Billets publiés en novembre 2010

Philippe MarcouxWikileaks, journalisme, techno et nous tous

par

 publié le 30 novembre 2010 à 10 h 47

Deux cent cinquante mille notes diplomatiques américaines portant sur à peu près tout ce qui a eu de l’importance dans l’actualité internationale rendues publiques grâce à un site web et à l’aide de cinq des plus grands journaux dans le monde, ça se souligne.

JOURNALISME ET TECHNOLOGIE

Je sais que ce n’est pas très techno, mais au point de vue purement du journalisme, ce genre de collaboration entre différents médias est tout à fait extraordinaire. On le sait, les journaux ne sont plus les machines à imprimer de l’argent qu’ils ont déjà été (et la cause de ça, elle, est plutôt techno), et aucun des cinq journaux qui ont collaboré avec Wikileaks n’avait les moyens de procéder seul à l’analyse de cette avalanche de documents. La solution : mettre en commun les ressources pour analyser le tout pour ensuite produire cinq séries distinctes de reportages.

J’utilise d’ailleurs volontairement le mot « reportages » et non pas simplement « articles » parce que la technologie a permis à certains de ces journaux de produire tout un éventail de présentations et d’analyses des documents obtenus par Wikileaks. Mon allemand est un peu rouillé, mais Der Spiegel offre une impressionnante carte interactive du monde qui permet de voir le nombre, la classification et surtout la provenance des différentes dépêches. Par exemple, 83 d’entre elles proviennent du consulat américain à Montréal. Le Guardian a aussi sa carte interactive (qui a l’avantage d’être en anglais), mais elle ne porte que sur les dépêches qui ont déjà été publiées en intégrale et deviendra donc beaucoup plus intéressante avec le temps. Un regard sur le journalisme de demain?

ET NOUS TOUS

D’ailleurs, en parlant de journalisme et de technologie, ce Cablegate (puisque c’est comme ça que Twitter a décidé d’appeler cette affaire) devrait, dans les prochains jours, nous donner l’occasion d’assister à un bel exemple de collaboration citoyenne (@ayatollah_src, vous n’auriez pas un bon mot pour « crowdsourcing » en français). Puisque Wikileaks publiera éventuellement sur son site presque toutes les notes diplomatiques, classées par pays, mots clés, dates, évènements, etc., les internautes pourront aller lire et « twitter » sur certains sujets négligés par les grands médias. Attendez quelques jours et faites une recherche avec #cablegate et, je ne sais pas moi, #Quebec ou #Harper et vous devriez y trouver toutes sortes de trucs distrayants, comme dirait mon ami René Homier-Roy!

L’ÉLÉPHANT

Non, je ne fais pas semblant de ne pas voir l’éléphant dans la pièce. Je sais bien que tout ça est très intéressant, mais que la divulgation sur Internet de renseignements diplomatiques secrets n’est pas sans conséquence. Un geste dangereux, illégal et irresponsable, selon certains. Un grand coup pour le droit à l’information, précisément ce pour quoi Internet a été créé, selon d’autres. Et vous, qu’en pensez-vous?

Laurent LaSalleFaites le plein de découvertes musicales

par

 publié le 29 novembre 2010 à 10 h 50

Pour ceux d’entre vous qui l’ignorent, je suis un grand consommateur de musique. J’ai suivi avec grand intérêt le développement du partage de musique en ligne : en passant par la chute de Napster, le passage de MySpace et la montée d’iTunes. Si ce dernier est aujourd’hui l’incontournable disquaire du web, il met surtout l’accent sur une musique dite « commerciale ».

Pourtant, il existe d’autres portails pouvant agir à titre de complément quand vient le moment de découvrir des artistes indépendants ou moins connus.

