Martin LessardBig data : les mauvaises connexions

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 publié le 23 mai 2013 à 15 h 05

C’est Gizmodo qui m’a fait découvrir ce graphique hilarant qui fait le lien entre la chute du taux de criminalité aux États-Unis et l’abandon en masse du navigateur web Internet Explorer.

On peut en conclure que le retrait d’Explorer a fait diminuer la criminalité chez nos voisins du sud.

Erreur. Si on fait ce genre d’amalgame, c’est qu’on ne fait pas la différence entre causalité et corrélation.

Non, le retrait d’Explorer n’a pas fait diminuer (causalité) la criminalité, même si la mesure de la relation statistique entre ces deux variables (corrélation) suit la même courbe.

Dans un monde de plus en plus axé sur les données, produites en surabondance, il nous faudra nous défaire d’un vieux réflexe qui a permis à l’être humain de survivre jusqu’à maintenant.

Nous devons apprendre à restreindre notre propension à déduire des causes là où il n’y a que des corrélations fortuites.

Miroir, miroir, dis-moi quelle est la cause

Depuis le début de l’humanité, nous sommes habitués à voir le monde comme une suite de causes et de conséquences.

  • Ce bouillon dans la rivière indique l’approche des piranhas.
  • Cette piqure de moustique a causé la fièvre de mes enfants
  • Quand j’assomme cet homme de Néandertal avec ma massue, il meurt.

Tant que le monde était « simple », ça pouvait aller.

Aujourd’hui, devant l’accélération des innovations et des transformations sociales et l’accumulation des informations sur lesquelles nous nous basons pour comprendre le monde, on peut dire que notre aptitude naturelle à voir des causes et des conséquences partout nous nuit.

Le citoyen de demain doit maîtriser la différence entre causalité et corrélation.

Corrélation sans cause?

Une étude prouve que les personnes habitant près de pylônes à haute tension sont significativement plus malades que le reste de la population? On met la faute sur les émissions d’ondes! Mais les gens qui habitent sous les pylônes sont aussi en moyenne plus pauvres (on connaît le lien santé-pauvreté). Peut-on conclure alors que la corrélation exposée dans l’étude est la cause première?

Autre exemple. Nous allons au restaurant un jour, et le lendemain nous sommes malades. Nous faisons rapidement le lien entre les deux événements. Mais, parfois, nos intuitions nous jouent des tours : dans ce cas-ci, nous sommes tombés malades parce que nous avons serré la main à un collègue malade la veille. La cause est moins évidente.

Avec la montée des données volumineuses et de tous ces outils d’analyse en temps réel des foules, des mouvements, des transactions, notre monde est devenu plus complexe à interpréter.

Or ces données servent à comprendre le monde de demain. Et ce monde est compréhensible uniquement pour les initiés.

Big data, grande corrélation

Dans une entrevue sur la balado de l’émission Spark à la CBC, Viktor Mayer-Schönberger, auteur d’un livre sur le sujet disait que l’analyse de données très volumineuses ne permet pas toujours de connaître la cause, mais simplement le lien, la corrélation entre deux choses, entre deux événements.

Google Flu, le service qui prédit l’éclosion de la grippe sur un territoire donné, ne fait que remarquer la corrélation entre les recherches en ligne et les cas déclarés de la grippe. Il n’y a aucune indication de causalité. Pourtant, notre cerveau ne peut s’empêcher de faire des liens de causalité, dit-il.

On ne connaît pas encore assez la statistique. On ne maîtrise pas encore très bien de façon intuitive la corrélation, une prédiction dont la cause n’est pas identifiée.

Avec toutes nos données en ligne, sur les plateformes sociales, nos déplacements enregistrés, nos communications, le big data permet de créer d’immenses quantités de données qui sont corrélées. Ça nous donne des statistiques sur la société, sur notre environnement, mais pas toujours les réponses à nos questions primaires de causalité.

