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Helen Faradji ©Radio-Canada

Chaque année en mai, Cannes troque son calme de station balnéaire et revêt ses paillettes pour accueillir la plus grande foire du cinéma du monde. Starlettes, grandes premières, fêtes sur invitation : le ton est à la démesure pendant les 12 jours du festival.

Chez le journaliste passionné de cinéma, couvrir le Festival de Cannes pour la première fois peut susciter des émotions mixtes. Comment ne pas perdre la tête au milieu de la fête? Comment faire sa place quand 4000 journalistes se disputent tous les mêmes entrevues?

Cinq journalistes qui ont survécu à la folie du festival ont accepté de partager avec nous leur petit guide de survie cannois.

Aujourd’hui, la fin de notre dossier avec Helen Faradji.

Helen Faradji

Rédactrice en chef du webzine revue24images.com, chroniqueuse cinéma chez Catherine Perrin à la Première Chaîne de Radio-Canada, blogueuse pour MSN.ca et collaboratrice à Ciné TFO.

Est allée à Cannes en 2001 et 2002, puis en 2012. Y retournera cette année.

Statut de journaliste : détentrice d’une carte rose, anciennement d’une carte jaune.

Comment votre toute première fois à Cannes s’est-elle déroulée?

Les deux premières fois, c’était vraiment en amateur pour la radio CISM. Je suis originaire de Strasbourg, en France, et je venais d’arriver à Montréal, en 1999. Mes amis de Strasbourg, avec qui j’avais commencé à faire de la radio, allaient à Cannes. On a loué un appart tout ensemble. C’était un joyeux bordel! Ça a été de la pure magie. Je n’en revenais pas. Je me doutais bien de ce que ça pouvait être, mais quand je suis arrivée sur place, ça a été le pied absolu! Vraiment, voir les meilleurs films de l’année, les meilleurs de la planète, avec les meilleurs journalistes aussi… Être près de la plage, ça aide aussi un peu. Il y a une ambiance tellement consacrée au cinéma que pour une cinéphile un peu compulsive comme moi, ça a été le pur bonheur!

À quelle catégorie de journaliste apparteniez-vous lors de votre première visite?

J’avais une accréditation jaune. Il faut dire qu’à l’époque, il n’y avait pas encore l’explosion des blogues et des réseaux sociaux. Donc, il y avait quand même moins de gens qui étaient amenés à couvrir le festival. Avec mon accréditation jaune, j’ai pu entrer absolument partout. Je sais que, maintenant, c’est un peu plus difficile pour les gens qui ont des cartes jaunes.

Et comment s’est passé votre retour à Cannes l’an dernier, dix ans après votre visite précédente?

J’ai été étonnée : j’existais toujours. Le service de presse là-bas est extrêmement rigoureux. Ils savent exactement qui est accrédité et pour quoi. Évidemment, entre-temps, j’avais changé de média, alors j’ai eu la chance d’avoir une carte rose. Ça aide beaucoup, quand même, parce que tu as moins de temps d’attente. C’est ce qui est pénible à Cannes, attendre. Mais, carte rose, rose avec une pastille, blanche… on voit tous les mêmes films.

Quel est votre meilleur souvenir de Cannes?

En 2002, j’étais allée à la projection du deuxième nouvel épisode de Star wars. À l’époque, on ne savait pas encore que ça allait être mauvais, mais à Cannes, c’était incroyable! J’étais avec tout plein d’amis et on avait réussi à se trouver des billets pour la projection officielle avec l’équipe du film dans la salle. Par un hasard incroyable, j’ai eu un billet qui m’a permis de m’asseoir dans la rangée de George Lucas. J’étais comme folle!

À quel endroit retournez-vous, année après année?

Au Petit Majestic. C’est un bar derrière la Croisette où, en général, les gens se retrouvent après les fêtes. Et ce qui est très rigolo, c’est que c’est tout petit, donc, tout le monde est sur le trottoir. C’est extrêmement sympathique et on y rencontre plein de gens.

Quelle est la chose à mettre absolument dans ses valises pour survivre à Cannes?

J’en ai plusieurs. Ça va du parapluie au petit chapeau pour se protéger du soleil, mais surtout, je prends un livre pour les files d’attente. Je suis d’ailleurs en train de me demander quel bouquin je vais m’acheter. Il faut qu’il soit long, qu’il soit passionnant. J’en suis là dans ma préparation : trouver le bon livre pour aller à Cannes!

Quel est votre truc pour ne pas perdre votre calme quand tout se déglingue?

Ce qui peut être difficile à Cannes, c’est le sentiment que tu vis sur une autre planète. Je trippe cinéma à 200 %, mais j’aime aussi tout le reste : la politique, savoir ce qui se passe dans le monde… Honnêtement, quand tu es à Cannes, c’est un peu difficile d’y avoir accès. Les gens ne parlent que des films qu’ils ont vus, que de cinéma. Tu as l’impression d’être dans une bulle autiste. Vers la fin du festival, ça devient un peu pesant. C’est presque un trop-plein. Alors, de temps en temps, faire une petite pause, lire un journal, aller se tremper les pieds dans l’eau, j’ai besoin de ça.

À Cannes, si on a une petite heure devant soi, on fait la fête, on va à la plage ou on dort?

On fait une petite sieste! C’est plus que nécessaire. Ça finit tard, Cannes. On est dans une ambiance un peu fofolle et on n’a pas envie d’aller se coucher. C’est surtout ça qui est difficile. Dans la journée, ma contrainte, c’est principalement d’aller voir les films en compétition. À mon humble niveau, ce n’est pas vraiment des problèmes d’horaire, mais davantage de la fatigue. (Rires)

Votre premier café du matin, vous le prenez…

À l’hôtel.

Que faites-vous pour vous remettre sur pied après la frénésie de Cannes?

Je pars en vacances juste après. Oui, on fait le plein, mais après ça, le retour peut être déprimant parce que tu te retrouves avec des films qui sont d’un intérêt moindre, disons. Alors, je prends une pause pendant le mois de juin.

Vous retournez toujours à Cannes parce que…

Parce qu’on y fait toujours des rencontres. Tu as l’impression de faire partie d’une gang, même si tu es là à ton tout petit niveau. Dans les longues files d’attente, tu parles à d’autres critiques, tu vois comment ça se passe chez eux. Et justement, je trouve que dans ces moments où le monde du cinéma est en crise, que ce soit du côté de la production, de la distribution ou de la critique, j’ai l’impression qu’on a tous besoin de se serrer les coudes. Il y a quelque chose d’un peu réconfortant d’être à Cannes, de voir que la passion est encore là, qu’elle est bien vivante. Ça recharge les batteries.

 

Pour suivre Helen Faradji à Cannes, écoutez Catherine Perrin tous les jours, entre 9 et 11 heures, pendant le Festival.

Pour tout savoir sur l’édition 2013 du Festival de Cannes, consultez le Radio-Canada.ca/cannes

Catherine Beauchamp ©Marc-Antoine Charlebois

Chaque année en mai, Cannes troque son calme de station balnéaire et revêt ses paillettes pour accueillir la plus grande foire du cinéma du monde. Starlettes, grandes premières, fêtes sur invitation : le ton est à la démesure pendant les 12 jours du festival.

Chez le journaliste passionné de cinéma, couvrir le Festival de Cannes pour la première fois peut susciter des émotions mixtes. Comment ne pas perdre la tête au milieu de la fête? Comment faire sa place quand 4000 journalistes se disputent tous les mêmes entrevues?

Cinq journalistes qui ont survécu à la folie du festival ont accepté de partager avec nous leur petit guide de survie cannois.