 
Last.fm

Last.fm

Véritable réseau social centré sur la musique, Last.fm est l’une des plus vieilles initiatives musicales en ligne (et la seule du lot offerte en version française). D’abord présenté comme un système de recommandations nommé Audioscrobbler, le service en provenance de Grande-Bretagne vous propose de monter votre profil musical en répertoriant les chansons préalablement écoutées (incluant le nombre d’écoutes). Si le concept peut faire peur aux plus paranoïaques, il permet d’évaluer vos préférences et de déterminer votre compatibilité musicale avec les autres membres du réseau.

Le dépisteur musical est compatible (entre autre) avec iTunes, Windows Media Player, WinAmp, et les iPod et iPhone. Il est possible, dans certains cas, de remonter jusqu’à vos toutes premières écoutes.

Sur Last.fm, vous pouvez écouter différentes radios (la musique d’un artiste et ses semblables, d’un genre en particulier, ou de vos amis) moyennant des frais d’inscriptions. Une version mobile de cette application existe pour iPhone, mais celle-ci a été retirée au Canada l’an dernier (pour des raisons légales, non pas sans rappeler l’absence de Pandora au pays). Malgré son succès, l’intégration de ce service sur les autres médias sociaux est plutôt limitée.

 
We Are Hunted

We Are Hunted

We Are Hunted se présente comme le palmarès musical du moment. À l’écoute d’une panoplie de blogues spécialisés, de réseaux sociaux et de forums de discussions, le portail propose une liste des 99 pièces les plus populaires sur le web. L’objectif étant de remplacer les traditionnels palmarès de ventes, en ajoutant une nouvelle dimension : l’intérêt porté envers la musique par le consommateur.

Malgré de nobles intentions, le site manque franchement de transparence. Il est impossible de déterminer statistiquement comment ni pourquoi un artiste s’est positionné en tête du classement.

Néanmoins, l’interface est simple, minimaliste et efficace. Il est facile d’écouter n’importe laquelle des 99 chansons affichées. On vous invite également à construire votre propre liste, qui influencera (on imagine) le futur classement principal. Finalement, l’écoute est aussi possible sur iPhone et Android, pour les chanceux équipés d’un généreux plan data.

 
The Sixty One

The Sixty One

Gigantesque lecteur organique, The Sixty One semble d’abord miser sur la simplicité. Après une brève introduction, on invite vos oreilles à découvrir les plus récentes additions à sa page principale de façon chronologique. Il est possible d’obtenir plus d’information sur l’artiste en vedette, d’aimer la chanson à l’écoute, d’ajouter celle-ci à notre liste d’écoute, de passer à la chanson suivante, de monter notre profil… tout ceci sans jamais perdre la trame sonore du site.

Vous pouvez aussi explorer plus en profondeur, notamment avec des listes d’humeur (qui proposent une musique adaptée à votre état), des missions (par exemple, écouter 10 chansons en file de 4 genres différents) et un système de pointage (ayant un effet sur votre influence sur le site).

Malheureusement, vouloir bénéficier de l’expérience « complète » requiert beaucoup de temps.

 
Conclusion

Ces trois services ont leurs forces et leurs faiblesses. Le vrai mélomane devrait tous les essayer, mais si vous devez faire un choix, je dois admettre que j’ai un penchant pour Last.fm, principalement pour la force de sa communauté.

Les amoureux de musique devraient finalement considérer l’écoute d’émissions indépendantes offertes en baladodiffusion, et porter attention à Blip.fm, un service de micromessagerie axé sur la musique.

Gina DesjardinsLes téléviseurs 3D, trop tôt pour acheter

par

 publié le 26 novembre 2010 à 12 h 58

Le 3D n’est pas une nouvelle technologie (on considère L’arrivée du train des frères Lumières, réalisé en 1903, comme étant le premier film en stéréoscopie). En fait, l’histoire se répète. Dans les années 50, les grands studios américains produisaient des films pour lutter contre l’émergence des films présentés à la télévision. Il y a quelques années, la même idée refaisait surface pour contrer le piratage.

