Billets classés sous «vie privée»

La Californie durcit le ton envers ceux qui mettront en ligne des photos de leurs anciens conjoints nus, après des séparations douloureuses.

Une loi signée par le gouverneur Jerry Brown prévoit des peines pouvant atteindre six mois de prison et des amendes de 1000 dollars américains.

Elle interdit la mise en ligne, sans permission, de photos d’autrui nu qui permettent d’identifier le sujet, dans le but d’infliger un trouble émotionnel et d’humilier.

Un parlementaire californien a expliqué que la « pornographie de vengeance » est un problème de plus en plus courant à l’époque des médias sociaux, quand des photos et des vidéos prises dans l’intimité d’une relation peuvent ensuite se retrouver sur des centaines de sites Internet.

La Californie permettait, avant l’adoption de cette loi, aux victimes de poursuivre leurs agresseurs virtuels, mais il s’agissait d’un processus long et coûteux.

L’Association américaine des libertés civiles s’était opposée à cette loi, estimant qu’elle risquait de contrevenir à la liberté d’expression.

La Floride a rejeté une loi similaire plus tôt cette année quand des préoccupations constitutionnelles liées à la liberté d’expression ont été soulevées, tandis que la Cour suprême du Missouri a mentionné la liberté d’expression quand elle a aboli une portion d’une loi adoptée en 2008 après le suicide d’une adolescente victime d’intimidation en ligne.

The Associated Press

Facebook

Les autorités américaines ont envoyé plus de 11 000 demandes d’informations touchant plus de 21 000 utilisateurs de Facebook au cours des six premiers mois de l’année, indique le premier rapport international des demandes gouvernementales de l’entreprise.

Dans 79 % des cas, Facebook a fourni au moins une partie des renseignements demandés.

À l’échelle mondiale, les autorités de 74 pays ont fait des demandes sur quelque 38 000 utilisateurs, note le rapport.

Au deuxième trimestre de 2013, Facebook revendiquait 1,15 milliard d’utilisateurs actifs par mois.

Après les États-Unis, l’Inde (4144), le Royaume-Uni (2337), l’Italie (2306) et l’Allemagne (2068) sont les pays ayant ciblé le plus d’utilisateurs du principal réseau social au monde.

De leur côté, les autorités canadiennes ont envoyé 192 demandes d’informations sur 219 utilisateurs. Dans 44 % des cas, Facebook a répondu – au moins partiellement – aux demandes.

« La grande majorité de ces demandes sont liées à des affaires criminelles, telles que des vols ou des kidnappings. Dans la plupart de ces cas, ces demandes officielles recherchent des informations de base sur les abonnés, comme le nom et la durée de service. D’autres requêtes peuvent également concerner des journaux d’adresses IP ou du contenu de compte », indique Facebook.

« Nous espérons que ce rapport sera utile à nos utilisateurs et alimentera le débat sur les normes acceptables relatives aux demandes d’informations sur les utilisateurs dans le cadre d’enquêtes officielles », écrit Colin Stretch, directeur juridique de Facebook. « Tout en mesurant l’importance de ce premier rapport, nous pouvons vous assurer que ce ne sera pas le dernier. Dans les rapports suivants, nous espérons être en mesure de vous fournir encore plus d’informations sur les demandes que nous recevons de la part des autorités », ajoute-t-il.

Et dans le contexte des révélations sur les programmes de surveillance américains au cours des derniers mois, Facebook dit souhaiter plus de transparence de la part des autorités.

« Comme nous l’avons déjà dit, même si les gouvernements se doivent d’assurer la sécurité de leurs citoyens, cette mission doit être accomplie dans la plus grande transparence. La transparence gouvernementale et la sécurité publique ne sont pas des idéaux mutuellement exclusifs. Dans une société libre et ouverte, ils peuvent coexister et nous rendre plus forts. Nous encourageons fortement tous les gouvernements à faire preuve d’une plus grande transparence dans leurs activités de protection du public. »

Le réseau social Twitter a quant à lui reçu 1697 demandes de renseignements, dont 78 % de la part des autorités américaines, qui ont obtenu des informations dans 67 % des cas. Le Canada a fait 12 demandes touchant 13 comptes, et a obtenu de l’information dans deux cas.

