Maxime JohnsonL’intriguant HP Sprout

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 publié le 31 octobre 2014 à 11 h 06

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HP a dévoilé mercredi un ordinateur nouveau genre, le HP Sprout, un PC tout-en-un capable de numériser des objets sur un tapis tactile et d’y projeter un second moniteur. Le concept propose une nouvelle façon d’interagir avec son ordinateur, qui se veut plus intuitive qu’avec un clavier et une souris, et qui pourrait notamment intéresser les gens créatifs, selon HP.

Le HP Sprout est un PC haut de gamme, auquel HP a ajouté projecteur et numériseur, un tapis tactile et un logiciel spécialisé.

Le projeteur/numériseur est un bras assez grand, placé au-dessus de l’écran tactile de l’ordinateur. Le numériseur à trois caméras est la partie la plus intéressante de l’appareil, avec une bonne résolution de 14,6 mégapixels. Celui-ci utilise la technologie RealSense 3D d’Intel, qui lui permet notamment de numériser assez facilement des objets en trois dimensions.

Le projecteur, qui projette l’équivalent d’un second moniteur où seraient normalement notre clavier et notre souris, est pour sa part un peu décevant, avec une résolution limitée de 1024 par 767 pixels. Pour la plupart des usages, cette résolution convient parfaitement (surtout pour un usage avec les doigts, qui sont plus gros qu’un curseur de souris, par exemple), mais les images projetées sont évidemment un peu moins jolies qu’elles pourraient l’être.

Le tapis du Sprout est pour sa part un tapis rugueux, qui rappelle un peu un vieux tapis de souris. Celui-ci est précis, et il capte jusqu’à 20 points de contact. Le tapis s’accroche avec un loquet magnétique à l’ordinateur, il est donc facile de l’enlever au besoin.

Le HP Sprout est finalement offert avec un logiciel dédié, qui permet de facilement glisser des images ou des projets d’un mouvement du doigt de l’écran de son ordinateur vers le tapis. Ce logiciel offre aussi une boutique d’applications conçues pour être utilisées avec la technologie de HP.

À quoi ça sert?
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Les possibilités offertes par le HP Sprout sont nombreuses. Aucune d’entre elles n’est réellement nouvelle, par contre. L’idée est surtout ici de faciliter le travail des utilisateurs, tout particulièrement les gens créatifs, mais aussi monsieur et madame Tout-le-Monde.

Avec une application de collimage, on peut par exemple facilement numériser un objet ou un dessin fait à la main, et tout de suite commencer à le modifier virtuellement sur le tapis tactile. Le procédé est assez impressionnant, puisque les objets numérisés, lorsqu’on les enlève du tapis, demeurent en version virtuelle au même endroit qu’ils étaient auparavant.

Quelqu’un peut aussi dessiner avec ses crayons sur une feuille posée sur le tapis, et après un moment, retirer la feuille et continuer son travail avec ses doigts ou un stylet numérique, et ainsi profiter de la puissance de l’ordinateur pour poursuivre son oeuvre.

Si un collègue possède également un HP Sprout, deux utilisateurs pourraient aussi, par exemple, discuter par vidéoconférence sur l’écran principal de l’ordinateur, tout en collaborant sur un document projeté sur le pavé tactile.

Le pavé peut aussi être utilisé pour des jeux. Ceux-ci peuvent être projetés sur le tapis, ou le tapis peut être utilisé comme contrôleur géant.

Il est bon de noter que HP offre un kit de développement pour sa technologie, un studio pourrait donc, par exemple, programmer un jeu qui profite à la fois de l’écran de l’ordinateur et du tapis (où l’on projetterait les informations complémentaires pertinentes au jeu, par exemple).

Quelqu’un qui vend fréquemment des objets sur eBay pourrait pour sa part simplifier son procédé habituel avec le tapis, et un vidéaste pourrait profiter d’une application de montage pour effectuer ses opérations avec ses mains sur le tapis, tout en observant le résultat sur son moniteur principal.

Un gros défi attend HP
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Il est assez intéressant de voir les gens travailler avec un HP Sprout. Avant le lancement de son appareil, la compagnie a notamment prêté un ordinateur à des designers et à des illustrateurs afin de montrer ce qu’ils pourraient faire avec la technologie, et le résultat est plutôt convaincant.

Lorsqu’on voit quelqu’un s’en servir, le HP Sprout donne envie de travailler avec ses mains, de créer.

