Billets classés sous «enquête»

Image : CEFRIO

Le Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO) dévoile aujourd’hui les plus récents résultats de son enquête NETendances, qui dresse un portrait de l’utilisation d’Internet au Québec.

Le volet dévoilé aujourd’hui porte sur l’informatisation du Québec en 2012. Parmi les points saillants énumérés dans le rapport, on note que le nombre d’internautes réguliers continue de progresser. 78,3 % des adultes québécois (ensemble des répondants de 18 ans et plus, qu’ils utilisent Internet ou non) utilisent Internet au moins une fois sur une période de sept jours. Cette proportion passe à 93 % chez les internautes (personnes de 18 ans et plus qui utilisent Internet).

On note également qu’entre 2011 et 2012, le taux d’internautes réguliers a augmenté de 4 points de pourcentage chez les personnes âgées de 55 à 74 ans. Le taux d’utilisation d’Internet par des adultes moins scolarisés (études de niveau primaire) a quant à lui augmenté de 11 points de pourcentage au cours de cette période.

L’enquête révèle également que 94 % des foyers québécois branchés le sont à haute vitesse et qu’en moyenne, les adultes québécois passent 17 heures par semaine en ligne.

On apprend aussi qu’une heure sur six de connexion à Internet est passée sur un appareil mobile. Détail intéressant, le CEFRIO constate que si l’utilisation d’appareils mobiles est en hausse, elle se fait de plus en plus de façon sédentaire : « on s’en sert davantage pour accéder à Internet sans avoir à démarrer son ordinateur, ou bien comme deuxième écran lorsqu’on regarde la télévision ».

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Une enquête publiée en fin de semaine dans le New York Review of Books relance la théorie du complot dans l’affaire Dominique Strauss-Kahn (DSK).

L’enquête du journaliste Edward Jay Epstein souligne plusieurs zones d’ombre qui planent sur la journée du 14 mai 2011, où l’ex-patron du Fonds monétaire international (FMI) a été arrêté par les autorités américaines.

Même si les accusations, notamment d’agression sexuelle à l’endroit de la femme de chambre Nafissatou Diallo, ont été abandonnées par les procureurs de la Ville de New York (la plainte au civil suit quant à elle son cours), cette histoire a coûté son poste à DSK et mis un terme à ses ambitions de briguer la présidence française en 2012 pour le Parti socialiste.

Sans fournir de preuves matérielles, Edward Epstein, qui croit fermement que quelqu’un a voulu nuire à la campagne de DSK, fournit une série d’éléments circonstanciels qui soulèvent plusieurs questions sans réponses.

Le BlackBerry perdu

Il mentionne d’abord que le matin du 14 mai, DSK a été averti, par une amie qui travaille de façon transitoire pour l’UMP (parti du président Nicolas Sarkozy), qu’au moins un courriel envoyé à sa femme à partir de son BlackBerry avait été lu par des membres de l’UMP. Après avoir reçu cette information, DSK a téléphoné à sa femme pour lui demander de contacter un ami, afin de faire examiner son BlackBerry le plus rapidement possible.

L’appareil sera égaré dans le courant de la journée par DSK. Il n’a pas été retrouvé à ce jour. L’enquête d’Edward Epstein démontre que le système de localisation GPS du BlackBerry a été désactivé un peu plus d’une demi-heure après le dernier appel fait par DSK. Selon un expert consulté par M. Epstein, à moins que l’appareil n’ait été brisé par accident, la désactivation du GPS requiert une certaine connaissance technique sur son fonctionnement.

Mystérieuse « danse de célébration »

Le journaliste évoque également une vidéo tirée des caméras de surveillance de l’hôtel Sofitel, où résidait DSK. Selon M. Epstein, on y voit un responsable de la sécurité de l’hôtel et un autre homme, non identifié,  faire « ce qui ressemblait à une extraordinaire danse de célébration qui dure trois minutes », après avoir entendu la version des faits de Nafissatou Diallo.

