Suite du billet : Les éditeurs et distributeurs, en partie responsables du piratage (partie 1)
On aime la facilité
La plupart des gens aiment la facilité. Comme le magazine Times le mentionnait cet été, si c’est plus facile à trouver légalement qu’illégalement, la majorité va préférer gagner du temps (c’est de l’argent après tout).
C’est pour ça qu’iTunes a gagné l’habitude des consommateurs avec le temps. Depuis son arrivée en 2003, plusieurs ont pris l’habitude d’y faire des achats. Notre carte de crédit est enregistrée, et ça facilite les achats impulsifs. Vous tenterez l’expérience. Allez magasiner du contenu numérique ailleurs. Lorsqu’on vous demandera de donner votre numéro de carte de crédit, vous y penserez à deux fois : « Est-ce que je le veux vraiment? » On préfère acheter là où on connaît et où on a confiance. Aucun site n’a réussi à avoir le succès d’iTunes, même le site eMusic, qui propose de la musique au rabais. Vaut mieux choisir les plateformes où il y a déjà des consommateurs prêts à payer.
Faire le virage numérique est essentiel. C’est un marché qui explose et les retardataires en paieront le prix. Selon un rapport par l’Association des éditeurs Américains publié en octobre dernier, les ventes de livres numériques entre janvier et août ont augmenté de 193 % de 2009 à 2010, représentant aujourd’hui 263 millions de dollars contre 89,8 millions de dollars la même période en 2009. L’an dernier, 3,31 % des ventes de livres étaient numériques, cette année, ce sont 9,03 % des ventes qui le sont.
Disney prend le virage numérique
Disney a annoncé la semaine dernière se lancer à fond dans l’offre de contenu numérique. Ils vont même offrir une version numérique gratuite à ceux qui achètent le DVD du film Toys story 3 (au Walmart). La compagnie est aussi partenaire de la technologie Keychest, qui permettra d’acheter une seule fois un film, mais de le regarder sur différentes plateformes.
D’ailleurs, vous ferez le triste constat… Plusieurs demandent du contenu québécois sur iTunes, où l’offre est faible puisque les ententes avec les compagnies sont difficiles. Malheureusement, des versions illégales se trouvent de plus en plus facilement.
Le magazine Wired avait bien résumé la chose il y a quelques années. On ne devrait pas faire de téléchargement illégal, mais si on ne trouve pas ce qu’on cherche par contrôle maladif des oeuvres, tant pis pour les compagnies qui n’ont pas fait le virage.
Lorsqu’on cherche, on trouve. Mais plus c’est simple, mieux c’est.
Une question d’éducation
Selon moi, il faut surtout faire un grand effort d’éducation. Les jeunes ne sont même pas toujours au courant des conséquences du téléchargement illégal. Lors des séances d’autographes, plusieurs chanteurs se font même présenter des albums copiés. Les jeunes n’ont pas de carte de crédit, et l’achat en ligne leur est difficile. Pourquoi ne pas leur offrir des cartes-cadeaux iTunes, ou autres, à Noël?
En France, on a instauré la carte musique, qui offre des rabais pour les jeunes sur l’achat de services de musique en ligne. Le but selon leur communiqué? « Faire découvrir dans toute sa diversité l’offre légale de musique en ligne et enclencher une dynamique vertueuse pour la santé économique de l’ensemble de la filière. »
Une initiative du genre, incluant les services en ligne pour les films et la littérature, pourrait être pertinente pour encourager les jeunes à acheter en ne les laissant pas prendre l’habitude de la gratuité.
Selon moi, la question n’est pas de savoir si l’expérience de lecture sur un lecteur de livres numériques est différente ou pas. Ça, c’est un choix personnel. La question est plutôt : a-t-on vraiment envie d’encourager les gens à trouver les livres de façon illégale?
