Billets classés sous «Inde»

Peut-on changer le monde par le jeu vidéo? C’est le pari que fait la jeune entreprise d’économie sociale montréalaise Decode Global, dont le tout premier jeu, Get Water!, a récemment remporté le prix Create UNAOC, de l’Alliance des civilisations de l’ONU.

Les joueurs se retrouvent dans la peau de la jeune Maya, qui habite un pays en développement (on reconnaît l’Inde) et qui doit constamment manquer l’école pour aller chercher de l’eau potable à des kilomètres de chez elle.

Get Water! Trailer from Decode Global on Vimeo.

Get Water! Sensibilise donc à la réalité de beaucoup de jeunes filles de pays émergents, qui doivent souvent accomplir des tâches domestiques, tandis que les garçons ont accès à l’éducation.

Decode Global, qui a vu le jour en juin 2012, se présente comme un« incubateur de jeux mobiles pour le développement social ».

« Nous voulons développer des jeux amusants et attrayants qui mettent en relief les différents défis du développement international », dit Nicole Darabian, coordonnatrice des partenariats chez Decode Global. « Le jeu nous permet de soulever des problématiques sur un ton qui n’est pas négatif ou misérabiliste, et d’atteindre un public qui n’est pas nécessairement accro aux nouvelles », ajoute-t-elle.

Decode Global a également travaillé en partenariat avec l’UNICEF, en élaborant une trousse distribuée dans des écoles au Canada et aux États-Unis. Cette trousse accompagne le jeu et sert de base de discussion, en classe, sur l’eau potable.

L’entreprise souhaite également aller plus loin que la sensibilisation. Elle collabore avec un groupe qui œuvre à améliorer l’accès à l’eau potable dans les écoles en Inde. Aussi, les joueurs ont la possibilité d’acheter des items, à l’intérieur de Get Water!, qui les aident à se rendre plus loin dans le jeu. Une partie de l’argent ainsi recueilli va à l’éducation des jeunes filles en Inde.

« Nous développons également un jeu destiné à l’Inde, et qui sera adapté aux appareils mobiles d’entrée de gamme, très populaires là-bas. Le jeu permettra de faire de l’éducation auprès des femmes sur des questions d’hygiène », indique Mme Darabian.

Conçu par des technologues humanitaires

Get Water! a été élaboré par de jeunes « technologues humanitaires », recrutés au Brésil, en Ukraine, en Finlande et aux États-Unis, en vertu d’un programme de Decode Global. « Pour nous, un technologue humanitaire, c’est un jeune diplômé qui veut mettre ses compétences techniques au service de la communauté », explique Mme Darabian.

Il a également bénéficié de l’appui technique du centre de recherche sur les jeux TAG Hexagram, de l’Université Concordia.

Hexagram et le Collège Dawson seront d’ailleurs les hôtes d’un stage de 10 semaines, élaboré en collaboration avec Decode Global, qui commencera en juin, et dans lequel les participants apprendront à concevoir des jeux à caractère sociohumanitaire. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 avril.

L’entreprise organise également des ateliers à l’étranger. Les prochains, qui auront lieu à Londres et en Jamaïque, aborderont les thèmes des droits de la personne et des changements climatiques.

Get Water! est pour l’instant disponible en anglais seulement. Nicole Darabian dit espérer que le jeu sera bientôt traduit en français.

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Vincent.Grou@Radio-Canada.ca

Florent DaudensLa revue du web – 13 janvier 2012

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 publié le 13 janvier 2012 à 16 h 37

Aujourd’hui à la revue du web : l’Inde menace de bloquer Google et Facebook; le tournoi de tennis d’Australie sur Twitter; une carte interactive des gaz à effet de serre aux États-Unis; les administrations publiques repensent leurs sites web; 17 jeux vidéo d’un autre temps.

Avec Vincent Grou

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Florent DaudensLa revue du web en 8 liens – 6 décembre 2011

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 publié le 6 décembre 2011 à 16 h 40

Aujourd’hui à la revue du web : le palmarès de Twitter en 2011; Google se porte bien sur le marché publicitaire; les 90 meilleurs Tumblr de l’année; l’Inde veut un contrôle du web; Au-delà du 6 décembre; des sièges pour les twittos au cinéma; des commentaires déplacés de policiers new-yorkais sur Facebook; Google s’implante à Paris.

Avec Catherine Bolduc

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La tablette AkashDeux frères canadiens veulent offrir Internet à des milliards de personnes sur toute la planète.

Raja Singh Tuli et son frère Suneet sont deux entrepreneurs d’origine indienne et élevés au Canada qui possèdent DataWind, l’entreprise ayant commercialisé un gadget appelé la tablette numérique la plus abordable du monde.

« DataWind est également la compagnie qui a mis au point la tablette numérique subventionnée par le gouvernement indien et vendue pour 35 $. L’appareil est appelé Aakash, ou « Ciel », en hindi.

L’appareil, qui a été développé et conçu à Montréal, devrait commencer à apparaître sur les tablettes des magasins indiens le mois prochain, et ce, pour seulement 60 $.

Les frères expliquent que ce qui rend l’appareil parfait pour les pays en développement est son utilisation d’une technologie spéciale qui permet de naviguer sur Internet à une vitesse environ 30 fois supérieure que celle atteinte normalement sur un réseau cellulaire. La tablette, prénommée UbiSlate, fonctionnerait avec le système d’exploitation Android de Google.

