une application courante, ce qui met un frein à la possibilité pour Google d’offrir une expérience améliorée.

Car la meilleure expérience mobile de Google Maps, comme tous les autres services Google, se trouvera toujours sur Android. Il vous suffit de regarder la vidéo ci-dessus pour vous en rendre compte.

Martin LessardeG8 – Le futur d’Internet

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 publié le 27 mai 2011 à 10 h 49

eG8 2011. Ce pourrait être un mot de passe, c’est en fait le nom du forum qui s’est tenu cette semaine en France en marge du G8, l’importante rencontre au sommet des grands de la planète.

Le but de l’eG8, lui, était de réunir les grands de la planète… Internet. La plupart des acteurs industriels du monde numérique sont venus faire part de leur vision sur l’importance d’Internet dans la société et l’économie en général, de même que sur son impact.

Près de un habitant sur trois est maintenant connecté à Internet! Près des deux tiers ont un téléphone portable! Internet pèse aujourd’hui près de 3 % du PIB mondial. Soit un poids supérieur à celui de l’agriculture ou de l’énergie. Tous reconnaissent qu’Internet a été, jusqu’à ce jour, une véritable révolution.

« Bien que beaucoup de forums autour du numérique se soient déjà tenus, aucun n’était destiné à nourrir les réflexions des chefs d’État », a annoncé d’entrée de jeu Maurice Lévy, président du Forum de l’eG8.

Et en ce sens, l’eG8 est un évènement historique.

Réguler la révolution

Le président français, Nicolas Sarkozy, a annoncé dans son discours inaugural que les gouvernements ont un rôle à jouer dans le futur d’Internet en favorisant l’innovation dans l’économie du numérique, tout en avertissant directement les géants du secteur Internet qu’ils ne doivent pas espérer y faire des affaires sans cadre législatif (comme au Far West, pourrait-on ajouter).

« [...] l’univers que vous représentez n’est pas un univers parallèle affranchi du droit, de la morale et plus généralement de tous les principes fondamentaux qui gouvernent la vie sociale dans les pays démocratiques. » Tout un programme!

Dans la salle, les chefs de file voyaient ça d’un autre oeil.

« Avant de décider qu’il y a une solution législative, demandons-nous s’il y a une solution technologique, a dit Eric Schmidt de Google. Nous allons plus vite que n’importe lequel de ces gouvernements, et probablement de tous les gouvernements ensemble. »

Les gouvernements proposent, les entreprises disposent? Il peut être risqué de se mettre à dos les gens de l’industrie et de brider l’innovation.

Et entre le troisième larron

Mais la société civile, celle qui utilise Internet, ne se reconnaît pas dans ce débat entre les titans.

Aussi grosses soient-elles, les compagnies invitées à l’eG8 ne sont qu’une petite portion de toutes les entreprises qui existent sur Internet, qui ne sont elles-mêmes qu’une fraction des milliards d’internautes, qui eux, représentent la vraie société civile.

Les défendeurs d’Internet libre et ouvert demandent plutôt de définir et de garantir les fondements mêmes d’Internet avant toute chose [voir vidéo de la conférence de presse].

« Si nous devons faire une seule recommandation pour le G8, c’est d’inscrire le droit d’accéder à Internet parmi les droits fondamentaux. Avant de penser à réguler, à défendre le droit d’auteur, il faut faire en sorte que les gens aient un libre accès à Internet », dixit Jean-Francois Julliard, secrétaire général de Reporter sans frontières.

Il faut aussi protéger la « neutralité du réseau » ajoutent-ils. Le principe de base de la neutralité du réseau, c’est que toute communication sur le réseau doit être traitée également. Aucune compagnie ni aucun gouvernement ne doivent pouvoir traiter les sites et les services web de façon différente.

C’est-à-dire qu’il faut interdire à quiconque d’étouffer des services en ralentissant artificiellement la connexion. Cette infrastructure nous appartient tous, et on y est tous sur un pied d’égalité, gros ou petit.