Les problèmes commencent quand on mélange les deux, avertit Viktor Mayer-Schönberger, quand on utilise la corrélation pour deviner la cause. On risque de faire de mauvaises connexions. On risque de faire du profilage, de ficher les gens pour des corrélations qui n’ont rien à voir avec la véritable cause.

Voir des liens, sans les comprendre?

Nous sommes la première génération qui accumule, gère et analyse autant d’information sur nous et sur notre environnement. Même le dernier quidam sur Facebook a plus d’information sur sa communauté en une journée qu’un villageois du Moyen-âge durant toute sa vie.

Mais, naïvement, on analyse encore notre réalité avec des méthodes du passé. D’où pensez-vous que sortent toutes les théories de la conspiration?

Ce qui s’ouvre devant nous ne peut pas être simplement appréhendé avec nos intuitions…

Interpréter ce monde par les données demande d’acquérir de nouveaux réflexes, donc une éducation aux logiques statistiques et probabilistes, donc une pensée rationnelle, scientifique.

Sinon, c’est le monde de demain, faites de corrélations, qui échappera aux simples citoyens.

Catégories : Futur, Société

Laurent LaSalleXbox One : tout ce que vous devez savoir

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 publié le 22 mai 2013 à 13 h 06

Il ne manquait plus que Microsoft pour entrer dans la danse des fabricants de consoles de nouvelle génération. Après Nintendo et Sony, le fabricant américain a choisi de dévoiler au monde entier le successeur de sa populaire console de jeu hier après-midi. Microsoft ne laissa planer aucun mystère quant au sujet de son événement, ayant comme titre « A New Generation Revealed ».

La nouvelle console de Microsoft veut être au cœur de vos divertissements. Le communiqué utilise d’ailleurs le terme « système de divertissement » pour qualifier celle-ci, une dénomination qui n’est pas sans rappeler celle de la toute première console de Nintendo. Nommée Xbox One, elle intègre des fonctions lui permettant d’enrichir votre expérience télé, en plus de promettre une expérience Kinect améliorée. Mais en cherchant à plaire à un nouveau marché, Microsoft ne risque pas de perdre son noyau de joueurs sérieux?

De plus en plus similaire à un PC

À l’instar de Sony avec sa PlayStation 4, les composantes de la Xbox One seront identiques à celles d’un PC. Cela signifie non seulement une diminution des coûts de production (puisqu’une bonne portion des pièces existe déjà sur le marché), mais c’est aussi une façon de permettre aux concepteurs de maîtriser plus rapidement la plateforme, puisque l’architecture leur est familière. D’ailleurs, les 2 consoles rivales utiliseront un processeur similaire à 8 cœurs conçu par AMD et 8 Go de mémoire vive. Avec une telle parité technique, tout porte à croire que les performances de la PlayStation et de la Xbox seront véritablement équivalentes, contrairement au passé.

À noter que la Xbox One sera équipée d’un disque dur de 500 Go, en plus d’inclure un capteur Kinect, permettant à tous de profiter des commandes vocales et gestuelles, sans devoir se procurer un périphérique supplémentaire. Finalement, la console sera également munie d’un lecteur Blu-ray, ce qui permettra à ses jeux de profiter d’un surplus d’espace disque considérable, en plus de permettre la lecture de films en haute définition (une caractéristique jusqu’ici possible que par le biais de contenus téléchargés).

Un nouveau récepteur numérique? Pas tout à fait…

La première partie de la présentation de la Xbox One portait sur ses fonctions de contrôle de votre récepteur numérique. Le nouveau système ne remplacera pas la boîte qui gère les chaînes de votre abonnement télé (ex : Illico de Vidéotron ou Fibe de Bell), mais agira plutôt comme une manette universelle de luxe. Au lieu de brancher votre récepteur directement à votre téléviseur, Microsoft vous invitera à le brancher à la Xbox One, celle-ci étant munie d’une entrée HDMI.