Aujourd’hui, Catherine Beauchamp

Catherine Beauchamp

Journaliste et animatrice du Tapis rose de Catherine depuis 2008

Est allée à Cannes la première fois en 2010. L’année 2013 marquera sa quatrième visite au festival.

Statut de journaliste : détentrice d’une carte rose

Comment votre toute première fois à Cannes s’est-elle déroulée?

Ça a été épouvantable! (Rires) Je pleurais tous les jours. J’avais mal à l’ego. Je suis arrivée là un peu candide en me disant : « C’est cool. Xavier Dolan est là pour Les amours imaginaires. Je vais avoir la meilleure entrevue de la terre. » On m’a fait une proposition de temps et de lieu pour l’entrevue avec Xavier et j’ai refusé en proposant quelque chose de plus cool, de plus exclusif. Les attachés de presse m’ont envoyée promener, sa productrice aussi. Je n’avais rien à diffuser. C’est là que j’ai compris qu’à Cannes, tu dois préparer toutes tes entrevues avant de partir. Ça demande un gros travail en amont. Alors j’ai arrêté de pleurer et je me suis ressaisie. J’ai réussi à avoir une entrevue avec l’actrice française Louise Bourgoin. J’ai couvert les courts métrages québécois. Et puis au bout de quatre jours, j’ai fini par obtenir mon entrevue avec Xavier Dolan, Niels Schneider et Monia Chokri. Mais je dois avouer qu’à un certain moment, j’ai envisagé de m’acheter un billet d’avion pour retourner à Montréal. Ma chambre me coûtait 3000 € (environ 4000 $ canadiens) pour sept jours. Imaginez la dépense pour une semaine de tournage sans contenu!

Est-ce votre pire souvenir de Cannes?

Oh! Il y a pire. Chaque chose prend tellement de temps à Cannes. C’est comme les 12 travaux d’Astérix! Demander une simple information devient périlleux. Les Français ne sont pas capables de te dire qu’ils n’ont pas réponse à ta question, alors ils préfèrent te dire n’importe quoi! Et l’an dernier, la logistique informatique ne fonctionnait pas. Mes deux caméramans sont sortis en soirée sans la clé de l’appartement, que je partageais avec la journaliste Émilie Perreault. Émilie et moi dormions et on ne les a jamais entendu sonner. En plus, la pile de leur iPhone était à plat. Ils ont passé la nuit dehors!

À quelle catégorie de journaliste appartenez-vous à Cannes?

Je viens d’être promue à la carte rose! L’an dernier, les deux bonzes qui organisent tout Cannes m’ont fait entrer dans leur bureau où il y a plein de bonbons. La carte rose me donne accès à ce bureau et à toutes sortes de fêtes.

À quel endroit retournez-vous année après année?

Au Da Laura. C’est le secret le mieux gardé de Cannes. C’est un restaurant italien. La patronne est une copie de Josée Di Stasio. La bouffe y est extraordinaire! C’est comme si tu faisais un saut en Italie le temps d’un repas. Et j’y ai un privilège extraordinaire : Laura me reconnaît chaque fois, et quand j’arrive, elle s’arrange pour me trouver une table.

Quelle est la chose à mettre absolument dans ses valises pour survivre à Cannes?

J’ai des gougounes spéciales que j’utilise uniquement à Cannes. Elles se plient en deux et se rangent dans une petite pochette. L’appartement que j’habite pendant le festival est situé en haut d’une côte. Pour couvrir la montée des marches, il y a un code vestimentaire à respecter et je dois mettre des talons hauts. Comme je ne peux pas monter la côte en talons hauts, ça me prend absolument ses gougounes-là, que je peux ensuite glisser dans mon sac à main!

Votre premier café du matin, vous le prenez…

Je suis toujours à la course alors je l’attrape dans un des kiosques installés près du Palais. Je le prends juste assez loin pour avoir le temps de le boire et de manger mon petit croissant avant d’entrer voir la première projection de la journée.

À Cannes, si on a une petite heure devant soi, on fait la fête, on va à la plage ou on dort?

Je fais les trois! Je vais à la plage, mais pas en maillot. Je n’ai pas le temps. Si j’ai un trou en après-midi, je vais aller dormir une heure à l’appartement. Et si j’ai du temps en soirée, je sors faire la fête. Ce qui est bien avec la carte rose, c’est qu’elle peut donner accès à des fêtes où l’alcool est offert gratuitement. C’est le fun parce que ça permet d’économiser un peu. Le seul problème, c’est qu’avec les années, je travaille beaucoup plus, alors je ne peux plus me coucher aussi tard.

Que faites-vous pour vous remettre sur pied après la frénésie de Cannes?

Mon meilleur truc, quand je rentre à la maison, c’est de me coller sur ma fille. Souvent, on s’est beaucoup ennuyées l’une de l’autre et je me ressource énormément auprès d’elle. J’aime aussi beaucoup la course. C’est une dépense pour le corps et l’esprit. Quand je reviens chez moi, courir, ça me remet les deux pieds sur terre. Quand on est à Cannes, on n’est pas dans la réalité. C’est comme si on vivait dans une bulle pendant une semaine.

Vous retournez toujours à Cannes parce que…

Cannes, si tu n’y vas plus, on te tasse. Y retourner chaque année, c’est une bonne façon de rester dans la mêlée. Je sais que je vais continuer de faire le Tapis rose et de couvrir le cinéma, alors j’essaie de m’arranger pour y retourner. Contrairement aux journalistes employés par de grands quotidiens, je paie mon voyage et je paye aussi les déplacements des caméramans-monteurs que j’emploie. Ça me coûte beaucoup de sous, alors j’essaie de de faire en sorte que ce soit le fun et qu’on revienne avec des reportages intéressants.

Pour suivre Catherine Beauchamp à Cannes, visitez Le tapis rose de Catherine

Pour tout savoir sur l’édition 2013 du Festival de Cannes, consultez le Radio-Canada.ca/cannes

Marc Cassivi ©Artv

Chaque année en mai, Cannes troque son calme de station balnéaire et revêt ses paillettes pour accueillir la plus grande foire du cinéma du monde. Starlettes, grandes premières, fêtes sur invitation : le ton est à la démesure pendant les 12 jours du festival.

Chez le journaliste passionné de cinéma, couvrir le Festival de Cannes pour la première fois peut susciter des émotions mixtes. Comment ne pas perdre la tête au milieu de la fête? Comment faire sa place quand 4000 journalistes se disputent tous les mêmes entrevues?

Cinq journalistes qui ont survécu à la folie du festival ont accepté de partager avec nous leur petit guide de survie cannois.

Aujourd’hui, Marc Cassivi.

Marc Cassivi

Journaliste à La Presse depuis 1993

Est allé à Cannes la première fois en 2000, puis en 2005. Y retourne tous les ans depuis 2009.

Statut de journaliste : détenteur d’une carte rose avec une pastille jaune

Comment votre toute première fois à Cannes s’est-elle déroulée?

J’avais 27 ans et je venais d’être embauché comme critique de cinéma à La Presse six mois plus tôt. Quand mon patron de l’époque, Daniel Lemay, m’a dit que j’allais à Cannes, je n’en revenais pas. J’ai sauté au plafond. Ça a été une expérience similaire à celle d’entrer dans un magasin de bonbons. Je me souviens d’y avoir travaillé comme un fou furieux, peut-être parce que je voulais y retourner.

Quels souvenirs en gardez-vous?

