Billets publiés le 7 décembre 2010

Laurent LaSalleLa technologie menace-t-elle les acteurs de demain?

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 publié le 7 décembre 2010 à 10 h 43

J’avoue apprécier l’amélioration graduelle qu’ont connue les effets spéciaux du cinéma depuis les dernières années. Si le marché du jeu vidéo rapporte plus que celui d’Hollywood, c’est généralement au grand écran que l’on peut voir des résultats plus impressionnants visuellement.

On classe les films s’appuyant intensivement sur les effets générés par ordinateurs en deux grandes catégories : les films d’animation (en passant du look simpliste de Toy Story en 1995 au look réaliste de Beowulf en 2007) et les films hybrides (débutant par Terminator 2 : Judgment Day en 1991 et, plus récemment, Avatar en 2009). Cette dernière parenthèse était effectivement commanditée par James Cameron.

Il est désormais possible de créer un personnage en infographie 3D à l’apparence ultra réaliste. Une subtilité demeure, un certain je-ne-sais-quoi qui nous donne l’impression pour le moment que l’on nous trompe. Par contre, cette caractéristique est moins flagrante de film en film, et nous force à réfléchir sur la question : serons-nous en mesure bientôt de remplacer complètement les acteurs? S’il est possible de prolonger la durée de vie professionnelle de ces comédiens qui nous sont chers, y aura-t-il une place pour la relève? Nous dirigeons-nous vers un monde où les voices actors seront rois et maîtres?

L’entrée en scène de George Lucas

Alors que beaucoup de geeks étaient prêts à lui pardonner la trahison que représente aux yeux de certains la nouvelle trilogie de la saga Star Wars, voilà que monsieur merchandising nous arrive avec une nouvelle idée. Selon un article du quotidien britannique The Sun, George Lucas serait en train de faire l’acquisition des droits à l’image d’un ensemble d’acteurs décédés au cours des dernières années. L’idée serait (vous l’avez deviné) de ressusciter ceux-ci à l’aide de l’imagerie numérique.

Aurons-nous l’occasion de revoir une imitation parfaite d’icônes disparues aux côtés des plus grands du cinéma? Sans doute une excellente nouvelle pour les imitateurs. Hollywood devrait peut-être encore une fois recruter les talents du jeu vidéo, où les imitateurs sont plus abordables que les acteurs et offrent un résultat souvent plus intéressant.

On soustrait alors la maquilleuse, l’habilleuse et l’entraîneur-chorégraphe. On les remplace par l’infographiste et l’acrobate (pour la captation de mouvements). L’acteur n’est pas pour autant éclipsé, puisque l’on doit capter les expressions de son visage lors de sa performance. Dans le cas d’une célébrité, il est possible que les mimiques du visage ne soient pas parfaitement interprétées par l’imitateur (qui a tendance à se concentrer sur la voix).

Dans ce contexte, la voie technologique n’est pas toujours synonyme de voie économique. On ne peut que présumer de l’opération risquée que prépare Lucas. Espérons que l’entreprise sera rentable.