Billets publiés le 21 décembre 2010

Comme je suis le seul résident de ce Triplex assez vieux pour avoir vu le premier Tron en salle en 1982, je me suis fait un devoir d’aller en voir la suite, Tron : Legacy, pour vous en parler. Mais voilà, je n’ai pas du tout envie de comparer les deux versions 30 ans plus tard. Non, c’est plutôt une divagation sur fond d’actualité que le film m’a inspirée.

À noter que ceci n’est pas une critique de cinéma. Ce n’est pas mon métier, et je ne voudrais surtout pas que par ma faute vous utilisiez votre précieux budget de divertissement des Fêtes sur un film qui ne vous plaira pas. Cela dit, si vous êtes amateur de techno (et si vous lisez ce blogue, il y a quand même des chances que ce soit le cas), il y a des moments assez savoureux de nostalgie technologique en début de film, qui, quant à moi, vaudront à tout le moins la peine de louer le film quand ce sera possible. J’ai particulièrement apprécié une très brève rencontre avec un jeu de football portatif Coleco qui m’avait justement été offert à Noël il y a de ça… bien, longtemps, et que je m’étais fait confisqué dès la rentrée des classes en janvier.

Mais revenons à mon délire. Je ne sais pas trop si je dois vous dire d’aller voir Tron : Legacy avant de lire ce billet ou si vous êtes mieux de le lire tout de suite pour pouvoir mieux apprécier jusqu’à quel point mon interprétation du film est déjantée! Quoi qu’il en soit, je vais, dans les prochaines lignes, vous révéler des éléments importants du scénario, alors soyez averti.

C’est le personnage joué par Michael Sheen qui m’a fait halluciner. Tous les critiques ont remarqué qu’il y avait du David Bowie dans ce « Castor », mais j’y ai aussi vu du… Julian Assange (je n’avais d’ailleurs jamais fait le lien entre Assange et Bowie, mais à bien y penser…). Partons donc du principe que la ressemblance physique entre Castor et le fondateur de WikiLeaks n’est pas une coïncidence (je sais, je sais, ce n’est pas simple, mais vous avez été averti, ceci est un délire).

Au début du film, le personnage de Jeff Bridges dit à son fils qu’il a créé un monde où « l’information est libre ». Sur le coup, je me suis dit qu’il y avait une chance que ce film ne soit rien de moins qu’extraordinaire, que ses auteurs allaient en profiter pour lancer un message sur la liberté et la neutralité du web, et que ça deviendrait instantanément un classique geek et que… Malheureusement, ce n’est pas le cas. À moins que…

Suivez-moi bien. Dans le film, les personnages numériques, qu’on appelle les « programmes » et qui vivent dans le monde virtuel, veulent être « libres » en passant dans le monde « réel ». Pendant ce temps, le monde réel a peur des « programmes » parce qu’ils cherchent la perfection, ce qui risquerait de nous détruire parce que notre monde est tout sauf parfait. Finalement, c’est Castor (un personnage très ambivalent) qui joue les agents doubles pour faciliter le passage des « programmes » vers le monde réel. Il finit par créer un chaos total, mais échoue ultimement.

Dans mon délire, les « programmes » représentent l’information en général qui veut être libre. Julian « Castor » Assange (qui n’est qu’un intermédiaire dans tout ça) tente de les aider en diffusant l’information qu’il a obtenue d’un tiers, mais le « système » du monde réel l’en empêche, et notre monde est sauf…pour le moment. Pour que ça fonctionne, il faut accepter une inversion des rôles entre les bons et les méchants dans le film, mais ce n’est pas si compliqué de croire que Disney, qui produit le film, se fait, à tort selon une interprétation des choses, le défenseur de l’ordre établi.

Ce que j’aime de cette interprétation, c’est les zones grises, l’ambivalence des motivations des personnages, la réflexion sur les répercussions de la technologie sur notre société qu’elle apporte à une histoire qui, autrement, ne porte, encore une fois, que sur la lutte entre un bien et un mal clairement définis. Complètement ridicule, vous dites. Bien sûr que c’est complètement ridicule. Mais vous admettrez avec moi que ça donnerait une tout autre dimension à un film qui fait beaucoup de promesses dans la première demi-heure sans les tenir dans l’heure et demie qui suit.