C’était l’année de Dancer in the dark de Lars von Trier et, en sortant de la projection, j’ai eu la naïveté d’écrire : « Je viens de voir la Palme d’or! » Oui, le film fut sacré Palme d’or et j’ai eu l’air d’avoir ben du flair, mais c’était un peu précipité comme commentaire. Et cette année-là, Denys Arcand présentait Stardom, film que je ne trouvais pas très bon. Le lendemain, j’ai vu In the mood for love de Won Kar Wai qui est, à ce jour, mon film fétiche. Du haut de mes 27 ans, j’ai consacré tout mon papier à In the mood for love et, dans un entrefilet, j’ai ajouté : « Ah! Et, en passant, Denys Arcand était là avec un film plate… » Je me souviens qu’à mon retour, mon collègue Yves Boisvert m’avait fait remarquer que le fait que Denys Arcand soit à Cannes était quand même un évènement. (Rires)

À quelle catégorie de journaliste appartenez-vous à Cannes?

Depuis mes débuts, j’ai une carte rose avec une pastille jaune. J’ai droit à presque tous les mêmes privilèges que mon collègue Marc-André Lussier, qui a une carte blanche, sauf que s’il pleut, Marc-André peut passer directement du Théâtre Lumière au Palais des Festivals pendant que nous faisons tous la file dehors. Ce qui est bien, par contre, c’est que Marc-André peut nous réserver des places VIP. Je viens d’aller au festival South by Southwest, où il n’y a pas de castes, ce qui m’a fait doublement apprécier le système cannois quand on a une bonne carte.

À quel endroit retournez-vous année après année?

Il y a un petit restaurant italien dont j’oublie le nom où je retourne chaque année avec Marc-André Lussier et Odile Tremblay du Devoir. On y va toujours à la veille du début du festival et on y retourne en fin de course, quand on commence à avoir plus de temps.

Quelle est la chose à mettre absolument dans ses valises pour survivre à Cannes?

Un nœud papillon. Le mien est vraiment vintage. La seule autre fois où je m’en suis servi avant le festival, c’est à mon mariage, il y a 13 ans. À Cannes, peu importe ce que tu portes, même si tu n’as pas de tuxedo, si tu as un nœud papillon, tu es correct.

Votre premier café du matin, vous le prenez…

Je ne prends pas de café. Je suis vraiment un lève-tard, et à Cannes, on dort tellement peu que je descends de ma chambre à la dernière minute, j’attrape un croissant et je le mange en route en marchant vite vers la première projection. Sinon, je cache des pinottes dans mes poches : parfois, il est 14 h et tu n’as rien avalé depuis ton croissant du matin! Pour les bouteilles d’eau, il faut les cacher dans nos dossiers de presse pour ne pas se faire prendre.

Quel est votre truc pour ne pas perdre votre calme quand tout se déglingue?

Dès que j’ai un peu de temps, et on en a rarement, je vais courir. J’apporte toujours mes souliers de jogging et je vais courir sur la Croisette. C’est ma méditation. Ça me relaxe et je peux continuer ma journée ensuite. J’arrive à le faire deux ou trois fois pendant le festival.

À Cannes, si on a une petite heure devant soi, on fait la fête, on va à la plage ou on dort?

Moi, je jogge. C’est un moment juste pour moi. Je me mets de la musique dans les oreilles et je me sors de toute cette folie-là.

Que faites-vous pour vous remettre sur pied après la frénésie de Cannes?

J’ai besoin de prendre quelques jours de congé. Je reviens toujours la langue à terre.

Vous retournez toujours à Cannes parce que…

Chaque année, je me dis : « Je ne reviens pas. C’est trop. » Et là j’oublie, et je veux y retourner.

 …

Pour suivre Marc Cassivi à Cannes, visitez La Presse.ca

Pour tout savoir sur l’édition 2013 du Festival de Cannes, consultez le Radio-Canada.ca/cannes

Manon Dumais ©Jocelyn Michel

Chaque année en mai, Cannes troque son calme de station balnéaire et revêt ses paillettes pour accueillir la plus grande foire du cinéma du monde. Starlettes, grandes premières, fêtes sur invitation : le ton est à la démesure pendant les 12 jours du festival.

Chez le journaliste passionné de cinéma, couvrir le Festival de Cannes pour la première fois peut susciter des émotions mixtes. Comment ne pas perdre la tête au milieu de la fête? Comment faire sa place quand 4000 journalistes se disputent tous les mêmes entrevues?

Cinq journalistes qui ont survécu à la folie du festival ont accepté de partager avec nous leur petit guide de survie cannois.

Aujourd’hui, Manon Dumais.

Manon Dumais

Journaliste à l’hebdomadaire Voir depuis 2001

Est allée à Cannes la première fois en 2004. 2013 marquera sa dixième visite au festival.

Statut de journaliste : détentrice d’une carte rose

Comment votre toute première fois à Cannes s’est-elle déroulée?

J’ai eu la piqûre dès le premier jour. Mon premier souvenir de Cannes, c’est d’entendre Le carnaval des animaux de Saint-Saëns avec le logo du festival apparaissant sur grand écran. La première fois, j’ai eu les larmes aux yeux. C’était l’année où La Mala Educación de Pedro Almodóvar était présenté hors compétition. Et c’est Martin Bilodeau du Devoir qui a été mon « grand frère » de Cannes. C’est lui qui m’a montré où tout était, qui m’a conduite chez ma logeuse.

À quelle catégorie de journaliste appartenez-vous à Cannes?

J’ai une carte rose. Tout le monde rêve d’une carte blanche, mais ce n’est pas tout le monde qui peut y accéder. Ce ne sont que les journalistes qui travaillent pour de grands quotidiens. Tout fonctionne par hiérarchie à Cannes. On est parkés dans des enclos et quand ton badge est moins élevé dans la hiérarchie, tu joues du coude-à-coude pour entrer. Je me souviens que pour un film de Cronenberg, je ne me souviens plus lequel c’était, la file s’était arrêtée juste devant moi! Je me suis mise à crier : « S’il vous plaît! Je suis canadienne! C’est mon concitoyen! Je veux absolument voir le film! » J’étais arrivée en retard parce je devais traverser le tapis rouge de Star Wars et je ne pouvais pas passer parce que Sharon Stone attendait sa limousine. Elle était seulement venue faire un tour de tapis rouge pour montrer sa robe. Elle ne venait même pas voir le film! J’ai aussi failli être broyée vivante pour un film des frères Cohen, No country for old men. On avait l’air d’une bande de bisons sauvages. Tout le monde voulait assister à la représentation. J’ai un petit côté agoraphobe et parfois, je me dis : « Qu’est-ce que je fais ici? »

À quel endroit retournez-vous année après année?

Je pense que le resto le plus populaire parmi les journalistes, c’est L’avion. C’est assez modeste. Ils servent des pizzas et des pâtes fraîches. Le patron est un peu bougon, mais fort sympathique, les garçons de café aussi. Quand ils entendent notre accent, c’est toujours : « Hé! Salut les caribous! » Sinon, quand on a plus de temps, il y a La Potinière du Palais. Leur foie gras est très très bon!

Quelle est la chose à mettre absolument dans ses valises pour survivre à Cannes?

À part l’appareillage iPhone-magnéto-ordinateur portable, il faut absolument des chaussures confortables. On ne marche pas tant que ça, mais on reste longtemps en file pour les films et les conférences. Et comme on n’a pas toujours le temps de manger, je me fais un devoir de m’apporter des barres, des suppléments de repas, même si c’est immonde au goût! Mais il faut les cacher. J’ai déjà vu un confrère se faire confisquer sa barre tendre : il avait l’air d’un enfant qui s’était fait voler sa sucette.

