Billets classés sous «PIPA»

Vous vous souvenez peut-être des projets projets de loi américains SOPA et PIPA qui avaient suscité un tollé il y a quelques mois. Ils ont été abandonnés depuis, mais voilà qu’un autre projet de loi fait couler beaucoup d’encre : le CISPA.

Une chronique de l’émission Phare Ouest à réécouter ici.

Pour me joindre :

florent.daudens@radio-canada.ca

Sur Facebook : http://www.facebook.com/surleweb

La semaine dernière, le mouvement de protestation sur le web pour dénoncer les projets de loi antipiratage SOPA et PIPA a attiré beaucoup d’attention.

Maintenant que les deux projets de loi sont mis en veilleuse, les yeux des militants pour la liberté d’Internet sont tournés vers un accord commercial qui est actuellement négocié dans la plus grande discrétion.

Il s’agit de l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACAC, mieux connu sous son acronyme anglais, ACTA, pour Anti-Counterfeiting Trade Agreement). Il s’agit d’un projet de traité multilatéral qui vise à créer des standards internationaux en matière de propriété intellectuelle. L’accord toucherait des secteurs comme l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique (brevets sur les semences et les médicaments), mais aussi, bien entendu, Internet.

L’ACTA est négocié depuis 2007 par plusieurs pays, dont le Canada, qui l’a signé en octobre dernier.

Comme l’explique Wired dans son guide sur le traité, celui-ci a l’appui de grandes compagnies pharmaceutiques et des gros joueurs de l’industrie américaine du disque et du cinéma. Les défenseurs de l’ACTA soutiennent que l’accord reconnaît la valeur de la propriété intellectuelle comme atout pour la compétitivité d’une économie. D’où leur intérêt à s’attaquer aux biens contrefaits.

Levée de boucliers

Les détracteurs de l’ACTA, pour la plupart des groupes de défense de la liberté d’Internet et de grandes entreprises de Silicon Valley, comme Google, s’inquiètent notamment des éventuelles répercussions de cet accord en matière de vie privée, de liberté d’expression et d’accès à l’information.

Comme le souligne l’article de Wired mentionné plus haut, mais aussi ce document de l’organisme américain Public Knowledge, plusieurs aspects de l’ACTA suscitent des craintes.
Tout d’abord, le côté secret de l’accord, qui a été négocié à huis clos par beaucoup de représentants de différentes industries, mais par très peu d’élus ou de représentants de la société civile.

Aussi, son langage vague, qui peine à définir et à différencier des termes comme « piratage » et « contrefaçon », ainsi qu’à distinguer le piratage ou la contrefaçon à grande échelle de celui fait sur une basse individuelle (et parfois involontaire, comme la personne qui met une trame musicale à un montage vidéo, sans en avoir payé les droits. L’accord ne comporte pas de disposition semblable à l’utilisation raisonnable, ou fair use, qui permet ce genre d’utilisation).

Les opposants à l’accord estiment aussi que celui-ci ferait en sorte que les fournisseurs d’accès à Internet (FSI, comme Bell, Rogers et Vidéotron, par exemple) seraient tenus responsables du comportement en ligne de leurs clients. Les FSI, disent-ils, deviendraient en quelque sorte des polices et des tribunaux privés à la solde des détenteurs de propriété intellectuelle.

Les opposants estiment également que comme il s’agit d’un accord commercial, les pays pourraient devoir changer leurs lois pour s’y conformer.

Pour davantage d’informations en français sur l’opposition à l’ACTA, consultez le dossier de La Quadrature du net, groupe de pression qui milite contre l’accord, et qui a produit la vidéo qui se trouve en début d’article.

L’Europe, dernier rempart

Jeudi, 22 pays de l’Union européenne ont signé l’accord, à Tokyo. Il reste maintenant au Parlement européen à débattre de l’ACTA en vue de le ratifier, vraisemblablement en juin. Comme le souligne le Guardian, la signature de l’accord par ces pays européens a donné lieu à différentes manifestations, dans la rue comme en ligne.

