Philippe MarcouxMontréal, ouvre-toi!

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 publié le 1 février 2011 à 10 h 58

Je veux vous parler d’accès à des informations qui sont entre les mains d’une administration publique. « Bon, Philippe, tu vas encore te plaindre d’un de nos gouvernements qui n’est pas assez transparent… » Même pas! Incroyable, mais vrai, c’est d’une bonne nouvelle dont je vais vous parler… pour le moment en tout cas.

Je suis allé cette fin de semaine à une rencontre organisée par Montréal Ouvert, un groupe qui milite pour que la Ville de Montréal se dote d’une politique de données ouvertes. Il semble que la métropole soit pas mal en retard dans le domaine, si on la compare à des villes comme Vancouver ou Ottawa.

Toutes les données produites par la Ville peuvent devenir « ouvertes » : heures d’ouverture des patinoires, listes des sujets discutés au conseil municipal, emplacement des arrêts d’autobus, statistiques sur la criminalité… Vous voyez ce que je veux dire. À Montréal, plusieurs de ces données sont déjà publiques, mais elles ne sont pas présentées dans un format informatique qui permet des les rendre faciles et agréables d’accès (souvent en temps réel).

Montréal Ouvert veut tout simplement que la Ville rende toutes ces données publiques et le fasse dans un format approprié. Une fois que ce sera chose faite, la Ville n’aura rien d’autre à faire que de regarder les programmeurs de ce monde s’emparer de ces données et en faire une série d’applications qui vont vous surprendre.

À Montréal, vous pouvez déjà accéder à des renseignements sur la collecte des déchets ou l’état des patinoires. Mais ailleurs dans le monde, il existe des services web qui renseignent les citoyens sur la présence de leurs conseillers municipaux aux sessions du conseil, facilitent l’envoi de messages aux élus, permettent aux résidents d’informer la Ville de travaux qui doivent être faits dans leur rue, de suivre l’évolution des ces travaux et de savoir si d’autres citoyens se sont plaints.

Et bien entendu, il est possible de fusionner ces données avec d’autres informations disponibles ailleurs. Les gens de Montréal Ouvert m’ont parlé d’un historien qui a colligé toutes sortes d’informations sur différentes adresses à Montréal. Tel personnage important a habité ici, c’est ici que tel ou tel événement s’est passé. Imaginez l’application mobile que ça donnerait? Des heures de plaisir en marchant en ville. 7760, Saint-Vallier, Montréal… Vous avez d’autres idées de services qui seraient utiles? Parlez-en à Montréal Ouvert… une fois que les données de la Ville seront libérées.

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que la Ville de Montréal semble, justement, ouverte à l’idée d’ouvrir ses données. La porte-parole de la Ville m’indique qu’un groupe du Service des technologies de l’information est en train d’analyser les différents aspects de la question : lois pertinentes, financement du projet, ressources requises, entretien du système, etc.

Selon Montréal Ouvert, les coûts reliés à l’ouverture des données par la Ville ne sont pas très élevés, et surtout, c’est un investissement qui pourrait s’avérer rentable. De meilleurs renseignements pour les citoyens, ça veut souvent dire une utilisation plus efficace des services municipaux, et des employés municipaux plus responsables. Sans parler des retombées économiques reliées aux développements de nouvelles applications qui utilisent ces données.

Bon, vous êtes convaincu. Alors, on peut espérer ça pour quand? Montréal Ouvert ne s’est pas donné d’échéancier précis, mais il croit que la Ville aurait intérêt à agir avant mai 2012, moment où elle recevra le Congrès Mondial des Technologies de l’Information. Ce serait un peu gênant d’être encore l’enfant pauvre dans le domaine quand tous les geeks de la planète viennent nous visiter!

Voilà, c’est tout. Pas de scandale, pas de pétition à signer, pas de manifeste « Indignez-vous », juste une bonne idée qui fait son chemin. Ne vous indignez pas, mais vous pouvez en parler autour de vous, que vous habitiez à Montréal ou pas d’ailleurs. Si c’est une bonne idée pour la métropole, c’en est sans doute une pour toutes les municipalités du pays, et plus on en parle, plus nos élus vont en entendre parler. En général, ça a son effet.

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