Le site de divulgation de documents confidentiels WikiLeaks suspend temporairement la publication de documents, pour des raisons financières.
C’est ce qu’a déclaré le fondateur du site, Julian Assange, lundi, lors d’une conférence de presse. Vous pouvez voir la conférence de presse ici.
WikiLeaks, qui vit essentiellement des dons des internautes, a vu ses revenus baisser considérablement depuis que Bank of America, Visa, Mastercard, Paypal et Western Union ont imposé un « blocus financier » à son endroit, en cessant de traiter les dons qui lui étaient destinés. Cette décision est survenue en décembre dernier, dans la foulée de la publication de milliers de notes diplomatiques confidentielles par WikiLeaks.
« Cette attaque a détruit 95 % de nos revenus », a déclaré Julian Assange, selon qui « des dizaines de millions de dollars en dons ont été perdus, à un moment où les coûts opérationnels sont sans précédent ». Il a souligné que ce blocus avait notamment été dénoncé par le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme en décembre dernier. Il a également rappelé qu’en janvier dernier, le Trésor américain avait jugé que l’inclusion de WikiLeaks sur une liste noire était sans fondement.
L’organisation qui a fonctionné sur ses réserves au cours des 11 derniers mois, a ainsi décidé de concentrer ses énergies (et ses ressources financières) à combattre ce blocus financier devant les tribunaux. Une série de plaintes a déjà été déposée, dont une plainte antitrust devant la Commission européenne. Si WikiLeaks échoue, l’organisation ne sera pas en mesure de poursuivre ses activités, a déclaré M. Assange.
WikiLeaks lance d’ailleurs un nouvel appel à la générosité des internautes, en présentant de nouveaux moyens d’effectuer des dons. Dans cette vidéo qui vient d’être mise en ligne, Julian Assange affirme « nous avons encore des milliers de révélations qui sont en attente d’être publiées », ajoutant que « nous ne pouvons permettre à ces banques de contrôler nos vies ».
Je vous invite par ailleurs à lire ce très intéressant éditorial de James Ball, du Guardian. Dans un premier temps très critique à l’endroit de WikiLeak, le texte rappelle que l’organisation n’a rien publié de nouveau depuis avril, alors qu’elle révélait les documents secrets sur les prisonniers de Guantanamo. Il rappelle également que le système de soumission de documents n’est plus en ligne. Julian Assange a d’ailleurs indiqué que le 28 novembre, un nouveau système de soumissions de documents sera mis en ligne.
L’éditorial ajoute toutefois que. quelle que soit notre opinion à propos de WikiLeaks, la bataille juridique qui s’amorce sera une bataille pour la liberté d’expression. Il rappelle qu’aux États-Unis, WikiLeaks n’a jamais été accusé ni condamné pour quoi que ce soit. Il estime que le blocus actuel « est l’un des développements les plus sinistres de ces dernières années, et peut-être l’exemple le plus extrême, dans une démocratie occidentale, des actions extrajudiciaires visant à étouffer la liberté d’expression ».
Il souligne également que les organisations qui bloquent les dons à WikiLeaks continuent d’accepter ceux qui sont destinés à des organisations qui véhiculent un discours haineux, comme le Ku Klux Klan.
En attente d’une décision des tribunaux
Mentionnons que Julian Assange est toujours en attente d’une décision de la justice britannique au sujet de son extradition vers la Suède, pour laquelle il a fait appel. La justice suédoise veut le questionner au sujet d’allégations de crimes à caractère sexuel à l’endroit de deux femmes. Le fondateur de WikiLeaks assure toutefois que ses démêlés judiciaires n’ont rien à voir avec les problèmes financiers de son organisation.
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