Votre premier café du matin, vous le prenez…

Chez ma logeuse parce que le déjeuner est inclus. Elle est devenue comme une tante pour moi. Elle a 77 ou 78 ans et elle est charmante. Ce ne sont pas tous les journalistes qui sont invités et logés par le festival. Beaucoup d’entre nous logeons chez l’habitant. Il y a tout un réseau de voisines du quartier qui hébergent les Canadiens et elles sont bien contentes. On a une bonne réputation. Je fais moi-même partie des entremetteuses : j’ai trouvé des chambres pour des journalistes, des attachés de presse, des producteurs.

À Cannes, si on a une petite heure devant soi, on fait la fête, on va à la plage ou on dort?

Pour ceux qui disent : « Tu es bien, tu t’en vas à Cannes… », sachez qu’en dix ans, jamais je n’ai pu me tremper ne serait-ce que le petit orteil dans la Méditerranée. Je n’ai pas le temps! Les palmiers, je les vois, je passe devant, mais je n’ai pas le temps de me perdre dans la contemplation!

Que faites-vous pour vous remettre sur pied après la frénésie de Cannes?

Je n’ai pas le temps d’avoir les blues parce que j’entre souvent au bureau le lundi matin suivant. Mais par deux fois, l’une de mes sœurs est venue me rejoindre et on est allées se promener sur la Côte d’Azur. C’est chouette de prendre des vacances après, mais il y a quelque chose d’un peu triste. Tu vis toute l’effervescence pendant dix jours et quand c’est terminé, tous les restaurants sont déserts, la Croisette est déserte, à l’exception de quelques retraités qui se promènent avec leur caniche. Cannes après le festival, c’est quasiment une ville morte.

Vous retournez toujours à Cannes parce que…

J’ai l’impression que Cannes, c’est un peu comme les Bye Bye. Chaque année, on se dit : « Il me semble que c’était meilleur l’an passé ». Pourtant, on y revient chaque année parce que, bon an, mal an, le festival a toujours ses petits moments de grâce. C’est un peu comme un party où tu t’ennuies, mais où tu te dis : « Je vais rester encore un peu, au cas où il se passerait quelque chose… » Chaque année, on fini par se dire : « Je ne peux pas manquer ça! »

 Pour suivre Manon Dumais à Cannes, visitez son blogue sur Voir.ca

Pour tout savoir sur l’édition 2013 du Festival de Cannes, consultez le Radio-Canada.ca/cannes

Marc-André Lussier ©Jocelyn Michel

Chaque année en mai, Cannes troque son calme de station balnéaire et revêt ses paillettes pour accueillir la plus grande foire du cinéma du monde. Starlettes, grandes premières, fêtes sur invitation : le ton est à la démesure pendant les 12 jours du festival.

Chez le journaliste passionné de cinéma, couvrir le Festival de Cannes pour la première fois peut susciter des émotions mixtes. Comment ne pas perdre la tête au milieu de la fête? Comment faire sa place quand 4000 journalistes se disputent tous les mêmes entrevues?

Cinq journalistes qui ont survécu à la folie du festival ont accepté de partager avec nous leur petit guide de survie cannois.

Aujourd’hui, Marc-André Lussier, le vétéran.

Marc-André Lussier

Journaliste à La Presse depuis 1995

Va à Cannes tous les ans depuis 2001, sauf en 2003 et en 2005

Statut de journaliste : détenteur d’une carte blanche depuis 2012

Comment votre toute première fois à Cannes s’est-elle déroulée?

Bien, dans l’ensemble, même s’il faut un certain temps pour trouver ses repères. C’était encore l’époque où notre seule préoccupation était d’écrire des articles en vue d’une publication le lendemain dans un journal. Je me souviens, lors d’une chronique radiophonique à C’est bien meilleur le matin, que la première chose que René Homier-Roy m’a dite était : « Votre virginité nous intéresse! »

Vous êtes l’un des rares détenteurs d’une carte blanche, carte qui fait bien des envieux parmi vos collègues journalistes…

En fait, nous fûmes trois « promus » québécois l’an dernier : Odile Tremblay, Maxime Demers et moi. Ce fut une surprise. Jusqu’à maintenant, seuls quelques collègues torontois avaient eu droit à ce privilège au sein de la confrérie journalistique canadienne.

Quels avantages cette carte blanche vous apporte-t-elle?

Je ne croyais pas que cette carte blanche ferait une si grande différence, comparativement à la « rose pastillée », mais dans les faits, elle se révèle très utile à l’usage. Elle donne priorité pour l’accès aux salles et l’accès aux conférences de presse, et permet ainsi de gagner du temps. De plus, les « blanches » ont accès à une entrée directe entre le Théâtre Lumière et la salle Claude Debussy au Palais des Festivals. Pour aller d’une salle à l’autre, tous les autres doivent sortir du Palais et refaire la file dehors. La carte blanche, c’est vraiment le fun quand il pleut!

Quel est votre pire souvenir du festival?

Lors du film d’ouverture de 2006, j’ai dû voir Da Vinci code dès le jour de mon arrivée et en écrire la critique dans la foulée alors que je n’avais pratiquement pas dormi depuis 36 heures. Le film était très attendu, et nous étions les premiers au monde à devoir exprimer une opinion sur le film. C’était très stressant.

Et votre meilleur souvenir?

C’est le tout premier passage de Xavier Dolan à Cannes avec J’ai tué ma mère. Il est vrai qu’il y a eu surenchère médiatique au Québec, dont nous ne pouvions pas vraiment mesurer l’ampleur, mais il fallait vraiment être sur place pour constater à quel point la Croisette s’est enflammée pour ce jeune homme. Quelque chose d’unique!

À quel endroit retournez-vous année après année?

Le dernier week-end du festival, je m’offre toujours une glace italienne ben cochonne chez Vilfeu, maître glacier de père en fils.

Quelle est la chose à mettre absolument dans ses valises pour survivre à Cannes?

Une bonne dose d’enthousiasme.

Quel est votre truc pour survivre aux horaires de fou pendant le festival?

Un truc sucré et un truc salé dans chaque poche. Et une petite bouteille d’eau savamment dissimulée.

Votre premier café du matin, vous le prenez…

Vite! Je suis caféinomane.

Quel est votre truc pour ne pas perdre votre calme quand tout se déglingue?

Me répéter intérieurement que des millions de cinéphiles dans le monde vendraient leurs enfants pour être à ma place. Même quand une rencontre de presse commence avec une heure de retard et te bousille complètement un horaire organisé à la minute près.

À Cannes, si on a une petite heure devant soi, on fait la fête, on va à la plage ou on dort?

On dort!

Que faites-vous pour vous remettre sur pied après la frénésie de Cannes?

Je m’offre trois jours à Paris pour décompresser avant le retour, pendant lesquels je vois parfois des films que j’ai ratés à Cannes.

Vous retournez toujours à Cannes parce que…

C’est vital!

Pour suivre Marc-André Lussier à Cannes, visitez son blogue sur La Presse.ca 

Pour tout savoir sur l’édition 2013 du Festival de Cannes, consultez le Radio-Canada.ca/cannes

L’humoriste et animateur Mario Tessier assurera dimanche l’animation du 28e Gala Artis

C’est ce dimanche que les téléspectateurs couronneront leurs personnalités du petit écran préférées lors du 28e Gala Artis.

L’humoriste et animateur Mario Tessier, qui co-animait la soirée avec son complice José Gaudet en 2008 et en 2009, pilotera seul cette grande fête de la télévision.

Comment se prépare-t-il à animer sa soirée de gala? Six questions en rafale à Mario Tessier.

La préparation d’un gala nécessite beaucoup de temps et d’implication. Or, tu as continué à assumer l’animation des Grandes Gueules, quotidiennement, à la radio. Quel a été ton truc pour garder la tête froide ces dernières semaines?

