Gina DesjardinsLes Canadiens utilisent peu les médias sociaux à des fins professionnelles

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 publié le 7 avril 2011 à 13 h 42

J’ai reçu vendredi dernier le résultat du plus récent sondage global Workmonitor de Randstad. On y apprenait entre autres que « les Canadiens accusent un retard par rapport à d’autres pays en ce qui a trait à l’utilisation des médias sociaux à des fins professionnelles ».

Selon ce sondage, la majorité des Canadiens (67 %) utilisent les médias sociaux uniquement dans un but personnel, pour maintenir le contact avec leur entourage, et seulement 27 % s’en servent pour se promouvoir en tant que professionnel. En Chine et en Inde, ce serait complètement l’inverse. On explique cette différence par le fait que ces pays comptent une main d’œuvre plus jeune.

Au Canada, 61 % pensent malgré tout que les médias sociaux peuvent aider à trouver un emploi. Dans certains pays, cette croyance est beaucoup plus forte, allant de 73 % au Chili jusqu’à 83 % en Chine.

Réputation numérique

J’entends souvent parler de la peur des médias sociaux en recherche d’emploi puisque les employeurs font une recherche sur nous, et que ce qu’on a publié pourrait porter préjudice. Certains décident même de ne pas s’inscrire sur ces sites. Pourtant, autant les futurs employeurs scrutent la présence numérique des futurs candidats, autant ils trouvent louche de ne rien trouver sur eux. S’assurer d’avoir une présence numérique forte et positive est donc souvent plus important dans la recherche d’emploi que d’avoir une présence anonyme.

Dans le cas de certains réseaux, comme LinkedIn, il s’agit au minimum d’afficher un genre de curriculum vitae en ligne et de demander aux anciens employeurs d’écrire un petit mot de recommandation. Pour ce qui est de Facebook, vaut mieux apprendre à protéger son profil afin de ne le rendre accessible qu’à ceux qui font partie de ses contacts, mais aussi savoir faire des listes afin de limiter l’accès à certaines parties de son profil pour certaines personnes. Mais il faut toujours demeurer conscient de ce qu’on met en ligne et réfléchir avant d’écrire sur ses réseaux (tourner sept fois les doigts avant de publier). Pour ce qui est de Twitter, selon moi, le rendre privé lui enlève toute sa pertinence.

Réputation de l’entreprise

« 53 % des employés canadiens cherchent de l’information au moyen des médias sociaux pour en savoir plus sur la culture d’une entreprise. »

En effet, la réputation numérique n’existe pas uniquement pour les individus. Je me souviens d’une offre d’emploi parue sur la page Facebook d’un site publiant des offres d’emploi. Cette offre était suivie d’un nombre incroyable de commentaires négatifs sur l’entreprise. Je ne sais pas si ça a affecté le nombre de candidatures envoyées, mais certains mentionnaient ne finalement pas postuler.

« 51 % des employés canadiens disent qu’ils ne postuleraient pas chez un employeur s’ils lisaient des commentaires négatifs à son propos dans les médias sociaux. »

Pas trop surprenant, on souhaite habituellement trouver un bon emploi dans un environnement sain. Choisir directement les entreprises qui jouissent de commentaires positifs permet de gagner du temps.

Le pouvoir des réseaux

Depuis toujours, on trouve un emploi plus facilement lorsqu’on « connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui… ». Maintenant, on a la chance de pouvoir se créer facilement ses propres réseaux, mais aussi d’afficher ses services et ses compétences. On peut décider de ce qu’on veut mettre de l’avant sur soi. S’assurer que lorsqu’un employeur fera une recherche sur soi, il trouvera des trucs intéressants.

On entend souvent qu’on ne cognera pas à notre porte et que nous devons faire des pas pour arriver où nous voulons. Les réseaux sociaux ne sont-ils pas justement une bonne façon de s’afficher et d’entrer en contact avec des gens en lien avec les buts fixés? S’assurer une présence professionnelle sur les médias sociaux permet de dire qu’on existe. Au fil des ans, j’ai rencontré virtuellement de nombreux professionnels, tels qu’une avocate, un agent d’assurance, un courtier immobilier, etc. Eh bien, si j’ai besoin d’un de ces services, j’aurai tendance à aller vers ces personnes. Pourquoi? Lire leur blogue me prouve qu’ils se tiennent à jour et au courant des nouveautés de leur secteur et qu’ils sont passionnés. Ça me met également en confiance, car s’ils donnaient un mauvais service, les gens pourraient facilement leur faire mauvaise réputation.

Après avoir bâti un bon réseau, avertir être à la recherche d’un emploi peut porter fruit. J’ai vu régulièrement des messages du genre se faire relayer sur Twitter.

Pour plusieurs secteurs d’activité, se bâtir un réseau social est devenu très important. Comme ça prend du temps, on gagne à le faire plus tôt que tard.

Réseaux sociaux, Société