Vous avez peut-être vu, la semaine dernière, circuler cette nouvelle : « Un travailleur allemand tué par un robot » (Business Insider)

Avec un tel choix de titre, il n’est pas surprenant que cette nouvelle ait circulé, et ce, pour au moins trois raisons.

Voyons en premier pourquoi, et ensuite nuançons.

1. L’impression qu’une prédiction maléfique se réalise

Le pouvoir évocateur du titre réveille en nous les peurs instillées par tous les films de science-fiction catastrophiques.

Ne prenons que Terminator, série cinématographique qui illustre le futur glauque des humains en combat contre les machines. Terminator est le Frankenstein des temps modernes. Quand on parle d’un robot qui tue, c’est lui qu’on a en tête.

Et on clique aussitôt sur le bouton « partage » parce qu’on est profondément convaincu que la nouvelle confirme la prédiction, ou du moins, donne un indice que les robots ne nous veulent pas que du bien

2. La synchronicité apporte un supplément de sens

La synchronicité est un concept en psychologie analytique développé par Jung qui donne à croire que deux événements non reliés ont en fait un lien secret.

Ici, deux événements, l’un tragique, l’autre cinématographique, se renforcent mutuellement. L’annonce de la mort du pauvre travailleur coïncidait avec la sortie film Terminator Genisys, ce qui représente, par synchronicité, un mauvais augure.

On est prompt à faire un lien de causalité là où il n’y en a pas. Les deux événements ne sont ici reliés que le temps de cliquer sur « partager ».

En d’autres mots, pas de phénomène viral sans moment propice.

3. Le hasard n’est jamais un hasard

Si on cherchait une raison supplémentaire qui expliquerait la circulation de cette nouvelle, la voici :

C’est le tweet de Sarah O’Connor qui a enflammé les réseaux.

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Il faut savoir que Sarah O’Connor, journaliste au Financial Times à Londres, porte presque le même nom que l’héroïne du film Terminator  Sarah Connor (sans le O’). L’héroïne est censée sauver l’humanité de la machine.

L’ironie, ici, c’est que c’est avec le tweet de Sarah O’Connor, la journaliste, que nombre de gens ont appris la nouvelle qu’un « robot avait tué un travailleur ». Comme si elle était le personnage et annonçait le début des hostilités!

Ce qui montre qu’on peut aussi avoir de l’humour en ces temps sombres. Et que c’est amplement une bonne raison pour propager la nouvelle, question de rigoler.

Monsieur le Juge, je plaide l’automatisation!

Mais voilà! Le robot en question dans la nouvelle de la mort du travailleur était en fait un bras robotisé.

Autrement dit, il s’agissait de machinerie lourde. Ce bras était programmé pour faire des tâches dans une chaîne d’assemblage de voitures. De plus, l’accident malheureux a été attribué à une erreur humaine, et non à la machine.

Et sans cette intention de tuer de la part d’une machine, l’histoire tombe un peu à plat.

Si le titre avait été « Un travailleur meurt à la suite d’un accident de travail », on n’en aurait jamais entendu parler.

Ce n’est peut-être pas la réalité de la nouvelle qui suscite l’intérêt ici, mais la métaphore du robot tueur.

Et si, au fond, le robot représentait l’automatisation, et le travailleur, lui, tous les travailleurs?

Dans un colloque à Aix-en-Provence organisé par le Cercle des économistes la fin de semaine dernière, cette question était en filigrane. Des vidéos sont accessibles pour écouter les reprises.

Cela fait 200 ans que la technologie « détruit » des emplois et en « crée » de nouveaux (la fameuse « destruction créative » de Schumpeter). Mais cette fois-ci, c’est peut-être différent, pense-t-on.

Regardez Uber. Son arrivée a automatisé toute l’industrie du taxi.

C’est le GPS qui guide le chauffeur de taxi, et c’est l’application qui le met en lien avec le client et gère sa facturation.