L’interface de la Xbox One

Par le biais d’une simple commande vocale comme « Xbox : regarder Radio-Canada », la console affichera le contenu qui est diffusé à la chaîne choisie. Vous n’aurez plus besoin de connaître le numéro de votre chaîne par cœur. Et puisque le signal de votre récepteur passe par la Xbox One, l’interface de la console est toujours accessible, permettant de recevoir des alertes ou d’aligner une application à droite de l’émission que vous regardez (des statistiques sportives, par exemple).

Expérience Kinect améliorée

La nouvelle Kinect, incluse avec la console, comprend une caméra 1080p à infrarouge pouvant détecter vos mouvements avec plus de précisions. Celle-ci est équipée d’un objectif grand-angle, ce qui vous permettra de profiter des jeux Kinect dans un espace plus restreint (contrairement à son prédécesseur). À noter que cette caméra servira aussi lors de vos appels Skype.

Tel que je l’ai mentionné plus haut, la reconnaissance vocale a elle aussi été améliorée. On ignore comment elle se comportera en français sur la Xbox One, mais les anglophones qui regardaient la conférence par le biais d’une Xbox 360 ont vu leur console interrompre le visionnement chaque fois qu’une commande vocale était dictée par le présentateur. Gênant. Heureusement, la Xbox One ne devrait pas poser ce genre de problèmes, puisque la nouvelle Kinect est en mesure d’identifier la voix de son propriétaire.

Certains seront inquiets d’apprendre que la Xbox One est toujours à l’écoute (puisqu’elle peut être allumée par une simple commande vocale). Autrement dit, la console est toujours en veille, connectée à Internet et à une caméra vidéo qui surveille votre salon. De quoi rendre paranoïaque.

De nouvelles vibrations

Bien qu’elle soit relativement semblable à son prédécesseur, la manette de la Xbox One comprend quelques nouveautés — plus de 40 selon Microsoft. Ce qui a le plus épaté les journalistes semble être les vibrations transmises lorsqu’on appuie sur les gâchettes de celle-ci. Selon le contexte, les quatre moteurs à l’intérieur de la manette (comparativement à deux moteurs sur la Xbox 360) s’activeront de manières différentes afin de mieux correspondre à l’action en cours.

Lorsqu’on la compare à celle de la PlayStation 4 et à celle de la Wii U, la manette de la Xbox One est la plus modeste des trois. Ses concurrents offrent dans les deux cas une interface tactile, ce qui paraît plus moderne, bien que la pertinence de celle-ci reste encore a être démontrée.

Adieu rétrocompatibilité

La Xbox One ne sera pas compatible avec les jeux conçus pour la Xbox 360, point final. Tout comme dans le cas de la PlayStation 4, Microsoft change l’architecture du processeur même, ce qui rend l’émulation de jeux compilés pour son prédécesseur à une vitesse acceptable très difficile, voire impossible.

Microsoft est resté plutôt vague au sujet des jeux usagés. Les jeux Xbox One semblent devoir être associés à un compte Xbox Live. Il vous sera possible de jouer à vos jeux chez un ami, pourvu que vous soyez connecté à votre compte Xbox Live. Pour ce qui est de la revente, des rumeurs veulent que Microsoft exige des frais pour permettre l’activation du jeu. Pour l’instant, rien n’est confirmé de la part du fabricant (qui se contredit).

Finalement, un représentant d’EA Sports a confirmé que les jeux Madden NFL 25, NBA Live 14, FIFA 14 et EA Sports UFC proposeront du contenu exclusif à la Xbox One. Du côté d’Activation, on a montré des images de Call of Duty : Ghosts. Pour ce qui est des annonces concernant d’autres jeux, il faudra attendre le mois prochain (lors du E3).

