Billets classés sous «printemps arabe»

Florent DaudensLa revue du web – 21 décembre 2011

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 publié le 21 décembre 2011 à 14 h 55

À la revue du web : faire appeler vos amis par le père Noël; le Japon avant et après le tsunami; l’année 2011 vue par The Big Picture et aussi par JibJab; la guerre en Irak dans l’objectif de 5 photojournalistes; Rue89 racheté par le groupe Nouvel Observateur; la surveillance et la censure en ligne lors du printemps arabe.

Avec Vincent Grou

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La saison des prix Nobel est ouverte, avec la remise, lundi, du prix Nobel de médecine à Bruce A. Beutler, Jules A. Hoffmann et Ralph M. Steinman, pour leurs travaux sur le système immunitaire.

Ralph Steinman, un Montréalais d’origine, est décédé vendredi dernier. La situation a causé une certaine confusion, lundi, car le comité Nobel n’était pas au courant de son décès.  En principe, les prix Nobel ne sont pas décernés à titre posthume. L’organisation a néanmoins décidé que le prix lui serait remis.

Mentionnons que sur le site des prix Nobel, on retrouve une fiche qui vulgarise les travaux des trois chercheurs, ainsi qu’une section éducative qui explique le fonctionnement du système immunitaire aux jeunes.

« Off-Nobels »

Si les Oscars ont leurs Razzies (prix remis aux pires films produits par Hollywood), les Nobels ont leurs Ig Nobels, des anti-Nobels qui récompensent les travaux de recherche insolites. « Des prix qui font d’abord rire les gens, avant de les faire réfléchir », indique le site web.

Parmi les prix Ig Nobel (jeu de mots avec ignoble) remis lors de la cérémonie 2011, qui avait lieu jeudi dernier, mentionnons le prix de physiologie,  remis à une recherche sur la contagion du bâillement chez les tortues à pattes rouges, le prix de psychologie, remis à une recherche tentant à déterminer pourquoi les gens soupirent, le prix de littérature, remis à l’auteur John Perry, pour sa théorie de la procrastination structurée, ou encore le prix de chimie, qui récompense l’invention d’un système d’alarme aérosol qui projette du wasabi afin de réveiller les gens pendant leur sommeil.

Bref, peut-être de quoi se coucher plus niaiseux ce soir…

Des blogueurs du printemps arabe en lice

Mentionnons par ailleurs que le prix Nobel de la paix, qui sera décerné vendredi, est l’objet de nombreuses supputations en ligne.

Parmi les personnes pressenties pour recevoir le prestigieux prix, on retrouve différents blogueurs qui ont joué un rôle dans le printemps arabe, comme l’Égyptien Wael Ghonim, employé de Google au Moyen-Orient, qui a été vu comme une figure de proue du mouvement qui a entraîné la chute du régime d’Hosni Moubarak et qui a été considéré par le Time comme faisant partie des personnes les plus influentes de 2011, et la Tunisienne Lina ben Mhenni, responsable du blogue A Tunisian Girl.

Au total, 241 personnes ou organisations sont en lice pour le Nobel de la paix, un record.

M. Ghonim et Mme Ben Mhenni participent actuellement à la troisième rencontre des blogueurs arabes, qui se déroule jusqu’au 6 octobre en Tunisie.

Ces rencontres, dont les deux premières éditons ont eu lieu à Beyrouth, au Liban, en 2008 et en 2009, prennent un tout autre sens à la lumière des différents soulèvements qui ont eu lieu dans des pays du Moyen-Orient au cours des derniers mois.

Parmi les ateliers proposés, Moez Chakchouk a expliqué comment le gouvernement tunisien avait secrètement testé des logiciels de censure pour le compte de compagnies occidentales. Jacob Applebaum et Arturo Buzzolam, du projet Tor, ont quant à eux donné un atelier sur la sécurité et les appareils mobiles, comment contourner la censure et comment éviter de laisser des traces sur la toile, par exemple.

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« Prends ça, Gladwell ». C’est ainsi que Curiosity Counts a présenté une étude du Project on Information Technology and Political Islam de l’Université de Washington sur le rôle des réseaux sociaux dans le printemps arabe.

Le site fait référence à un article de Malcom Gladwell qui estime que les réseaux sociaux ne peuvent pas « fournir ce dont le changement social a toujours eu besoin ». Or, l’étude en question vient jeter un éclairage factuel sur les révolutions en Égypte et en Tunisie, parlant de rôle « central » dans la formation du débat politique.

« Nos données montrent que les réseaux sociaux ont été grandement utilisés pour mener des conversations politiques par un groupe démographique clé dans cette révolution : les jeunes, urbains, plutôt bien éduqués, dont une majorité de femmes. » - Project on Information Technology and Political Islam

Ces jeunes ont traduit leurs paroles en actes, si l’on en croit les données obtenues par les chercheurs : « Un pic dans les conversations en ligne autour de la révolution a souvent précédé des évènements majeurs sur le terrain ».

D’autre part, ces réseaux ont contribué à « propager les idées démocratiques au-delà des frontières internationales ». D’une part pour informer les pays occidentaux de la situation sur place. De l’autre pour atteindre d’autres internautes dans des pays voisins « où des manifestations démocratiques semblables ont émergé plus tard ».

Un effet de contagion

Les chercheurs dessinent d’ailleurs les contours d’un effet domino entre la Tunisie et l’Égypte. En parlant de l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid sur les réseaux sociaux, les Tunisiens se sont aperçus qu’ils avaient en commun les mêmes griefs contre le président Ben Ali, estiment les chercheurs.

La pression est montée sur la toile, la liberté allant jusqu’à devenir un « mème », mème qui s’est ensuite exporté en Égypte. Si bien que les tweets évoquant un changement politique dans ce pays sont passés de 2300 à 23 000 par jour (sans compter les tweets provenant de l’étranger). L’étude ajoute que la décision de réduire presque à néant Internet par le régime d’Hosni Moubarak pourrait avoir catalysé les individus à descendre dans la rue.

L’étude souligne deux conditions préexistantes en Tunisie et en Égypte :

  • Une infrastructure technologique bien développée;
  • Une blogosphère active avant la révolution.

Ces deux conditions ne sont pas sans rappeler la situation actuelle en Chine, où plusieurs manifestations ont éclaté ces derniers temps. Mais comme le rapporte The Atlantic, Pékin a imposé une chape de plomb pour prévenir un effet d’entraînement.

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