Billets classés sous «Syrie»

Dernièrement, la firme spécialisée dans le trafic Internet Renesys a rapporté et analysé des cas d’interruption d’Internet en Syrie et, il y a près de deux ans, en Égypte. Dans la masse de commentaires d’internautes reçus, la firme a remarqué qu’une question arrivait en tête de lice : est-il vraiment difficile de déconnecter un pays d’Internet?

Renesys s’est penchée sur le sujet, et publie cette semaine une carte des pays les plus vulnérables à une volonté politique de couper l’accès Internet aux citoyens. Résultat : une soixantaine de pays pourraient plutôt aisément priver leur population de ce lien de communication.

Pour en arriver à ce constat, Renesys a étudié le nombre d’entreprises qui fournissent un accès Internet depuis ou vers l’étranger aux frontières des différents pays. La firme a constaté que la décentralisation et la diversité du réseau étaient des facteurs-clés quant à la possibilité pour un gouvernement d’interrompre Internet dans son pays. Si seules une ou deux entreprises contrôlent le trafic Internet à la frontière, cela devient « presque banal » pour un gouvernement de couper l’accès au web dans son pays. « Faites quelques téléphones, ou couper le courant de quelques installations centrales, et vous avez (légalement) déconnecté l’Internet domestique de l’Internet global », explique Rensys.

Ainsi, selon l’analyse de Renesys, les pays qui ne comptent qu’une ou deux entreprises qui fournissent un accès à Internet à leur frontière présentent un « risque sérieux » de coupure du réseau. Au total, 61 pays (en vert foncé sur la carte) répondent à ce critère, dont la Syrie, l’Algérie, la Libye, le Myanmar ou encore le Yémen.

Du reste, les pays qui en possèdent moins de 10 sont considérés comme à « risque significatif », ceux qui en ont entre 10 et 40 sont à « faible risque », et ceux qui en ont plus de 40 sont considérés comme étant à l’épreuve d’une telle menace.

Le risque présenté dans l’analyse n’est toutefois pas nécessairement en corrélation avec la probabilité que les pays passent à l’action. Par exemple, le Groenland (province autonome du Danemark) fait partie des territoires les plus vulnérables en raison de sa géographie et des frais d’exploitation, et non par volonté de censure. Il peut toutefois être intéressant de comparer les données de la carte de Renesys et de celle des « ennemis d’Internet » publiée chaque année par Reporters sans frontières. On peut par exemple constater que la Syrie fait à la fois partie des pays ciblés comme « ennemis d’Internet » et de ceux qui sont les plus à risque dans l’analyse de Renesys.

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La chute de l'accès à Internet depuis ce matin en SyrieLa Syrie est privée d’accès à Internet depuis midi 26, heure locale (5 h 26 HE), selon la firme Renesys. « Les 84 blocs adresses IP sont devenus inaccessibles, ce qui a pour effet de rayer le pays d’Internet », ajoute l’entreprise spécialisée en réseaux.

Certains fournisseurs d’accès restent opérationnels, mais ils semblent être hébergés à l’étranger, note Renesys.

Même son de cloche du côté d’Arbor Networks, entreprise spécialisée en sécurité des réseaux. Son programme de surveillance basé sur 246 opérateurs à travers le monde montre un trafic réduit à néant.

L’Agence France-Presse rapporte de son côté que les communications téléphoniques, notamment via les portables, étaient coupées à Damas. Reuters cite de son côté des habitants qui évoquent des coupures sporadiques.

L’agence officielle syrienne Sana a par ailleurs interrompu ses transmissions à la mi-journée.

Depuis le début de la guerre syrienne, les rebelles envoient de nombreuses vidéos pour montrer ce qu’ils voient sur le terrain. Disant redouter une offensive, des rebelles syriens avaient auparavant rapporté que des réseaux de communication avaient été coupés jeudi dans plusieurs régions du pays, notamment à Damas.

De son côté, le gouvernement syrien a imputé cette panne à des « terroristes ».

Rappelons que lors du printemps arabe, l’Égypte et la Libye avaient aussi interrompu l’accès à Internet.

