Catherine Mathys2015 : l’année du chiffrement pour tous?

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 publié le 19 décembre 2014 à 15 h 13

Samedi dernier à La sphère, l’équipe, comme la tradition le veut, passait l’année en revue. Alors, qu’est-ce que j’ai retenu de 2014? Selon moi, il s’agissait de l’année de l’éveil à la trace numérique. Je trouve les preuves de cette nouvelle sensibilisation dans la prolifération d’applications de toutes sortes qui promettent une meilleure protection (réelle ou non) de notre identité et de nos données en ligne. On aime de plus en plus que nos messages s’effacent, que notre identité soit cachée ou que nos communications soient chiffrées pour éviter une éventuelle interception.

En ce qui concerne le chiffrement, j’ai surtout parlé de Protonmail à l’émission, un logiciel issu d’une association entre le CERN et le MIT. Cela dit, un acteur prometteur entrera dans la danse en 2015, il s’agit de Peerio, le nouveau produit de Nadim Kobeissi qui nous avait donné Cryptocat en 2012, devenu un des logiciels de chiffrement les plus populaires de nos jours.

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Il est venu en parler à Radio-Canada à l’occasion des Midis lab le 10 décembre dernier. La vidéo de la conférence n’est malheureusement pas disponible avant le lancement officiel du produit.

Les journalistes et les communications chiffrées

Les communications chiffrées ne datent pas d’hier. On les utilise depuis les années 80. Cela dit, ce genre de logiciel a toujours demandé un peu d’efforts et de patience. Dans l’affaire Snowden, Glenn Greenwald, un des journalistes auquel il s’est confié, n’a pas su comment s’en servir au début de leurs communications. Snowden s’est donc tourné vers Laura Poitras qui connaissait mieux ce genre de logiciels, comme je l’expliquais dans un précédent billet.

Ici, quand on parle de logiciels de chiffrement, on veut dire que la seule personne qui peut accéder à notre contenu est celle qu’on a choisie. Le réseau lui-même, que ce soit les serveurs ou le fournisseur, ne peut pas y avoir accès. Kobeissi travaille depuis quatre ans au développement de technologies de chiffrement et de communications privées sur Internet. Bien qu’il sache que ses outils sont aussi utiles pour l’activisme politique que pour les milieux médical et légal, il s’intéresse tout particulièrement aux journalistes comme public cible.

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D’ailleurs, Greenwald s’est fait la main et a même utilisé Cryptocat à Hong Kong dans ses discussions avec d’autres journalistes avant sa première rencontre avec Snowden. Ce que Kobeissi aime particulièrement de cette anecdote, c’est que son logiciel est le seul à avoir correctement fonctionné. Il est particulièrement fier de la facilité d’utilisation de ses produits et tout indique qu’il est voie de récidiver avec Peerio.

Qu’est-ce que Peerio?

Si tous les contenus ne sont pas confidentiels et ne requièrent pas d’autres formes de protection, Kobeissi est d’avis que tous les journalistes devraient au moins connaître les risques associés à leurs communications en ligne et les outils à leur disposition pour mieux contrôler la transmission de leurs données.

Le jour où un journaliste sera contacté avec la possibilité de transmettre des informations confidentielles sur un dossier, il devra savoir comment faire pour ne pas se retrouver comme Greenwald à devoir passer son tour pour des raisons techniques.

Nadim Kobeissi et son équipe travaillent depuis six mois à développer ce nouvel outil spécifique aux journalistes qu’est Peerio. Il est en phase bêta privée, alors il n’est accessible que sur invitation pour le moment.

Dans une vidéo présentée lors de la conférence, on nous mentionne que des services qui assurent le chiffrement de nos communications existent déjà. Par contre, ces services ne chiffrent le contenu que lors de sa transmission, pas sur leurs serveurs. Si d’autres chiffrent tant la transmission que le stockage de l’information, ils conservent l’accès à nos données.

Dans le cas de Peerio, les informations sont chiffrées avant de quitter notre ordinateur avec une clé qui nous appartient. Les serveurs de Peerio contiennent donc toute une série de dossiers chiffrés auxquels l’entreprise elle-même ne peut accéder. L’aspect intéressant de ce logiciel est qu’il permet de garder le contrôle complet sur nos données. Ainsi, si nous souhaitons en détruire une partie, elle disparaîtra de toutes les boîtes de messagerie qui la contiennent du même coup.

Nadim Kobeissi explique son nouveau produit en disant qu’il s’agit à la fois d’un compte de messagerie de type Gmail et d’un service de stockage de type DropBox accessibles sur toutes les plateformes fixes ou mobiles. Il s’agit d’un logiciel libre, et l’inscription y sera gratuite.

