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Pas encore la trentaine, l’allure du gendre parfait, Chris Hughes compte un CV déjà bien garni. Après avoir cofondé Facebook avec Mark Zuckerberg, il a bâti la campagne présidentielle de Barack Obama en ligne en 2008. Aujourd’hui, il dirige Jumo, un organisme qui permet aux individus d’entrer en contact avec des organisations à but non lucratif pour s’impliquer auprès d’elles. Bref, il s’y connaît en « communautés ».

Ce jeune Américain est venu distiller ses conseils lors d’une conférence aujourd’hui, à l’invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Au menu : réseaux sociaux, marketing politique et commercial, et impact à long terme du 2.0.

Le plus étonnant vient peut-être de sa conclusion : sachez vous déconnecter. « Je veux continuer à vivre dans un monde où les gens peuvent prendre un repas sans regarder leur téléphone. Je veux avoir des jours où je ne passe qu’un peu de temps devant un écran », a-t-il lancé.

Sans se prononcer directement sur la stratégie de Facebook qui incite au dévoilement de sa vie privée, il a ajouté qu’il ne voulait pas que ses amis sachent à tout moment ce qu’il était en train de faire. « « Connecter », « partager », « plus vite », « plus facilement » ne veut pas forcément dire « mieux » », a-t-il lancé.

Quelques ingrédients pour un succès 2.0

Toujours est-il que d’un point de vue économique, le web 2.0 a amené son lot de succès. À ce chapitre, Chris Hughes est parti d’un constat : de nombreuses entreprises qui se spécialisent sur les réseaux sociaux ont pris un concept qui fonctionnait déjà très bien (les jeux, la musique, le partage de photos) pour lui ajouter une couche de mobilité ou de social. Quant à la liste des ingrédients qui ont fait le succès de Facebook, il a noté que l’équipe fondatrice avait des intérêts et des compétences divers et variés, mais aussi le goût du risque, d’aller à contre-courant. Reste à avoir l’éclair de génie.

Quant aux entreprises « traditionnelles » qui voudraient accroître leur présence sur les réseaux sociaux, Chris Hughes leur conseille d’y investir les moyens nécessaires. Ce qui veut notamment dire d’y dédier du personnel, mais aussi d’intégrer ces derniers dans le processus de production. Pas de silo, donc.

Celui qui disposerait d’une richesse de 700 millions de dollars a rejeté du revers de la main les craintes d’une bulle technologique. Il évoque plutôt un « boom », ajoutant que plusieurs entreprises dégagent des profits dès les premières années. Et d’évoquer au passage quelques étoiles montantes comme Tumblr, Zynga ou Instagram.

Selon lui, l’avenir est à la mobilité et à l’analyse de données. Sur ce dernier point, il note que cela peut entre autres permettre de mieux répondre aux attentes des consommateurs (comme c’est le cas de Netflix qui ajuste les suggestions de films en fonction de ceux déjà vus).

À écouter : la conférence de Chris Hughes résumée en trois minutes à l’émission Classe économique.

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