Dans la foulée de cette signature, l’eurodéputé français Kader Arif a démissionné de son poste de principal rapporteur de l’ACTA au Parlement Européen. «Cet accord peut avoir des conséquences majeures sur la vie de nos concitoyens, et pourtant tout est fait pour que le Parlement européen n’ait pas voix au chapitre. En remettant ce rapport dont j’avais la charge, je souhaite envoyer un signal fort et alerter l’opinion publique sur cette situation inacceptable. Je ne participerai pas à cette mascarade », a-t-il déclaré.

Des pirates informatiques s’en sont également pris à différentes cibles, particulièrement à des sites du gouvernement polonais. Ils ont aussi paralysé, jeudi, le site du Parlement européen. Dans ce dernier cas, l’eurodéputée Françoise Castex estime que les pirates se trompent de cible.

Manifestations samedi

Différentes manifestations sont prévues samedi, principalement en Europe, pour dénoncer ce projet d’accord.

Une manifestation est également prévue à Montréal. Le nombre de participants confirmés est plutôt bas, signe peut-être du peu d’écho donné jusqu’ici à l’ACTA par les médias nord-américains.

Pour me joindre :

vincent.grou@radio-canada.ca

Sur Facebook : http://www.facebook.com/surleweb

 

Wikipédia a participé aux protestations de mercredi en rendant son site en anglais inaccessible pendant 24 heures.

La vague de protestation contre les projets de loi antipiratage américains SOPA et PIPA a de nouvelles répercussions.

En effet, le sénateur américain Harry Reid, chef de la majorité démocrate au Sénat, a décidé de repousser un vote qui devait avoir lieu mardi prochain sur le Protect IP Act (PIPA).

« Il n’y a pas de raison que les problèmes légitimes soulevés par de nombreuses personnes au sujet de ce projet de loi ne soient pas résolus », a-t-il déclaré dans un communiqué publié vendredi.

Le vote prévu mardi prochain avait pour but de déterminer si PIPA ferait l’objet d’un débat au Sénat. À la suite des manifestations de mercredi, plusieurs élus américains qui soutenaient les projets de loi ont changé leur fusil d’épaule. Selon le New York Times, au moins 10 sénateurs et une vingtaine d’élus de la Chambre se sont opposés aux projets de loi. Il devenait donc de plus en plus incertain que le Sénat parvienne à rallier les 60 votes nécessaires pour la tenue du débat.

De son côté, le représentant républicain Lamar Smith, à l’origine du Stop Online Piracy Act (SOPA, l’équivalent de PIPA à la Chambre des représentants), a déclaré que les procédures entourant le projet de loi étaient également repoussées, dans l’attente d’un plus grand consensus.

Pour me joindre :

vincent.grou@radio-canada.ca

Sur Facebook : http://www.facebook.com/surleweb


Le drapeau des Anonymous - Source : Wikipédia

Après la fermeture de Megaupload hier, le groupe de pirates Anonymous a riposté en attaquant plusieurs sites d’importance : le département de la Justice américain, Universal Music, le site de l’Assocation américaine de l’industrie de la musique ou encore Hadopi, l’autorité chargée des droits d’auteurs en France.

L’opération, baptisée #opmegaupload, constitue une attaque de déni de service. En bref, il s’agit de multiplier le nombre de demandes de connexion à un serveur pour le faire saturer. Cela provoque sa mise hors ligne, sans toutefois causer de dommages à l’architecture technique.

La plupart des sites sont de retour en ligne ce matin, à l’exception d’Universal Music qui affiche un message de maintenance. Mais sur Twitter, le groupe promet d’autres attaques.

Anonymous pourrait être qualifié de nébuleuse puisque chacun peut s’y joindre par des canaux de discussion sur le service de chat IRC ou encore par Twitter. Et nul besoin de posséder des connaissances informatiques poussées avec le programme LOIC (Low Orbit Ion Cannon). En le téléchargeant, l’utilisateur ajoute son ordinateur à la somme de ceux utilisés pour multiplier les requêtes de connexion sur un site. Cette méthode avait déjà été utilisée pour protester contre l’arrestation de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, en décembre 2010.

