Billets classés sous «procès»

À deux semaines de l’élection présidentielle russe du 4 mars, où l’actuel premier ministre, Vladimir Poutine, tentera d’effectuer un retour à la présidence pour un troisième mandat, une vidéo le montrant en fâcheuse posture fait un tabac sur la toile.

On y voit Vladimir Poutine derrière les barreaux, dans un tribunal. La narration, traduite en anglais dans le descriptif de la vidéo, explique que le premier ministre a été reconnu coupable de différents crimes : fraude, abus de pouvoir et vol des biens de l’État à grande échelle, et qu’on assiste au début de la lecture du jugement. Il est également accusé d’être impliqué dans « l’organisation d’actes terroristes qui visent à semer la terreur dans la population et à exercer une influence sur les organes de l’État ».

Il s’agit bien entendu d’un montage, très habilement exécuté. La tête de M. Poutine a dans les faits été superposée sur le corps de l’ex-magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovski, condamné, en décembre 2010, à 14 ans de prison pour détournement de fonds et blanchiment d’argent. Notons que cette condamnation et le démantèlement de l’empire pétrolier de Khodorkovski par Moscou ont valu de nombreuses critiques au gouvernement de Vladimir Poutine. Plusieurs l’ont accusé d’avoir fait arrêter l’homme d’affaires dans le but de prendre le contrôle de son empire pétrolier et de l’empêcher de se lancer en politique.

La vidéo, mise sur YouTube le 13 février, avait été visionnée plus de 2 millions de fois au moment d’écrire ces lignes. Elle a été réalisée par la société de diffusion de vidéos Lancelot, de Vadim Korovine. Elle a été mise en ligne pour faire la promotion d’un documentaire, L’assassinat de la Russie, qui accuse le FSB (les services secrets russes) d’être derrière les attentats de 1999, pour justifier la guerre en Tchétchénie et porter Poutine (ancien chef du FSB).

Le documentaire date de 2002. Il a été réalisé par les Français Jean-Charles Deniau et Charles Gazelle. Vadim Korovine a déclaré à l’AFP qu’il disposait des droits de diffusion du documentaire en Russie, mais que celle-ci était bloquée par le ministère de la Culture. Le documentaire est basé sur un livre de l’ancien espion russe Alexandre Litvinenko, ex-membre du FSB et opposant au régime Poutine. Il est mort par empoisonnement au polonium 210, en novembre 2006.

Soulignons que Vladimir Poutine est un habitué des mises en scène, qui sont toutefois, en temps normal, réalisées à son avantage. Au cours des dernières années, on a notamment pu le voir endormir un tigre de Sibérie, faire de l’équitation torse nu, rouler en Harley-Davidson, « trouver » des amphores au fond de la mer Noire, et pêcher encore une fois torse nu.

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C’est vendredi que commence l’audience préliminaire du soldat américain Bradley Manning, accusé d’être à l’origine de la fuite des centaines de milliers de notes diplomatiques publiées par WikiLeaks depuis décembre 2010.

Il est également soupçonné d’être derrière la publication de la vidéo Collateral Murder (meurtres collatéraux), qui montre une opération de l’armée américaine survenue en juillet 2007 en Irak et dans laquelle une douzaine de personnes, dont deux employés de l’agence de presse Reuters, ont été tuées par une attaque d’hélicoptère. Il est en outre considéré comme une « personne d’intérêt » dans la publication des documents sur la guerre en Afghanistan par WikiLeaks, en juillet 2010.

Les journalistes qui couvrent sa comparution sur place ne peuvent utiliser Twitter ou la messagerie texte en direct de la salle d’audience. Comme le rapporte le blogue en direct du Guardian, la journaliste Camille Elhassani, d’Al Jazeera English, a dénoncé sur Twitter le manque de transparence de l’armée américaine.

Il s’agit de la première apparition en public de Bradley Manning depuis son arrestation, en mai 2010.

Manifestations de soutien

Bradley Manning jouit de nombreux appuis sur la toile. Dans les semaines qui ont suivi son incarcération, le site FreeBradley.org (libérez Bradley) a lancé une campagne en sa faveur.

Au moment d’écrire ces lignes, le site BradleyManning.org http://bradleymanning.org/ était hors-ligne. Il était toutefois accessible en cache.

Le site Friend Feed rend compte de différentes discussions au sujet de Bradley Manning sur Facebook et Twitter.

Différentes manifestations aux États-Unis et ailleurs dans le monde sont prévues en marge de cette comparution.

Parmi celles-ci, mentionnons « l’opération Horizon », lancée par des sympathisants de la nébuleuse de pirates informatiques Anonymous et des indignés du mouvement Occupy Wall Street. Dans leur communiqué, ils invitent les gens à manifester samedi, le 17 décembre.

Il s’agira du 24e anniversaire de naissance de Bradley Manning. Cette date marquera également le 1er anniversaire de l’immolation du Tunisien Mohamed Bouazizi, élément déclencheur du printemps arabe.  Le 17 décembre marquera également le troisième mois d’activités d’Occupy Wall Street.

En hommage à Bradley Manning

Autres manifestations d’appui à Bradley Manning, mentionnons cette toute récente chanson de Graham Nash, ancien membre de Crosby, Stills, Nash & Young.