Et ce, en attendant que les voitures se conduisent toutes seules.

Si on ne parle pas de la mort d’un travailleur, ici, il s’agit quand même de la destruction des perspectives d’emploi de tout un pan de l’industrie du transport!

Il y a un Uber dans le poulailler

Les lecteurs de Triplex savent depuis longtemps que cette douloureuse transition s’en vient.

Certains annoncent, dans les pronostics les plus sombres, évidemment, que jusqu’à 50 % des métiers seront à risque de disparaître au cours des 20 prochaines années.

Le travail répétitif, routinier, dans un environnement stable est assurément dans le collimateur de l’automatisation. Col bleu, col blanc, peu importe : il ne fait pas bon d’être sur le chemin de l’automatisation.

Certes, de nouveaux besoins créeront de nouveaux emplois, mais la grande question est de savoir si cette transition engendrera des pertes ou des gains nets d’emplois.

Au colloque à Aix-en-Provence, la question a été débattue dans une des conférences. On se demandait comment « remettre la finance au service du travail ».

Avec un clin d’oeil, on aurait pu titrer « Comment mettre le renard au service du poulailler ». La nouvelle sur le colloque aurait davantage circulé!

En effet, du point de vue du « renard », pour qu’il y ait un « poulailler », il ne faut pas que les « poules » deviennent obsolètes.

Mais voyez-vous, en fait, c’est une partie des métiers de la finance qui sont aussi menacés d’automatisation.

Exemple :
Automatisation du processus de clôture financière et comptable

Gestion de justification

Dans le fond, le « renard » comme les « poules » cherchent à se prémunir de l’obsolescence.

Le travail, c’est la santé. Mais se faire enlever le premier par un robot, même s’il ne tue personne, a de quoi vous faire perdre le second.

Catégories : Robotique

Catherine MathysGoogle Photos est-il raciste?

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 publié le 3 juillet 2015 à 10 h 18

C’est là qu’on voit que la reconnaissance faciale n’en est qu’à ses balbutiements, comme le démontre cet incident avec Google Photos.

Dimanche dernier, un jeune homme de Brooklyn, Jacky Alciné, téléverse des photos dans la plateforme photo fraîchement dévoilée de Google. Parmi les fonctions offertes, on trouve celle qui permet de classer les photos selon leur contenu. C’est plutôt pratique pour trier vos photos selon les lieux ou les gens qu’on y trouve. Par exemple, toutes les photos de votre chien ou du Stade olympique peuvent être regroupées. C’est très chouette comme option, sauf quand une erreur grossière se glisse dans la catégorisation des photos.

Alciné

En regardant ses photos, le jeune Américain a remarqué que celles qu’il avait prises avec une amie avaient été classées sous la rubrique « Gorilles ». À l’évidence, Google Photos ne semble pas reconnaître les personnes noires. On peut facilement comprendre son indignation. Alciné a décidé de dénoncer la situation sur Twitter.

Google n’a pas tardé à répondre et à exprimer son malaise devant l’incident en mentionnant que son équipe tentait de remédier au problème, notamment en retirant la catégorie « Gorille ». Cela dit, il semble que le problème n’ait pas été réglé du premier coup. Google chercherait une solution à plus long terme pour s’assurer d’une catégorisation plus méticuleuse des personnes, et en particulier des personnes à la peau foncée.

La complexité de la reconnaissance faciale

Ce n’est pas la première fois que Google Photos commet des erreurs de catégorisation. Bien que ce ne soit pas aussi grave, le service confondait les chiens et les chevaux en mai dernier.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la fonction ne peut s’améliorer qu’à l’interne, puisque les utilisateurs ne peuvent pas changer eux-mêmes le titre d’une catégorie faussement attribuée. Ainsi, ce genre de situation risque de se reproduire plus d’une fois.