Le groupe a aussi embrigadé d’autres internautes en les faisant cliquer sur un lien à partir de Twitter et d’autres plateformes. Cela permettait d’activer une version en ligne de LOIC, impliquant l’ordinateur dans les requêtes de connexion vers les sites visés par le groupe, comme le détaille Gawker.

Les fondateurs de Megaupload devant la justice

Pendant ce temps, Kim Schmitz, le fondateur du site (qui se fait appeler Kim Dotcom), a comparu devant la justice néo-zélandaise vendredi avec trois autres accusés. Ils sont maintenus en détention en attendant une nouvelle audience lundi pour une éventuelle mise en liberté sous caution. « Nous n’avons rien à cacher », a déclaré à la barre le fondateur du site, un ressortissant allemand âgé de 37 ans.

L’arrestation de M. Schmitz a été plutôt musclée, a relaté un inspecteur néo-zélandais. « M. Dotcom est rentré dans sa maison et a activé plusieurs mécanismes de fermeture électronique. Une fois ces codes neutralisés par la police, il s’est barricadé dans une chambre forte (…) et lorsque la police est parvenue à y pénétrer, ils ont trouvé M. Dotcom près d’une arme qui avait l’apparence d’un fusil de chasse à canon scié ». Et d’ajouter : « Ça a été plus compliqué que de frapper à la porte ».

Les policiers ont aussi interpellé Finn Batato, 38 ans, responsable du marketing, et le Co fondateur et responsable technique du site Mathias Ortmann, 40 ans, tous deux de
nationalité allemande, ainsi qu’un Néerlandais de 29 ans, Bram Van der Kolk. Trois autres membres du site restent recherchés. Le FBI collaborait avec la police néo-zélandaise depuis début 2011 dans cette affaire.

Les procureurs américains les accusent d’avoir entraîné des pertes de plus de 500 millions de dollars pour les détenteurs des droits d’auteur de fichiers distribués illégalement sur Megaupload. Et ce, tout en ayant généré des profits de 175 millions de dollars grâce aux abonnements et à la publicité, peut-on lire dans l’acte d’accusation.

Megaupload constitue le 13e site le plus visité, avec 50 millions de visiteurs par jour, selon l’acte d’accusation.

Ils risquent jusqu’à 20 ans de prison pour conspiration de racket, conspiration de violation de copyright et conspiration de blanchiment d’argent. La police néo-zélandaise a également saisi des avoirs de plusieurs millions de dollars, dont plusieurs voitures de luxe.

La fermeture de Megaupload survient au lendemain d’une protestation de grande envergure sur le web contre deux projets de loi antipiratage aux États-Unis, SOPA et PIPA.

Pour me joindre :

florent.daudens@radio-canada.ca

Sur Facebook : http://www.facebook.com/surleweb

Le site de Wired caviardé

C’est donc aujourd’hui qu’ont lieu différentes formes de protestation, sur Internet, contre les projets de loi antipiratage SOPA/PIPA.De nombreux sites rivalisent ainsi d’originalité pour illustrer cette grève virtuelle.

Comme prévu, la version en anglais de l’encyclopédie en ligne Wikipédia est inaccessible, tout comme le site de partage de lien Reddit et le blogue spécialisé Boing Boing.

Il est toujours possible d’accéder à Wikipédia en passant par la cache de Google. Mais peu importe, le but de l’opération est d’illustrer ce à quoi ressemblerait Internet si les projets de loi étaient adoptés, selon leurs opposants.

Ailleurs sur la toile, un grand nombre de sites sont accessibles, mais illustrent leur opposition de différente façon, comme les blogues spécialisés Ars Technica, tout vêtu de noir, ou Wired, qui a caviardé sa page d’accueil, mais dont les articles restent accessibles.