La compagnie aura toutefois beaucoup de travail à faire pour convaincre les utilisateurs de l’intérêt de sa technologie, surtout qu’il faut acheter un ordinateur à 1900 $ pour en profiter.

Sans masse critique d’utilisateurs, il sera aussi difficile d’encourager les développeurs à concevoir des applications vraiment originales, qui pourraient justement justifier l’achat d’un HP Sprout. Bref, le cercle vertueux qui permettrait à la plateforme de HP de décoller sera difficile à enclencher.

Notons que si le HP Sprout est pour l’instant un ordinateur tout-en-un (écran tactile 1080p de 23 pouces, processeur Intel Core i7-4790S, 8 Go de mémoire vive et carte graphique NVIDIA GeForce GT 745A), les ambitions de HP pour Sprout sont beaucoup plus grandes.

La compagnie souhaite en effet offrir Sprout sur d’autres plateformes, par exemple les tablettes électroniques, ainsi qu’aux entreprises.

Les premiers ordinateurs Sprout seront offerts aux États-Unis dès le mois de novembre. Il faudra toutefois attendre 2015 avant de pouvoir mettre la main sur cette technologie au Canada.

Catégories : Informatique

Le 23 octobre dernier, Google dévoilait son annuel Consumer Barometer pour l’année 2014. Dans une interface entièrement revampée, le baromètre offre les résultats de deux sondages menés auprès de 150 000 répondants dans 46 pays par TNS Sofres : le Global Connected Consumer Study 2014 et le Consumer Barometer Study 2014. Le but est de donner aux spécialistes du marketing une meilleure idée du comportement des consommateurs en ligne. Les données sont présentées selon trois grandes catégories : l’utilisation d’Internet selon le nombre d’écrans, les habitudes d’achat en ligne ainsi que la consommation de vidéo en ligne.

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Utilisation d’Internet selon le nombre d’écrans

Chacun des tableaux générés par Google montre les 10 premiers résultats. Dans la catégorie multiécrans, quelques données spécifiques au Canada ont attiré mon attention. Le baromètre Google montre que, chez nous, le consommateur moyen possède trois appareils branchés à Internet. C’est l’un des taux les plus élevés du monde, derrière l’Angleterre, l’Australie et les Pays-Bas, qui trônent tout en haut de la liste. Cela dit, les Canadiens ne figurent pas aussi haut dans la liste des plus grands utilisateurs de téléphone intelligent. Seulement 57 % d’entre eux en possèdent un, ce qui est bien loin de Singapour, le champion de la catégorie avec ses 85 %. Nous sommes tout de même de grands utilisateurs d’Internet, tout juste derrière le Japon et la Corée du Sud, puisque nous sommes 89 % à l’utiliser tous les jours et huitièmes dans notre utilisation des médias sociaux. Dans cette dernière catégorie, la Turquie surprend, puisque 92 % de sa population en ligne consulte les médias sociaux tous les jours.

Habitudes d’achat en ligne

En Corée du Sud, 75 % des répondants ont effectué leur dernier achat en ligne. Au Canada, ils ne sont que 11 %. Quand il leur arrive de magasiner en ligne, c’est presque toujours avec leur ordinateur (88 % des cas). Le téléphone intelligent (7 %) et la tablette (4 %) ne sont pas des outils de choix pour effectuer ce genre de transaction au Canada. La Corée du Sud (43 %), le Vietnam (30 %) et la Chine (29 %) dominent dans le nombre d’achats effectués par téléphone intelligent. Cela dit, au Canada, nous sommes 48 % à consulter Internet avant de faire cet achat, ce qui semble être dans la moyenne mondiale. Ces données sont cohérentes avec cette étude de eMarketer qui indique qu’on préfère encore magasiner sur Internet que de passer à l’action en ligne.

Au Canada, la catégorie d’achats en ligne la plus populaire est le voyage. En effet, 72 % des répondants canadiens ont acheté un billet d’avion en ligne, et 64 % d’entre eux ont effectué une réservation d’hôtel. Ce qu’ils achètent le moins en ligne au Canada? L’épicerie. Ils sont moins de 2 % à le faire. Pour le moment, le baromètre de Google offre 10 catégories d’achats pour générer de nouveaux graphiques: assurances auto, billets de cinéma, vêtements et chaussures, avion et loisirs, épicerie, électroménagers, maquillage, téléphones mobiles et télévision. D’autres pourraient se rajouter selon la demande.

