Un événement historique est survenu cette semaine. Je ne vous parle pas ici du projet de loi spéciale du gouvernement Charest qui vise à mettre un terme à la contestation étudiante, ni de la démission de Line Beauchamp à titre de ministre de l’Éducation annoncée en début de semaine.
Non, je vous parle d’un sujet certes un peu moins important, mais qui a retenu l’attention de millions de geeks à travers le monde : le lancement de Diablo III. Lorsqu’on considère que ce jeu de rôle en vision objective est la seconde plus importante franchise de Blizzard (après Warcraft), et que la parution du prédécesseur dans la série date de l’an 2000, on comprend que l’on est en présence d’un événement d’exception.
Malheureusement pour Blizzard, le déroulement du lancement n’a pas glissé comme dans du beurre. Loin de là…
En ligne tu joueras
On dirait que tout le monde aime jouer à Big Brother ces jours-ci, et Blizzard ne fait pas exception. Afin d’assurer l’authenticité de leur copie de Diablo III, on impose à tous les joueurs d’utiliser un ordinateur perpétuellement connecté à Internet, tant pour les parties multijoueurs (ça va de soi) que pour le mode solo.
Conséquence? Le jeu a été victime de son propre succès en début de semaine, quand des milliers de joueurs ont tenté de se connecter (en vain) au service Battle.net simplement pour essayer leur nouveau logiciel. Le message d’erreur « The servers are busy at this time. Please try again later. (Error 37) » est venu hanter les écrans des moins chanceux. Le magazine américain Slate s’est même amusé à produire sa propre bande-annonce du jeu afin de mieux refléter l’expérience réelle.
Difficile de comprendre comment Blizzard, la compagnie derrière le plus populaire des jeux massivement multijoueurs en ligne (World of Warcraft), n’a pas été en mesure de répondre à la forte demande. Je n’ose pas imaginer la tête de ceux qui ont pris congé de leur travail mardi dernier, pour finalement se retrouver devant l’impossibilité de jouir de leur jeu fétiche.
Sans compter que même lorsque la connexion est établie, le jeu n’est pas sans failles techniques. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de subir des ralentissements et des interruptions causés par des problèmes de réseau du côté de Blizzard. Lors de ces interruptions, j’ai perdu certains items précieux et j’ai dû refaire une large portion d’un niveau déjà bien entamé. C’est frustrant.
À mon avis, le fait qu’on exige des joueurs une connexion constante avec le service Battle.net est exagéré. Les pirates ont beaucoup d’imagination. Ils trouveront certainement un moyen de déjouer le système.
Deux jours après le lancement de Diablo III, Blizzard s’est excusé publiquement au sujet du déroulement de l’opération.
Mes premières impressions
Je dois admettre que je suis plutôt nostalgique de la série. Non pas que j’aie été un grand joueur des deux premiers opus, mais j’apprécie Diablo III pour son respect du style établi par les jeux précédents.
Bien que certaines pratiques d’autrefois soient désormais impossibles, comme la surconsommation de potions magiques pour maintenir son niveau de vie, le jeu est bien balancé, et ses gardiens offrent aux joueurs un réel défi.

Du point de vue graphique, Diablo III a nettement évolué par rapport aux jeux précédents. Il nous propose un angle de vue propre à la perspective isométrique (comme les deux premiers jeux), mais avec des éléments qui respectent la perspective conique. Autrement dit, on nous propose du « vrai » 3D.
Est-ce que le jeu est répétitif? Certainement! Et je ne parviens pas à m’expliquer pourquoi j’accroche autant.
Je ne sais pas trop quoi penser d’une autre nouveauté : l’hôtel de ventes, un service intégré permettant les transactions d’items avec de l’argent réel. À l’époque de Diablo II, certains joueurs avaient recours à des services comme PayPal et eBay afin de « vendre » des items qu’ils avaient accumulés au cours de leurs quêtes. En intégrant cette fonctionnalité à Diablo III, Blizzard facilite la vie aux joueurs qui veulent rentabiliser leurs joutes ou carrément payer pour bénéficier d’un équipement plus puissant ou plus résistant. Évidemment, Blizzard facturera des frais sur chaque transaction.
Certains ont décrit le jeu comme un simulateur de piñata. Si l’actualité vous donne envie de vous défouler, Diablo III est en effet un très bon exutoire.
Pour les curieux, comme le montre l’image de ce billet, je suis un chasseur de démons de niveau 20. J’ai appelé mon personnage Laurent. Je poursuis ma quête…