À suivre en 2015!

Catégories : Médias, Sécurité

blackberry

BlackBerry a annoncé hier l’arrivée de son nouveau téléphone intelligent, le BlackBerry Classic, un appareil conçu spécifiquement pour plaire à ses amateurs de la première heure qui n’ont pas été séduits par les téléphones BlackBerry 10 de la compagnie jusqu’ici.

Alors que le BlackBerry Passport lancé il y a quelques mois était une tentative pour se différencier sur le marché et montrer que l’entreprise de Waterloo était toujours capable d’innover, le Classic est donc le fruit d’une stratégie complètement inverse, celle consistant à consolider ses acquis et à plaire à sa clientèle existante.

L’appareil adopte évidemment un clavier QWERTY physique, mais celui-ci marque aussi le retour des quatre boutons et du pavé tactile que l’on retrouvait auparavant sous l’écran des vieux BlackBerry. Visuellement, le téléphone ressemble à un Bold, ou encore à une version un peu agrandie du Q10.

Malheureusement, le téléphone offre des caractéristiques parfois un peu dépassées, tout particulièrement son processeur double cœur Snapdragon S4, le même que l’on retrouvait dans le BlackBerry Q10 à son lancement l’année dernière et dans le Samsung Galaxy S3 l’année précédente.

Pour le reste, l’appareil est équipé d’un écran carré de 3,5 pouces avec une résolution de 720 pixels par 720 pixels, 2 Go de mémoire vive, une capacité interne de 16 Go, une caméra arrière de 8 mégapixels et une caméra avant de 2  mégapixels. Sa pile est d’une bonne taille par rapport aux besoins du téléphone, à 2515 mAh, mais elle ne peut être remplacée par l’utilisateur.

Pour ce qui est du logiciel, on y retrouve BlackBerry 10.3, le système d’exploitation de la compagnie qui se démarque notamment par son Hub, pour gérer ses différents courriels et ses comptes de messagerie, ainsi que plusieurs fonctionnalités pour les entreprises, comme la possibilité de séparer ses informations personnelles et professionnelles dans le même appareil.

BlackBerry ne se fera probablement pas de nouvelle clientèle avec son téléphone. La compagnie pourra au moins satisfaire ses clients actuels, notamment les plus récalcitrants qui ne sont toujours pas passés à BlackBerry 10, mais aussi ceux qui souhaitent remplacer leur téléphone, mais sans pour autant essayer le BlackBerry Passport.

Le BlackBerry Classic est offert chez la plupart des opérateurs au Canada pour 500 $ sans entente ou pour 50 $ avec une entente de deux ans.

Catégories : Mobile

Martin LessardC’est comme imprimer de la lumière!

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 publié le 17 décembre 2014 à 13 h 33

La technologie des imprimantes 3D a continué à avancer à un rythme fou en 2014.

Voici les plus récentes innovations :

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  • Elle existe même en 4D, c’est-à-dire qu’elle est capable de fabriquer des objets qui se replient ou se déplient d’eux-mêmes pour créer une nouvelle forme. Une imprimante 3D qui imprime une forme A qui prendra une forme B dans le temps (la quatrième dimension) est appelée 4D.

4D Printing: MIT Self-Folding Strand from Skylar Tibbits on Vimeo.

Une imprimante 3D pour des ampoules DEL

Voici mon coup de coeur 2014 dans les technologies d’imprimerie 3D.

L’écrivain Arthur C. Clarke  disait que les technologies suffisamment avancées ressemblent à de la magie. Ça et imprimer de la lumière, c’est la même chose!

Une lumière DEL, c’est comme un sandwich d’émetteur d’électrons qui génèrent la lumière à une fréquence (couleur) précise.

Des chercheurs ont trouvé récemment comment déposer des couches de matières qui reproduisent les mêmes caractéristiques qu’une ampoule DEL.

Les imprimantes 3D sont maintenant capables de reproduire des circuits électroniques complexes comme des DEL en utilisant la technique des « points quantiques » (quantum dots), des cristaux de certaines substances qui, à l’échelle nanométrique, émettent des photons de lumière à une fréquence précise.

Dans le cadre de l’expérience, l’imprimante 3D a placé cette ampoule DEL imprimée dans une lentille cornéenne (détails ici).

Source: nanowerk

Source : nanowerk

Dans une des versions, les pixels DEL quasiment transparents émettent de la lumière vers l’oeil pour recréer une image.