Mentionnons également Prevention of Injury, court-métrage de fiction sur la détention de Bradley Manning à la prison militaire de Quantico, en Virginie.

À lire également, cet éditorial de Glenn Greenwald, du Guardian, selon qui le procès de Bradley Manning est « un geste d’intimidation, pas de justice ».

Enfin, nous vous invitons à lire notre dossier sur WikiLeaks.

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Un sujet extrêmement délicat a été l’objet de vifs débats sur Twitter au cours des derniers jours.

Comme on le sait, le verdict du jury au procès de Guy Turcotte a été l’objet de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Sur Radio-Canada.ca la nouvelle du verdict a suscité près de 600 commentaires, tandis que celle de sa possible libération en a généré près de 300.

Directement touché par l’histoire, le duo d’humoriste les Justiciers masqués s’est retrouvé au cœur d’une tempête sur Twitter. Comme l’explique ce billet du blogueur Yannick Gagné, le tout a commencé quand un des humoristes s’en est pris au jury sur Twitter dans des termes peu flatteurs, les traitant de « BS ».

À la suite de ce commentaire, des internautes, sans défendre Guy Turcotte, ont tenté de prendre la défense des jurés. S’en est suivi un véritable dérapage verbal entre les humoristes, les défenseurs des jurés et les défenseurs des Justiciers. Pendant plusieurs heures, les échanges se sont poursuivis, souvent dans un langage que nous ne reproduirons pas ici. Il n’y a qu’à voir le fil Twitter des @Justiciers pour le constater. Ils disent même avoir reçu des menaces physiques.

Mentionnons que les propos des Justiciers masqués sont semblables à ceux de nombreux autres internautes qui ont été aussi choqués par le verdict. Seulement, comme il s’agit de personnalités publiques, leurs commentaires se retrouvent sous le feu des projecteurs. Soulignons aussi que de nombreux autres internautes ont réussi à exprimer leur désaccord avec le jury, leur colère à son endroit et leur dégoût face au verdict dans des termes posés et respectueux.

La colère contre les Justiciers masqués a repris de plus belle quand Véronique Robert, blogueuse et avocate de la défense en droit criminel, a souligné que les Justiciers masqués avaient porté plainte contre @Jeffsabres, alias Jean-François Champagne, qui avait été arrêté en mars dernier pour harcèlement et menaces sur Internet à l’endroit de personnalités québécoises. De nombreux internautes ont jugé que les humoristes infligeaient le même traitement à leurs détracteurs.

Puis, hier soir, pour tenter de calmer le jeu, le duo d’humoristes a déclaré qu’ils avaient une implication personnelle dans cette affaire et qu’ils publieraient une lettre, jeudi, pour s’expliquer.  Quelques instants plus tard, ils ont précisé : « l’un de nous a un lien de parenté du côté des victimes. On n’en parle plus. C’est difficile ».

À la suite de cette déclaration, on a senti que beaucoup d’internautes avalaient de travers. Plusieurs ont dit comprendre leur réaction. D’autres, tout en disant les comprendre, pensent néanmoins qu’ils sont allés trop loin.

Sans donner raison ou tort à qui que ce soit dans cette histoire, cela pourrait servir d’exemple pour souligner le fait que Twitter n’est peut-être pas le meilleur canal pour exprimer son opinion à chaud sur des sujets aussi délicats que celui-ci. Les Justiciers semblent d’ailleurs d’accord avec ce principe, si on en croit ce message publié hier soir : « Nous ne commenterons plus jamais quelque chose d’aussi gros si nous avons une implication personnelle et émotive ».

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Répercussions du procès Turcotte sur Trendsmap

 

Le verdict au procès de Guy Turcotte, qui a été reconnu non criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants, survenu en 2009, suscite énormément de colère et d’incompréhension sur le web. 

Sur Twitter, les fils de discussion #GuyTurcotte, #Turcotte et #ProcesTurcotte, entre autres, témoignent de l’état d’esprit des internautes. « Je n’en reviens pas », « je ne comprends pas », « dans quel monde vit-on? », « dégoûtée », sont parmi les expressions qui reviennent souvent. Tout aussi nombreux sont les messages qu’il nous serait difficile de reproduire ici. 

Au milieu de ce vacarme, quelques voix tentent de comprendre comment le jury a pu en venir à cette conclusion. D’autres déplorent que la maladie mentale soit encore un sujet tabou dans notre société. 

Des messages de compassion à l’endroit de la mère des deux jeunes victimes peuvent également être lus. 

Un coup d’œil à Trendsmap, qui rend compte des sujets les plus populaires sur Twitter, permet d’en voir l’importance. Même chose pour Trendistic où on peut voir un pic pour le sujet « Turcotte », dans les moments qui ont suivi le verdict. 

Sur Facebook, la page La prison à vie pour Guy Turcotte est également lieu de dizaines de messages depuis le verdict. Le groupe Nous voulons Guy Turcotte en prison pour non responsabiliter criminelle (sic) vient tout juste d’être créé. 

Mise à jour, 16 h 10 : L’Institut universitaire en santé mentale Douglas tente de mettre les choses en perspectives avec le texte Être déclaré non responsable pour cause de troubles mentaux, ce n’est pas se soustraire à la justice

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