Pour me joindre :

bruno.maltais@radio-canada.ca

Vincent GrouVie privée : les partis politiques à l’abri de la loi

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 publié le 23 juillet 2013 à 11 h 44

Petit suivi sur cette histoire de courriels envoyés par erreur par l’aile jeunesse du Parti libéral du Canada en Nouvelle-Écosse, dont nous vous avons parlé la semaine dernière.

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada disait vendredi n’avoir reçu aucune plainte à ce sujet. Toutefois, selon Scott Hutchinson, porte-parole du Commissariat, « même si nous avions reçu une plainte à ce sujet, nous ne serions pas habilités à intervenir en vertu de la loi. Le fait est que ni la Loi sur la protection des renseignements personnels (qui s’applique aux ministères et organismes fédéraux) ni la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé) ne s’appliquent aux partis politiques ».

Il ajoute qu’il s’agit d’une lacune dont le Commissariat a déjà fait état. Un document de recherche externe publié en 2012 soulignait d’ailleurs que comme « les partis du Canada continuent de recueillir et de traiter des données personnelles, il est probable qu’il y aura d’autres incidents concernant des atteintes à la protection des données, l’utilisation et la communication sans consentement de renseignements personnels et des pratiques de marketing non sollicitées, et que les médias en feront état. On continuera aussi probablement à exiger du Commissariat à la protection de la vie privée qu’il réagisse, malgré qu’il ne soit pas l’instance appropriée ».

Comment les partis recueillent-ils ces données? Comme l’explique cet article de la CBC, les partis se constituent des bases de données (CIMS pour le Parti conservateur, dont une présentation est disponible en ligne, Liberalist pour le Parti libéral et NDP Vote pour le Nouveau Parti démocratique) qui sont très précieuses et qui leur permettent notamment de mener des campagnes ciblées auprès des électeurs.

Ces bases de données sont constituées en croisant différentes informations du domaine public, comme la liste électorale, des codes postaux, des listes de donateurs de partis, avec des informations comme des résultats de sondages internes.

Si chaque parti met en place des mesures pour protéger ces informations personnelles, des événements comme l’envoi des courriels du PLC, ou le dossier des appels trompeurs où l’utilisation du CIMS du Parti conservateur a été montrée du doigt, illustrent les craintes mentionnées plus haut par le Commissariat à la protection de la vie privée, qui souhaite qu’une réflexion publique ait lieu sur le sujet.

Pour me joindre :
Vincent.Grou@Radio-Canada.ca

Vincent GrouUn courriel du PLC soulève des questions de vie privée

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 publié le 19 juillet 2013 à 10 h 35

Un internaute qui nous a signalé la situation a eu la mauvaise surprise de voir certaines de ses informations personnelles dans la base de données du PLC.

Un envoi de courriel de la part de l’aile jeunesse du Parti libéral du Canada (PLC) en Nouvelle-Écosse soulève des questions en matière de vie privée.

De nombreux internautes qui disent n’avoir aucun lien avec le PLC ont reçu jeudi ce courriel, signé par Kelsey MacDonald, présidente des Jeunes libéraux de la Nouvelle-Écosse, qui les invite à participer au caucus de l’Atlantique 2013 :

Chers Jeunes libéraux,

Je m’appelle Kelsey MacDonald et, à titre de président des Jeunes libéraux de la Nouvelle Écosse, je vous invite cordialement à venir à Halifax pour participer au Caucus de l’Atlantique 2013. Chaque année, cet événement attire des Jeunes libéraux qui veulent s’investir davantage dans les activités du Parti et rencontrer des gens avec qui ils partagent les mêmes points de vue.

Cette année, le congrès a lieu dans la belle ville de Halifax, au cours la fin de semaine du 26 au 28 juillet. Ce sera certainement un événement mémorable, car il coïncide avec la Semaine de la fierté gaie. Les délégués pourront participer aux festivités en marchant aux côtés du chef libéral de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, lors du défilé.

Vous pouvez vous inscrire comme délégué au Caucus de l’Atlantique à Halifax en cliquant ici.

Le programme du Caucus de l’Atlantique comprend également une réunion-débat, une visite de la brasserie Keith et un dîner-pizza avec le chef libéral Stephen McNeil, des rencontres informelles avec des membres du caucus libéral, un jeu-questionnaire en soirée et l’occasion de visiter le centre-ville (ainsi que le port de Halifax à bord du Harbour Hopper)!

Cliquez ici pour consulter le programme de la fin de semaine et pour vous inscrire au Caucus de l’Atlantique 2013.

