En 2006, le photographe Noam Galai publiait sur son compte Flickr quelques photos de lui en train de crier. Quelques années plus tard, il apprenait que quelques-unes de ses photos, dont une plus que les autres, étaient utilisées dans une vingtaine de pays.
Quelques rares fois, on lui donne le crédit (sans qu’il soit au courant), mais la majorité du temps, ses photos sont utilisées sans son consentement. Parfois, le nom d’un autre photographe est même inscrit! Ses photos se sont retrouvées dans des magazines, sur des publicités imprimées et des affiches promotionnelles, dans des oeuvres artistiques présentées dans des galeries d’art et même sur plusieurs murs (par des graffitis au pochoir)! Il n’y a que le National Geographic qui l’a contacté pour lui demander la permission et le rémunérer pour l’utilisation de sa photo pour un de leurs magazines!
Pour avoir une idée de l’utilisation de ses photos, il a d’abord utilisé Tineye, un site qui analyse une photo donnée (par reconnaissance de pixel) afin de donner tous les liens où elle se trouve ailleurs sur la toile. J’utilise régulièrement ce site pour trouver la source originale de certaines photos. Très utile! Par la suite, il a demandé à la communauté. En publiant un album avec plusieurs utilisations de ses photos répertoriées via Tineye, il a demandé à ses contacts Facebook de l’informer lorsqu’ils voyaient ses photos… C’est entre autres ainsi qu’il a su que sa photo faisait la couverture d’un roman mexicain et que le crédit était attribué à un autre photographe…
Noam Galai affirme ne pas avoir de problème avec ceux qui ont utilisé sa photo pour des projets artistiques, mais être frustré que de grosses compagnies lucratives, des artistes signées ou des éditeurs ont utilisé sa photo pour vendre leurs produits.
Finalement, il a décidé de voir le beau côté de la chose: ses photos ont voyagé. Sans l’Internet, il considère que ses photos seraient restées dans son sous-sol et qu’il n’aurait pas fait plus d’argent avec elles. Son histoire, qui fait maintenant le tour de la toile depuis la mise en ligne de la vidéo il y a une dizaine de jours, lui aura finalement permis d’être reconnu pour son travail.
Mais peu importe l’utilisation, il faut toujours demander la permission. Ce n’est pas parce que c’est sur Internet, que c’est gratuit. Les droits d’auteur devraient être expliqués à l’école primaire. C’est important pour les jeunes d’en comprendre les subtilités dès leur plus jeune âge. C’est difficile d’éduquer les adultes qui décident de ne pas respecter le travail des autres, mais il faut tenter d’apprendre le respect des droits d’auteur aux nouvelles générations.
Pour suivre son blogue et voir plusieurs utilisations de ses photos: thestolenscream.com
Getty Images à la poursuite des fraudeurs
L’émission La Facture diffusait justement hier un reportage sur les dangers de l’utilisation des photos sur Internet. L’agence de photos Getty Images recherche l’utilisation de ses photos dans le but de faire payer les fautifs. Avant de recevoir une mise en demeure obligeant de payer des milliers de dollars, vaut toujours mieux s’assurer qu’on utilise une photo en toute légalité! Comme « police de pixel», La Facture conseille le site Tineye, mais aussi PicScout, que je ne connaissais pas.
Steve Jobs a tué la musique selon Jon Bon Jovi
Le chanteur Jon Bon Jovi a déclaré dans une entrevue accordée au Sunday Times magazine qu’il tenait Steve Jobs, le patron d’Apple, personnellement responsable d’avoir tué l’industrie de la musique». Quelle déclaration étrange! Est-ce qu’il préférerait que les gens continuent à partager les fichiers gratuitement? iTunes a offert une solution, une plateforme où acheter des fichiers numériques. Ce n’est pas Apple qui a pour la première fois mis de la musique en ligne. Les sites de partage de fichiers lui ont inspiré la création d’une plateforme avec un modèle payant. Il se vendrait au moins 500 pièces musicales toutes les cinq secondes sur iTunes (incluant les pièces de Jon Bon Jovi) et 70% des revenus vont à l’artiste ou à la compagnie qui le représente…
Jon Bon Jovi parle de l’expérience musicale qui n’est pas la même. C’est certain, mais il faut savoir évoluer. En même temps, moi je dirais que ce sont les artistes qui ont tué l’expérience. Avant, les albums étaient des oeuvres complètes. Un album des Beatles ou de Pink Floyd, par exemple, a un ordre logique. Ça s’écoute du début à la fin avec des transitions qui ne donnent pas envie de les écouter dans le désordre ou de sauter une chanson. Mais bien avant le téléchargement à la pièce, ça n’existait pratiquement plus. Les albums divisés en actes se faisaient de plus en plus rares. Les grosses compagnies de disque ont peut-être trop abusé de ces années de gloire, où il y avait peu d’artistes élus, en offrant des albums « jetables » ne contenant parfois qu’une ou deux pièces intéressantes. Le résultat? Les consommateurs ne voulaient que les bonnes pièces et plus de diversité. Le marché est maintenant fragmenté, de plus en plus d’indépendants se font une place enlevant une partie des revenus aux grosses compagnies de disques, tout comme l’achat à la pièce au lieu des albums. L’industrie change, mais elle est loin d’être morte.
Que ce soit en édition, en musique, en cinéma ou en photographie, le téléchargement illégal et l’utilisation des oeuvres sans le consentement de l’auteur ne devraient plus exister. Malheureusement, il y a encore bien de l’éducation à faire… Mais ça ne sert à rien de vivre dans le passé comme Jon Bon Jovi. Il faut que les compagnies et les artistes apprennent à s’ajuster avec les nouvelles réalités et encouragent les plateformes où les gens achètent des oeuvres en toute légalité.
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