Rapidement, on a voulu apporter également la stéréoscopie à la maison. C’était déjà une des grandes tendances à surveiller au CES (Consumer Electronic Show) en 2009.

Sur le marché, en ce moment, on trouve surtout des téléviseurs avec le système dit actif, mais dans les prochaines années, ça devrait changer.

Passif versus actif

Pour le système actif, c’est un panneau LCD intégré aux lunettes qui fait le travail. Les images pour chaque œil sont encodées de façon séquentielle. Lorsqu’un œil voit une image, la lunette de l’autre œil est obturée, donnant au cerveau une impression de relief. La technologie étant dans les lunettes, elles contiennent des piles et sont, par conséquent, plus lourdes, en plus d’être chères (souvent de 150 à 250 $). On perd de la luminosité, et les couleurs peuvent sembler plus fades. Souvent, on perd le signal au moindre changement, en allumant une lumière, par exemple, ou quand quelqu’un passe devant l’écran, en se penchant…

Pour le système passif, on utilise des lunettes polarisées (ce qu’on voit le plus souvent au cinéma). Les deux verres sont polarisés dans des sens différents. Toutes les images affichées à l’écran contiennent les images pour les deux yeux. Chaque œil reçoit donc une demi-image. Un film 1080 devient 540.

Personnellement, toutes les fois où j’ai essayé des téléviseurs avec le système actif, j’ai eu un mal de tête énorme après. Je suis peut-être plus sensible que la moyenne, mais je ne suis pas la seule.

Samsung émet d’ailleurs des avertissements de maux possibles allant des vertiges, étourdissements et troubles oculaires jusqu’à l’épilepsie et aux attaques cérébrales. J’en conviens, les compagnies ne prennent pas de risque, pour éviter les poursuites, mais quand même… Par ailleurs, je ne pense pas que ce soit très bon pour un enfant de porter de lourdes lunettes avec une pile…

L’été dernier, je suis passée au bureau de la compagnie montréalaise Sensio, spécialisée dans la transmission de signaux 3D, pour voir un match de soccer (impressionnant, j’avoue). Selon Louis Rousseau, vice-président marketing et communication pour Sensio, ça va prendre plusieurs années avant que la technologie 3D à la maison soit vraiment répendue et au point. D’abord, il manque de contenu, mais il ne croit pas non plus au système actif. « La technologie se trouve dans les lunettes, et c’est moins cher pour les fabricants de téléviseurs. Pour le système passif, c’est le panneau qui doit faire le travail. Choisir l’actif leur permettait de vendre les téléviseurs le même prix en cachant les frais supplémentaires dans le coût des lunettes. »

Apportez vos lunettes

En plus, avec le coût des lunettes actives, ce n’est pas évident de faire des soirées spéciales. Tout le monde est d’accord : les jeux vidéo et le sport seront responsables de la popularité des téléviseurs 3D. Mais imaginez organiser un party pour un match…  Dans votre invitation, il ne faudra surtout pas oublier de mentionner « Apportez vos consommations… Et vos lunettes! » Pour une famille de quatre ou plus, ça revient cher.

Plusieurs pensent donc que de plus en plus de téléviseurs avec le système passif arriveront sur le marché en 2011 et 2012. Mais en général, les spécialistes vous le diront : la technologie changera beaucoup au cours des 5, voire 10 prochaines années. Le 3D semble là pour rester, mais je ne dépenserais pas pour ça cette année. De toute façon, ce n’est pas comme s’il y avait avalanche de contenus…

image © Numerix

Un futur sans lunettes

Comment le monde de la 3D va-t-il évoluer dans le futur? Ça reste à voir. Le réalisateur James Cameron croit que ce sera l’autostéréoscopie, la télé sans lunettes, une technologie que David Lynch trouve magique. Nintendo sort justement une console portable au printemps 2011 avec un écran 3D qui ne nécessite pas le port de lunettes.