C’est un truc qui m’a été donné par des gens qui ont travaillé beaucoup avant moi, de grands animateurs comme Jean-Luc Mongrain, Guy A. Lepage, Charles Lafortune : l’important, c’est de prendre les choses une à la fois. Je ne regardais pas mon horaire des prochaines semaines, mais uniquement mon horaire de la journée. Si tu regardes l’ensemble, tu veux juste sucer ton pouce. Oui, je travaille fort, mais je ne suis pas le seul à travailler fort au Québec. Je gagne ma vie en m’amusant et j’ai la chance de faire ce que j’aime le plus au monde! Je n’irai pas m’en plaindre. J’en ai rêvé toute ma vie.

« À l’époque des spectacles des Grandes Gueules, j’avais des bobettes de show. Ce sont des sous-vêtements qui me portaient chance. Je les ai mises pour nos deux tournées, mais j’ai fini par les jeter parce que ça n’avait plus de sens. »

- Mario Tessier

Si je fouille dans ta loge avant le gala, je trouverai…

Serge Postigo, le metteur en scène de la soirée. Il sera là pour me sécuriser entre chaque numéro. Je vais être seul sur scène, mais j’aurai toujours le fantôme de Serge derrière moi.

José Gaudet et toi avez animé le Gala Artis ensemble dans le passé. Quel est le plus grand avantage à ne pas partager ta loge avec lui cette fois-ci?

L’odeur. José fume, alors des fois, il sent la cigarette! Mais, sans blague, ma loge donne directement sur la scène. C’est gros comme un garde-robe. On est loin de la loge de Beyoncé avec le tapis minou et les divans de cuir. Il n’y aura pas beaucoup de bouquets de roses ou d’encens à senteur des Alpes.

Es-tu superstitieux?

Un peu, oui! Je suis un cas. Il faudrait que je sois soigné un jour! Par exemple, à l’époque des spectacles des Grandes Gueules, j’avais des bobettes de show. Ce sont des sous-vêtements qui me portaient chance. Je les ai mises pour nos deux tournées, mais j’ai fini par les jeter parce que ça n’avait plus de sens. Maintenant, j’ai toujours la même montre. J’adore les montres, j’en possède plein, mais je mets toujours la même. Et avant d’entrer sur scène, je fais toujours le même rituel : je fais un signe de croix, je parle à mon père, j’entrouvre le rideau pour prendre le pouls de la foule et je me recueille une minute ou deux avant d’entrer sur scène.

« Le Gala Artis est un gala très sobre, très classe. (…) Je veux le teinter d’un humour bon enfant parce que ce n’est pas la place pour faire de gros gags grinçants. »

- Mario Tessier

As-tu visionné beaucoup de galas pour t’inspirer?

La raison pour laquelle j’étais si content qu’on me demande d’animer le Gala Artis, c’est que je consomme beaucoup de télévision et que je pense que je représente le public moyen. Il y a eu de très bons animateurs de galas ailleurs qu’au Québec, mais je trouve qu’on fait de très bonnes affaires ici. Je pense, entre autres, à Charles Lafortune, qui a fait un super bon travail à l’animation de ce gala, ces deux dernières années. Artis est un gala très sobre, très classe. Je vais essayer de l’animer dans cet esprit-là, en y mettant ma couleur à moi. Je veux le teinter d’un humour bon enfant parce que ce n’est pas la place pour faire de gros gags grinçants. Je veux que ce soit comme une fête entre amis.

Lundi matin, au lendemain du Gala Artis, tu seras…

Heureux, espérons-le. Je serai soulagé. J’aurai un poids de moins sur les épaules. J’essaierai de prendre du recul et de savourer ce que je viens de vivre. C’est un privilège de faire ça et quand tu es en train de le faire, ça va tellement vite que tu n’as pas le temps de l’apprécier à 100 %.

Le Gala Artis aura lieu dimanche 28 avril, à 20 h, à l’antenne de TVA.

Dans les valises de Simon Boulerice

Jeudi 18 avril 2013 à 10 h 46 | | Pour me joindre

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Jusqu’au 2 mai, Simon Boulerice présente Les mains dans la gravelle, à la Maison Théâtre de Montréal. ©Robert Etcheverry

Avec sa bouille enfantine, sa candeur et sa spontanéité, difficile de résister à lauteur et comédien Simon Boulerice. Il ny a donc rien d’étonnant à le voir sintéresser, avec autant de naturel et de sensibilité, à lenfance et à la façon dont celle-ci façonne ladulte que lon devient.

Simon présente ces jours-ci, à la Maison Théâtre, Les mains dans la gravelle, un spectacle solo où il explore justement cette période à la fois cruelle et magnifique de la vie. Je lai rencontré plus tôt cette semaine, à son retour de France, où il avait passé les deux derniers mois à présenter ce spectacle.

As-tu beaucoup joué Les mains dans la gravelle à l’étranger? Et le public réagit-il différemment d’un pays à l’autre?

Le spectacle a un beau rayonnement en France depuis 2011. Cet hiver, c’était la seconde année que nous présentions la pièce au public français. Les réactions sont sensiblement les mêmes qu’ici, mis à part l’effet de surprise en début de spectacle. Les enfants français sont d’abord décontenancés par mon accent québécois, absolument et férocement conservé. Il y a un effet de surprise qui dure les cinq premières minutes de la représentation. Puis, mon exotisme québécois s’atténue à leurs yeux et à leurs oreilles, laissant place à un personnage qui, je le crois, parvient à les divertir et à les toucher par son universalité. La réception du spectacle a été galvanisante pour moi, d’autant plus que nous n’avons changé qu’un seul mot par rapport à la version québécoise.

Te rappelles-tu ta première expérience de spectateur au théâtre?

C’était du théâtre d’été. Mes parents nous amenaient, ma sœur et moi, à Sainte-Adèle et à Saint-Sauveur, voir les productions estivales. Mais mon premier coup de cœur théâtral, je l’ai vécu à 17 ans quand j’ai assisté à Je suis une mouette (Non, ce n’est pas ça), de Serge Denoncourt, d’après la pièce de Tchekhov. Quand Annick Bergeron a livré sa tirade de la fille laide, j’ai su que je voulais me rapprocher du théâtre. Je ne savais pas précisément si je voulais être comédien, metteur en scène ou auteur, mais j’ai su que je voulais creuser ce sillon-là : écrire sur la fille laide, orchestrer cette fille laide, incarner la fille laide.

« Les enfants français sont d’abord décontenancés par mon accent québécois, absolument et férocement conservé. (…) Puis, mon exotisme québécois s’atténue à leurs yeux et à leurs oreilles, laissant place à un personnage qui, je le crois, parvient à les divertir et à les toucher par son universalité. »

- Simon Boulerice

Écris-tu lorsque tu es à l’étranger?

J’écris constamment, ici comme ailleurs. Mais il est vrai que de quitter la maison me sort aussi de ma zone de confort, sous un aspect plus littéraire. Le voyage teinte mon écriture, assurément. C’est en partie grâce aux magnifiques rencontres que j’y fais. D’ailleurs, en mars dernier, j’ai rencontré un petit garçon, Edgar, qui jouait le rôle de la fée-fille dans ma pièce Éric n’est pas beau, montée par Caroline Guyot, une artiste lilloise. Lors de la répétition à laquelle j’ai assisté, Edgar, enfant unique, était costumé en cow-boy pour la journée. Caroline m’a expliqué que chaque jour, Edgar porte un costume flamboyant. Il aborde chaque matin de sa vie comme si c’était l’Halloween, et ses parents ont choisi de ne pas le censurer, de ne pas tamiser sa lumière. La féerie festive de cet enfant m’a inspiré une pièce, actuellement en chantier, Paillettes. Cette pièce n’était pas prévue. C’est un bel accident de parcours lié à une rencontre qui m’a ému.