Telles auraient dû être les premières préoccupations du premier eG8, selon les représentants de la société civile, avant même de parler de croissance et de contrôle.

Civiliser Internet?

Comment concilier ce vecteur de liberté qu’est Internet avec les envies des gouvernements de le réguler?

« Je crois que les gouvernements n’ont aucune souveraineté sur le réseau, écrit le professeur Jeff Jarvis sur son blogue. Si un seul gouvernement prétend avoir l’autorité, tous peuvent le prétendre. Y compris les dictatures. La régulation n’est pas la solution. »

Le changement fondamental qu’Internet a apporté est une décentralisation totale des moyens de production d’information, de connaissance et de culture. Pour la première fois dans l’histoire moderne, ces outils de production sont dans les mains de la majorité de la population dans tous les pays démocratiques.

Ne serait-ce pas plutôt aux citoyens de protéger le réseau et de se mettre à égalité avec les gouvernements et les grosses entreprises?

Gina DesjardinsEn manque d’humour sur le web

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 publié le 26 mai 2011 à 13 h 22

Ce mois-ci, la manchette du magazine Wired est « Comment Internet a sauvé la comédie ». On y trouve quelques articles – très intéressants – sur le sujet. D’abord, on nous parle d’un laboratoire de recherche sur l’humour qui tente de trouver l’ultime recette pour faire rire. Puis une entrevue avec Andy Samberg sur comment faire des vidéos humoristiques populaires et comment Jay Pharoah s’est fait offrir de joindre Saturday Night Live grâce à ses clips sur Internet. La présentation de quelques utilisateurs Twitter qui se servent de la plateforme de microblogues pour faire de la comédie en 140 caractères. Puis finalement, un article sur le succès d’America’s funniest videos (l’équivalent de Drôles de vidéos) et de ses nouveaux compétiteurs, comme Failblog (Note : Au Québec, on a FailQc).

J’ai repensé à tout ça en regardant le Gala les Olivier la semaine dernière.

Déjà, le numéro d’ouverture du groupe Les Chick’n Swell soulignait l’importance des nouvelles technologies avec l’iPad géant et l’icône 3D. Plus tard, on les voyait aussi en Mario Kart (ce qui semblait inspiré par les clips Internet de Rémi Gaillard).

Les allusions aux technologies, et plus particulièrement à Internet, ont continué dans plusieurs présentations.

Le numéro de Simon Olivier Fecteau et Stéphane Rousseau faisait référence à une vidéo virale classique : le singe qui se pisse dans la bouche.

Puis, Phil Roy, finissant 2011 de l’École nationale de l’humour, a fait un numéro où il joue l’ami Facebook déçu de ne pas avoir été remercié par son idole Jean-Michel Anctil. (Il est sur Facebook et depuis peu sur Twitter)

Martin Petit et Mike Ward ont amené un bon point. On ne trouve pas beaucoup de contenu francophone sur Internet. Ils faisaient allusion aux sites de pornographie, mais même si on compare uniquement la présence des humoristes étrangers à la nôtre, on s’en aperçoit rapidement. Les humoristes québécois n’utilisent pas beaucoup Internet.

Évidemment, plusieurs ont des pages Facebook ou Twitter qui servent à la promotion, mais peu se servent des plateformes pour faire de l’humour. La blogueuse Marie Jetset a d’ailleurs fait des listes des pages Facebook et des comptes Twitter des gens de l’humour du Québec. Pour savoir quels humoristes les utilisent le mieux, on peut voir le document de Geoffroi Gagnon « Humoristes québécois et médias sociaux ». Selon ce document, 79 % des humoristes ont une présence sur Facebook, 17 % ont un profil sur Twitter, 13 % sont sur MySpace et 6 % uniquement se servent de YouTube. Du côté des sites Internet, 69 % ont un site web actif et 18 % seulement tiennent un blogue.