Le groupe français Accor, propriétaire du Sofitel, a publié un communiqué dans lequel il affirme que la scène dure plutôt huit secondes et qu’il n’y a pas de « danse de fête ». Selon réseau France 2 M. Yearwood et l’homme non identifié ont déclaré que la « célébration » était en lien avec un « résultat sportif ».

Quoi qu’il en soit, le journaliste réclame que le groupe Accor diffuse la vidéo. Dans une entrevue accordée à Paris Match publiée lundi, il menace de rendre lui-même publique la vidéo. « J’attends le feu vert de mes sources, mais j’ai bon espoir de l’obtenir mardi 29 novembre », dit-il.

Sur Twitter, M. Epstein accusait dimanche Accor d’avoir nié l’existence même de la vidéo.

La chambre 2820

L’enquête du journaliste démontre aussi que la femme de chambre s’est rendue dans la chambre 2820 du Sofitel, voisine de celle de DSK, dans les moments qui ont suivi leur rencontre. Elle y était également allée avant le départ de la personne qui occupait cette chambre. Dans sa plainte à la police, elle avait omis de souligner ce détail. Si elle l’avait fait, ont noté les procureurs, la chambre 2820 aurait été considérée comme une scène de crime et aurait été fouillée.

Dans le communiqué cité plus haut, le groupe Accor, sans dévoiler l’identité du client, affirme plutôt que ce dernier a réglé sa chambre à 11 h 36 et que Mme Diallo a fait le ménage immédiatement après. « L’insinuation selon laquelle le client occupant la chambre 2820 serait impliqué dans l’incident est donc fausse et sans fondement », ajoute le communiqué.

Un journaliste spécialiste du complot

Rue89 publiait hier une intéressante chronologie des éléments relatés dans l’enquête d’Edward Epstein. L’article met également en lumière quelques failles de son enquête. Par exemple, on ignore s’il existe des vidéos qui auraient été filmées à l’étage où se trouvent la suite louée par DSK et la chambre 2820.

Le site d’information publie également un portrait d’Edward Jay Epstein, rappelle qu’il se spécialise dans la théorie du complot et des sujets remis en question, comme les attentats du 11 septembre, des attaques à l’anthrax et de l’assassinat de John F. Kennedy.

Rue89 souligne d’ailleurs que sur le site officiel d’Edward Jay Epstein comporte notamment une section consacrée à démonter des exclusivités du New York Times. L’article ajoute que le site tente également de mettre à mal certains mythes, comme celui de la prétendue forteresse d’Oussama ben Laden.

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Les humoristes Guy Nantel, Jean-François Mercier et Mike Ward viennent de mettre en ligne une vidéo qui tourne en dérision la commission d’enquête annoncée par le gouvernement Charest la semaine dernière et la volte-face du gouvernement quant aux pouvoirs de cette commission.

On y voit Guy Nantel en premier ministre aucunement embarrassé par sa volte-face, Jean-François Mercier en ministre de la Justice d’abord outré par ce revirement de situation, mais vite calmé à la suite de l’intervention d’un hypnotiseur, et Mike Ward en juge aveugle qui présidera cette commission.

Au moment d’écrire ces lignes, la vidéo, mise en ligne lundi soir, avait été vue plus de 7700 fois.

Avant le début du sketch, un avertissement : « Toute ressemblance avec la réalité est le fruit du hasard. La réalité est encore plus ridicule et absurde que ce sketch. » À la fin, un commentaire : « Mettons fin à l’intimidation, la corruption et au monopole dans le milieu de la construction au Québec. »

En entrevue, Guy Nantel explique que l’idée lui est venue spontanément, en écoutant la conférence de presse de Jean Charest, mercredi dernier. « C’était une véritable insulte à l’intelligence. Du déni de démocratie », dit-il. « J’ai appelé Jean-François Mercier et Mike Ward, et on a décidé de faire un sketch pour dénoncer ça. »

Il a donc pondu une première version vendredi, puis est survenue la volte-face du gouvernement pendant le congrès du Parti libéral du Québec. « Au début, j’étais un peu découragé, car ça contredisait ce que je venais d’écrire. Puis, je me suis rendu compte que ça rendait la situation encore plus absurde. On a donc retravaillé le texte, et on a enregistré le tout dimanche soir », explique l’humoriste.