Consommation de vidéo en ligne

En Europe de l’Est et en Amérique du Sud, les consommateurs aiment regarder des vidéos en ligne avant d’acheter un produit. La tendance est beaucoup moins lourde au Canada qui ne s’adonne à cette pratique que dans 9 % des cas. Les Brésiliens et les Argentins regardent des vidéos en ligne à deux, puisque respectivement 30 % et 25 % d’entre eux l’ont fait en compagnie de leur conjoint. Au Canada, seulement 16 % des utilisateurs ont regardé leur dernière vidéo en ligne en couple. Et la course pour capter l’attention est toujours d’actualité. Avec la généralisation du mode multitâche, on pourrait penser que les internautes s’adonnent souvent à d’autres tâches, que ce soit en ligne ou pas, pendant qu’ils regardent une vidéo. Cependant, chez nous, 65 % des répondants disaient se consacrer seulement à la vidéo, ce qui nous place dans une tendance mondiale. L’Allemagne domine cette catégorie avec 73 %, suivie par la Hongrie à 71 %.

Et où se regardent ces vidéos qui captent tant notre attention? Surtout à l’école ou au travail, en ce qui concerne la majorité des répondants aux sondages de Google. Au Canada, c’est un nombre écrasant de 93 % d’internautes qui regardent des vidéos en ligne à la maison. Seulement 24 % des Canadiens le font au travail ou à l’école, comparativement aux 44 % de Chinois.

Un outil modulable

Bien sûr, Google ne présente que quelques résultats sur la page d’accueil du baromètre. Il n’y a que 12 tableaux préconstruits sur l’ensemble des questions des deux questionnaires.

Cela dit, l’outil est très flexible et permet de créer ses propres graphiques, selon les questions et le pays qu’on trouve intéressants dans la section Graph Builder. À l’aide de filtres (le pays, le sexe, l’âge, les revenus et le statut parental), on peut ensuite sélectionner les questions qui nous intéressent le plus dans la section désirée. Très pratique.

 

Catégories : Commerce en ligne, Marketing, Tendance

Martin LessardLe point sur la communication cerveau à cerveau (2/2)

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 publié le 29 octobre 2014 à 15 h 19

Dans la première partie, hier, je recensais les derniers exploits dans le domaine des neurosciences, en particulier sur le plan de la communication cerveau à cerveau.

Si les expériences de télépathie assistée par ordinateur sont encore embryonnaires — et entre vous et moi, on est encore loin d’avoir démontré leur entière pertinence — on peut bien songer à quelques applications d’une telle communication directe avec le cerveau dans un avenir proche.

Libérez ce cerveau

Imaginez que vous êtes Kate Allat, une femme qui a été 10 jours dans le coma en 2010, selon un article publié la semaine dernièreMort cérébrale, avaient diagnostiqué les médecins.

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Pourtant, durant tout ce temps, raconte-t-elle, elle a tout entendu.

Ne pouvant ni bouger ni communiquer avec son entourage, elle a entendu tout ce qui a été dit autour d’elle, y compris quand les médecins discutaient de la possibilité de la débrancher.

Puis elle s’est réveillée de son coma.

Est-ce qu’un outil de communication direct avec son cerveau lui aurait permis de communiquer avec l’extérieur de sa prison cérébrale?

L’interface cerveau machine

Un tel outil, qui n’est plus l’idée malade d’un savant fou, mais bien une réalité, pourrait notamment être utilisé pour entrer en contact avec des patients qui ne peuvent plus communiquer, notamment ceux atteints de paralysie totale ou du syndrome d’enfermement.

Récemment, on a testé une interface cerveau-machine capable de capturer des ondes cérébrales très précises. Cette interface permettre au cerveau d’un patient paralysé de communiquer directement avec une machine.

Devant lui, on a déposé un clavier. On lui a demandé de se concentrer sur une lettre du clavier.

Une série de petits flashs lumineux sont apparus sur les touches du clavier. On a observé un stimulus cérébral précis quand ce flash a touché la lettre sur laquelle le patient se concentrait.

Son cerveau avait réagi automatiquement en générant une onde d’une amplitude plus grande que les autres (le P300, qui survient à 300 ms après l’apparition du stimulus).

En capturant ce signal sur l’encéphalogramme, l’ordinateur comprend que le « doigt mental vient de taper sur le clavier« .

Le patient peut ainsi construire petit à petit un message vers le monde extérieur.