Les mains dans la gravelle ©Robert Etcheverry

Bouquines-tu quand tu es dans une ville étrangère?

Je ne fais que ça! D’ailleurs, j’ai un peu exagéré, cette année. À l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, au comptoir d’Air France, ma valise excédait les 24 kilos règlementaires. J’ai donc dû répartir le poids en mettant des livres dans mes bagages à main. Et il est arrivé quelque chose de fâcheux. Croulant sous le poids de mes sacs sanglés autour de ma taille, je suis tombé dans les pommes… et dans les bras d’une petite Française derrière moi! J’ai fait une petite chute de pression liée à la fatigue, à la déshydratation, à la faim… et au surplus de livres!

Si j’avais ouvert ta valise à ton retour d’Europe, j’aurais trouvé

Mes vêtements roulés serré, des pots de moutarde de Dijon, du chocolat belge parce que je suis passé par Bruges, et beaucoup trop de livres. Parmi ceux-ci, une belle découverte états-unienne, Wonder, de P.J. Palacio. Un roman jeunesse qui fait justement l’apologie de l’unicité d’un enfant physiquement différent.

« Je suis en pleine possession du spectacle. Quand on joue un spectacle plus de 50 fois, il se passe quelque chose dans notre corps. Il y a une grande détente, un contrôle rassurant. »

- Simon Boulerice

Quel livre as-tu rapporté dans tes valises?

C’est curieux, mais j’ai lu beaucoup de littérature québécoise. Je suis affreusement en retard, mais j’ai lu La petite et le vieux, de Marie-Renée Lavoie. J’ai mis du temps, car je trouvais le titre rebutant, trop « hemingwayien » à mon goût, et la jaquette me semblait fade. La lecture m’a pourtant bouleversé. Je me revois en février dernier en train de lire ce roman dans le grand froid parisien, en train d’attendre pendant une heure un lift pour aller donner des ateliers sur ma pièce dans des écoles en banlieue de Paris. Je pleurais autant parce que j’étais ému que parce que le frette parisien est inhumain!

Ce que tu aimes le plus avec Les mains dans la gravelle, c’est…

Que je suis en pleine possession du spectacle. Quand on joue un spectacle plus de 50 fois, il se passe quelque chose dans notre corps. Il y a une grande détente, un contrôle rassurant. Tout peut arriver, je me sens aguerri. Se sentir en confiance à ce point, ça agrémente le spectacle.

 

Les mains dans la gravelle

Du 17 avril au 2 mai 2013

À la Maison Théâtre

Joël Legendre se joint à la famille

Vendredi 12 avril 2013 à 17 h 31 | | Pour me joindre

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Joël Legendre ©Radio-Canada

Joël Legendre noircira encore quelques pages de son agenda dans les prochaines semaines. Après l’été qu’il passera à la barre de Paquet voleur express, l’animateur se joindra cet automne à l’équipe d’Un air de famille.

Animation, mise en scène, doublage pour la télévision et le cinéma : comment arrive-t-il à tout faire? J’ai eu envie de questionner l’animateur sur son emploi du temps. Joël Legendre pris en flagrant délit de paresse, est-ce possible?

Tu cumules toujours beaucoup de projets. On a l’impression que tu travailles comme un fou…

Je travaille intensément, mais pas tout le temps. Je vais reconduire et chercher mon fils matin et soir à l’école. Mais entre ces deux moments-là, et après que mon fils soit couché, il arrive souvent que je sorte pour aller faire du doublage, par exemple. Et les fins de semaine, j’essaie de ne pas travailler. Je suis vraiment un papa présent. Mais c’est sûr que je mets les bouchées doubles quand mon fils dort ou quand il est à l’école. C’est ma façon de continuer à travailler, parce que j’aime ce que je fais.

Joël Legendre connaît-il la procrastination?

Non. Ça n’existe pas dans mon vocabulaire! (Rires) Je suis quelqu’un d’extrêmement bien organisé, et ça me permet de tout faire. Et ce qui donne l’impression que je travaille beaucoup, c’est la façon dont on tourne. Par exemple, on tournera en 20 jours les 100 émissions de Paquet voleur express. Souvent, tout le monde organise son horaire pour me faciliter l’existence. Je suis vraiment privilégié.

« Je suis quelqu’un d’extrêmement bien organisé, et ça me permet de tout faire. »

- Joël Legendre

En quoi consistera ton travail au sein de l’équipe d’Un air de famille?

Je conseillerai les participants en ce qui concerne la mise en scène. Dans un premier temps, j’aurai à rassurer les familles, puis à leur montrer ce que c’est, la télévision, pour qu’ils ne soient pas trop apeurés. Mais ce que j’ai surtout envie de faire, c’est de les aider à se surpasser.

Joël Legendre se joindra à l’équipe d’Un air de famille cet automne

Comme metteur en scène, tu travailles habituellement avec des professionnels de la scène. Appréhendes-tu ton travail auprès de gens moins habitués à être devant la caméra?

J’ai fait beaucoup de mise en scène avec des amateurs avant d’en faire professionnellement. Par exemple, j’ai travaillé avec des médecins du CHUM de Sherbrooke qui se cherchaient un moyen d’amasser des sous pour la fondation de l’hôpital. J’ai composé et monté avec eux une comédie musicale. On a répété l’expérience quatre ans. À cette époque-là, je fréquentais beaucoup Denise Filiatrault, et à un moment donné, elle m’a dit : « Coudonc! Est-ce que ça te tenterait d’en faire de façon professionnelle? » C’est elle qui m’a donné ma première chance. J’ai donc une grande expérience avec des gens n’ayant jamais fait de scène. Je pense que ce sera ça ma force avec les participants d’Un air de famille : de les mettre à l’aise et en confiance dès le départ.

As-tu renoncé à ton travail avec des amateurs?

Une fois tous les deux ans, de façon bénévole, je vais dans des écoles et je monte une comédie musicale. J’ai adoré le film La société des poètes disparus, l’histoire d’un prof de théâtre qui change la vie de ses étudiants. Je ne prétends pas changer la vie des étudiants avec qui je travaille, mais je sais qu’ils vont se rappeler ce moment-là longtemps. C’est important pour moi de le faire.

« Dans les partys de Noël, ma tante Lise était au piano, mon oncle Gilles à l’accordéon, et toute la famille chantait. Chez moi, ce qui était très important, c’était le jeu, le chant… et le volleyball! »

- Joël Legendre

Un air de famille met en vedette des familles qui chantent. Est-ce que ça chantait chez les Legendre, quand tu étais enfant?

Oui, dans les partys de Noël, ma tante Lise était au piano, mon oncle Gilles à l’accordéon, et toute la famille chantait. Chez moi, ce qui était très important, c’était le jeu, le chant… et le volleyball! Ce sont les trois choses qui nous rassemblaient, chez les Legendre.

Le volleyball?

Oui. Encore aujourd’hui, on se voit une fois par année, l’été, et on fait le tournoi de volleyball de la famille Legendre.

Si les Legendre participaient à Un air de famille, à quoi est-ce que ça ressemblerait?

Mon oncle Serge serait sûrement le chef d’équipe parce qu’il compose des chansons à la guitare. Toutes sortes de chansons, des fois un peu grivoises. Je pense que c’est vers ça que j’irais. Il y a quelque chose de très rassembleur dans les chansons de mon oncle Serge. Et je choisirais une chanson originale pour participer à l’émission pour vraiment donner la couleur de la famille Legendre. Ça pourrait être un plus, parce qu’on n’a pas vu ça jusqu’à maintenant à l’émission.

