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Nous vous parlions, le mois dernier, de cette jeune Tunisienne qui se présente sous le nom d’Amina Tyler qui avait provoqué un tollé en publiant sur Internet des photos d’elle les seins nus, afin de dénoncer la détérioration des droits des femmes et la montée de l’intégrisme religieux dans son pays.

Ce geste lui avait valu d’être séquestrée par sa famille, ce qui avait entraîné une mobilisation en sa faveur en ligne, principalement menée par le mouvement féministe Femen, dont elle se réclame.

Selon les plus récentes informations, elle a quitté le domicile parental vendredi dernier. Dans une vidéo de huit minutes mise en ligne sur YouTube, la jeune femme, en clavardage vidéo avec une membre de Femen, raconte sa version des faits.

Elle affirme notamment avoir été maltraitée physiquement par des membres de sa famille, forcée à prendre de fortes doses de médicaments, et soumise à des pratiques évoquant une forme d’exorcisme. Elle affirme également avoir été forcée à dénoncer une action en sa faveur menée par Femen. Elle dit avoir l’intention de quitter la Tunisie, « mais pas avant d’avoir manifesté une nouvelle fois les seins nus ».

De son côté, la famille de la jeune femme dit ignorer où cette dernière se trouve. Citée par l’AFP, sa mère accuse Femen d’instrumentaliser Amina. Elle ajoute qu’elle suit des traitements psychiatriques depuis six ans. La famille nie par ailleurs l’avoir séquestrée, mais affirme plutôt l’avoir empêchée de sortir pour la protéger.

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Vincent.Grou@Radio-Canada.ca

Image : freeamina.blogspot.fr

L’incertitude entourant le sort d’une jeune Tunisienne féministe a mené à une mobilisation en ligne qui ne cesse de prendre de l’ampleur depuis quelques semaines.

À la fin février, la jeune femme, Amina Tyler, a créé une onde de choc en une photo d’elle, les seins dénudés (reprise ici par la branche française du groupe féministe Femen). Sur sa poitrine, ont peut lire l’inscription suivante : « Mon corps m’appartient, il n’est l’honneur de personne ». Elle tenait par ce geste à dénoncer la détérioration des droits des femmes en Tunisie.

Les clichés de la jeune femme ont provoqué la polémique en Tunisie. La page Facebook Femen-Tunisie qu’elle avait mise en ligne a été piratée par des islamistes « Grâce à Dieu, nous avons piraté cette page immorale. Cette saleté va disparaitre de la Tunisie », pouvait-on y lire. Une nouvelle page est lancée le lendemain. Des pages haineuses qui la dénoncent, comme celle-ci, font également leur apparition.

Amina Tyler est également l’objet de menaces. Un prédicateur réclame qu’elle soit punie selon la charia, de 80 à 100 coups de fouet, puis lapidée à mort.

Le 18 mars, une vidéo mise en ligne affirme montrer la jeune femme poussée dans une voiture contre son gré. La semaine dernière, le mouvement Femen affirme être sans nouvelles de la jeune femme et dit craindre pour sa vie.

Informations contradictoires

Depuis, des informations contradictoires circulent à son sujet. Selon le site Free Amina, mis en ligne pour lui venir en aide, et dans lequel on retrouve une chronologie des événements, une femme qui se présente comme la tante d’Amina revendique sa séquestration et accuse Femen de diffuser de la pornographie. Des informations circulent également, selon lesquelles la police tunisienne serait impliquée dans sa disparition, ou encore qu’elle était internée dans un hôpital psychiatrique.

Pendant ce temps, la mobilisation en ligne en soutien à Amina prend de l’ampleur. Des pétitions en ligne réclament la preuve qu’elle est en sécurité, une journée de soutien est organisée pour le 4 avril, sur Facebook, des dizaines d’internautes posent torse nu en signe d’appui, sur Twitter, les mots-clés #Amina et #FreeAmina réclament également sa libération.

Lundi, l’avocate féministe tunisienne Bochra Belhaj Hmida a déclaré à l’AFP avoir parlé à la jeune femme et que celle-ci se portait bien. Ces informations sont toutefois prises avec beaucoup de scepticisme par Femen France, qui réclame des preuves de ce qu’avance l’avocate.

