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Google et les éditeurs de presse français ont conclu vendredi un accord selon les termes duquel le géant américain de l’Internet créera un fonds de 60 millions d’euros pour faciliter la transition de la presse française vers la diffusion numérique.

Les associations d’éditeurs de presse demandaient à Google de les rémunérer pour les articles qu’il indexe dans son moteur de recherche d’informations Google Actualités, ce que le géant américain refusait, menaçant de son côté de ne plus référencer les médias français.

Cet accord prévoit également un partenariat commercial destiné à aider la presse à se développer sur Internet et à accroître ses revenus en ligne.

L’accord a été annoncé à l’Élysée à l’issue d’une rencontre entre le président français François Hollande et le président de Google, Eric Schmidt.

« Il s’est produit aujourd’hui un événement mondial », s’est félicité le président français, qui avait menacé Google de légiférer faute d’accord avec la presse française.

De son côté, le patron de Google s’est réjoui de l’entente, jugeant que la décision de sceller l’accord sous la forme d’un fonds avait facilité les négociations.

En décembre, Google et la presse belge ont également conclu une entente sur un litige semblable.

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Un photographe a-t-il pris une image de cet homme vers qui un métro fonçait au lieu de l’aider? C’est la question que se posent de nombreux internautes ce matin à la vue de la une du New York Post.

« Poussé sur les rails du métro, cet homme va mourir. CONDAMNÉ », dit le texte qui l’accompagne.

L’accident s’est déroulé à la station de la 49e rue, lundi, à New York. Un homme de 58 ans, Ki Suk Han, a été poussé sur les rails par un inconnu « dérangé », selon les termes utilisés par le tabloïd. Il n’est pas parvenu à remonter sur le quai à temps et a été écrasé par le métro qui arrivait.

Outre l’horreur de ce tragique accident, plusieurs se demandent si le photographe n’aurait pas pu le sauver au lieu de prendre son appareil photo. Dans le quotidien, le principal intéressé soutient qu’il a utilisé son flash à de nombreuses reprises pour tenter d’alerter le conducteur. « J’ai juste commencé à courir encore et encore, en espérant que le conducteur puisse me voir », soutient-il.

Cette explication ne semble pas satisfaire les internautes, comme le montre entre autres cette compilation de tweets faite par The Atlantic. « C’est une question d’argent », évoque l’un, tandis qu’un autre se demande si ce n’est pas parce que « les gens sont horribles ».

Des réactions d’internautes sur Twitter. Source : The Atlantic

La question de la responsabilité du New York Post se pose aussi. À ce sujet, le Poynter Institute, une organisme de référence pour les médias américains, a recensé des réactions de journalistes. «Tous les journalistes que nous avons vu parler de cela en ligne concluent que le Post a eu tort d’utiliser cette photo, particulièrement sur sa couverture », peut-on lire.

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Au moment où, au Canada, Sun Media annonce l’abolition de 500 emplois, une nouvelle étude confirme la baisse de la part des revenus publicitaires chez les médias imprimés chez nos voisins du sud.

Une étude américaine de Statista montre que pour la première fois, les revenus publicitaires de Google ont dépassé ceux de l’ensemble des journaux et magazines papier américains lors des six premiers mois de 2012.

Au cours de cette période, Google a enregistré des revenus publicitaires de l’ordre de 20,8 milliards de dollars américains, contre 19,2 milliards pour les médias imprimés.

Important bémol toutefois : Statista précise que les revenus publicitaires de Google de partout dans le monde sont comptabilisés, et que les revenus publicitaires versions en ligne des journaux ne le sont pas.

Néanmoins, s’il ne faut pas nécessairement tisser un lien de cause à effet entre les deux statistiques, elles témoignent certainement d’une tendance à la baisse des revenus publicitaires sur papier, et une nette hausse des revenus publicitaires du côté du géant du web.

Ces données sont intéressantes, selon Statistica, ne serait-ce qu’en prenant en compte que l’entreprise Google a été fondée il y a 14 ans, et qu’elle engendre maintenant plus de revenus que l’ensemble d’une industrie vieille de plus de 100 ans.

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Bahador ZabihiyanNewsweek : quel avenir pour les revues papier?

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 publié le 18 octobre 2012 à 17 h 53

À partir du 31 décembre, si vous voulez lire Newsweek, il faudra aller en ligne et payer pour consulter les articles du magazine : la version papier disparaîtra à la fin de l’année.

La rédactrice en chef, Tina Brown, a expliqué sur le site de Newsweek que les ventes de la version papier ne cessaient de baisser et qu’il fallait trouver un nouveau modèle pour ce magazine, qui existe depuis presque 90 ans.

La solution viendrait des tablettes électroniques, pense-t-elle. « À la fin de l’année, les utilisateurs de tablettes aux États-Unis seulement, seront plus de 70 millions », a-t-elle écrit.

Newsweek est considéré comme un des fleurons du journalisme américain. Les équipes de Newsweek et du Time se sont longtemps livré une bataille acharnée pour conquérir le lectorat. Mais depuis dix ans, elles se battent plutôt pour le conserver, car le nombre de lecteurs de leurs versions papier ne cesse de baisser, selon Mark Jurkowitz , le directeur associé au Pew Research Center’s Project for Excellence in Journalism.

