Blogue de Karyne Lefebvre

À chacun sa cause : Pascale Picard

mardi 11 décembre 2012 à 11 h 24 | | Pour me joindre

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L’auteure-compositrice-interprète Pascale Picard est porte-parole pour le Centre de prévention du suicide de Québec.

Pour un jeune artiste qui cherche à se faire connaître, la tournée des spectacles-bénéfice peut être alléchante. Toutefois, Pascale Picard et sa bande de musiciens ont toujours refusé d’épouser des causes pour profiter de la visibilité qu’elles peuvent procurer aux artistes « engagés pour un soir ».

Quand l’auteure-compositrice-interprète a accepté d’être la voix du Centre de prévention du suicide de Québec en octobre dernier, elle n’a pas pris la chose à la légère. Pour Pascale Picard, pas de demi-mesures : être porte-parole, c’est du sérieux.

Avais-tu déjà songé à être porte-parole pour une cause?

Je m’implique depuis quelques années dans le Cabaret Accès-Cible (mis sur pied par le Mouvement PHAS, qui fait la promotion et la défense du droit à l’accès à des soins et services pour les personnes handicapées), mais je n’avais jamais vraiment été porte-parole. On en avait déjà parlé avec les membres du groupe. Je me souviens, dans nos débuts, notre premier gérant nous avait dit : « Ah, on vous demande pour tel évènement ou telle cause. C’est bon pour de la visibilité. » Mais je trouvais ça dangereux. Je ne voulais pas devenir porte-parole pour une cause et ne pas pouvoir m’impliquer complètement.

Comment es-tu devenue porte-parole pour le Centre de prévention du suicide de Québec?

J’étais dans un tournoi de golf bénéfice avec mon bassiste et après le concert, Pierre Dolbec, le président du conseil d’administration de la Fondation du Centre de prévention, m’a dit que ça faisait plusieurs fois que mon nom revenait sur la table comme possible porte-parole pendant leurs réunions. J’ai tout de suite dit oui. La cause du suicide, c’est quelque chose qui m’a toujours touchée.

Je me rappelle, au début, j’envie envie de prendre des appels, mais on m’a dit : « Ça ne marche pas comme ça. » [Rires]

– Pascale Picard

Qu’est-ce que le Centre de prévention du suicide de Québec offre comme ressources?

Il y a entre autres le 1-866-appelle. C’est autant pour une personne en crise que pour quelqu’un qui est inquiet parce qu’un proche semble avoir des pensées suicidaires. Ils peuvent aussi aider quelqu’un qui aurait vécu la perte d’un proche par suicide. Il y a des groupes de soutien pour familles endeuillées. Le Centre met aussi sur pied des programmes qui sont soutenus par la Fondation : Les amis de Zippy, qui sensibilise les jeunes de premier cycle à parler de leurs émotions, et Les Sentinelles, qui offre de la formation en milieu de travail pour aider les employés à faire de la prévention. Il y a aussi un autre projet en cours qui ciblera les hommes de 35 à 49 ans chez qui on trouve le plus haut taux de suicide.

Pierre Dolbec, président du conseil d’administration de la Fondation du Centre de prévention du suicide de Québec, Pascale Picard et la directrice générale du Centre, Linda Poirier. ©stephanierousseau.com

Quel genre de porte-parole es-tu?

Tu vois, ce matin, à 8 heures, j’étais à la réunion du C.A. avec mon café! D’ordinaire, ce n’est pas moi, ça, mais j’adore ça! Et c’est cool, parce que les gens de la Fondation m’incluent beaucoup, ils me font confiance. Je propose de idées : je pourrais aller donner des conférences dans les écoles, par exemple. Et prochainement, en février, avec le Pascale Picard Band, on va organiser un spectacle pour la semaine de prévention du suicide

Je me rappelle, au début, j’envie envie de prendre des appels, mais on m’a dit : « Ça ne marche pas comme ça. » [Rires] Je ne suis pas formée comme intervenante. Mais je suis allée assister à de l’écoute dernièrement. Je suis vraiment contente de pouvoir faire ma part : si j’arrêtais de faire de la musique, c’est probablement dans ce domaine-là que je m’impliquerais, dans quelque chose de social qui vient en aide aux gens.

« Plus jeune, je devais sans doute savoir que ça existait (1-866-APPELLE), mais c’était un peu tabou. À l’époque, je me suis surtout tournée vers mes amis. Je ne pense même pas que mes amis connaissaient l’existence de ces ressources-là. »

– Pascale Picard

Dans un moment aussi trouble que ton adolescence, aurais-tu pensé à te tourner vers le 1-866-APPELLE pour obtenir de l’aide?

Non et je pense que c’est un peu pour ça aussi que j’avais envie d’en parler et de faire connaître cette ressource. Plus jeune, je devais sans doute savoir que ça existait, mais c’était un peu tabou. À l’époque, je me suis surtout tournée vers mes amis. Je ne pense même pas que mes amis connaissaient l’existence de ces ressources-là. Ce qui est bien, c’est que d’année en année, plus on en parle, plus les gens pensent à utiliser 1-866-APPELLE pour obtenir de l’aide.

Est-ce que ton métier d’auteure-compositrice-interprète t’attire des confidences de fans qui vivent des moments troubles?

Oui, je reçois souvent des confessions. Je suis privilégiée. Les gens se confient à moi. Ça peut devenir très personnel. Parfois, c’est parce que nos chansons les ont accompagnés dans des moments moins heureux. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais je reçois souvent ce genre de confidences-là, même dans ma vie personnelle. C’est peut-être à cause de la musique.

1-866-APPELLE

Le site du Centre de prévention de suicide de Québec

Pour trouver de l’aide hors Québec, le site de l’Association canadienne pour la prévention du suicide (en anglais seulement)

Le site officiel du Pascale Picard Band