Cet article du Figaro rappelle que la machine a besoin d’être soumise à un très grand nombre de photos pour y repérer des caractéristiques spécifiques. Est-ce possible que les tests du système de Google aient été faits avec davantage de photos de personnes blanches, plutôt que d’autres origines? Ça nous rappelle que la Silicon Valley n’est pas championne dans la diversité de ses employés. On vient peut-être d’en voir une conséquence tangible.

Technologie et diversité ethnique

L’article du Figaro mentionne que, dans les années 70, le réalisateur Jean Luc Godard s’était plaint que les pellicules développées par Kodak étaient « racistes ». En effet, elles ne rendaient pas la couleur exacte de la peau des personnes noires parce qu’elles avaient été développées en fonction de l’image d’une femme blanche. Kodak a fini par modifier ses produits, mais avec le développement de nouvelles technologies, le problème n’est pas disparu, au contraire.

En 2009, HP avait été forcé de présenter ses excuses après avoir développé une webcam qui ne détectait pas les personnes noires. Nikon a aussi vécu le même genre de situation avec un de ses appareils photo intelligents qui affichait le message d’avertissement « avez-vous cligné des yeux? » quand il prenait en photo des personnes asiatiques. Pas chic chic.

L’une des solutions avancées par plusieurs entreprises réside dans le deep-learning : la machine emmagasine des données qui lui permettent, en quelque sorte, de prendre des décisions par elle-même. Plus elle sera exposée à une diversité de situations, plus elle apprendra à mieux les reconnaître. Des outils de reconnaissance faciale, mais aussi de traduction et de reconnaissance vocale sont développés dans cette optique.

 

Catégories : Photographie

Maxime JohnsonBeats 1 : cinq réflexions sur la radio d’Apple

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 publié le 2 juillet 2015 à 11 h 33

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Apple a lancé mardi Beats 1, sa radio Internet diffusée en direct et en continu à partir de Londres, de New York et de Los Angeles. Cette composante gratuite du service musical par abonnement Apple Music est une aventure particulière, unique dans l’univers de « la Pomme ». Voici cinq réflexions sur cette radio aux ambitions mondiales.

Beats 1 est la radio de l’Internet
Beats 1 n’est peut-être pas la radio du monde, mais elle est certainement, déjà, la radio de l’Internet. Il suffit de quelques heures d’écoute tout en suivant le mot-clic #beats1 sur Twitter pour réaliser à quel point la radio d’Apple pourrait devenir quelque chose de rassembleur sur le web, où des milliers d’internautes discuteront des choix des DJ et où les entrevues auront un effet instantané. Aucune radio en direct du genre ne peut en dire autant jusqu’ici.

Avec Beats 1, l’entreprise semble déterminée à relancer un esprit de communauté autour de sa marque, quelque chose qui s’est un peu estompé depuis la mort de Steve Jobs et, surtout, depuis qu’Apple est un peu passée de David à Goliath dans l’imaginaire collectif.

Le fait qu’il est possible d’y faire des demandes spéciales – un concept pourtant archaïque considérant qu’Apple Music permet d’écouter plus de 30 millions de pièces à la carte – est certainement un bon indicateur de cet esprit communautaire.

Une programmation variée et souvent à point
Côté musique, c’est une programmation variée qu’offre Apple Music, avec un penchant toutefois pour le hip-hop et pour le rock indépendant, mais la musique électronique grand public est aussi au menu. Si on peut sentir certaines tendances au sein des émissions, on doit aussi souligner que les DJ changent drastiquement de genre en passant d’une pièce à l’autre, tout en conservant une bonne cohésion.

Plusieurs émissions sont particulièrement efficaces pour nous faire découvrir de la nouvelle musique (on pense à celle de l’ancien DJ de BBC 1 Zane Lowe), tandis que d’autres ressortent des classiques, ou encore d’anciennes pièces méconnues. Ces deux derniers points rappellent notamment les listes de l’application Songza, un autre service où la musique est choisie par des humains plutôt que par des algorithmes.

