Martin LessardPeerIndex : mesure de l’autorité

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 publié le 20 avril 2011 à 12 h 06
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Continuons cette semaine d’évaluer l’effet de la présence numérique des principaux chefs des partis canadiens. Après la mesure de l’influence, on aborde cette fois la mesure de l’autorité en ligne.

Une autorité est une personne dont le point de vue a plus de poids qu’une autre personne dans un domaine d’intérêt précis. Ce pouvoir social, un pouvoir d’exercer un effet sur l’opinion publique, est un attribut donné par l’audience. Ce n’est pas une propriété innée d’une personne, mais une caractéristique attribuée par les autres.

J’ai choisi PeerIndex, qui est probablement le plus sérieux concurrent de Klout. L’indice PeerIndex tente de refléter l’influence d’une activité en ligne et de mesurer la réputation sur le web.

L’échelle de PeerIndex, contrairement à celle de Klout, est non linéaire. Dans une telle échelle, 90 % des gens se retrouvent entre 0 et 40. Ça permet de bien départager les leaders dans le peloton de tête (un indice de 90 et plus indique que l’on se trouve au sommet, dans le 0,1 %, d’une communauté). Le but est d’offrir une meilleure façon de distinguer les autorités en modifiant l’échelle à mesure que l’on monte. (Détails ici, en anglais)

J’ai compilé les données pour les chefs des grands partis, ainsi que quelques comptes à titre de comparaison. Pour une raison que j’ignore, le compte de M. Duceppe n’est pas activé. J’ai ajouté Mme May, du Parti vert du Canada.

PeerIndex rank

C’est une mesure récapitulative, sur 100, de votre rang. Un indice de 40 et plus indique que vous êtes dans les 10 % d’une communauté.

1. Layton, NPD [60]

2. May, PVC [47]

3. Harper, PCC [32]

4. Ignatieff, PLC [29]

C’est exactement le classement inverse de Klout. Layton se trouve en premier, Ignatieff en dernier. On voit ici le pouvoir d’une échelle non linéaire pour bien distinguer l’écart entre les chefs. Klout n’offrait que un ou deux points de différence entre chacun.

À titre de comparaison, pour reprendre des exemples de la dernière fois, Benoît Descary, un des blogueurs les plus suivis au Québec, a un indice de 69, et Mitsou, une artiste très populaire sur Twitter, un indice de 43. Pour ces deux derniers, l’ordre aussi est inversé par rapport au palmarès de Klout.

Autority score

Cette mesure détermine la position relative dans une communauté autour d’un des huit domaines d’intérêts identifiés. Une autorité dans le domaine politique, par exemple, n’a pas de poids dans le domaine culinaire.

1. Layton, NPD [51]

2. May, PVC [37]

3. Harper, PCC [14]

4. Ignatieff, PLC [12]

Ici, si le palmarès reste le même, l’écart se creuse énormément. À titre de comparaison, Benoît Descary a 62, et Mitsou, 32. La dégringolade est moins grande que pour MM. Harper et Ignatieff.

Audience score

Cette mesure indique la portée dans l’audience en fonction de la réception réelle. (C’est-à-dire une audience qui réagit et retransmet les messages. Suivre une large quantité de comptes ne suffit pas; même que ça fait baisser le score si ces comptes sont inactifs.)

1. Harper, PCC [94]

2. Layton, NPD [93]

3. Ignatieff, PLC [91]

4, May, PVC [83]

À titre de comparaison, Triplex a un indice de 84, Mitsou, de 86, et Benoît Descary, de 89. Les chefs des partis ont un indice qui les dépasse, ce à quoi on peut s’attendre, vu leur popularité hors ligne.

Activitity score

Cet indice calcule la fréquence de publication de messages relatifs à une communauté précise. Dans un domaine à haut taux de publication, il faudra publier davantage pour obtenir le même index que dans un domaine où il y a beaucoup moins de publications.

1. Layton, NPD [38]

2. May, PVC [27]

3. Harper, PCC [23]

4. Ignatieff, PLC [2]

Leur fréquence en ligne ne bat pas de records. À titre de comparaison, des gens plus prolifiques, comme Denis Coderre [66] ou Benoît Descary [85], sont loin devant. Ce n’est donc pas par une frénésie de publication que leur influence se fait sentir.

Détail troublant, M. Ignatieff a un très faible indice de 2. Son rythme de publication n’est pourtant pas si différent de celui de M. Harper. Est-ce une erreur de PeerIndex?

Resonance score

Un indice de l’autorité dans huit domaines d’intérêt précis, évalués par PeerIndex. C’est la véritable influence d’une personne dans la communauté. Plus l’empreinte est grande, plus on a de l’influence dans le domaine en question (POL=politique, TEC=Technology, LIF=loisir, AME=art)

Igniatieff et Harper sont au beau milieu, ce qui indiquerait, selon PeerIndex, une influence nulle quant aux discussions sur la politique en ligne.

À titre de comparaison, voici ceux de Denis Coderre et de Mitsou.

Contrairement à l’indice de Klout, qui fait l’amalgame de toutes les autorités dans tous les domaines, on voit qu’une autorité dans un domaine (comme Mitsou) n’a pas d’influence dans d’autres domaines.

Je disais la semaine dernière que la culture du retweet doit permettre à chacun de se penser non pas comme un relais, mais bien comme un filtre. Ici, on sent bien que le réseau n’est pas un simple relais des chefs (comme on peut le voir avec Ignatieff et Harper) et qu’une réelle participation active (voir Coderre) permet de créer une reconnaissance en ligne. C’est rassurant.

PeerIndex évite l’écueil que j’avais signalé pour Klout (tout mettre au même niveau) et devient à mon avis un bien meilleur indicateur d’une réelle influence en ligne.

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