Le problème, évidemment, concerne cette émission de lumière, très gourmande en énergie. Il est nécessaire d’avoir une antenne à même la lentille. Cette antenne capterait une source d’énergie à proximité pour alimenter l’ampoule DEL.

L’autre version consomme moins d’énergie. C’est la version passive où le pixel utilise la lumière ambiante pour s’éclairer et générer une image ou un message.

Les pixels DEL peuvent aussi être utilisés comme contrôleurs pour ce qu’on appelle l’informatique portable et transmettre des informations aux autres objets connectés que l’on porte sur soi.

Les chercheurs ne cachent pas que cette lentille avec des DEL imprimées en 3D n’est qu’un prototype qui, s’il frappe l’imagination, est loin d’offrir les promesses que l’on retrouve dans les films de science-fiction.

La preuve de concept ici réside surtout dans le fait qu’on a pu amalgamer différents matériaux dans l’objet imprimé en 3D et que cet objet est véritablement un appareil électronique fonctionnel.

On peut imaginer, à long terme, la création d’imprimantes 3D qui impriment les pièces défectueuses dans nos gadgets, ce qui devrait peut-être en prolonger la vie et, donc, diminuer le gaspillage.

Alpine Research Group

Alpine Research Group

Le prototype d’imprimante 3D pour DEL coûte 20 000 $. Sachant que dans ce domaine les prix baissent très rapidement, il sera possible que tout un marché s’ouvre de ce côté dans un horizon prévisible.

On n’a encore rien vu!

Catégories : 3D

Martin LessardTransférer l’esprit d’un ver dans un robot?

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 publié le 16 décembre 2014 à 12 h 14

C’est mon coup de coeur 2014 dans les nouvelles technologies émergentes.

Voyez cette expérience comme la première tentative de faire comme dans le film de science-fiction Transcendance. Mais avec un ver et des blocs Lego!

Transcendance d’un ver

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Que se passe-t-il quand on transpose une copie numérique du système nerveux d’un minuscule ver (le C. elegans) dans un robot (le Lego Mindstorms EV3)?

Ça donne cela :

Évidemment, cette vidéo ne fait pas le poids en comparaison d’un film à gros budget comme Transcendance, qui racontait l’histoire d’un professeur dont l’esprit avait été transféré dans une machine.

Ici, dans l’expérience, c’est la copie de 302 neurones d’un ver, qui ont été méticuleusement cartographiés et transposés numériquement dans un robot.

C’est ce connectome (l’ensemble des connexions neuronales de ces 302 neurones) qui contrôle le robot.

Retenez bien ceci : il n’y a pas eu de programmation informatique pour diriger le robot dans la vidéo. C’est le connectome lui-même qui se dirige, comme un ver le ferait dans l’espace environnant.

Les chercheurs ont fait en sorte que les capteurs du Lego deviennent une extension du connectome.
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Le Lego Mindstorms EV3 possède des capteurs qui envoient des signaux au connectome numérique, qui réagit comme le connectome du ver le ferait.

À proximité d’un obstacle, l’ensemble du connectome envoie l’ordre de changer de direction, message que le Lego interprète de la même façon.

Et si l’on touche maintenant les capteurs d’un côté du Lego, le connectome fait bouger le robot dans l’autre direction.

Ce connectome numérique reste encore à perfectionner.

Il faudra un jour inclure les autres connexions (chimiques, électriques, peptiques, etc.) pour avoir une représentation plus fidèle.

… et avec votre esprit?

Mais est-ce qu’on peut dire que l’esprit du ver a été transmis? On en doute.

Ce qu’on voit, c’est qu’à un certain niveau, c’est le connectome seul qui donnerait lieu à des phénotypes que l’on observe chez les êtres vivants.

Autrement dit, contrairement au film Transcendance, il n’y a pas d’esprit transféré dans le robot. C’est plutôt l’agencement du connectome qui donne ici les caractères observables du ver.

Mais, à mesure que les chercheurs vont complexifier le modèle, y aura-t-il quelque chose qui va émerger? Une conscience?

Rappelez-vous que c’est exactement le même type de cartographie que le projet européen Human Brain Project cherche à faire pour le cerveau humain, et ce, dans la prochaine décennie.

Les expérience sur le ver C. elegans numérique n’en sont que le prélude…

Catégories : Réseaux sociaux

Maxime JohnsonEssai de la Lenovo Yoga Tablet 2 Pro

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 publié le 15 décembre 2014 à 18 h 37

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Dans l’univers des tablettes Android, où les appareils se suivent et se ressemblent souvent, la Lenovo Yoga Tablet 2 Pro fait figure d’exception, avec ses caractéristiques uniques comme un grand écran de 13 pouces et un projecteur intégré. Mise à l’essai d’une tablette originale, pour le meilleur et pour le pire.

