Twitter pourrait retirer des tweets jugés antisémites en France. L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) affirme avoir obtenu de l’avocat représentant le réseau social le retrait des messages que l’association lui signalera.
« On a obtenu qu’ils appliquent spontanément la loi française, pour laquelle une injonction judiciaire n’est pas nécessaire au retrait d’un contenu manifestement illicite », a soutenu Me Stéphane Lilti, qui représente l’UEJF.
L’association compte donc soumettre une liste à Twitter d’ici la fin de la journée; liste qui pourrait évoluer, mentionne-t-elle. L’UEJF avait auparavant menacé l’entreprise américaine de poursuites judiciaires.
Twitter, qui n’a pas confirmé cette entente, se réserve le droit de choisir quels messages retirer. Pour l’instant, aucune demande ne figure sur la liste des demandes de retrait reçues par Twitter.
L’un des sujets les plus débattus en France
Le mot-clic #unbonjuif s’était hissé parmi les sujets les plus discutés en France sur Twitter le 10 octobre dernier. Les messages avec ce mot-clé contenaient des propos visant la communauté juive. Plusieurs utilisateurs disaient alors faire de l’humour et revendiquaient la liberté d’expression.
En laissant passer ces messages, Twitter n’a « pas pris la mesure du racisme et de l’antisémitisme en France alors que la situation n’a jamais été aussi grave », a plaidé de son côté le président de l’UEJF, Jonathan Hayoun.
« Les acteurs du numérique doivent prendre leurs responsabilités. Twitter ne peut être un lieu d’expression hors la loi. » – L’Union des étudiants juifs de France
L’UEJF a aussi réclamé les coordonnées de plusieurs auteurs des tweets incriminés, ce que l’entreprise refuse pour l’instant. L’association compte déposer une requête auprès de la justice française pour obtenir gain de cause à ce sujet. Mais comme le précise Le Monde, il faudrait ensuite une action de la justice américaine pour faire plier Twitter.
Un compte néonazi bloqué en Allemagne
Ce retrait de tweets survient au lendemain de la fermeture du compte d’un groupe néonazi en Allemagne, à la demande des autorités allemandes. C’est la première fois que Twitter se plie à une requête officielle en vertu d’une législation locale. Les messages antérieurs à la requête des autorités allemandes restent visibles en Allemagne et les messages suivants le seront à l’étranger.
Le réseau de microblogage s’est doté d’une politique de retrait du contenu en janvier dernier. Si nous recevons une demande valide et correctement ciblée et d’une autorité compétente, il pourrait être nécessaire de retirer l’accès à certains contenus dans un pays donné de temps à autre », peut-on y lire.
Dans ses conditions d’utilisation, Twitter assure tout mettre en œuvre pour le respect de la liberté d’expression, notamment en rendant public les demandes de retrait de tweets et en informant les utilisateurs concernés.
L’entreprise ajoute ne pas être en mesure de modérer la centaine de millions de tweets quotidiens.
Par ailleurs, le mot-clic #unbonmusulman a fait son apparition sur Twitter ces derniers jours, avec des messages de même nature que #unbonjuif. Aucune plainte pour faire retirer ces messages ne semble avoir été déposée pour le moment.
Avec l’AFP
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