Je suis passée cette semaine dans les bureaux de  la compagnie montréalaise Numerix, distributeur officiel au Canada des écrans Alioscopy (selon leur site : la technologie 3D la plus performante puisque sans lunettes) et créateur de contenu en autostéréoscopie. Pour le moment, leur travail se situe sur le plan commercial, les écrans servant à diffuser un contenu créé spécifiquement pour l’appareil. Les écrans autostéréoscopie exigeant un signal HD de très haute résolution, la transmission de contenu télévisé est pour le moment difficilement compatible.

Selon Jean Blais de Numerix Stratégie, nous évoluons en ce moment aux frontières technologiques de la 3D sans lunettes. « Il n’y a pas encore de contenu autostéréoscopique pour le grand public. Le débit nécessaire à la diffusion de contenu autostéréoscopique dépasse largement les capacités actuelles de bandes passantes pour la transmission de données pour ces écrans. »

Déjà, la compagnie Sensio a développé un encodage offrant une compression permettant la transmission des images 3D sur des bandes passantes normales. On peut donc espérer que l’autostéréoscopie sera prochainement disponible pour les consommateurs.

Toutefois, on peut présumer que, dans quelques années, ce sera possible.

Qu’en pensez-vous? Avez-vous l’intention de vous procurer un téléviseur 3D dans un avenir rapproché?

Philippe MarcouxUn peu d’attention S.V.P.

par

 publié le 25 novembre 2010 à 10 h 49

J’ai une admission à vous faire. Je suis un peu volage… dans ma relation avec les fureteurs Internet en tout cas. J’ai dû en utiliser un avant Internet Explorer, mais je ne m’en souviens plus. Puis, comme la plupart d’entre nous, j’ai succombé aux charmes du monstre de Microsoft que j’ai laissé quand Firefox a commencé à me faire de l’œil. Lorsque j’ai déménagé chez Apple, j’ai eu une brève relation avec Safari, mais Chrome a vite gagné mon cœur.

Tout ça pour vous dire que sans laisser le sympathique, rapide et charmant Chrome (je ne sais pas pourquoi les fureteurs sont masculins dans ma métaphore, mais c’est comme ça…), j’ai depuis trois semaines une aventure avec le nouveau RockMelt, qui vient de faire son apparition en version bêta.

On a passé des soirées extraordinaires! C’est vraiment génial entre nous… mais franchement ça ne pourra pas durer. RockMelt se présente comme un fureteur pour l’ère des médias sociaux. En plus de la fenêtre centrale et de la barre d’outils habituelles, vous avez accès dans des colonnes de chaque côté de la fenêtre à tous les fils de nouvelles, pages Facebook, fil Twitter ou autre fils RSS que vous voudrez bien y ajouter. Un clic et vous y êtes. Génial, mais voilà bien le problème, c’est beaucoup trop facile. C’est simple, RockMelt nourrit ma dépendance à tous ces stimuli, il encourage mon manque chronique d’attention quand je suis à l’ordinateur.

Comme tout bon junky, je ne me suis pas rendu compte de tout ça seul. C’est un récent reportage de mon collègue Janic Tremblay à l’émission Les années lumières sur les conséquences des médias sociaux dans les salles de cours qui m’a fait réaliser que sans avoir besoin d’une cure de désintoxication, je n’étais pas non plus obligé de sortir avec le pusher! Dans son (excellent) reportage, Janic nous présente un expert qui se demande si l’utilisation d’ordinateurs (ou de téléphones intelligents) devrait être autorisée pendant les cours. Le problème, bien entendu, c’est que les étudiants ne décrochent jamais des médias sociaux. Quant à moi, cette question n’est pas vraiment très compliquée. Facebook pendant un cours! Les téléphones sont peut-être intelligents, mais les étudiants, eux…

L’autre partie du reportage m’a beaucoup fait réfléchir. Selon le professeur Clifford Nass, mathématicien et sociologue à l’Université Stanford en Californie, Internet, avec ces stimuli incessants, est en train de littéralement changer le fonctionnement de notre cerveau. C’est aussi la thèse que Nicholas Carr défend dans son récent livre The Shallows. Non seulement nous sommes beaucoup moins concentrés sur ce que nous faisons quand nous sommes sur Internet, mais à la longue tout ça a une incidence sur le reste de nos activités.