Le langage du cerveau

Les lecteurs de Triplex savent que deux initiatives vont, dans la prochaine décennie, tenter de cartographier le cerveau et de le simuler sous forme d’algorithmes. Une en Europe (Human Brain Project) et une aux États-Unis (BRAIN initiative). C’est un chantier aussi gros que la cartographie de l’ADN, il y a 20 ans,

À la fin du mois de septembre, pour fêter le premier anniversaire du BRAIN initiative, les Américains ont invité un étudiant chercheur de la Duke University à venir expliquer en quoi allaient consister ses recherches dans le cadre du Grand Challenge Scholars Program, un programme destiné à soutenir les ingénieurs qui recherchent des solutions aux grands défis scientifiques (dont la « rétro-ingénierie du cerveau« ).

Il a dit qu’il comptait travailler au développement d’un langage commun entre le cerveau et les machines, afin qu’ils puissent mieux communiquer ensemble

L’étudiant chercheur côtoie le Dr Miguel Nicolelis, qui travaille sur le projet Walk Again.

Walk Again est un exosquelette entièrement contrôlé par le cerveau. Il a permis à un adolescent paralysé de donner le coup d’envoi à un match de soccer au Brésil durant la Coupe du monde au printemps dernier.

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Les projets d’un peu partout convergent, lentement mais sûrement, vers une compréhension de plus en plus grande du cerveau humain.

Tous les exemples à ce jour sont encore anecdotiques ou alors spécifiques à un handicap particulier. Mais ils montrent tous que la communication directe avec le cerveau est possible.

Observez bien ce qui se passe autour de vous. Toutes ces têtes aux cerveaux emprisonnés. Se pourrait-il que ce soit comme ça que les gens du futur nous perçoivent un jour?

Catégories : Futur, Innovation, Robotique, Société

Martin LessardLe point sur la communication cerveau à cerveau (1/2)

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 publié le 28 octobre 2014 à 12 h 15

Tout d’un coup, l’expression B2B ne veut plus dire Business to business (« commerce électronique interentreprises »), mais Brain to brain (« cerveau à cerveau »).

Il y a deux participants, un en Inde, et l’autre en France. Ils vont se transmettre de cerveau à cerveau des messages simples, soit « hola » et « ciao ».

C’est l’expérience qui a été réalisée par des chercheurs de la Faculté de médecine de Harvard, de l’Université de Barcelone, de la firme espagnole Starlab et de la société française Axilum Robotics.

Publiée à la mi-août par la revue scientifique américaine PLOS one, l’expérience montrait concrètement comment effectuer une transmission consciente d’information de cerveau à cerveau, en utilisant des technologies non invasives :

  1.  Le sujet en Inde, l’émetteur, portait un casque connecté à des électrodes sur la tête, qui transmettaient ses activités cérébrales.
  2. Un ordinateur a converti ces impulsions en code binaire.
  3. Ce message a été envoyé par courriel à l’équipe de recherche en France.
  4. Un ordinateur a converti sous forme de phosphènes, des flashs lumineux recréés par la rétine, générés par stimulation magnétique transcrânienne.
  5. Le deuxième sujet, le récepteur en France, a reçu et décodé le message

Améliorez chacune des étapes (encodage, transmission, décodage) et vous voyez tout le potentiel que cette expérience offre. La télépathie par Internet, car c’est ce dont il s’agit, n’est plus du domaine de la science-fiction.

Désenclaver le cerveau

Déjà en 2012, une femme tétraplégique avait réussi à contrôler un bras robotisé par la pensée.

Quand on demandait à la femme de 52 ans, Jan Scheuermann, de penser à son membre inactif, les chercheurs voyaient à travers un scanner quelle partie du cerveau s’activait.

Un algorithme interprétait ensuite les décharges neuronales dans son cerveau comme des commandes pour faire bouger le bras mécanique, celui qui était connecté au bout de ces microélectrodes plantées dans son cerveau. (Lire sur Triplex à propos cette expérience)

Puis, en 2013, autre avancée!

Des chercheurs de l’Université de Washington ont réussi à faire connecter deux cerveaux humains.

L’émetteur portait un casque qui analysait son activité cérébrale. Il jouait à un jeu vidéo où il devait tirer sur un objet avec un canon. Il devait penser qu’il bougeait son doigt, mais sans le bouger du tout.

La machine qui enregistrait l’électroencéphalogramme a envoyé le résultat, à l’autre bout du campus, au récepteur qui portait un stimulateur magnétique transcrânien.

