Billets classés sous «Wikipédia»

Newt Gingrich et sa femme (Crédit : AP Photo/Paul Sancya)

Le directeur des communications du candidat à l’investiture républicaine, Newt Gingrich, est montré du doigt depuis quelques jours pour avoir apporté de nombreuses modifications à la biographie de son patron sur Wikipédia.

Selon ce que rapportent CNN et BuzzFeed, Joe DeSantis a fait ou réclamé plus de 60 modifications à la biographie du politicien américain depuis 2008. Le directeur des communications de M. Gingrich a également apporté des changements une vingtaine de fois à l’article sur sa femme, Callista Gingrich.

M. DeSantis a notamment reformulé l’introduction de la biographie de Mme Gingrich sur Wikipédia pour enlever le fait qu’elle est la troisième épouse de l’ancien président de la Chambre des représentants. Il a aussi effacé une phrase indiquant que Calista Gingrich a eu une liaison avec le politicien pendant qu’il était membre de la Chambre des représentants et qu’il était marié à une autre femme.

Dans la biographie de Newt Gingrich, l’homme a aussi enlevé un paragraphe mentionnant que le politicien aurait demandé à sa première femme de signer les papiers de leur divorce au moment où elle se remettait d’une opération à l’hôpital.

En 2009, Joe DeSantis a aussi modifié plusieurs lignes sur une enquête éthique menée par la Chambre des représentants sur M. Gingrich, en les remplaçant par des informations qui lui étaient plus favorables.

Appelé à commenter, M. DeSantis a indiqué qu’il avait cessé d’apporter des modifications après avoir pris connaissance du code de conduite de Wikipédia sur les conflits d’intérêts. Celui-ci stipule en effet que toute personne doit éviter de retoucher les pages concernant l’un de ses clients ou portant sur un sujet par rapport auquel elle a un intérêt.

Le site mentionne à cet effet que « la neutralité de point de vue est un des principes fondateurs de Wikipédia que tous les articles doivent respecter. Ainsi d’après ce principe, les articles doivent être écrits de façon à ne pas prendre parti pour un point de vue plutôt qu’un autre. »

Bien qu’il ait cessé de modifier lui-même les articles, Joe DeSantis continuait jusqu’à récemment à interagir avec les contributeurs de Wikipédia pour les inciter à apporter de nombreux changements aux biographies de M. Gingrich et de sa femme sur un forum de discussion sur le site.

Cette façon de faire a été dénoncée il y a quelques jours par un contributeur de Wikipédia. « Je dois dire que cette microgestion par un directeur de campagne de M. Gingrich me préoccupe, même si vous vous identifiez dorénavant. Relever des erreurs factuelles est une chose, mais votre participation ne devrait pas aller plus loin, même ici », a écrit l’internaute du nom de Tvoz.

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Vincent GrouLa revue du web – 18 janvier 2012

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 publié le 18 janvier 2012 à 17 h 29

La progression de l’info sur Internet, le Costa Concordia vu de l’espace et d’amusantes réactions à la fermeture temporaire de Wikipédia, entre autres…

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Avec Florent Daudens

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Image : Sopastrike.com

Comme nous vous l’annoncions hier, l’encyclopédie en ligne Wikipédia a confirmé qu’elle participerait au mouvement de protestation contre le projet de loi antipiratage SOPA (Stop Online Piracy Act), à l’étude à la Chambre des représentants aux États-Unis, et de son équivalent au Sénat américain, le Protect IP Act (PIPA).

Ainsi, la version en anglais de Wikipédia sera inaccessible à compter de minuit ce soir (HNE), pour une période de 24 heures. C’est la première fois que l’encyclopédie en ligne participe à une manifestation de cette nature. Bien que hautement symbolique, la portée de cette éclipse sera toutefois relative. Comme le souligne Gawker, même si Wikipédia arrive au 6e rang des sites les plus consultés, et que ses pages en anglais sont consultées 234 millions de fois chaque jour, les débrouillards n’auront pas trop de mal à y accéder en passant par la mémoire cache de Google…

Rappelons que le site SopaStrike.com répertorie les sites qui ont l’intention de protester demain. Notons que cette protestation peut prendre d’autres formes que la mise hors ligne. Par exemple, ces sites pourraient afficher une bannière qui dénonce le projet de loi.

Selon Bloomberg, sans aller hors ligne demain, Google proposera en page d’accueil un lien qui expliquera son opposition au projet de loi.

Au Canada

Et qu’en est-il au Canada? Un certain nombre de sites canadiens ont déjà annoncé leur participation : Codelabs.ca, Greenpowerplant.ca, Digibase.ca, Identi.ca, et le gestionnaire de nom de domaines Tucows.ca, entre autres.

J’attire d’ailleurs votre attention sur ce billet de Michael Geist, professeur à l’Université d’Ottawa et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit d’Internet et du commerce électronique, qui explique les raisons pour lesquelles les Canadiens devraient se sentir concernés par les projets de loi et participer aux manifestations en ligne.

Il rappelle que si elles sont adoptées, ces lois auront d’importantes répercussions au Canada, car les adresses IP des sites canadiens sont allouées par l’American Registry for Internet Numbers, une entité américaine. Les sites canadiens tomberaient donc sous la coupe de SOPA/PIPA, des entreprises canadiennes pourraient également être visées.

M. Geist souligne également que le Canada a l’habitude de calquer sa stratégie en matière de propriété intellectuelle sur celle des États-Unis. C’est pourquoi il recommande aux Canadiens de contacter leurs élus et de leur faire part de leurs craintes. Les internautes peuvent également afficher le bandeau STOP SOPA sur leur photo de profil.

Pour en savoir davantage sur les effets des projets de loi SOPO/PIPA, voici un excellent billet de CNET.