Musicalement, Beats 1 ne sera peut-être pas pour tout le monde, mais une chose est certaine, personne ne pourra qualifier la radio d’Apple de « pépère ». Au contraire, sa programmation est des plus branchées.

Une forme archiclassique
Si la proposition musicale de Beats 1 se démarque, on regrette toutefois rapidement sa forme calquée sur les radios commerciales, avec les animateurs qui parlent en même temps que la fin des pièces et qui ressassent des « You’re listening to Beats 1 », « Always on » et autres trucs du genre sur des ambiances sonores hyperactives.

Au moins, la publicité y est minimale, avec seulement le nom des principaux commanditaires qui est rappelé de temps à autre, mais personne n’invente rien ici. Notons que ce n’est pas forcément un reproche, mais plutôt un constat.

Un logiciel correct, qui pourrait être amélioré
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Il est possible d’écouter Beats 1 sur un ordinateur, par iTunes, ou encore avec l’application mobile Apple Music, une exclusivité iOS pour l’instant qui devrait aussi être offerte sur Android à l’automne. À partir d’iTunes, les options sont un peu plus limitées (Beats 1 s’affiche comme la station principale dans le nouvel onglet Radio du logiciel d’Apple), mais à partir de l’application Apple Music, le tout est un peu mieux.

Il est alors possible d’aimer et de créer des stations à partir des chansons qui passent à la radio à un moment précis – plus facilement qu’à partir d’iTunes – et on peut accéder aux dernières émissions de nos animateurs préférés, sous forme de baladodiffusion.

Ce dernier volet est particulièrement intéressant, et bien intégré dans l’application, puisqu’il permet en plus de réécouter les pièces diffusées par l’entremise d’Apple Music. L’interface en général est toutefois un peu confuse, et il est difficile d’obtenir facilement l’horaire de la radio.

Pour une radio conçue par un géant des technologies en 2015, et jouée à partir de téléphones intelligents puissants, on se demande si Apple n’aurait pas pu innover un peu plus. Beats 1 est une radio diffusée sur Internet, qui ne profite pas vraiment de la technologie pour réinventer le média. Est-ce mieux ainsi, ou est-ce une occasion ratée? Je l’ignore, mais la question vaut la peine d’être posée.

Un concept très ethnocentrique
La plus grande faiblesse de Beats 1 est intrinsèque au concept même de la radio d’Apple.

Beats 1 se veut une radio mondiale. Toutefois, c’est une radio mondiale anglophone, avec des racines fermement ancrées dans les cultures britanniques et américaines. Si Beats 1 est la vision que se fait Apple du monde, il s’agit d’une vision hautement ethnocentrique.

La radio d’Apple mélange à merveille la culture américaine noire et la scène musicale britannique, mais personne ne va confondre Beats 1 avec une chaîne de musique du monde. La question linguistique, évidemment, pose aussi problème.

Est-ce qu’un éventuel Beats 2 pourrait un jour répondre à ce besoin, avec une programmation plus internationale, dans laquelle des émissions locales géolocalisées pourraient être intercalées, par exemple (quelque chose qui serait techniquement facile à faire pour Apple)?

Voilà qui irait un peu à l’encontre de l’idée derrière Beats 1, mais qui pourrait certainement permettre de rejoindre ceux qui ne se retrouveront pas dans la nouvelle radio d’Apple.

Catégories : Internet

Catherine MathysQuel est le meilleur moment pour tweeter?

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 publié le 30 juin 2015 à 12 h 56

Twitter, malgré ses difficultés financières, reste un des réseaux sociaux majeurs en 2015. Avec ses codes et règlements bien particuliers, il faut souvent un peu de temps avant de dompter la bête pour en faire une utilisation efficace. En 140 caractères, il faut tenter de trouver un écho dans un fil de nouvelles qui, parfois, se renouvelle à toute vitesse.