Catégories : Événements, Jeux vidéo, Télévision

David Karp, créateur de Tumblr source Wikicommons

Quand je pense à Yahoo!, je pense surtout à tous les rendez-vous ratés de ce précurseur qui, aujourd’hui, tient tout juste sa place parmi les géants du web, alors qu’il avait tant à promettre. Avec Marisa Mayer à sa tête, Yahoo! cherche toujours et par tous les moyens à se maintenir au sommet. Or, qui dit sommet sur le web dit « jeune », et Tumblr  remplit parfaitement ce mandat. Yahoo! annonçait lundi l’acquisition du site pour plus d’un milliard de dollars, sans oublier de promettre à sa jeune clientèle de ne pas tout foutre en l’air…

Tumblr, la plateforme de blogage simplifiée et à la page

Tumblr a vu le jour en 2007, et son créateur, David Karp, a aujourd’hui 26 ans – pour en savoir plus sur sa vie, consultez cet article de Business Insider. En plus de permettre la création d’un blogue en quelques minutes, Tumblr est aussi un réseau social d’actualités où l’on peut partager les billets de son blogue ou tout simplement interagir avec ses contacts. Tumblr se veut encore plus convivial que Blogger, le populaire réseau de Google. C’est sur Tumblr que des tendances, autant sociales qu’artistiques, naissent. En ce moment, c’est le meilleur réseau pour prendre le pouls des mouvances actuelles et découvrir les signes et symboles auxquels s’identifient certains. Des troubles alimentaires à l’automutilation en passant par la mode, sur Tumblr on exprime ce qu’on ne pourrait dire devant grand-maman sur Facebook.

Yahoo! et les rendez-vous manqués de la courte histoire du web

En 2007, dans une entrevue avec le légendaire Charlie Rose, Esther Dyson, ex-journaliste techno des publications Wall Street Journal et Forbes, alors investisseuse en technologies émergentes pour la compagnie EdVenture, expliquait comment Google était devenu son unique moteur de recherche, car il saisissait tous les enjeux de ce secteur. Yahoo! s’est alors retranché dans la création de communautés et de groupes de discussions. Jusque-là, tous les morceaux étaient en place pour que Yahoo! devienne le chef de file du réseautage social. Ça n’a pas été le cas, puisque Facebook est arrivé en 2004 pour ensuite prendre la tête des réseaux sociaux vers 2006 avec un postulat révolutionnaire : l’information suscite la communication. Jusque-là, on croyait que la communication servait à lancer l’information, mais dans le réseautage social, c’est en donnant certains renseignements sur soi que l’on développe des liens avec des gens hors de notre réseau habituel, mais qui partagent certains de nos goûts.

La plaisanterie qui circulait sur Tumblr après l’annonce de son acquisition par Yahoo!. Cliquez pour le grand format.

Tumblr le prochain Instagram?

Bref, Yahoo! aurait pu être Google ou Facebook, mais est resté Yahoo! même après avoir acquis Flickr, le site de réseautage photo, en 2004. En fait, Flickr avait tout pour être très populaire – la convivialité, les photos classées par mots-clés (ou « tags ») et surtout une fréquentation enviable et des milliards de photos téléchargées. Mais, pour les photos, Instagram est devenu le réseau social de référence, qui soulève les foules et fait parler les médias. C’est probablement la raison pour laquelle certains, comme Slate (lire l’article sur les comparaisons que fait surgir cette acquisition), ont immédiatement demandé, sitôt la transaction faite et annoncée, si Tumblr serait le prochain Instagram. Enfin, souhaitons qu’il ne devienne pas entre les mains de Yahoo! le prochain MySpace…

Mais tout commence bien, chacune des parties utilisant dans son communiqué le mot « fuck » pour rassurer la galerie : Marisa Mayer promet « not to fuck it up » et David Karp s’enthousiasme d’un « fuck yeah ». Va en paix, folle jeunesse.

Autres sources d’information :

Le communiqué émis par Tumblr

La nouvelle sur Radio-Canada

Les adolescents américains préfèreraient Tumblr à Facebook

Quelques grandes acquisitions de Yahoo! et ce qu’elles sont devenues depuis (en anglais)

Catégories : Réseaux sociaux

Martin LessardLe fusil qui tire tout seul

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 publié le 17 mai 2013 à 11 h 14

Je sais bien qu’on emploie le mot intelligent à tort et à travers. Il y a le téléphone intelligent, la ville intelligente et la voiture intelligente.

