Blogue de Karyne Lefebvre

À chacun sa cause : Stéphane Bellavance

Vendredi 14 décembre 2012 à 12 h 55 | | Pour me joindre

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Stéphane Bellavance ©Télé-Québec

Sa bouille sympathique et ses années de télévision jeunesse ont fait de Stéphane Bellavance un porte-parole en or pour bien des causes. Toutefois, l’automne dernier, quand l’intimidation a été mise au premier plan à la suite du suicide d’une jeune adolescente, Stéphane a décidé de prendre les choses en main et de mener sa propre lutte contre l’intimidation sur le web. Stéphane Bellavance, porte-parole 2.0?

Stéphane, plutôt que de devenir porte-parole pour un organisme en particulier, tu as choisi de lancer toi-même ta propre campagne de sensibilisation, « Ça finit là ».

Quand est arrivée la tragique histoire de Marjorie Raymond (dont le suicide a entre autres été lié à l’intimidation dont elle était victime), j’ai été très sollicité, que ce soit par des maisons de jeunes qui souhaitaient tenir une minute de silence ou par des regroupements de jeunes qui voulaient que je marche avec eux. En deux ou trois jours, j’aurais pu faire le tour du Québec. Ma blonde m’a dit : « Je pense que tu es capable d’avoir un impact un peu plus grand. » J’ai appelé des amis à l’agence de publicité Cossette, des gens avec qui je travaille depuis longtemps, très efficaces, et qui ont la main sur le cœur. Je leur ai demandé s’il y avait moyen de faire quelque chose. Quatre heures plus tard, on avait une première capsule sur çafinitla.ca. On n’a jamais prétendu en savoir plus que les autres sur l’intimidation, mais on était touchés comme tout le monde et on avait envie d’attirer l’attention sur le problème.

« Les réseaux sociaux restent un moyen de divertissement et de détente avant tout, je pense. La vidéo de chats pogne plus que la guignolée sur Facebook. »

- Stéphane Bellavance

As-tu eu de la difficulté à convaincre d’autres personnalités de se confier sur l’intimidation?

Ça a été assez facile. À cette période, je tournais le clip d’ouverture du Gala Artis aux côtés de Guy A. Lepage, de Véronique Cloutier, de Guy Jodoin et de Mario Tessier. Après la journée de tournage, je leur ai demandé s’ils accepteraient de répondre à deux ou trois questions à la caméra pour commencer la campagne « Ça finit là ». Ils ont dit oui tout de suite. Même Alex Kovalev nous a envoyé sa vidéo directement de Russie.

Qu’est-ce que les réseaux sociaux ont changé dans la façon dont on sollicite les gens pour des causes?

J’utilisais un peu les réseaux sociaux avant la campagne sur çafinitla.ca, mais c’est vraiment quand le projet a pris son envol que j’ai pu mesurer leur portée : à quel point les réseaux sociaux peuvent être forts, mais niaiseux, aussi. (Rires) Sur Facebook, tu publies un truc que tu juges important ou profond et tu obtiens une cinquantaine de mentions « j’aime ». Sauf que quand tu mets sur ton mur une niaiserie ou une vidéo de chats, tu te retrouves avec 350 mentions « j’aime » et 150 personnes qui les publient à leur tour. Les réseaux sociaux restent un moyen de divertissement et de détente avant tout, je pense. La vidéo de chats pogne plus que la guignolée sur Facebook. Il faudrait être imaginatifs et trouver une vidéo de chats pour la guignolée. (Rires)

« Je connais bien les effets que peut avoir la maladie dans une famille : j’ai travaillé avec Enfant Soleil, avec Rêves d’enfants, j’ai fait des téléthons, mais c’est la première fois que la maladie entre dans ma famille. » 

- Stéphane Bellavance

La nièce de Stéphane, la petite Léonie, est atteinte d’une maladie très rare, le syndrome FOXG1

Récemment, tu as fait appel à ton réseau d’amis sur Facebook pour aider des gens près de toi qui vivent quelque chose de difficile.

Je connais bien les effets que peut avoir la maladie dans une famille : j’ai travaillé avec Enfant Soleil, avec Rêves d’enfants, j’ai fait des téléthons, mais c’est la première fois que la maladie entre dans ma famille. Léonie est ma nièce, la fille de ma belle-sœur Mélanie et mon beau-frère Martin. On a vécu beaucoup d’incertitude au sujet de la santé de Léonie. On ne savait pas ce qu’elle avait. Finalement, il s’est avéré qu’elle était atteinte du syndrome FOXG1, une maladie génétique très rare. Une vie normale métro-boulot-dodo devient impossible. Leurs besoins ont complètement changé, ça va de la nécessité d’avoir un parent à temps plein à la maison au véhicule adapté ou aux meubles spécialisés. Tout d’un coup, ils se retrouvent avec des dépenses énormes pour subvenir aux besoins de la petite. L’achat d’une maison n’était alors pas dans leurs plans, mais ils doivent dorénavant trouver un endroit qu’ils pourront adapter à Léonie. Ça m’a touché personnellement, alors je sollicite mon réseau d’amis Facebook. J’en profite pour éveiller les consciences, et tant mieux si ça peut donner un coup de main à Martin et Mélanie. C’est l’une des rasions pour lesquelles j’étais déjà parrain pour la Fondation Rêves d’enfants : pour parler des dommages collatéraux de la maladie. On pense souvent au choc de la maladie, à la douleur, mais les dommages sur la famille sont gigantesques. La vie de tous les jours est chamboulée.

Comment choisis-tu les causes que tu appuies?

J’essaie de faire attention parce que je suis assez sollicité et je ne veux pas nuire aux causes que je défends déjà. En plus de Rêves d’enfants, je suis porte-parole pour le programme d’économie d’eau potable. J’ai accepté parce que je savais que ça n’allait pas nuire à Rêves d’enfants. On n’est pas dans l’humanitaire ou dans la maladie. S’impliquer, je trouve que ça met du concret dans notre métier. Ma petite personne à moi, elle est plus ou moins importante dans ce job-là : j’aime vraiment le métier que je fais pour ce qu’il est. C’est dur de mesurer la portée de ce qu’on fait, alors quand on est capable d’utiliser nos faces pour donner un vrai coup de main pour des causes qui en ont besoin, c’est valorisant.

Pour suivre la famille de la nièce de Stéphane, joindre le groupe Facebook Pour Léonie

Pour voir les capsules vidéo du projet Ça finit là

Site officiel de la Fondation Rêves d’enfants

Site officiel du programme d’économie d’eau potable