Une nouvelle étude vient apporter quelques pistes sur un sujet bien spécifique : la meilleure heure de diffusion de nos messages. C’est Buffer, un service qui permet aux utilisateurs de publier et de programmer des liens sur plusieurs comptes de médias sociaux à la fois, qui vient tout juste de publier les résultats de son analyse de 4,8 millions de tweets envoyés à partir de 10 000 comptes Twitter sur une période de 5 ans.

Les heures de pointe sur Twitter

Les chiffres le montrent bien. La période la plus achalandée sur Twitter se situe entre midi et 13 h, alors que la moins achalandée se trouve la nuit entre 3 h et 4 h. Il s’agit d’une moyenne établie à partir de 10 fuseaux horaires.

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Si l’on se penche sur les détails des résultats, on voit cependant de grandes variations selon les régions en ce qui a trait à l’heure la plus populaire sur le réseau social. Les heures indiquées correspondent aux heures locales.

  • Los Angeles, San Francisco : 9 h du matin.
  • Denver, Chicago, New York, Boston, Atlanta, Miami : midi
  • Madrid, Rome, Paris : 16 h
  • Cape Town, Le Caire, Helsinki : 20 h
  • Sydney : 22 h
  • Hong Kong : 8 h du matin
  • Tokyo : 2 h du matin (!)
  • Shanghai, Taipei : midi

Pourquoi une heure en particulier est-elle plus populaire qu’une autre? Les facteurs sont nombreux, selon Buffer. Cela peut être, par exemple, l’heure à laquelle les utilisateurs ont davantage accès au web (au travail, dans les transports, etc.). Certains outils comme Followerwonk ou Crowdfire vous permettent de savoir quand tweeter pour atteindre vos abonnés. Est-ce donc nécessaire de viser ces heures à fort achalandage? Pas forcément. Tout dépend de vos objectifs et de votre auditoire.

Alors, quand faut-il tweeter?

Il faut d’abord déterminer ce que vous voulez. Si vous cherchez plus de clics sur vos liens, visez la nuit ou le petit matin. Si vous cherchez davantage de réponses, de favoris ou de personnes qui relaient votre tweet, c’est, au contraire, le soir que vous devez privilégier.

Regardons d’abord les clics. En effet, les tweets envoyés entre 2 h et 3 h du matin ont proportionnellement plus de clics que les autres. Ce qui est intéressant, c’est de constater que, quand le volume de tweets est particulièrement élevé, le nombre de clics diminue. Quand le fil de nouvelles est très actif, on clique donc moins sur les liens contenus dans chaque message. Si vous voulez qu’un lien ait plus de chances d’être ouvert, il vaut mieux éviter la période de pointe (qui est probablement le midi pour nous, si l’on se fie aux données pour les États-Unis). Cela dit, une heure de pointe dans un endroit n’est pas la même ailleurs. Tout dépend du public que vous visez.

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Le rapport de Buffer a aussi analysé 1,1 million de tweets provenant de ses utilisateurs américains entre janvier et mars 2015. Ce sont ceux qui sont envoyés le soir entre 21 h et 22 h qui sont les plus relayés et qui obtiennent le plus de favoris en moyenne. C’est à 3 h du matin que les messages sont le moins relayés (mais obtiennent le plus de clics). Le degré d’engagement de l’utilisateur de Twitter varie donc beaucoup dans une journée. Parfois, il créera un lien avec vous en relayant vos tweets, mais à d’autres heures, il pourra seulement s’intéresser au sujet dont vous traitez sans pour autant vous le signifier.

Et pour vous, selon l’expérience que vous en faites, quelles sont les meilleures heures pour tweeter?

 

Catégories : Réseaux sociaux

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Oubliez les fusils, le pitonnage rapide sur une manette et les réflexes digitaux : le nouveau Her Story est un jeu vidéo d’une rare intelligence, où l’on doit fouiller les archives vidéo d’un poste de police pour résoudre une histoire de meurtre. Un nouveau porte-étendard pour le jeu vidéo d’auteur, qui fait honneur à un média trop souvent dominé par la violence et le manque d’originalité.