L’accès Internet sans fil ne sera donc pas nécessaire pour se connecter, ce qui est extrêmement important pour les gens qui vivent dans des régions éloignées ou des zones rurales.

Il faudra compter 2 $ de plus par mois pour un accès Internet illimité, et le plan vise à permettre aux gens vivant même dans les zones les plus reculées d’être connectés

Cela signifie que les fermiers auront accès aux prévisions météo, l’armée des petits dirigeants d’entreprises indiens pourra se connecter à eBay et à leur serveur de courriels; et, bien tendu, cela signifie aussi des choses que les Canadiens tiennent pour acquises comme le réseautage social et les informations sur les écoles.

« Dans ces villages, il n’y a pas d’autres façons d’avoir accès à Internet, et la population n’a jamais pu y accéder auparavant, raconte Raja Singh Tuli. On parle de gens qui n’ont jamais eu de gadget de cette taille, et n’ont probablement jamais regardé autre chose qu’un écran de télévision. »

L’innovation comme ADN

La stratégie est apparue au Canada, explique l’entrepreneur, dans les bureaux encombrés de DataWind, au 11e étage d’une tour à bureaux de Montréal. La compagnie a également des bureaux à Toronto, et son siège social est situé en Grande-Bretagne.

Les frères Tuli sont arrivés au Canada en provenance de l’Inde en 1980, lorsque leur père, un ingénieur civil, s’est installé à Edmonton.

Ils ont tous deux obtenu le titre d’ingénieur civil à l’Université de Toronto et sont entrepreneurs depuis longtemps, concevant ce qui a déjà été reconnu par le Livre des records Guiness comme le plus petit télécopieur du monde.

Selon M. Tuli, le problème en Inde est le même qui existe dans des marchés émergents comme l’Afrique et l’Asie du Sud-Est, soit un manque d’infrastructures et d’un produit abordable permettant d’accéder à Internet.

Le réseau de téléphonie sans fil mis à contribution

Au cours des dernières années, les tentatives pour relier les Indiens au web se basaient fortement sur un accès sans-fil très développé qui n’existe tout simplement pas. Seule une petite fraction des familles indiennes possède un accès sans fil.
Cependant, 800 millions d’Indiens, et cinq milliards de personnes de partout sur la planète possèdent un téléphone cellulaire. En Inde, il en coûte environ 5 $ par mois pour un service téléphonique sans-fil. Ce réseau cellulaire est ce sur quoi la technologie de DataWind, développée pendant plusieurs années à Montréal, se base.

« Nous avons une technologie qui réduit la quantité de données nécessaires pour naviguer sur Internet par un facteur d’environ 30, voilà l’essentiel de ce que nous faisons, explique M. Tuli. Nous sommes capables d’utiliser l’appareil sur ces réseaux à basse vitesse qui sont disponibles partout et nous sommes en mesure d’acheter cette bande passante et de la vendre à un très bas prix. »

La tablette UbiSlate est en élaboration depuis 18 mois. Le produit comprend désormais un écran de sept pouces de diagonale, le système d’exploitation Android 2.2, un modem intégré, deux ports USB et 256 mégaoctets de mémoire vive.

Les deux frères disent avoir réussi à garder les coûts bas parce qu’ils forment une entreprise plus « intégrée verticalement » que d’autres. Les pièces provenant de partout dans le monde sont assemblées dans une usine d’Hyderabad, en Inde.

Des vidéos en HD pour Bollywood


« Ce n’est pas le PlayBook, ce n’est pas le iPad, l’appareil ne vous donnera pas le même genre de performance, reconnaît volontiers M. Tuli. On ne peut pas y jouer à Angry Birds, l’appareil n’affiche pas de graphismes 3D. » La UbiSlate, par contre, explique-t-il, accomplit bien deux tâches : offrir un accès Internet décent, ainsi que la capacité de jouer des vidéos en haute définition — un aspect essentiel pour une Inde obsédée par Bollywood.

Un petit clavier peut être acheté en supplément, ce qui vient convertir la tablette en un ordinateur ultraléger.

Le modèle indien ne nécessitera pas d’électricité pour en charger la pile. Un petit panneau solaire qui génère environ deux watts d’énergie par jour, sous le soleil indien, sera suffisant pour alimenter l’appareil.

Selon une étude d’une association indienne de l’industrie, moins de 10 pour cent des Indiens ont accès à Internet. Il y aurait environ 112 millions d’internautes, les trois quarts d’entre eux vivant dans les plus grandes villes.

La Presse canadienne

Le militant anticorruption indien Anna Hazare, qui fait une grève de la faim de deux semaines en août dernier, est désormais présent sur les réseaux sociaux.

Le compte Twitter @annahazaresays, mis en ligne aujourd’hui, compte déjà plus de 2000 abonnés. La page Facebook Anna Hazare Says comptait de son côté plus de 1100 adeptes au moment d’écrire ces lignes.

Le militant a également inauguré un blogue en anglais, en hindi et en marathe, Anna Hazare Says. Dans un billet, il affirme qu’Internet lui servira notamment à dialoguer plus facilement avec les gens qui partagent ses points de vue.

En août dernier, nous vous parlions des répercussions de la croisade d’Anna Hazare sur les réseaux sociaux. Nous mentionnions notamment la page Facebook Anna Hazare, qui n’est plus, maintenant, sa page officielle, mais qui compte près de 400 000 adeptes.

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