Gina DesjardinsDes robots qui prennent notre place au travail, à l’école… et à la maison

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 publié le 20 janvier 2011 à 13 h 48

© Anybots.com

Aimez-vous travailler de la maison? Et si vous y restiez en envoyant votre robot au bureau? C’est un peu l’idée derrière les robots de téléprésence. Ça existe depuis un moment, en médecine particulièrement, mais on veut aller plus loin qu’un simple moniteur fixé qui retransmet notre image. De nouveaux robots peuvent se déplacer ou reproduire nos expressions faciales. Voici quelques exemples de robots pour représenter l’employé au travail ou le professeur à l’école, ou pour carrément remplacer une présence humaine…

Pas envie de sortir? On envoie le robot travailler à sa place

Il y en a plusieurs de ce genre, mais en voici quelques-uns qui permettent de se promener dans le bureau et d’aller voir ses collègues à leur bureau.

Le Texai de Willow Garage a été inventé par deux ingénieurs travaillant ensemble sur un projet, mais vivant à 2000 km l’un de l’autre. Ils ont eu l’idée d’un système leur permettant une meilleure interaction et collaboration. Assez simple, c’est en fait un moniteur sur roue. Il n’est pas en vente pour le moment.

Texai de Willow Garage

Au dernier CES, la compagnie Anybots a présenté son robot QB, qui sera vendu prochainement. Il ressemble à un Segway sur lequel on ne peut pas monter. Un écran se trouve au milieu du front de sa tête. Ses yeux sont des caméras qui permettent de voir ce qui se passe et de se déplacer dans le bureau.

Le QB de Anybots

Un autre robot du genre était présenté au CES cette année : Vgo.

http://www.youtube.com/watch?v=RsnHh8MrWJw&feature=player_embedded#!

Ça peut paraître étrange, mais j’y vois quand même des avantages. Éviter les incessants déplacements en avion lorsqu’une compagnie a des bureaux dans différentes villes, voire différents pays. De plus, les employés malades et contagieux incapables de prendre congé pourraient être présents au bureau sans contaminer tout le monde.

Des robots remplacent les professeurs à l’école

Les régions rurales des pays d’Asie ont souvent de la difficulté à trouver des professeurs d’anglais, et ça coûte une fortune par année au gouvernement. La Corée du Sud a donc décidé d’essayer le robot Engkey en en envoyant un dans 21 écoles. Ce dernier peut être contrôlé par des professeurs se trouvant à des milliers de kilomètres. Pour le moment, il est opéré par des professeurs résidant aux Philippines. Avec la caméra et les microphones installés, ils peuvent voir et entendre les étudiants, ce qui leur permet de travailler la prononciation en interagissant directement. Le robot ne transmet pas l’image réelle du professeur, mais l’avatar reproduit ses expressions faciales.

L’ importance d’apprendre l’anglais pour les Asiatiques est la cause de plusieurs innovations, dont certaines assez loufoques. L’auteure, bloggeuse et chroniqueuse Marie-Julie Gagnon, qui a déjà enseigné l’anglais à Taïwan, m’avait raconté un projet pilote dans la ville de Tainan où les camions à ordures donnaient des cours d’anglais! Elle avait alors poursuivi un camion pour la filmer!

Une fausse présence humaine à la maison

Au Japon, on ne se contente pas d’un moniteur roulant, l’Université d’Osaka collabore avec l’Institut international de la recherche en télécommunications avancées (ATR) pour la création du robot Telenoid R1, qui tente de ressembler aux humains. Il s’agit de se placer devant une webcam. L’information sur la voix et les mouvements du visage sont enregistrés et envoyés par Internet. Ils peuvent ainsi être reproduits fidèlement par le robot.

Selon le spécialiste des robots Hiroshi Ishiguro, sa création va permettre d’accepter la présence des robots dans nos vies. Il le considère comme un outil parfait pour recréer une présence humaine. Les aînés pourraient ainsi en avoir un pour parler à leurs enfants ou petits enfants qui habitent loin.

Je ne sais pas pour vous, mais lorsque je suis éloignée de quelqu’un que j’aime, je préfère voir son visage grâce à un simple appel vidéo. Je trouverais un peu étrange de vivre une interaction avec un robot. Surtout qu’à la base, il ne ressemble pas à ce que l’on voit dans la vidéo. Il a été créé pour être facilement transportable et il ressemble davantage à une version antipathique du fantôme Casper (ou du robot EVE de WALL-E) qu’à un humain.

Telenoid R1 de l'université d'Osaka

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