Une lueur d’espoir a toutefois fait surface, mardi. L’essayiste et journaliste française Caroline Fourest a indiqué sur son blogue que les « membres de la famille d’Amina qui, il y a quelques jours encore, la reniaient et demandaient à ce qu’on la dénonce à la police font machine arrière… et jurent que tout va bien, que la police les a aidés à la retrouver, qu’elle est avec eux, mais que tout va bien… »

Elle ajoute que la famille promet pour bientôt un enregistrement audio dans lequel Amina demande l’arrêt de la campagne. Mme Fourest se demande toutefois pourquoi se contenter d’un simple enregistrement audio. Selon elle, Amina devrait contacter Femen via un service comme Skype et réclamer l’arrêt de la campagne de vive voix.

En attendant, la mobilisation se poursuit.

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Vincent.Grou@Radio-Canada.ca

Vincent GrouLe web au coeur des élections tunisiennes de dimanche

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 publié le 21 octobre 2011 à 15 h 06

Les Tunisiens sont appelés aux urnes, dimanche, pour les premières élections libres depuis la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali, en janvier dernier.

La Tunisie est le pays qui a déclenché le printemps arabe. Le web, qui a joué un rôle-clé lors de la révolution du jasmin, se retrouve au cœur du processus électoral.

Soulignons d’abord le site de l’ISIE, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (attention, musique assez forte quand vous vous rendez sur la page, je n’ai pas trouvé le moyen de couper le son), qui a notamment mis en ligne une carte de contrôle du processus électoral, où tout problème relatif aux élections (fraude, menaces, problèmes logistiques, etc.) peut être signalé par les internautes. C’est une façon de faire de plus en plus répandue, particulièrement dans les pays qui renouent avec la démocratie, ou qui en sont à leurs premiers balbutiements.

La chaîne YouTube de l’ISIE présente quant à elle plusieurs vidéos, notamment pour expliquer aux Tunisiens comment exercer leur droit de vote.

Attention au retour de la dictature

Le site Engagement citoyen, qui se présente comme un « soutien à l’éveil démocratique en Tunisie », a notamment lancé une campagne pour inciter les Tunisiens à aller voter. Le groupe est notamment derrière la vidéo Retour de Ben Ali à La Goulette, qui a été vue plus de 300 000 fois. Le 17 octobre, une immense affiche arborant le portrait de Ben Ali a été installée sur un mur de la ville portuaire. La vidéo montre des Tunisiens interloqués par le portrait du dictateur. Puis, quand certaines personnes s’unissent pour arracher l’affiche, elle en révèle une autre qui dit : « Attention, la dictature peut revenir. Le 23 octobre, votez », suscitant les applaudissements de la foule.

Google est de la partie

De son côté Google indique qu’il a récemment établi un partenariat avec le portail d’information Tunisia Live pour offrir des formations aux politiciens sur ses outils et sur les réseaux sociaux. L’événement, selon Google, a attiré des représentants d’une quarantaine de partis.

Google a également lancé la chaîne YouTube Tunisia Talks, qui invite les internautes à poser des questions à différents candidats.

Des dizaines d’initiatives web

Les sites mentionnés plus haut ne sont que quelques exemples parmi les nombreuses initiatives web du processus électoral.

Comme l’indique France24, le Portail des partis politiques tunisiens permet aux électeurs de s’y retrouver parmi les 109 partis. Le site FHIMT.com, né de la révolution, propose notamment une série d’inphographies http://dataviz.fhimt.com/ dont celle-ci, qui classe les partis par catégories.

Mentionnons également Ajidoo, qui propose un outil pour comparer les programmes des partis, et Bosala, qui propose une boussole électorale Tunisienne.

France24 souligne en outre le site du réseau Doustourna, qui propose aux Tunisiens de participer à la rédaction d’une nouvelle constitution.

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« Prends ça, Gladwell ». C’est ainsi que Curiosity Counts a présenté une étude du Project on Information Technology and Political Islam de l’Université de Washington sur le rôle des réseaux sociaux dans le printemps arabe.