Paquet voleur express

À compter du 22 avril à 17 h 30

 

Un air de famille

Inscription des familles jusqu’au 28 avril

http://airdefamille.radio-canada.ca/inscription

À l’antenne de la télévision de Radio-Canada cet automne

 

À la fin de l’été, Luc Langevin passera de l’écran à la scène avec un premier spectacle solo

Depuis trois ans, l’illusionniste Luc Langevin mystifie téléspectateurs et artistes invités avec ses tours de magie… et son petit sourire en coin.

Ce mercredi, le 10 avril, ce sera au tour de Pénélope McQuade, d’Éric Bruneau, de Julie Le Breton et de René Richard Cyr de se laisser surprendre dans le cadre d’Aux limites de l’illusion 2, une dernière émission spéciale pour le magicien, avant d’aller à la rencontre du public avec un premier spectacle solo.

Plus d’une vingtaine d’artistes se sont jusqu’ici prêtés au jeu dans des spéciales artistes. Commences-tu à sentir de la méfiance chez les artistes invités?

Oui, le regard des artistes a changé un peu maintenant que j’ai une espèce de réputation. (Rires) Certains arrivent avec des attentes, d’autres sont plus sceptiques et se méfient de tout ce que je fais ou de tout ce que je leur demande. Le comédien Éric Bruneau, qui participe à la spéciale Aux limites de l’illusion 2, est un bon exemple. Il surveillait tout ce que je faisais parce qu’en introduction, je lui avais demandé s’il était le genre de personne qui portait attention aux choses. Julie Le Breton avait le même discours, mais elle s’est laissée berner malgré elle. Mais il y a aussi des gens comme Pénélope McQuade qui ont choisi de garder leur cœur d’enfant et de se laisser émerveiller. Ça dépend de la personnalité des artistes.

Est-ce que quelqu’un a déjà réussi à te faire perdre ta concentration ou à trouver le truc?

Non. Ça alimente surtout le plaisir que j’ai à faire ça! C’est très rare que les gens arrivent à me piéger et lorsqu’ils sont ultra attentifs ou qu’ils essaient de trouver le truc, j’utilise généralement ça contre eux pour mener à bien le numéro. Si je sens qu’ils sont attentifs, je mets subtilement ma main dans ma poche : je sais que c’est là qu’ils vont regarder et pendant ce temps, je fais autre chose avec mon autre main. Et si je vois que ce que je pensais faire dans le numéro ne fonctionnera pas parce que la personne va s’en rendre compte, je vais ailleurs et je termine le numéro autrement et personne n’en a jamais connaissance. J’ai plusieurs outils que je peux utiliser pour m’en sortir.

« C’est très rare que les gens arrivent à me piéger et lorsqu’ils sont ultra attentifs ou qu’ils essaient de trouver le truc, j’utilise généralement ça contre eux pour mener à bien le numéro. »

- Luc Langevin

Dans Aux limites de l’illusion 2, tu tenteras l’illusion la plus dangereuse que tu aies faite jusqu’ici…

C’est vrai. C’est carrément le tour le plus dangereux que j’ai fait jusqu’à maintenant. C’est l’émission qui nous a coûté le plus cher en frais d’assurances. Le numéro est une évasion. Depuis le succès de Harry Houdini, les magiciens font à l’occasion des numéros d’évasion où ils sont emprisonnés, menottés, et dans lesquels ils doivent se libérer sous peine d’être gravement blessés à cause de la situation dans laquelle ils se sont placés. C’est un numéro de ce type-là que je ferai en finale d’émission. Je serai installé dans une machine conçue spécialement pour exécuter le numéro d’évasion le plus complexe qu’on puisse imaginer. Mes bras et mes jambes seront attachés séparément, ce qui fait que ce sera très difficile de me libérer parce que je n’ai pas accès aux serrures. Je devrai alors me libérer, sinon une grande mâchoire métallique, retenue uniquement par une corde en feu, menacera de se refermer sur moi. Tout ça ressemble plus à une cascade, mais il y a plusieurs effets de magie qui seront mis à contribution dans ce numéro. Ça a fait vivre des émotions fortes à mes invités!

En août prochain prochain, tu iras à la rencontre du public avec un premier spectacle, Luc Langevin, réellement sur scène. Est-ce là un rêve d’enfant qui se réalise?

Avoir un spectacle solo est un rêve que je caresse depuis longtemps. Si je suis allé à la télé, c’était surtout pour me faire connaître, pour pouvoir un jour sortir mon spectacle. La magie est un art très visuel, qui fonctionne bien à la télé, mais il faut le voir en vrai pour comprendre l’émotion que l’art de l’illusion peut générer chez les gens. À la télé, même si je ne triche jamais avec la caméra ou le montage, certains ont de la difficulté à croire que ces effets magiques se sont réellement produits. C’est pour ça que je veux que les gens viennent le vivre en vrai et voir que même sans les caméras et sans le filtre de l’écran, la magie est aussi efficace et merveilleuse.

« C’était très important pour moi de ne pas perdre cette proximité-là avec le public, puisque c’est un peu ma signature comme magicien. »

- Luc Langevin

Le spectacle solo t’amènera à faire de la magie devant plus d’un millier de personnes. Dois-tu te préparer différemment, afin de ne pas te laisser perturber par le trac?

Je ne fais que ça, me préparer et me pratiquer! (Rires) L’expérience de la scène n’est pas nouvelle pour moi, mais ce qui le sera, c’est de le faire devant autant de gens. Je suis aussi coproducteur du spectacle. Tout l’argent gagné ces trois dernières années avec la télévision a été réinvesti dans ce projet-là. Alors oui, c’est sûr que la scène peut représenter un stress, mais je suis entouré d’une excellente équipe.

À quoi peuvent s’attendre les gens qui assisteront au spectacle Luc Langevin, réellement sur scène?

J’ai conçu un spectacle qui est très loin des spectacles de magie conventionnels. Je serai seul sur scène, sans assistante en petite tenue ou habillée de paillettes. Il y aura aussi un fil conducteur qui reliera tous les numéros, avec une mise en scène d’une grande finesse. Et j’ai conçu le spectacle pour que les illusions se déroulent près des gens. Certaines illusions auront lieu au-dessus de la tête des spectateurs, d’autres se créeront entre les sièges. C’est un spectacle qui sera très interactif : dans certains numéros, c’est la salle au complet qui sera impliquée. La foule deviendra l’équivalent de l’artiste à qui je fais le tour dans l’émission de télévision. C’était très important pour moi de ne pas perdre cette proximité-là avec le public, puisque c’est un peu ma signature comme magicien. Je pense que les gens ne seront pas déçus.

La spéciale Aux limites de l’illusion 2

Mercredi 10 avril à 20 h

À la télévision de Radio-Canada

 

Le spectacle Luc Langevin, réellement sur scène

À partir du mois d’août 2013

www.luclangevin.com

 

 

Anne-Marie Withenshaw

Grâce à C’est juste de la tv, Anne-Marie Withenshaw est devenue la partenaire de divan de bien des téléphages. Cette relation privilégiée, tissée au fil de cinq saisons à travers les échanges avec les téléspectateurs d’Artv, culminera ce vendredi, à l’occasion de la cinquième édition des Zapettes d’or, où seront décernés en direct les coups de cœur du public.

À l’aube d’un nouveau chapitre de sa vie, celui de maman, discussion avec cette mordue du petit écran à propos de ces cinq années d’immersion télévisuelle.

Quand tu repenses à ces années, quels moments forts te reviennent en tête?