Ce stimulateur a donné l’impulsion au récepteur d’appuyer sur le bouton, alors que lui-même ne voyait pas le jeu vidéo.

Le récepteur, lui, a simplement ressenti un tic nerveux, et son doigt a bougé tout seul.

Comment envoyer un message dans un cerveau

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Dans l’expérience annoncée cet été, la télépathie par Internet, l’émetteur et le récepteur, séparés par des milliers de kilomètres, se sont envoyé un message encodé.

Pour encoder le message « hola », l’émetteur avait le choix entre deux pensées distinctes, soit « bouger les pieds » ou « bouger les mains », chacune produisant une onde cérébrale différente.

En utilisant l’électroencéphalogramme du sujet émetteur, l’équipe de recherche située en Inde a d’abord converti les ondes cérébrales en code binaire.

L’onde cérébrale des pieds a été traduite en 0, et celle des mains en 1. Le message ainsi codé a été envoyé par courriel à l’équipe située en France.

Ce message codé en bits a alors été transmis au receveur par une transmission magnétique transcrânienne (TMS) qui générait des phosphènes.

Un phosphène est la sensation bizarre de voir des flashs lumineux quand on ferme très fort les yeux. Aucune lumière ne vient toucher la rétine et, pourtant, on perçoit de la lumière. C’est notre cerveau qui « crée » la lumière. Le TMS génère artificiellement ces phosphènes.

Du point de vue du récepteur, si aucun phosphène n’apparaissait, la valeur était de 0. Si un phosphène apparaissait, la valeur était de 1. Cette lumière apparaissait dans le cerveau du receveur en séquences numériques, ce qui lui permettait de décoder le message à la façon d’un code morse.

Communiquer directement avec le cerveau

Actuellement, côté réception, c’est grâce à un robot conçu par cette société française, Axilum Robotics, qu’on peut d’obtenir une précision dans la transmission du message par stimulation magnétique transcrânienne.

Dans l’état actuel des choses, cette preuve de concept montre la faisabilité de la communication entre deux cerveaux. Mais dans le cas d’Axilum Robotics, ce type de télépathie assistée par ordinateur n’est pas le but.

Selon l’entreprise, un tel moyen de transmission de messages devrait plutôt permettre de communiquer avec des personnes paralysées, par exemple, après un accident vasculaire cérébral (AVC) et qui auraient perdu l’usage de la parole.

Ce qui est plus probable de voir se développer dans un proche avenir, au lieu de la télépathie assistée par ordinateur, c’est davantage les interfaces directes entre un ordinateur et un cerveau humain.

Demain, nous verrons ce qui se profile dans l’application de ces technologies de communication directe avec le cerveau.

Catégories : Innovation, Robotique, Société, Tendance

Catherine MathysGlenn Greenwald: celui qui suscite la controverse

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 publié le 27 octobre 2014 à 17 h 56

Dans une salle comble, on attendait avec impatience l’arrivée de Glenn Greenwald, avocat de droit constitutionnel, auteur, mais surtout journaliste émérite, qui a publié les désormais célèbres révélations d’Edward Snowden sur les programmes de surveillance de masse de la National Security Agency (NSA). Il était l’invité de la Conférence annuelle Beaverbrook 2014 de l’Université McGill. Heureusement, l’événement était aussi diffusé en direct et une vidéo de la présentation est désormais sur le site Internet de l’institution.

Greenwald : un personnage controversé

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Glenn Greenwald ne laisse habituellement personne indifférent. De son propre aveu, partout où il passe, il se retrouve au centre d’une controverse. C’était le cas le mois dernier, lors de son passage en Nouvelle-Zélande, alors qu’il affirmait que le premier ministre John Key avait approuvé la surveillance massive de ses citoyens. C’était encore le cas la semaine dernière, quand il a publié 40 minutes avant la fusillade d’Ottawa un article sur les événements de Saint-Jean-sur-Richelieu, dans lequel il mentionnait que le Canada ne pouvait pas s’étonner de ce genre d’attaques après 12 années très actives sur le plan militaire.

Notre peur collective

Avec les deux incidents des derniers jours, la table était mise pour les questions que Glenn Greenwald souhaitait aborder. Il a commencé sa conférence en mentionnant qu’il comprenait notre peur collective, mais que nous réagissions comme tous les autres pays à qui ce type d’incidents était déjà arrivé : comment une telle chose pouvait-elle se produire chez nous? Selon lui, la réponse est simple. Notre façon de nous percevoir comme peuple ne correspond pas à la réalité et c’est à cette réalité, opérationnalisée par le gouvernement, que les incidents répondent.