Le site fait référence à un article de Malcom Gladwell qui estime que les réseaux sociaux ne peuvent pas « fournir ce dont le changement social a toujours eu besoin ». Or, l’étude en question vient jeter un éclairage factuel sur les révolutions en Égypte et en Tunisie, parlant de rôle « central » dans la formation du débat politique.

« Nos données montrent que les réseaux sociaux ont été grandement utilisés pour mener des conversations politiques par un groupe démographique clé dans cette révolution : les jeunes, urbains, plutôt bien éduqués, dont une majorité de femmes. » - Project on Information Technology and Political Islam

Ces jeunes ont traduit leurs paroles en actes, si l’on en croit les données obtenues par les chercheurs : « Un pic dans les conversations en ligne autour de la révolution a souvent précédé des évènements majeurs sur le terrain ».

D’autre part, ces réseaux ont contribué à « propager les idées démocratiques au-delà des frontières internationales ». D’une part pour informer les pays occidentaux de la situation sur place. De l’autre pour atteindre d’autres internautes dans des pays voisins « où des manifestations démocratiques semblables ont émergé plus tard ».

Un effet de contagion

Les chercheurs dessinent d’ailleurs les contours d’un effet domino entre la Tunisie et l’Égypte. En parlant de l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid sur les réseaux sociaux, les Tunisiens se sont aperçus qu’ils avaient en commun les mêmes griefs contre le président Ben Ali, estiment les chercheurs.

La pression est montée sur la toile, la liberté allant jusqu’à devenir un « mème », mème qui s’est ensuite exporté en Égypte. Si bien que les tweets évoquant un changement politique dans ce pays sont passés de 2300 à 23 000 par jour (sans compter les tweets provenant de l’étranger). L’étude ajoute que la décision de réduire presque à néant Internet par le régime d’Hosni Moubarak pourrait avoir catalysé les individus à descendre dans la rue.

L’étude souligne deux conditions préexistantes en Tunisie et en Égypte :

  • Une infrastructure technologique bien développée;
  • Une blogosphère active avant la révolution.

Ces deux conditions ne sont pas sans rappeler la situation actuelle en Chine, où plusieurs manifestations ont éclaté ces derniers temps. Mais comme le rapporte The Atlantic, Pékin a imposé une chape de plomb pour prévenir un effet d’entraînement.

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Florent DaudensLa revue du web – 27 mai 2011

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 publié le 27 mai 2011 à 17 h 01

La revue du webWikipédia au patrimoine mondial de l’UNESCO?

L’encyclopédie en ligne a lancé une pétition sur le web pour être reconnue sur cette liste de biens précieux pour l’humanité.

Facebook, le visage de l’opposition syrienne

À Désautels, une entrevue avec Vincent Jauvert, grand reporter au Nouvel observateur.

Kim Jong-il regarde des choses

Un blogue sur Tumblr qui tourne en dérision le leader nord-coréen.

L’eG8 en neuf minutes

Yochai Benkler, professeur de droit à Harvard, résume les enjeux de ce sommet qui a précédé la réunion des chefs d’État des pays du G8.

Greenpeace lance une campagne contre CloverLeaf

L’organisme environnemental a mis en ligne un faux site pour critiquer les pratiques de cette entreprise qui vend notamment du thon en conserve.

Les élections françaises sur YouTube

En vue des présidentielles de 2012, le site de vidéo en ligne, le Centre de formation des journalistes et l’Agence France-Presse lancent une chaîne sur la toile. Les citoyens pourront notamment y poser des questions aux candidats.

Facebook tourné en dérision

Qu’aimeraient dire Google, Twitter et autres à propos du réseau social de Mark Zuckerberg? Un dialogue fictif.

Le film dans toutes ses dimensions

« La technologie influence-t-elle l’histoire que l’on raconte, peut-elle alimenter le processus de narration? » Telles sont les questions auxquelles tente de répondre Il était une fois 5.

La Tunisie interdit les sites pornographiques

L’Agence tunisienne d’Internet devra bloquer tous les sites pornographiques, sur ordre judiciaire. Ils étaient accessibles depuis la chute de Ben Ali, mais trois avocats ont porté plainte en estimant qu’ils étaient contraires aux valeurs musulmanes.

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Avec Vincent Grou et Bruno Maltais