Mais le fusil intelligent (smart rifle)?!

Image : Retronaute

Offerte depuis cette semaine, voilà une arme qui possède une différence majeure avec les autres : quand vous appuyez sur la gâchette, elle ne tire pas tout de suite.

Où se trouve « l’intelligence »? C’est le fusil qui décide du moment idéal pour tirer, en prenant en compte plusieurs paramètres, comme le vent, le mouvement et la distance de la cible.

Équipée d’un laser pour évaluer les distances et d’un ordinateur balistique pour effectuer les calculs, l’arme peut faire mouche à tout coup à plus de 600 mètres.

Le tireur appuie sur un bouton, le laser « marque » la cible et la balle ne part que lorsque les conditions pour l’atteindre sont réunies.

Inutile de dire que le plus novice des novices devient un tireur d’élite après seulement quelques heures d’entraînement.

Arme intelligente, tireur…

« Think of it like a smart rifle. You have a smart car; you got a smartphone; well, now we have a smart rifle, » dit le président de la jeune compagnie qui a mis au point cette arme (source).

Avec une telle définition de l’intelligence, me faire lobotomiser me paraît la seule chose éthique qui me reste à faire.

Non seulement l’esthétique de la vidéo fait frémir (aucun humain; que de l’infographie 3D), mais la morale à deux sous en filigrane (le devoir de servir la nation) provoque la nausée. Elle devient encore plus irrépressible quand on découvre les accessoires…

  • L’arme possède aussi un moniteur qui est comme un véritable jeu vidéo. Il affiche des informations, comme la distance de la cible, la vitesse du vent, l’angle d’inclinaison du canon, une boussole et le niveau des piles (voir vidéo).
  • L’arme est aussi munie de WiFi et d’une prise USB. Il est possible de capturer une vidéo et de l’envoyer en temps réel à une tablette électronique à proximité. Vous pouvez l’enregistrer et l’envoyer immédiatement sur les réseaux sociaux, comme Twitter, Facebook, YouTube (voir vidéo).

Bien sûr, il y a aussi la possibilité de mettre un mot de passe pour empêcher l’accès aux fonctionnalités balistiques avancées à une personne non autorisée – il faut bien justifier l’expression arme intelligente, n’est-ce pas?

Sniper city

Vendue au prix de 22 000 $, cette nouvelle arme ne tombera guère au début qu’entre les mains des plus riches qui feront des safaris au succès assuré. Mais, déjà, Remington Arms, un grand fabricant d’armes à feu, souhaite acquérir la technologie pour en faire des armes à 5000 $ (source).

Si vous pensez que l’arme imprimable 3D était la menace ultime, vous venez de changer d’échelle. Derrière chaque arme, il y aura maintenant un tireur d’élite.

P.-S. : Et s’il est vrai que, dans les réseaux sociaux, les bonnes nouvelles se répandent plus vite que les mauvaises (comme discuté ici sur Triplex), je crois que le présent billet sera le moins relayé sur les réseaux sociaux de toute l’histoire de Triplex.

Catégories : Futur, Gadgets, Jeux vidéo, Réseaux sociaux, Robotique, Sécurité, Société, Tendance

Google a profité de la conférence d’ouverture des journées Google I/O pour dévoiler de nouveaux changements liés à son réseau social. À l’instar de Facebook, qui a révélé une modernisation de son interface en mars dernier, sa page d’accueil a été complètement remaniée, afin d’améliorer l’expérience Google+ auprès de ses utilisateurs.

Par contre, contrairement à son concurrent (chez qui le déploiement complet de cette nouvelle interface se fait encore attendre), la nouvelle version de Google+ est déjà accessible à tous et propose des nouveautés inspirées par la concurrence.