En guise d’exemple, il a parlé d’un article qui avait fait grand bruit au Brésil il y a quelques années et dans lequel il affirmait que le Canada menait une campagne de cyberespionnage contre le ministère des Mines et de l’Énergie du Brésil. Il savait que l’article ferait grand bruit au Brésil, puisque les Brésiliens sont les victimes de cet espionnage, mais il a été surpris de la grande couverture médiatique que ses propos ont suscitée au Canada. Après en avoir discuté avec des collègues canadiens, il a donné deux explications. La première, c’est que la révélation de ce cyberespionnage a aussi révélé l’existence du Centre de la sécurité des télécommunications (CSTC) aux Canadiens, l’équivalent canadien de la NSA. L’autre raison, et peut-être la plus grave, selon lui, c’est que cette nouvelle entrait en parfaite contradiction avec la perception qu’avaient les Canadiens d’eux-mêmes.

Le cyberespionnage: une menace pour la démocratie

Selon Greenwald, le cyberespionnage n’est pas qu’un enjeu de surveillance électronique. C’est aussi et surtout un enjeu de démocratie. En effet, si la population n’est pas au courant des outils dont dispose le gouvernement pour faire certains gestes, comment peut-elle réagir? Selon lui, quand un gouvernement réussit à faire adhérer une population à une perception d’elle-même qui n’est pas conforme à la réalité, il s’agit de propagande.

Le journaliste américain dit que la même chose est arrivée aux États-Unis en 2001, après les attentats du World Trade Center. La première question que les Américains se sont posée était : « Mais pourquoi nous détestent-ils? » Puisque le gouvernement ne pouvait pas dire la vérité, il en a inventé une, soit la haine de notre liberté, telle que mentionnée dans ce discours du président Bush à la suite des événements du 11 septembre.

Selon Greenwald, les gouvernements embellissent la vérité pour faire croire à leurs citoyens qu’ils sont libres et qu’ils n’ont rien fait de mal. Les Occidentaux font par exemple grand bruit des emprisonnements de leurs journalistes, sans parler de leurs propres actions. Il mentionne le cas de Roxana Sabari, emprisonnée 100 jours en Iran en 2009, et des quelque 8000 mentions médiatiques de son cas. Il dit que personne ou presque ne s’est intéressé au sort du journaliste Sami al-Haj, emprisonné à Guantanamo pendant 7 ans. Greenwald prétend qu’une centaine d’articles l’auraient mentionné tout au plus. Selon lui, on porte peu d’attention aux victimes de nos actions militaires. Ces 12 années de violence finissent par nourrir un désir de vengeance.

Notre rapport à la vie privée

Ce que Greenwald a le plus appris des révélations de Snowden, c’est la portée de la surveillance qu’il cherchait à dénoncer. En effet, tout à propos de tout le monde semble intéresser les agences de surveillance. Nous finissons par nous convaincre que nous sommes de bonnes personnes, que ce qu’on dit en ligne n’est pas si intéressant que cela et qu’en bout de piste, ce n’est pas si grave si le gouvernement s’y intéresse.

Cela dit, Greenwald pense que ce n’est pas vrai, que même ceux qui semblent ne pas s’en faire avec la vie privée s’en préoccupent tout de même. Il tient pour preuve le test du courriel. Quand il rencontre quelqu’un qui l’assure que son intimité en ligne ne l’inquiète pas, il lui donne son adresse courriel et lui demande de lui envoyer tous les mots de passe qu’il détient, ceux des médias sociaux, des courriels, des comptes de banque, etc. Bien sûr, personne ne l’a encore fait. C’est ce qui fait dire à Greenwald que tout le monde tient à une forme de sécurité en ligne et que cette surveillance omnipotente des gouvernements ne devrait laisser personne indifférent.

Quand une société se sent continuellement observée, elle devient soumise et ses comportements changent. Les émotions dont il a été témoin la semaine dernière au Canada sont un terreau fertile pour ce qu’il appelle la propagande du gouvernement. Quand on a peur, on perd son libre arbitre et c’est ça qui est dangereux. Selon Greenwald, la conviction et la volonté des gens peuvent faire changer n’importe quoi. Snowden en est un bon exemple.

Catégories : Sécurité, Société, Vie privée