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La saison des prix Nobel est ouverte, avec la remise, lundi, du prix Nobel de médecine à Bruce A. Beutler, Jules A. Hoffmann et Ralph M. Steinman, pour leurs travaux sur le système immunitaire.

Ralph Steinman, un Montréalais d’origine, est décédé vendredi dernier. La situation a causé une certaine confusion, lundi, car le comité Nobel n’était pas au courant de son décès.  En principe, les prix Nobel ne sont pas décernés à titre posthume. L’organisation a néanmoins décidé que le prix lui serait remis.

Mentionnons que sur le site des prix Nobel, on retrouve une fiche qui vulgarise les travaux des trois chercheurs, ainsi qu’une section éducative qui explique le fonctionnement du système immunitaire aux jeunes.

« Off-Nobels »

Si les Oscars ont leurs Razzies (prix remis aux pires films produits par Hollywood), les Nobels ont leurs Ig Nobels, des anti-Nobels qui récompensent les travaux de recherche insolites. « Des prix qui font d’abord rire les gens, avant de les faire réfléchir », indique le site web.

Parmi les prix Ig Nobel (jeu de mots avec ignoble) remis lors de la cérémonie 2011, qui avait lieu jeudi dernier, mentionnons le prix de physiologie,  remis à une recherche sur la contagion du bâillement chez les tortues à pattes rouges, le prix de psychologie, remis à une recherche tentant à déterminer pourquoi les gens soupirent, le prix de littérature, remis à l’auteur John Perry, pour sa théorie de la procrastination structurée, ou encore le prix de chimie, qui récompense l’invention d’un système d’alarme aérosol qui projette du wasabi afin de réveiller les gens pendant leur sommeil.

Bref, peut-être de quoi se coucher plus niaiseux ce soir…

Des blogueurs du printemps arabe en lice

Mentionnons par ailleurs que le prix Nobel de la paix, qui sera décerné vendredi, est l’objet de nombreuses supputations en ligne.

Parmi les personnes pressenties pour recevoir le prestigieux prix, on retrouve différents blogueurs qui ont joué un rôle dans le printemps arabe, comme l’Égyptien Wael Ghonim, employé de Google au Moyen-Orient, qui a été vu comme une figure de proue du mouvement qui a entraîné la chute du régime d’Hosni Moubarak et qui a été considéré par le Time comme faisant partie des personnes les plus influentes de 2011, et la Tunisienne Lina ben Mhenni, responsable du blogue A Tunisian Girl.

Au total, 241 personnes ou organisations sont en lice pour le Nobel de la paix, un record.

M. Ghonim et Mme Ben Mhenni participent actuellement à la troisième rencontre des blogueurs arabes, qui se déroule jusqu’au 6 octobre en Tunisie.

Ces rencontres, dont les deux premières éditons ont eu lieu à Beyrouth, au Liban, en 2008 et en 2009, prennent un tout autre sens à la lumière des différents soulèvements qui ont eu lieu dans des pays du Moyen-Orient au cours des derniers mois.

Parmi les ateliers proposés, Moez Chakchouk a expliqué comment le gouvernement tunisien avait secrètement testé des logiciels de censure pour le compte de compagnies occidentales. Jacob Applebaum et Arturo Buzzolam, du projet Tor, ont quant à eux donné un atelier sur la sécurité et les appareils mobiles, comment contourner la censure et comment éviter de laisser des traces sur la toile, par exemple.

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Le gouvernement britannique n’a pas cherché à obtenir le pouvoir de suspendre les réseaux sociaux en période de troubles, a indiqué le ministère de l’Intérieur, à la suite d’une rencontre avec les représentants de l’industrie.

Twitter, Facebook et le fabricant du BlackBerry étaient conviés, jeudi, à une réunion à Londres avec des responsables du gouvernement et des forces de l’ordre, pour faire le point sur les récentes émeutes qui ont enflammé l’Angleterre au mois d’août.

Des policiers antiémeutes à Hackney, le 8 août. La Presse Canadienne/Lefteris Pitarakis

Les discussions, présidées par la ministre de l’Intérieur Theresa May, « ont porté sur la façon dont le système judiciaire et les réseaux sociaux peuvent consolider les relations existantes [...] pour éviter que les réseaux sociaux ne soient utilisés à des fins criminelles », a déclaré une porte-parole du ministère.

Durant les émeutes, des fauteurs de troubles se sont surtout servis de la messagerie de BlackBerry, dont les échanges sont cryptés, pour communiquer entre eux, ce qui a compliqué le travail des policiers. Ils ont également utilisé Facebook et Twitter.

Pour mettre un terme aux débordements, le premier ministre britannique, David Cameron, avait déclaré devant le Parlement étudier la possibilité de bloquer l’accès à ces réseaux à des gens clairement mal intentionnés lors de troubles violents. La police londonienne était allée encore plus loin en envisageant la possibilité de désactiver temporairement les réseaux sociaux.

Ces suggestions avaient soulevé de nombreuses inquiétudes, notamment chez les groupes de défense des droits de la personne, qui y voyaient un rapprochement avec ce qui se fait en Chine, en Iran ou en Syrie.

Une coalition d’une dizaine de groupes a d’ailleurs écrit à la ministre May pour lui faire part de ses préoccupations quant à la possible adoption de mesures qui étendraient les pouvoirs du gouvernement sur les réseaux de communications. La coalition s’inquiétait notamment du fait que les discussions avaient lieu à huis clos.

Marche arrière

David Cameron rencontre des responsables de la police, des services d'urgence et d'incendie, le 10 août 2011. AFP PHOTO/Paul Elli

Mais le gouvernement britannique et les forces de l’ordre semblent maintenant vouloir se concentrer davantage sur les moyens d’améliorer la surveillance des réseaux sociaux et le repérage des fauteurs de troubles.

Une représentante de Twitter, citée par la BBC, a déclaré à la fin de la rencontre que son entreprise était toujours disposée « à explorer les moyens que peut prendre le site de microblogage pour être utile et pertinent en période de crise ».

«Nous avons bien accueilli le fait qu’il s’agissait d’un dialogue sur les façons de travailler ensemble pour assurer la sécurité des gens, plutôt que pour imposer de nouvelles restrictions sur le service Internet», a déclaré pour sa part un porte-parole de Facebook à la BBC.

« Il n’y a pas de place pour des activités illégales sur Facebook et nous sommes fermes à l’endroit de ceux qui brisent les règles », a ajouté la représentante de l’entreprise.

Deux jeunes Britanniques âgés de 20 et 22 ans ont été arrêtés, puis condamnés à 4 ans de prison après avoir créé, chacun, une page Facebook incitant les gens à participer à des émeutes, même si leurs plans respectifs ne se sont jamais concrétisés.

Avec BBC, AFP et The Guardian

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