Bien entendu, il y en a eu pour remettre cette théorie en question et je n’ai pas la prétention de savoir qui a raison dans ce débat. Mais je sais, je sens en fait, que j’ai moins de capacités d’attention que j’en avais il y a quelques années. Ce n’est pas une calamité, je ne m’en porte pas vraiment plus mal, mais ça m’inquiète tout de même un peu.

Cher RockMelt,

Je suis venu te dire que je m’en vais…

Et vous, avez-vous l’impression que votre utilisation des médias sociaux et d’Internet en général a un effet sur votre concentration?

Laurent LaSalleFoodspotting : l’appétit vient en regardant

par

 publié le 24 novembre 2010 à 11 h 17

Une fois l’heure du repas venue, choisir un restaurant peut s’avérer une tâche pénible. L’apparence des lieux est parfois trompeuse, la description des plats, souvent trop fantaisiste et la réputation de certains restaurants, surfaite. Personnellement, je préfère me fier à l’opinion de mes amis pour connaître les meilleurs endroits où manger.

Si par chance on combine critiques culinaires et photographies, un outil fort pertinent se dresse devant nous : Foodspotting.

Foodspotting : l'appétit vient en regardant

Non pas sans rappeler SocialGrapes, Foodspotting est un lieu sur le web où la communauté gourmande (qui semble préférer le terme « foodies ») peut exprimer son opinion sur le menu des bars et restaurants qui l’entourent. Grâce à son navigateur visuel, l’application mobile est le guide idéal pour magasiner des mets plutôt que des noms de restaurants. L’application tient également compte de votre lieu géographique, et vous proposera d’abord les choix les plus près de vous. Il est aussi possible de filtrer les résultats à l’aide de l’outil de recherche intégré.

 
L’important, c’est aussi de participer

Si vous vous trouvez déjà au restaurant, il est possible de contribuer à la communauté en soumettant une photo du plat que vous avez commandé, accompagnée du nom du mets et de votre appréciation générale. Vous devenez alors un « foodspotter », et comme tout bon réseau social qui se respecte, il est possible de suivre vos amis, des commerces ou des mets, pour être tenu à jour sur leurs plus récentes activités.

Foodspotting vous propose également de partir à la chasse aux images. Ayant répertorié un ensemble de livres gourmets rédigés par des experts culinaires, on vous propose de capter la photo d’un sujet provenant de votre localité. Bien qu’il n’y ait pas de contenu québécois pour le moment, on parvient quand même à suggérer quelques restaurants montréalais primés par les critiques gastronomiques internationaux. Si vous complétez un certain nombre de missions semblables, vous obtiendrez des badges honorifiques à la Foursquare.

La plateforme est très complète : il est possible de rapidement accéder à l’information que l’on cherche, on propose une variété de contenus et d’actions à entreprendre, et l’intégration des médias sociaux (Facebook, Twitter, Flickr et Foursquare) est réussie.

Par contre, un néophyte peut facilement se perdre dans la panoplie de contenus à consulter. Foodspotting aurait peut-être eu avantage à restreindre son offre.

 
Mes impressions

Aspects positifs :

  • Représentation des plats fidèle à la réalité
  • Grande flexibilité quant aux actions qu’il est possible d’entreprendre
  • Idéal pour les indécis

Aspects négatifs :

  • Application mobile seulement offerte sur iPhone (versions Android et BlackBerry en préparation)
  • Service offert seulement en anglais
  • Aucun contenu expert québécois