Her Story est avant tout une histoire, imaginée par Sam Barlow, le créateur de Silent Hill : Shattered Memories. C’est l’histoire d’une femme interrogée en 1994 par la police concernant le meurtre de son mari. Une histoire riche et interprétée avec brio par l’actrice Viva Seifert, qui serait intéressante en elle-même si elle avait été livrée d’une façon traditionnelle.

Her Story n’a toutefois rien de traditionnel. Assis devant un vieil écran d’ordinateur, le joueur doit fouiller dans les archives vidéo de la police afin de reconstituer sept entrevues enregistrées en 1994. La recherche textuelle se fait non pas par mots-clés ou selon les questions des détectives (qu’on n’entend jamais), mais dans la transcription de ce qui est dit par la principale suspecte.

Chaque recherche sort au maximum 5 vidéos (de 10 secondes à 1 minute 30 environ), que l’on peut écouter, classer en y ajoutant des mots-clés (pour faciliter ses recherches par la suite) et conserver pour les réécouter plus facilement si on le souhaite.

Pour obtenir l’histoire complète, il faut donc trouver des indices dans les réponses du personnage, imaginer ce que les détectives auraient posé comme question par la suite et imaginer quels mots auraient pu être utilisés par la femme dans sa réponse. Un procédé simple à comprendre, mais pas toujours évident à appliquer.

Une histoire non linéaire
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Puisque personne ne cherche les mêmes mots (et encore moins dans le même ordre), l’histoire de Her Story est livrée d’une façon un peu aléatoire; le joueur ne capte donc que des bribes ici et là.

L’ensemble est difficile à suivre, surtout au début. On se creuse les méninges pour tenter de créer un tout cohérent, jusqu’à ce que, petit à petit, l’histoire devienne de plus en plus sensée. Sensée, mais quand même complexe, ce qui ajoute certainement à l’intérêt de la chose. Est-ce qu’une incohérence est due au fait qu’il nous manque un bout de l’histoire, ou parce que la personne ment? Pourquoi est-ce qu’elle raconte la même histoire deux fois, mais avec de petites variations?

Et qui, finalement, a vraiment tué Simon Smith?

Un jeu qui continue de vivre après qu’il est terminé
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Her Story n’est pas très long, puisqu’il peut être terminé en plus ou moins trois heures seulement.

Mais alors que l’on passe normalement rapidement à autre chose après avoir terminé un jeu vidéo, Her Story reste dans la tête.

Sans rien dévoiler de l’histoire, disons seulement que celle-ci est assez intéressante pour faire réfléchir et donner envie de raconter son expérience. De nombreux forums de discussion affichent d’ailleurs de longues conversations où les joueurs se font part de leur interprétation de l’histoire, et ce, autant en ce qui concerne ses petits détails que ses concepts plus généraux.

En fait, après avoir terminé Her Story, on se sent un peu comme après avoir terminé un bon livre ou un bon film. On ne peut pas simplement passer à autre chose. On doit se poser quelques instants, réfléchir et discuter de tout ce que l’on vient d’observer.

On peut en dire autant de très peu de jeux.

Il faut s’attendre à ce que Her Story se retrouve dans plusieurs palmarès des meilleurs jeux de 2015, et que son effet se fasse sentir dans l’industrie pour encore quelques années. Le titre ouvre d’ailleurs la porte à tout un monde de jeux procéduraux de qualité. C’est du moins ce qu’on espère.

Her Story est vendu 5,79 $ sur l’iPhone et l’iPad, ou 6,49 $ sur Mac et PC. Le jeu est malheureusement offert en anglais seulement, et demande une certaine maîtrise de la langue de Shakespeare.

Catégories : Jeux vidéo