Mashable couvre pour sa part en direct une manifestation qui doit avoir lieu de 12 h 30 à 14 h (HNE) devant les bureaux des sénateurs Chuck Schumer et Kirsten Gillibrand, à New York. La manifestation est diffusée en direct ici.

À suivre également le blogue en direct du Guardian, qui rend compte des répercussions de cette éclipse partielle du web. Le quotidien britannique a notamment recensé plusieurs réactions outrées d’internautes à la fermeture de Wikipédia.

On assiste d’ailleurs à des initiatives comme celles de la bibliothèque publique de Vancouver, qui propose de pallier l’absence de Wikipédia avec son service d’information en ligne.

Google plaide pour l’OPEN Act

Mais l’heure est également à la mobilisation, alors que l’édition américaine de Google (on peut voir le logo de Google censuré quand on se trouve aux États-Unis) a mis en page d’accueil un appel aux internautes à contacter les élus américains pour leur faire part de leurs inquiétudes quant aux projets de loi.

Sur son blogue officiel, Google affirme que les projets de loi n’enrayeront pas le piratage, que les sites fautifs trouveront toujours un moyen de contourner la censure.

Le géant de Silicon Valley penche plutôt en faveur de l’Online Protection and Enforcement of Digital Trade Act (OPEN Act), une ébauche de projet de loi en réponse à SOPA/PIPA. Il aurait notamment pour objet de bloquer les transferts d’argent aux sites étrangers dont l’objet principal est le piratage ou la contrefaction.

Les partisans de SOPA/PIPA ne bronchent pas

Les partisans des projets de loi SOPA/PIPA semblent peu impressionnés par les protestations en ligne.

L’ex-sénateur démocrate Chris Dodd, aujourd’hui PDG de la Motion Picture Association of America (MPAA), a écrit dans un billet de blogue que les protestations d’aujourd’hui étaient un coup d’éclat irresponsable, qui punit les internautes et détourne l’attention du problème du piratage. Sur son site web, la MPAA souligne les appuis dont jouissent les projets de loi et réitère qu’ils assureront la survie de milliers d’emplois aux États-Unis.

De son côté, le blogue spécialisé Gizmodo rend compte d’un message un peu arrogant publié sur Twitter par Jonathan Lamy, vice président aux communication de la Recording Industry Association of America (RIAA) : « À la suite de la mise hors ligne de Wikipédia, un étudiant, quelque part, fait une vraie recherche et trouve de vrais faits ». M. Lamy a retiré son message de Twitter, mais Gizmodo en a fait un capture d’écran.

Mise à jour, 14 h 15 : Comme le rapporte Mashable, les protestations contre Sopa et Pipa semblent déjà porter leurs fruits. Des élus américains ont en effet annoncé qu’ils retiraient leur appui aux projets de loi. Parmi eux, le sénateur républicain de la Floride Marco Rubio en a fait l’annonce sur Facebook, tout comme le sénateur républicain du Texas John Cornyn.

Mise à jour, 14 h 45 : Le PDG et fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, se prononce contre SOPA et PIPA, et présente la position de Facebook en matière de piratage.

Mise à jour, 15 h 50 : À voir absolument : TED propose une brillante vulgarisation de SOPA et de PIPA par Clay Shirky, observateur et spécialiste d’Internet. La vidéo est en anglais, il n’y a pas de sous-titres en français pour le moment, mais elle vaut vraiment la peine d’être vue. Excellente explication historique des projets de loi et de leurs éventuelles répercussions pour les internautes.

Consultez nos récents articles sur SOPA/PIPA :

Projet de loi SOPA : Reddit hors ligne mercredi prochain (12 janvier)

SOPA : une application canadienne pour protester contre le projet de loi antipiratage (13 janvier)

Le projet de loi SOPA bat de l’aile, Wikipédia et plusieurs sites hors ligne mercredi (16 janvier)

Protestations anti-SOPA/PIPA : le Canada participera-t-il? (17 janvier)

Pour me joindre :

vincent.grou@radio-canada.ca

Sur Facebook : http://www.facebook.com/surleweb