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La saga du projet de loi américain Stop Online Piracy Act (SOPA), étudié par la Chambre des représentants, et de son équivalent au Sénat, le Protect IP Act (PIPA), dont nous vous avons parlé jeudi et vendredi dernier n’est pas sur le point de s’estomper.

En fin de semaine, l’administration Obama a émis de sérieuses réserves au sujet des projets de loi. Sur le site We The People (section du site de la Maison-Blanchhe qui permet aux Américains de lancer des pétitions en ligne) trois responsables de la Maison-Blanche en matière de technologies, de cybersécurité et de propriété intellectuelle ont indiqué que la lutte contre le piratage ne devait pas se faire au détriment de l’innovation et de la liberté d’expression.

Les trois experts ajoutent qu’une éventuelle législation antipiratage ne devrait pas mettre les internautes à risque, en manipulant le système des noms de domaines (DNS), l’architecture d’Internet. Selon eux, forcer les fournisseurs de services Internet à bloquer l’accès à des sites qui contiennent du matériel piraté pourrait mettre les utilisateurs à risque, s’ils décidaient de se tourner vers des serveurs peu sécuritaires.

Du même souffle, la Maison-Blanche réitère son intention de combattre le piratage et appelle toutes les parties à « travailler ensemble pour adopter, cette année, une loi saine qui fournira aux procureurs des outils légaux pour combattre le piratage en ligne qui origine de l’extérieur des frontières américaines ».

Il faut préciser que le président Barack Obama est dans une position délicate, car, s’il entretient des liens étroits avec des gros noms de Silicon Valley, qui s’opposent au projet de loi, il est également proche d’Hollywood et de l’industrie de la musique, qui soutiennent SOPA/PIPA.

Comme le rapporte le Guardian cette sortie de la Maison-Blanche a particulièrement déplu au magnat de la presse Rupert Murdoch, qui y est allé d’une série de flèches à l’endroit du président Obama et de Google sur son compte Twitter.

Le Guardian rapporte également que le Congrès américain a décidé de mettre tout vote le projet de loi SOPA en veilleuse, en attendant qu’il y ait consensus sur la question.

Toutefois, comme le souligne Paul Tassi, de Forbes, le projet de loi PIPA est toujours bien vivant au Sénat. Et comme l’indique le New York Times, la Motion Picture Association of America, qui représente les grands studios d’Hollywood, a bien l’intention de continuer à militer activement en faveur des projets de loi.

Le mouvement de protestation prend de l’ampleur

Par ailleurs, le mouvement de protestation en ligne contre ces projets de loi continue de s’amplifier. Après Reddit la semaine dernière, puis le populaire blogue Boing Boing samedi, c’est au tour de l’encyclopédie en ligne Wikipédia d’annoncer qu’elle sera hors ligne mercredi (de façon partielle, à tout le moins). Sur Twitter, le fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, a invité avec beaucoup d’ironie les étudiants à faire leurs devoirs avant mercredi…!

Le site Sopa Strike recense de son côté les sites qui ont l’intention de protester mercredi, en allant hors ligne ou sous d’autres formes, comme en publiant des bannières dans leurs pages.

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Vincent GrouProjet de loi SOPA : Reddit hors ligne mercredi prochain

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 publié le 12 janvier 2012 à 15 h 47

Le site sopablackout.org propose ce modèle de page aux sites qui voudraient protester mercredi prochain.

Le populaire site de partage de liens Reddit a annoncé mardi qu’il sera hors ligne mercredi prochain, pendant une période de 12 heures.

Reddit proteste ainsi contre le controversé projet de loi antipiratage Stop Online Privacy Act (SOPA) étudié par le gouvernement américain.
Comme l’explique très bien notre confrère Laurent LaSalle, du blogue Triplex, si la loi était adoptée, elle aurait des répercussions bien au-delà des frontières américaines.

Le 18 janvier, de 8 h à 20 h (HNE), Reddit n’affichera qu’un « simple message sur la façon dont les projets de loi PIPA/SOPA entraînerait la fermeture de sites comme Reddit, donnera des hyper liens vers des ressources pour en apprendre plus, et proposera des moyens d’agir ».

On y retrouvera également une diffusion en direct des audiences du comité gouvernemental qui entendra des experts se prononcer sur le projet de loi. Alexis Ohanian, cofondateur de Reddit, est au nombre des experts qui seront entendus.

Et si le web faisait la grève?

La question est de savoir si d’autres sites majeurs emboîteront le pas. En novembre, des gros noms de Silicon Valley, comme Google, Twitter, Facebook et eBay, ont écrit une lettre au comité du Sénat qui étudie le projet de loi pour faire part de leurs inquiétudes.

Mais combien d’entre eux sont prêts à emboîter le pas à Reddit? Comme le souligne Techland, le fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, a déclaré qu’il « serait bien que nous puissions agir rapidement pour nous coordonner avec Reddit ».

Déjà, fin décembre, l’idée d’une éclipse des grands noms du web était soulevée. Si aucun gros nom n’a clairement manifesté son intention d’aller en ce sens jusqu’à maintenant, la décision de Reddit pourrait s’avérer un élément déclencheur. On retrouve d’ailleurs, sur Reddit, une discussion pour inciter Google à participer à la grève.

Passer 24 heures sans Google, sans Facebook, sans Twitter? Je vous laisse imaginer l’impact qu’un tel moyen de pression pourrait avoir. Ou, comme le suggère Techland, si certains sites décident d’afficher un écran noir mercredi prochain, d’autres pourraient choisir d’adapter leur protestation à leur public.

À lire également, ce très éclairant article de Freakonomics, qui décortique la rhétorique des industries américaine de la musique et du cinéma, favorables au projet de loi SOPA.

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