La vidéo contient bon nombre de propos grossiers. Ne craignent-ils pas que leur « Je ne veux pas parler pour Mike Ward et Jean-François Mercier, mais je tenais, avant tout, à ne pas les censurer. Et ce qu’ils font là s’inscrit en droite ligne dans leur style. Je trouverais dommage et superficiel que les gens s’attardent au langage, sans écouter les propos qui sont derrière », dit Guy Nantel.

Est-ce une réponse à ceux qui trouvent que l’humour n’est pas assez politique au Québec? « Pas du tout. Je ne sens pas le besoin de répondre à ça. »

Le sketch montre le premier ministre qui reçoit un cadeau de la part de « Monsieur Accurso ». Craignent-ils les poursuites? « On ne nomme personne en particulier, des Accurso, il y en a beaucoup en Italie », dit Guy Nantel, un sourire dans la voix. Il souligne que personne du gouvernement n’est nommé dans la vidéo : « Le premier ministre s’appelle Guy Nantel, le ministre de la Justice Jean-François Mercier et le juge Mike Ward. Si quelqu’un décidait de nous poursuivre, ça voudrait dire qu’il se reconnaît et ça ne ferait qu’ajouter à l’absurdité de toute cette histoire. »

Par ailleurs, mentionnons que dans la vidéo, on peut voir l’adresse www.grossebullshit.org. L’adresse renvoie pour le moment à une coquille plutôt vide. Guy Nantel précise que ce ne sont pas les trois humoristes qui ont mis cette page en ligne : « Quand on a tourné la vidéo, dimanche soir, on a vérifié et l’adresse n’était pas prise. Quelqu’un aura sûrement acheté le nom de domaine après avoir vu le sketch. »

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On attendait avec impatience la réaction d’organismes de protection de la vie privée aux changements majeurs annoncés par Facebook la semaine dernière.

Cette refonte, qui n’était jusqu’ici visible que pour les développeurs de Facebook, commencera à partir d’aujourd’hui à être déployée pour l’ensemble des quelque 800 millions d’abonnés du réseau social. Au cours de prochains jours vous verrez donc, si ce n’est déjà fait, votre profil Facebook complètement transformé.

Pour un survol de ces changements et de leurs implications, consultez cet article de mon collègue Florent Daudens qui, plus tôt cette semaine, expliquait comment s’y retrouver avec ces nouveautés.

Pendant ce temps, 10 organismes américains de protection de la vie privée, menés par l’Electronic Privacy Information Center, réclament une enquête sur ces changements. Dans une lettre adressée à la Federal Trade Commission (FTC), ils s’inquiètent de ce que ces changements impliqueront en matière de vie privée.

Des exemples troublants

Les exemples déclinés dans la lettre donnent froid dans le dos. Les inquiétudes des organismes concernent notamment la nouvelle ligne du temps (Timeline) et le fil en continu, ou télex (Ticker) dévoilés par Facebook.

Ils citent cet article de Computerworld, selon qui la ligne du temps facilitera la tâche des pirates informatiques à la recherche d’informations personnelles en vue de mener des attaques.

La lettre, souligne aussi que Facebook incite fortement ses utilisateurs à mettre le plus d’informations personnelles possible sur leur ligne du temps. Cette pratique se fait au détriment des consommateurs, car ces informations seront utilisées par Facebook et par des tiers, notamment à des fins publicitaires. Mais aussi parce que Facebook pourrait changer, sans avertissement, ses conditions d’utilisation, et révéler ces informations personnelles.

La ligne du temps contient, par exemple, une section sur la santé de l’utilisateur. Vous pouvez maintenant indiquer, par exemple, que vous vous êtes fracturé un bras. Ce type de renseignement constitue « une véritable mine d’or actuarielle », estime David Meyer, de ZDNet.