Je me rappelle la première édition des Zapettes. La télésérie Les invincibles s’était terminée quelques jours plus tôt et l’épisode final nous avait tous touchés personnellement. On ne connaît jamais les gagnants d’avance aux Zapettes. Quand est venu le temps de remettre le Grand Prix « Ça m’allume », toute la distribution des Invincibles s’est jointe à nous sur le plateau. Lorsque j’ai vu apparaître Catherine Trudeau, dont le personnage mourait à la fin de la série, c’est comme si je venais de voir Britney Spears! J’étais ben énervée! Ça fait partie de mes beaux souvenirs. On aime vraiment être surpris par les récompenses que donnent les téléspectateurs. En saison régulière, ce sont eux qui réagissent à ce qu’on dit, alors que pour les Zapettes, c’est nous qui réagissons à leurs choix. C’est à l’opposé du reste de l’année où je me fais tout le temps dire : « Hé! Je suis chez moi devant ma télé et je m’obstine avec vous autres parce que souvent, je ne suis pas d’accord! » Un autre de mes beaux moments, c’est l’émission juste avant Noël, cette saison, où on a invité le public dans notre studio. On avait des téléspectateurs à table avec nous pour commenter. C’était vraiment cool. Ça donnait une autre dimension à notre travail.

« Avec les médias sociaux, il faut être prêt à ça. Tout le monde a le droit à son opinion. Peut-être que dans 20 ou 30 ans, on verra que, sociologiquement, il y a eu un changement physiologique qui s’est effectué en nous contre ce manque de gêne-là! »

- Anne-Marie Withenshaw

Au cours des cinq dernières années, les médias sociaux ont transformé C’est juste de la tv en émission interactive. As-tu eu à ajuster ton travail à cette nouvelle réalité?

Sans nous vanter, on a été l’une des premières émissions à vraiment développer cette interaction-là. Ce n’était même pas prévu. À un moment donné, Marc Cassivi et moi – qui ne devions pas avoir tant de choses à faire le vendredi soir – avons commencé à échanger avec les gens pendant la diffusion de l’émission. C’était en 2009. On s’est trouvé un mot-clic et le département du web d’Artv s’est rendu compte que ça fonctionnait beaucoup. Alors, on a pris ça au sérieux et, dès l’année suivante, on s’est fait un petit calendrier pour qu’il y ait toujours l’un de nous quatre qui soit là pendant l’émission. Je n’ai pas les chiffres exacts, mais la majorité des commentaires sur Twitter, à part les états d’âme des abonnés, portent sur la télé. C’est juste de la tv est la plateforme parfaite pour participer à ces échanges. Mais c’est sûr que ça peut être sportif. Les gens sont souvent beaucoup moins gênés d’exprimer leurs opinions sur les médias sociaux. Parfois, on a envie de leur répondre: « Ouch! On ne dit pas n’importe quoi en ondes! On a quand même lu 100 pages de recherche cette semaine! » (Rires)

La cinquième édition des Zapettes d’or aura lieu ce vendredi 5 avril, à 21 h, à l’antenne d’Artv

Comment réussis-tu à faire la part des choses quand les commentaires, positifs comme négatifs, t’arrivent en direct, sans filtre?

Avec les médias sociaux, il faut être prêt à ça. Tout le monde a le droit à son opinion. Peut-être que dans 20 ou 30 ans, on verra que, sociologiquement, il y a eu un changement physiologique qui s’est effectué en nous contre ce manque de gêne-là! Mais je te dirais que la majorité des choses sont positives. Et pour le négatif, la seule différence entre avant et maintenant, c’est que, parfois, l’alarme de ton téléphone sonne pour t’aviser que quelqu’un vient de t’envoyer promener! (Rires)

Quelles émissions t’ont le plus surprise cette année?

Autant j’avais hâte à la nouvelle saison de 19-2, autant je l’ai trouvée vraiment heavy, alors je n’avais jamais envie de l’écouter. Je me disais : « Wow! C’est l’heure d’aller écouter deux gars vraiment déprimés et d’aller dealer avec des suicides et des fusillades! » (Rires) Mais quand j’ai écouté les deux derniers épisodes, j’ai pensé : « Oh! My god! Quelle télésérie! » Unité 9 m’a fait l’effet contraire : dès les premiers épisodes, je suis devenue accroc, mais en cours de route, je trouvais le rythme un peu plus lent et je n’ai raccroché qu’en écoutant la finale. Souvent, à cause de toutes les choses différentes qu’on doit écouter chaque semaine pour CJDLTV, c’est plus difficile pour nous de rester accrochés à une télésérie. Alors, je les écoute en junkie, en rattrapage, quatre épisodes à la fois. C’est devenu ma façon préférée de consommer la télé. Ce que j’aime consommer de façon hebdomadaire, ce sont plutôt les variétés. Cette saison, j’ai beaucoup aimé La voix. Dans les séries américaines, je suis vraiment en retard, sauf que je n’ai pas manqué un seul épisode de Girls. C’est probablement ma série de l’année.

Vas-tu profiter des prochaines semaines pour faire du rattrapage dans ton écoute télé?

L’été, habituellement, je fais une détox de télé, mais ce dimanche, c’est la sixième saison de Mad Men qui commence et j’ai vraiment vraiment hâte! Et j’ai plein de trucs à écouter en rattrapage. J’ai mon abonnement Netflix, mon application Illico sur mon iPad…

« Autant j’avais hâte à la nouvelle saison de 19-2, autant je l’ai trouvée vraiment heavy, alors je n’avais jamais envie de l’écouter. Je me disais : « Wow! C’est l’heure d’aller écouter deux gars vraiment déprimés et d’aller dealer avec des suicides et des fusillades! » »

- Anne-Marie Withenshaw

À combien d’heures de télévision évalues-tu ta consommation par semaine?

Avant, c’était facilement 15 à 20 heures par semaine. Ça n’avait pas de bon sens! Cette année, ça tourne plus autour d’une dizaine d’heures parce qu’on a privilégié des segments avec des spécialistes où des artisans de la télé viennent nous parler des dessous de leur métier. Par exemple, Tanya Lapointe est venue nous parler de toute la technique entourant une diffusion en direct du tapis rouge des Oscars. Pour nous, ça représente moins d’heures de télé à écouter, mais plus de recherche.

La naissance de ton premier enfant est prévue pour la fin de l’été. Seras-tu de retour à l’antenne cet automne?

On attend de voir si C’est juste de la tv sera renouvelée pour une nouvelle saison. Sinon, cet automne, on diffusera la nouvelle saison du Guide restos Voir. On va célébrer la 100e émission : ça, ça veut dire qu’on aura mangé dans 300 restos! Alors, vendredi, je finis ma boulimie de télé avec CJDLTV et je commence ma boulimie de restos avec les tournages du Guide restos Voir.

En terminant, penses-tu adapter ta consommation de télé à ton statut de nouvelle maman?

En ce moment, je suis surtout dans les livres de maman! Par contre, la télévision était vraiment importante quand j’étais petite. J’ai cultivé mon bilinguisme avec la télé : j’écoutais Passe-Partout et ensuite, Mister Rogers ou Sesame Street. Ça va probablement me servir… sauf que là, on est à l’époque de Dora l’exploratrice et elle, elle parle trois langues! (Rires) Sinon, j’aime beaucoup Dis-moi toutà Télé-Québec, mais je pense que c’est trop vieux pour un poupon!

Écoutez la discussion sur les Zapettes d’or avec l’équipe de C’est juste de la TV

C’est juste de la tv – Cinquième édition des Zapettes d’or Ce vendredi, 5 avril, en direct sur les ondes d’Artv et en diffusion simultanée au www.cestjustedelatv.tv.