Au plaisir de vous voir à Halifax!

Kelsey MacDonald

Président des Jeunes libéraux de la Nouvelle-Écosse

Le courriel était accompagné d’un lien pour se désinscrire de la liste d’envoi du parti. Or, en cliquant sur ce lien, les internautes ont eu la mauvaise surprise de découvrir qu’ils avaient un profil sur le site du PLC et que celui-ci avait leur nom, leur adresse courriel, leur numéro de téléphone et  leur code postal. (Mise à jour : plusieurs personnes qui m’ont écrit après la parution de cet article ont dit avoir aussi reçu ce courriel et précisé que les informations personnelles contenues dataient de quelques années).

Comme le souligne ma consoeur de CBC Kady O’Malley, cet envoi massif a suscité maintes réactions dans les réseaux sociaux, nombreux étant ceux qui se demandent comment le PLC a pu obtenir leurs informations personnelles.

Dans une déclaration sur Facebook et sur Twitter, l’aile jeunesse de Nouvelle-Écosse et sa présidente ont présenté leurs excuses et attribué cet envoi à un problème informatique.

Un utilisateur du site Reddit a pour sa part soulevé la possibilité que les gens qui ont reçu ce courriel aient été inscrits à la liste d’envoi de la Canadian Coalition for Electronic Rights (CCER), une coalition maintenant défunte qui regroupait des entreprises Internet contre la version canadienne du Digital Millenium Copyright-Act. Si cette hypothèse s’avère, cela n’explique toujours pas comment la liste d’envoi de la CCER s’est retrouvée entre les mains du PLC. En soirée, jeudi, le directeur national du PLC, Jeremy Broadhurst, a déclaré que le parti prenait la question très au sérieux et que son équipe des TI tentait de déterminer s’il s’agit « d’une erreur humaine, d’un problème technique, ou d’une combinaison des deux ». Vendredi matin, un porte-parole du PLC nous a indiqué que l’enquête interne était toujours en cours. Il n’a pas été en mesure de dire si des membres de la CCER ont déjà eu un quelconque lien avec le PLC. Nous avons contacté le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada afin de savoir s’il avait reçu des plaintes à ce sujet et si une enquête de sa part était en cours. Pour me joindre : Vincent.Grou@Radio-Canada.ca

La commissaire ontarienne à l’information et à la protection de la vie privée, Anne Cavoukian, a publié mercredi un document qui vise à séparer les faits de la fiction en ce qui a trait aux métadonnées.

Les métadonnées (par exemple le lieu, la date, la durée et les numéros de téléphone qui ont participé à un appel téléphonique, mais pas le contenu des conversations) ont maintes fois été citées depuis les révélations de l’ex-consultant en sécurité Edward Snowden sur le programme de surveillance électronique des services secrets américains.

Le document de la commissaire Cavoukian explique la portée des métadonnées et souligne l’importance, pour les gouvernements, d’assurer à la fois la sécurité et la vie privée de la population, tout en lui rendant des comptes.

La commissaire s’en prend particulièrement à trois idées reçues largement véhiculées depuis les révélations sur le programme de la NSA :

1- Le mythe : La collecte des métadonnées ne menace pas la vie privée parce qu’elle ne donne aucun accès au contenu.

La réalité : Vous n’avez pas besoin d’accéder au contenu des conversations pour avoir accès à des informations précieuses. L’accès aux métadonnées peut révéler des détails sur la vie personnelle, politique, sociale, financière et professionnelle d’une personne.

2- Le mythe : Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre.

La réalité : La vie privée n’a rien à voir avec le fait de vouloir cacher quelque chose ou avec la confidentialité. Le droit à la vie privée concerne le contrôle – le contrôle personnel et la liberté de choisir. Dans une société libre et ouverte, les citoyens doivent être libres de prendre des décisions éclairées concernant leur vie, incluant à quel moment et dans quelle mesure ils souhaitent divulguer des renseignements personnels.

3 – Le mythe : Si vous voulez que votre sécurité soit assurée, vous devez abandonner votre vie privée.

La réalité : Non seulement il est possible d’assurer la sécurité tout en protégeant la vie privée, mais cela est de loin préférable parce que c’est l’essence même de la liberté – mener nos activités quotidiennes sans craindre que l’État nous surveille constamment. Dans les sociétés libres et ouvertes, on ne s’attend pas à ce que les gens « racontent tout ».

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