Streams, un flux à colonnes multiples

À première vue, la nouvelle interface de Google+ ressemble étrangement à celle de Pinterest (un commentaire qui revient fréquemment chez les internautes). La colonne singulière disparaît pour faire place à une présentation du contenu sur deux ou trois colonnes, selon la surface disponible. Les photos prises en angle paysage prennent maintenant la largeur de l’ensemble de ces colonnes, ce qui permet de pleinement les apprécier sans avoir à quitter le flux principal. Les vidéos sont également surdimensionnées afin de prendre un maximum de surface, mais étrangement, cette règle ne semble pas être appliquée sur l’ensemble de celles-ci.

Une nouvelle fonction automatisée fait également son entrée sur Google+ : les mots-clics contextuels. Google analyse désormais les contenus publiés et propose de les catégoriser selon une courte liste de mots-clics. Le géant de la recherche va plus loin que la simple analyse de texte, puisqu’il est en mesure également d’analyser les images, afin d’en déterminer la nature. L’exemple présenté durant la conférence était la photo d’un homme devant la tour Eiffel, et bien qu’aucune mention de la légendaire structure n’ait été faite dans la publication, le mot-clic « Eiffel Tower » y a été annexé.

C’est drôle de voir Google favoriser une interface à colonnes multiples, une des principales caractéristiques qui alimentaient les rumeurs de la refonte de Facebook avant son dévoilement (et qui n’a pas été retenue par les développeurs du populaire réseau social). À noter qu’il est toujours possible de revenir à l’interface classique par le biais du menu Plus.

Hangouts, une application à part entière

Dans le but de vouloir simplifier les communications entre ses membres, Google a lancé une nouvelle application, offerte tant sur Android que sur iOS : Hangouts. Très similaire à Messenger de Facebook, l’application mobile présente une liste de ses plus récentes communications en accueil, relayant ainsi sa liste de contacts à un second panneau (accessible par la droite). Hangouts a aussi un autre point en commun avec son concurrent, puisqu’il est maintenant possible d’accéder facilement aux archives de ses précédentes conversations en naviguant vers le haut.

Hangouts intègre ainsi le clavardage, la publication de photos et la communication vidéo, seul ou en groupe, jusqu’à un maximum de 10 personnes. Google a également mis à jour son application Google+, afin de refléter de minimes changements esthétiques et d’y ajouter les nouvelles fonctions introduites mardi.

Améliorer facilement ses photos

Organiser, améliorer et publier des photos est une tâche exigeante pour beaucoup d’entre nous. Heureusement, le nouveau Google+ peut accomplir la majorité de ces actions grâce à ses nouvelles fonctionnalités. D’abord, Google+ est en mesure de parcourir une collection de photos afin de déterminer lesquelles sont les plus intéressantes. Comment? Il repère les images floues, celles qui sont en double ou ayant une mauvaise exposition. Il reconnaît également certains lieux touristiques, le sourire des personnes sur la photo, l’esthétique de la photo, et les affinités qu’on a avec les personnes sur la photo (par exemple, des membres de sa famille). Une fois ce processus terminé, Google+ propose de classer les photos, afin que l’accent soit mis sur les plus belles images.

Il est possible également d’améliorer ses photos en y appliquant une série de filtres : distribution de tons, atténuation des défauts de la peau, réduction de bruit visuel, amélioration de la structure de l’image, calibration du niveau des blancs, etc. Cette fonction peut être activée par défaut sur l’ensemble des photos, ou simplement appliquée sur les images de son choix en choisissant individuellement les filtres appropriés.

Des nouveautés, est-ce suffisant pour changer ses habitudes?

Ce n’est pas un secret pour ceux qui me suivent sur Google+, je n’y suis pas très présent. J’accueille favorablement la nouvelle interface avec ses « 41 nouvelles fonctionnalités », mais je préfère encore Facebook, malgré ses défauts. La densité du contenu que je retrouve sur Google+ n’arrive simplement pas à la cheville de ce que je retrouve sur Facebook, et le design à la Google semble accentuer ce fait.

Mais peut-être n’est-ce qu’une question de perception…

Catégories : Événements, Réseaux sociaux