Avec AFP et Reuters

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Le président syrien Bachar Al-Assad et son épouse Asma Al-Assad lors d'un voyage à Paris, en 2008
Le président syrien Bachar Al-Assad et son épouse Asma Al-Assad lors d’un voyage à Paris, en 2008

Les femmes des ambassadeurs britannique et allemand aux Nations unies ont publié une vidéo dans laquelle elles exhortent la femme du président syrien Bachar Al-Assad, Asma, à demander la fin des violences dans son pays.

La vidéo de l’Allemande Huberta von Voss-Wittig, femme de l’ambassadeur Peter Wittig, et de la Britannique Sheila Lyall Grant, femme de Mark Lyall Grant, s’accompagne d’une pétition en ligne demandant à Asma Al-Assad de « prendre position pour la paix [...] pour le bien de votre peuple ».

« Nous demandons à Asma Al-Assad de prendre un risque, elle aussi, et de dire ouvertement: faites cesser le bain de sang, faites-le cesser immédiatement », déclarent Mmes Voss-Wittig et Lyall Grant.

Le montage fait défiler des images d’Asma Assad, 36 ans, d’origine britannique, et du conflit en Syrie, notamment des enfants tués ou blessés.

Les Nations unies estiment que la répression du mouvement de contestation du régime, qui a commencé à la mi-mars 2011, a fait plus de 9000 morts.

The Associated Press

La revue du web – 15 mars

par

 publié le 15 mars 2012 à 16 h 21

Voici quelques liens qui ont retenu notre attention aujourd’hui sur le web. Bonne lecture!

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À l’occasion de la Journée mondiale contre la cybercensure, Reporters sans frontières (RSF) publie son rapport 2012 des ennemis d’Internet. Son constat : l’année 2011 « restera comme une année d’une violence sans précédent » contre les citoyens actifs sur la toile, avec la mort de cinq d’entre eux alors qu’ils étaient engagés dans une mission d’information.

« Les net-citoyens ont été, en 2011, au coeur des changements politiques qui ont affecté le monde arabe. Ils ont tenté, aux côtés de journalistes, de tenir la censure en échec, mais en ont, en contrepartie, payé le prix fort », souligne RSF.

RSF répertorie près de 200 arrestations de blogueurs et de citoyens du web en 2011, une hausse de près de 30 % par rapport à l’année précédente.

La nouvelle liste des pays « ennemis d’Internet » de RSF

  • Bahreïn (nouvelle entrée en 2012)
  • Bélarus (nouvelle entrée en 2012)
  • Arabie saoudite
  • Birmanie
  • Chine
  • Corée du Nord
  • Cuba
  • Iran
  • Ouzbékistan
  • Syrie
  • Turkménistan
  • Vietnam

Liste des pays « sous surveillance » de RSF

  • Australie
  • Corée du Sud
  • Émirats arabes unis
  • Égypte
  • Érythrée
  • France
  • Inde
  • Russie
  • Sri Lanka
  • Malaisie
  • Thaïlande
  • Tunisie
  • Turquie
  • Kazakhstan

* RSF retire cette année la Libye et le Venezuela de la liste. L’organisation souligne qu’en Libye, si les défis restent nombreux, la chute du régime de Kadhafi a mis fin à une ère de censure. RSF juge qu’au Venezuela, l’adoption de législations potentiellement liberticides sur le web n’a pour le moment pas été suivie d’effets particulièrement néfastes.

Le Canada montré du doigt

Dans son rapport, Reporters sans frontières souligne des pratiques de démocraties que l’organisation juge « loin d’être vertueuses ». Elle fait notamment référence dans cette section de son rapport au Canada et à son projet de loi C-30.

« Sous le couvert de la lutte légitime contre la pédophilie, le Canada a élaboré un projet de loi liberticide pour le Net », écrit RSF.

Le prix du Net-citoyen à des militants syriens

Reporters sans frontières, avec le soutien de Google, a aussi remis aujourd’hui son prix du Net-citoyen, qui récompense un internaute, blogueur ou cyberdissident qui s’est illustré par ses activités de défense de la liberté d’expression sur Internet. Le centre des médias des comités locaux de coordination en Syrie, un groupe de militants syriens qui relaie de l’information sur le terrain, dans un contexte où peu ou pas de journalistes peuvent y oeuvrer, a été récompensé.

À lire, une très intéressante entrevue avec une expatriée ayant reçu le prix au nom du centre dans le journal Le Monde.

Avec AFP et Reporters sans frontières

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