La popularité des sites Internet de coupons en ligne ne cesse d’augmenter. En 2009, aux États-Unis, on a observé une croissance de 345 %! Puis de 50 % de plus dans la première moitié de 2010. Ce serait maintenant le deuxième secteur le plus visité sur Internet après l’emploi. Ciblant plus les besoins et exigeant moins de temps de recherche, les coupons en ligne seraient même 18 fois plus efficaces.
Alors que les aubaines se numérisent, une nouvelle tendance a émergé : les sites d’achat groupé comme Groupon. D’ailleurs, selon Forbes, c’est une des entreprises qui a connu la croissance la plus rapide en 2010! Mais des sites du genre, il en existe des dizaines. Comment ça fonctionne? On s’inscrit pour recevoir un courriel quotidien avec l’offre du jour. Si elle nous intéresse, on l’achète. Si le nombre d’acheteurs minimums est atteint, l’offre est en vigueur et on aura un temps limité pour l’utiliser selon les restrictions en vigueur (il faut donc bien lire les petits caractères). Si le nombre d’acheteurs minimum n’est pas atteint, nous sommes remboursés.
J’avoue ne pas trop savoir quoi en penser encore. Je suis mitigée. Comme je le fais pour tout ce qui est nouveau, je me suis inscrite à une dizaine de sites d’achat groupé avec des aubaines au Québec : Groupon Montreal, Tuango, Promo du Jour, Vie Urbaine, Wagjag, Koopon, etc. Je me suis rapidement lassée de tous ces courriels quotidiens. C’est certain qu’à la base, je ne cours pas nécessairement les aubaines, alors je ne suis probablement pas leur public cible.
Il y a beaucoup d’offres alléchantes sur ces sites : des soins spa ou des repas au restaurant pour une fraction du prix habituel. L’offre du jour peut parfaitement offrir jusqu’à 90 % de rabais sur le prix habituel. Certaines de mes connaissances aiment bien, pour essayer de nouveaux endroits ou pour des soupers en famille. Ils économisent. Personnellement, j’avais davantage l’impression que j’allais me créer des besoins et que j’allais acheter des trucs que je n’utiliserais jamais.
Des entreprises déchantent
Ces sites promettent aux entreprises participantes une bonne publicité puisqu’en étant l’offre du jour, tous les abonnés reçoivent un courriel à leur sujet afin de décider s’ils veulent acheter l’offre ou pas. Mais ça semble profiter au consommateur beaucoup plus qu’aux entreprises.
Certaines d’entre elles considèrent n’avoir eu aucun retour sur l’investissement et que ça leur a finalement coûté pas mal d’argent pour pas grand-chose. Certains se souviendront de l’histoire du Café Posies en Oregon et de leur rabais de 50 % sur les achats de 13 $ pendant les 6 mois suivant l’offre par l’entremise de Groupon. Frustrée par son expérience, Jessie Burke, la propriétaire de ce café, racontait sur son blogue en septembre dernier que cette aventure lui avait finalement coûté près de 8000 $ en coûts de production pour fournir à la demande des milliers de gens qui avaient payé pour bénéficier du bon de réduction. Il faut dire qu’au moins la moitié de ce que le consommateur paye sur le site va aux exploitants du site. Dans le cas des offres d’une dizaine de dollars ou moins, ces derniers gardent parfois la totalité du montant.
Plusieurs entreprises confient maintenant que cette nouvelle forme de publicité ne leur fait pas gagner de nouveaux clients. Plusieurs utilisateurs veulent profiter des bonnes offres ponctuelles, voilà tout. Ils aiment essayer et n’ont souvent pas l’intention d’y retourner et de payer le plein tarif. Le pourboire est rarement donné sur la valeur du coupon, mais plutôt sur le petit prix en vigueur.
Avec tous ces nouveaux témoignages de compagnies finalement un peu déçues par leur expérience, je me demande si la popularité phénoménale des sites d’achat groupé va rester. Si les offres ne sont plus aussi intéressantes, les gens risquent peut-être d’abandonner. On voit d’ailleurs apparaître des sites de niche, plus sélectifs en ce qui concerne leurs utilisateurs, comme le prochain iGet.it, pour les produits de luxe.
Il est difficile de prédire le futur des sites d’achat groupé. J’ai l’impression que ce sera du cas par cas. Les entreprises qui visent la masse et celles dont les achats se font en ligne ont probablement plus de chance de gagner de nouveaux clients.
Une tendance est aussi de recevoir des offres par des applications de géolocalisation. C’est encore restreint au petit pourcentage de propriétaires de téléphones intelligents. Mais dans quelques années, ce pourcentage sera bien différent… J’en reparlerai prochainement.