Le document a été publié en janvier 2010 et dans l’univers d’Internet, c’est une éternité. Mais c’est tout de même intéressant, car ça ne semble pas avoir changé tant que ça. Finalement, ça représente ce que je constate… les humoristes québécois utilisent surtout les nouveaux médias comme vitrine. Mais outre la promotion des spectacles, il y a moyen d’utiliser Internet comme médium de diffusion. Comme je le disais dans mon article sur les nouveaux prix Internet et nouveaux médias au gala des prix Gémeaux, le web est une bonne plateforme d’expérimentation. On peut s’en servir pour se faire connaître, pour prendre de l’expérience ou pour tester des blagues.

Quelques exemples au Québec :

En plus de sa présence à Infoman, MC Gilles a pu faire connaître son humour grâce à son blogue et à Twitter (il est suivi par près de 20 000 personnes). Ses courts messages « punchés » sont un bon exemple de l’utilisation de la plateforme de microblogues. Puisqu’il donne souvent des aperçus d’objets douteux sur lesquels il tombe, ses abonnés savent déjà à quoi s’attendre de sa nouvelle émission, Boutique MC Gilles, à V.

Etienne Dano, un des cinq humoristes de la relève de l’émission Les 5 prochains, à ARTV, n’avait pas anticipé un tel succès pour son clip Douchebags, qu’il a mis en ligne sur YouTube le 13 mai dernier. Le clip a été vu plus de 320 000 fois en deux semaines. « J’ai eu cette idée et j’ai eu envie de la réaliser pour niaiser, m’expliquait-il, mais je n’avais jamais imaginé que ça pourrait avoir un tel succès. Ça m’a ouvert les yeux sur l’incidence que peuvent avoir les réseaux sociaux. C’est certain que je vais les utiliser davantage. »

Plusieurs ont découvert l’humoriste Silvi Tourigny grâce à ses capsules « Carole aide son prochain ».

Simon Olivier Fecteau a longtemps fait partie des Chick’n Swell (lorsque le groupe avait une émission hebdomadaire à Radio-Canada), il a réalisé des courts métrages primés, il a coscénarisé et coréalisé le film Bluff, mais la webémission En audition avec Simon l’a véritablement propulsé.

La webémission Contrat d’gars remporte un vif succès sur le web. D’abord diffusée sur le web de façon indépendante, la série a finalement été achetée par V télé. Son succès et ses prix ont permis aux créateurs Alexandre Champagne et Jonathan Roberge de se démarquer, de se faire connaître (ils ont plus de 50 000 fans sur Facebook) et de se faire offrir d’autres contrats (comme de joindre l’équipe de Testé sur des humains à TVA). Selon l’article « Webtélé : en promo sur Facebook, leur popularité aurait même aidé la webémission 11 règles à décoller (Alexandre Champagne a annoncé sa participation à un épisode sur sa page Facebook).

Bref, je pense que les humoristes, surtout ceux de la relève, auraient avantage à se servir des nouveaux médias et des réseaux sociaux. Pas uniquement pour promouvoir leurs dates de spectacles, mais bien pour nous faire découvrir leur humour, leur univers. Depuis quelques années, l’École nationale de l’humour donne d’ailleurs le cours Écriture humoristique et nouveaux médias. On peut donc s’attendre à un peu plus de participation de la part des jeunes humoristes. Et c’est tant mieux!

YouTube a six ans

Parlant de YouTube, le site Internet d’hébergement de vidéos fêtait ses six ans hier. Le site a publié cette image pour représenter son évolution! C’est impressionnant. Prochainement, je vais d’ailleurs parler des partenaires YouTube et de la possibilité pour eux de gagner assez d’argent pour en vivre.

Quand vous partagez vos photos sur Internet, vous demandez-vous ce qu’il advient de vos droits d’auteur? Venez-vous simplement d’autoriser le service qui héberge votre image à l’utiliser dans un contexte précis, ou avez-vous carrément transféré la propriété intellectuelle de celle-ci?

