Gina DesjardinsLe transmédia, c’est quoi?

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 publié le 28 février 2011 à 12 h 55

Je l’avais mentionné la semaine dernière, le mot transmédia devient populaire, mais il est souvent mal utilisé. On le mélange régulièrement avec du marketing multiplateforme.

On parle de plurimédia lorsque la promotion se fait sur plusieurs plateformes. On ne parle pas de transmédia pour une réalisation qui possède un blogue, un compte Twitter, une page Facebook et une chaîne YouTube si ce qu’on y trouve y est directement lié, comme des vidéos de tournage ou des notes de développement. Le transmédia offre du contenu original déployé sur de multiples supports. C’est le point d’entrée dans un univers.

Du transmédia pour Blanche-Neige

Pour donner un exemple simple, prenons une histoire que tout le monde connaît. Disons Blanche-Neige. Pour les besoins de la cause, oublions que c’est au départ un conte et faisons comme si c’était un film en développement. Si l’équipe de promotion de ce film faisait du transmédia avec Blanche-Neige, voici ce qu’on pourrait voir et lire avant la sortie du film en salle :

-       Une bande dessinée sur les sept nains avant qu’ils trouvent Blanche-Neige évanouie. On en apprendrait davantage sur qui ils sont.

-       Un court-métrage sur l’histoire de la mère de Blanche-Neige qui souhaitait ardemment un enfant et qui a laissé quelques gouttes de sang tomber dans la neige après une blessure au doigt.

-       Un roman sur le passé de la future méchante reine à la recherche d’un mari et cette fée qui lui a fait don d’un miroir magique.

-       Un blogue tenu par le miroir magique. Il publierait des billets par rapport à l’obsession de sa propriétaire sur sa beauté et son exaspération de ne servir qu’à répondre à une seule et même question.

-       Un jeu impliquant le prince et ses missions qui l’amènent à parcourir la forêt.

Le transmédia permet de faire connaître l’univers aux gens sans trop dévoiler l’histoire de la réalisation ultime. Chaque média participe à sa façon au récit principal, mais chaque histoire existe indépendamment. C’est le point d’entrée d’un univers narratif adapté à différents publics.

De The Matrix à En terrains connus

La série de films The Matrix, des frères Wachowski, est un bon exemple. Après le premier film, on a continué à mousser l’intérêt pour l’univers avec une bande dessinée, des courts métrages et différents jeux vidéo.

L’industrie du jeu vidéo utilise d’ailleurs beaucoup le transmédia, surtout pour ses grosses franchises. Entre deux titres, les compagnies s’assurent que les adeptes de la série ne quittent pas l’univers trop longtemps. Elles sortent des bandes dessinées et romans sur des personnages secondaires. Ces histoires ne sont pas essentielles pour apprécier les jeux, mais ça plaît aux fans, qui ont quelque chose à se mettre sous la dent en attendant le prochain jeu.

Ubisoft Montréal l’a fait avec Assassin’s Creed. Entre les sorties des différents titres, la compagnie a sorti des romans graphiques, des jeux et des applications Facebook, un roman, des bandes dessinées, Lineage, un court métrage de 36 minutes (sorti en 3 parties sur YouTube), réalisé par Yves Simoneau, et Ascendance, un court métrage d’animation.

En ce moment à la télévision, il y a l’émission 19-2, qui fait dans le transmédia avec ses webépisodes sur des personnages secondaires que l’on peut regarder entre deux épisodes.

Le film En terrains connus, présentement à l’affiche, a aussi fait du transmédia avec des capsules vidéo centrées sur un personnage du film, l’homme du futur.

Malheureusement, l’équipe qui travaille à la réalisation principale n’est pas toujours impliquée dans la production des initiatives transmédias. Si ces dernières ne sont pas intéressantes ou ne représentent pas l’univers du récit principal, elles peuvent nuire. Surtout si elles sont la première entrée du public dans ce monde.

Le transmédia fait donc parti des initiatives multiplateformes, mais celles-ci ne sont pas nécessairement du transmédia.

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