Design
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La nouvelle Lenovo Yoga Tablet 2 Pro reprend le design de sa prédecesseure lancée l’année dernière, notamment avec sa pile cylindrique qui se trouve sur le côté de la tablette et qui la distingue instantanément des autres sur le marché.

Cette protubérance peut sembler curieuse, mais elle offre plusieurs avantages intéressants. Celle-ci peut, par exemple, être utilisée pour servir de pied à l’appareil, en plus de lui assurer une bonne autonomie.

Notons que le pied a aussi été troué cette année, ce qui permet d’installer la tablette sur un crochet, un ajout que j’ai trouvé franchement utile, notamment pour suivre une recette sur l’appareil dans la cuisine.

La Lenovo Yoga Tablet 2 Pro n’est donc peut-être pas des plus jolies, mais son design est certainement pratique.

Caractéristiques
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Outre l’ajout d’un projecteur à même le pied de l’appareil, Lenovo a grandement amélioré les caractéristiques de sa tablette depuis l’année dernière. Son processeur Intel Atom à quatre cœurs est plus rapide (même s’il laisse encore à désirer, comme un bref essai du jeu Heartstone vous en convaincra), et son immense écran de 13,3 pouces propose une excellente résolution de 2560 par 1440 pixels. Ce n’est pas la plus grande densité sur le marché, mais il s’agit d’une amélioration considérable comparativement à l’horrible écran dont était dotée la première Yoga Tablet.

Pour le reste, notons que la tablette offre 32 Go d’espace disque (avec une fente pour carte SD), 2 Go de mémoire vive, une caméra arrière de 8 mégapixels et une caméra frontale de 1,6 mégapixel. Ses deux haut-parleurs frontaux de 8 watts sont aussi plus puissants que la moyenne.

Il ne reste qu’à déterminer si le grand format de l’appareil vous convient. Ceux qui regardent surtout des vidéos sur leur appareil devraient apprécier, tout comme ceux qui écrivent des documents (un usage toutefois plus rare sur une tablette), mais force est de constater que l’écran de 13,3 pouces alourdit considérablement l’appareil et le rend moins pratique pour les déplacements.

Et le projecteur?
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Outre sa taille et sa forme, l’autre grande curiosité de la tablette de Lenovo est son projecteur intégré, qui permet de projeter un écran allant jusqu’à 50 pouces sur un mur afin de regarder un film, ou d’improviser une réunion.

Le projecteur fonctionne convenablement, mais celui-ci n’offre pas une très bonne résolution, et sa luminosité laisse grandement à désirer. Elle est suffisante dans le noir sur un mur blanc, mais bien honnêtement, dans la plupart des cas, votre vidéo sera beaucoup plus belle si vous la regardez sur l’écran de 13 pouces de l’appareil.

J’ai par contre été agréablement surpris par l’autonomie du projecteur, qui peut fonctionner pendant cinq heures sur une seule charge, et la puissance des haut-parleurs est particulièrement appropriée lorsque la tablette est utilisée comme un projecteur.

Logiciel
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Côté logiciel, Lenovo se tire un peu dans le pied avec son interface moins conviviale par rapport à la version standard d’Android 4.4 Kitkat. Les menus sont moins bien conçus (comme les paramètres, qui sont désormais au bas de l’écran), ceux-ci peuvent être mélangeants, et les applications DOit de Lenovo sont carrément inutiles.

Disons que Lenovo aurait avantage à s’inspirer des autres fabricants de tablettes Android, qui dosent de mieux en mieux leurs interfaces personnalisées.

Certains pourraient toutefois apprécier la possibilité d’afficher deux applications en même temps sur le grand écran de la tablette, comme avec un ordinateur. Il faut toutefois posséder un clavier et une souris Bluetooth pour pleinement profiter des fonctions multitâches de l’appareil.

Une tablette pour certains, à bon prix
La Lenovo Yoga Tablet 2 Pro est sans aucun doute la tablette la plus originale sur le marché, avec des caractéristiques qui peuvent parfois être pratiques, mais qui contribuent malheureusement aussi à rendre l’appareil plus encombrant.

Ceux qui sont intéressés par les fonctionnalités uniques de l’appareil aimeront aussi son prix de 469,99 $, une véritable aubaine pour un appareil de cette taille.

Catégories : Tablettes