Une caméra concept, la WVIL

Semi hors sujet : la WVIL, une caméra concept

La semaine dernière, World Entertainment News Network (WENN), une agence américaine spécialisée dans la diffusion d’images et de nouvelles concernant les célébrités par le biais de fils de presse, est devenue partenaire officiel de Twitpic, le plus important service de partage de photos sur Twitter. L’agence peut non seulement utiliser les images Twitpic à ses propres fins, mais elle est maintenant disposée à poursuivre en justice quiconque utiliserait dans un contexte commercial les photos publiées sur le service sans son consentement.

Bien que l’agence prétend être seulement intéressée par les photos partagées par des célébrités, Twitpic ne fait aucune distinction entre les droits des célébrités et des utilisateurs réguliers dans ses conditions d’utilisation. Par contre, elle prend soin de vous informer qu’en acceptant d’utiliser son service, vous lui accordez « une licence mondiale, non exclusive, libre de redevances, sous-licenciable et transférable d’utiliser, de reproduire, de distribuer, d’afficher et d’exécuter le contenu en relation avec le service de Twitpic (et celui des successeurs et affiliés) et d’en faire des oeuvres dérivées ».

Cette nouvelle s’inscrit dans le contexte très actuel de la frénésie qui entoure le partage d’information sur les réseaux sociaux. Les utilisateurs s’empressent de trouver un service répondant à leurs besoins sans prendre connaissance des conditions d’utilisation rattachées à celui-ci.

Le site satirique The Onion s’est d’ailleurs amusé à rapporter cette semaine que Facebook était en réalité un programme de surveillance de la CIA. Les déclarations du faux porte-parole de la CIA, bien que loufoques, portent à réfléchir.

After years of secretly monitoring the public, we were astounded so many people would willingly publicize where they live, their religious and political views, an alphabetized list of all their friends, personal email addresses, phone numbers, hundred photos of themselves and even status updates about what they were doing moment to moment. It is truely a dream come true for the CIA.

Christopher Sartinsky, [faux] sous-directeur de la CIA

Comme quoi vous êtes votre meilleur paparazzi.

À qui de droit

Pour l’agence WENN, ses intentions sont nobles : elle souhaite mettre un frein à l’utilisation non autorisée des images Twitpic dans les journaux et autres médias. Par contre, aux yeux des photographes professionnels, l’entente conclue entre WENN et Twitpic a de quoi rendre inquiet, puisqu’elle permet à l’agence d’utiliser n’importe quelle photo du service à des fins commerciales.

Chose certaine, selon les conditions d’utilisation, en aucun cas vous ne cédez la propriété de vos photos à Twitpic. Néanmoins, la prudence est de mise lorsqu’on fait affaire avec les différents services de partage de photos.

Pourquoi ne pas établir à l’avance les conditions d’utilisation de vos photos par le biais d’une licence Creative Commons? Cette option se veut une solution de rechange légale au copyright pour les personnes qui souhaitent partager leurs œuvres selon des balises claires et établies à l’avance (à savoir s’il est possible de partager, de remixer ou de réutiliser l’œuvre dans un contexte commercial). Essentiellement, elle permet d’éliminer l’ambiguïté provoquée par le traitement d’un contenu protégé par droits d’auteur pour les non-initiés.

D’abord popularisées par les blogues, les licences Creative Commons sont très employées sur les portails de partage de photos comme Flickr et Picasa. Malheureusement, il est impossible pour l’instant de jumeler ces services à votre client Twitter, la principale force de Twitpic et ses concurrents. Il vous faudra télécharger votre photo à partir du site (ou d’une application dédiée), une étape supplémentaire qui pourrait rebuter certains utilisateurs.

Un ménage s’impose

Contrairement à celle de Facebook, l’utilisation de Twitter est très axée sur le moment présent. Il n’est pas essentiel, ni même pertinent de conserver un historique des photos prises au cours du dernier mois, encore moins au cours des dernières années. Pourquoi donc ne pas supprimer celles-ci?

Techniquement, une fois ces images supprimées de votre profil, Twitpic et WENN ne seront plus en droit d’utiliser vos photos à leurs fins (après un délai raisonnable).

À lire aussi : Le billet de Gina sur une photo de Noam Galai publiée sur Flickr et volée des centaines de fois.