Et les magazines canadiens?

Toutefois, tous les magazines ne comptent pas abandonner le papier.

« Je peux vous dire que L’actualité n’a aucun plan et aucune intention d’abandonner son édition imprimée », nous a expliqué dans un courriel Carole Beaulieu, l’éditrice et rédactrice en chef de L’actualité.

Le lectorat des magazines d’affaires publiques comme L’actualité, Harper’s Magazine ou The Atlantic Monthly est plutôt stable, estime Mme Beaulieu. Elle pense que la situation est plus difficile pour les magazines d’actualité comme Newsweek. Le contenu d’un magazine d’affaires publiques avec des articles longs et fouillés est plus intemporel, contrairement aux revues d’actualité, estime M. Jurkowitz.

« Une publication qui analyse les événements de la semaine qui vient de s’écouler est une marchandise qui est moins convoitée à l’heure du numérique », explique M. Jurkowitz, du Pew Research Center.

Faire payer les internautes ou taxer Google?

Les quotidiens cherchent aussi de nouveaux moyens de gagner de l’argent. À partir de la semaine prochaine, le Globe and Mail va faire payer les internautes qui souhaitent consulter plus de 10 articles par mois et qui ne sont pas abonnés à la version papier.

« Plusieurs médias, parmi les plus importants et les plus respectés du monde, ont adopté avec succès un modèle similaire », dit Phillip Crawley, l’éditeur du Globe and Mail, sur le site web du quotidien.

En France, des éditeurs de journaux demandent au gouvernement de mettre en place une taxe sur les revenus publicitaires de Google. La somme récoltée serait reversée aux éditeurs.

La ministre française de la Culture, Aurélie Filippetti, s’est prononcée en faveur d’une telle législation, la jugeant « extrêmement pertinente », rapporte le quotidien Libération.

L’Allemagne a adopté une législation similaire. Mais Google a menacé de ne plus référencer les sites français si une telle taxe venait à lui être imposée, selon Libération.

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La chaîne de télévision étudiante de l’Université Concordia est devenue une source d’information pour des milliers de personnes, mercredi soir, lors de la manifestation qui a dégénéré au centre-ville de Montréal.

Pendant quatre heures, environ 6000 personnes ont suivi la manifestation en direct grâce aux étudiants-journalistes de CUTV. Des images qui ont été d’ailleurs utilisées par certains grands réseaux, dont RDI.

CUTV offrait des explications (en français et en anglais), mais surtout des images prises au coeur de la manifestation. Ce qui fait que lorsque l’équipe de CUTV a reçu du gaz irritant en pleine figure, on a pu y assister en direct.

Après plus de deux heures de tournage de l’importante foule marchant pacifiquement, des scènes de violence commencent vers 2 h 05, dans la vidéo ci-dessous.

Un média ouvertement du côté des étudiants

Les propos tenus par l’équipe de CUTV avant, pendant et après les altercations sont clairement en faveur des manifestants; une prise de position ouvertement affichée par la chaîne.

« En tant que média communautaire, on représente les communautés sous représentées », explique Laura Kneale, directrice de CUTV. « On reconnaît tout à fait notre biais et on est content de soutenir les étudiants comme eux nous soutiennent », ajoute-t-elle.

Une question de point de vue

Comme dans tout média militant, le biais idéologique entraîne parfois une certaine confusion. Par exemple, lorsque la journaliste de CUTV affirme que « les manifestants ont les mains en l’air et les policiers les chargent » (vers 2:07), on peut se demander où est la frontière entre le factuel et le subjectif. Leur point de vue physique rend la visibilité difficile, et leur point de vue idéologique pourrait laisser croire que les policiers deviennent rapidement les agresseurs.

Car d’un autre angle (celui que j’avais à ce moment-là), on voit les mêmes manifestants, les mains en l’air, qui avancent vers les policiers, malgré les appels répétés à reculer, et dans un climat pour le moins tendu. Ci-dessous, le court extrait que j’ai pu filmer.

L’idée n’est pas de critiquer la couverture de CUTV. Leurs caméras apportent de nouveaux angles à la couverture des manifestations étudiantes, et on ne peut que s’en réjouir. Leur travail montre d’ailleurs la limite de la grande majorité des médias à fournir ce genre de contenu – en direct, dans une foule, pendant 4 heures. Simplement, il faut se souvenir que certaines images viennent avec plus de subjectivité que d’autres.

 

CUTV est composée de sept salariés, et compte sur quelque 400 bénévoles formés au cours des dernières années. Environ le tiers de son financement vient de cotisations des étudiants de l’Université Concordia, et le reste vient de dons et de subventions.

Pour continuer à diffuser en direct, CUTV demande au public de contribuer au financement de la chaîne.

Mercredi soir, la chaîne a amassé 3500 $, a indiqué Laura Kneale, directrice de CUTV.

Précision: des clarifications ont été apportées à la suite des commentaires, qui sont, comme toujours, lus avec grand intérêt.

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