Les organismes signataires dénoncent également le fait que le fil en continu permet d’être témoin d’interactions, sur Facebook,  entre des gens que vous ne connaissez pas. Ce fil est également un  outil qui permet de voir en direct la musique que vos contacts écoutent, les films qu’ils regardent ou les lectures qu’ils font (s’ils ont installé les applications pour ce faire). La lettre cite cet article de Ted Samson, d’InfoWorld qui explique qu’en voyant passer sur son fil un message d’un parfait inconnu, a découvert qu’un de ses amis avait commenté le site web d’un film porno homosexuel.

Malgré cela, souligne la lettre, dans sa rubrique d’aide, Facebook affirme que le télex ne change pas vos paramètres de sécurité. « Si le télex affiche des actualités que vous n’avez pas remarquées auparavant, c’est probablement parce qu’il rend les choses plus simples », affirme la rubrique. Affirmation que réfutent les signataires de la lettre.

Confus, comme toujours

Les organismes de protection de la vie privée estiment que les changements  fréquents sur Facebook sèment la confusion et font en sorte que les usagers ne sont pas portés à modifier leurs paramètres de sécurité. Paramètres qui, au demeurant, sont souvent complexes à modifier. La lettre cite l’exemple de l’application du Washington Post. Au moins sept étapes doivent être franchies si vous ne voulez que vos contacts sachent ce que vous lisez via cette application.

« Cette confusion mène à la prolifération de la désinformation », ajoute la lettre.

Les groupes estiment également que ces nouvelles fonctions bafouent les précédentes mesures mises en place par Facebook pour protéger la vie privée de ses utilisateurs.

En conclusion, les organismes estiment que les changements sur Facebook constituent une pratique commerciale trompeuse et inéquitable, qui contrevient à la loi américaine de protection du consommateur. Voilà pourquoi ils demandent à la FTC d’enquêter.

La Commissariat à la vie privée reste sur ces gardes

Au Canada, le Commissariat à la protection de la vie privée dit suivre de près la constante évolution de Facebook (et des autres réseaux sociaux).

Anne-Marie Hayden, directrice des communications, a indiqué à Radio-Canada.ca que Facebook a présenté au Commissariat un sommaire des changements avait annoncés le 22 septembre dernier. « Nous effectuerons un examen très attentif de ces changements en fonction de leurs répercussions sur la vie privée des Canadiennes et des Canadiens. Nous prendrons les mesures nécessaires si nous croyons qu’il est possible que se produisent de nouvelles violations de la loi canadienne sur la protection des renseignements personnels », dit-elle. Elle ajoute que jusqu’à maintenant, le commissariat n’a reçu aucune plainte ni demande de renseignements au sujet de ces changements.

En 2009, à la suite d’une longue enquête et d’une série de recommandations, le Commissariat s’était dit satisfait de la réponse de Facebook. L’organisme dit toutefois avoir reçu d’autres plaintes depuis.

La lettre des dix organismes

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Vincent GrouCampagnes de la dernière chance pour Troy Davis

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 publié le 20 septembre 2011 à 16 h 01

Aux États-Unis, le comité des grâces de l’État de la Georgie a refusé d’accorder la grâce à Troy Davis, condamné à mort en 1991 pour le meurtre d’un policier survenu deux ans plus tôt.

Depuis des années, Troy Davis jouit de nombreux appuis en ligne, notamment en raison du fait que l’enquête qui a mené à sa condamnation comporte plusieurs zones d’ombre.

Amnistie internationale faisait circuler cette pétition en ligne à l’intention du comité des grâces.  À la suite de son refus,Amnistie lui demande de revoir sa décision.

Le groupe progressiste Change.org demande de son côté aux internautes de signer cette pétition pour le procureur du comté de Chatham.

Le Southern Center for Human Rights et sénateur de Georgie Vincent Fort ont pour leur part lancé un appel à la grève et à la désobéissance à l’équipe médicale qui doit superviser l’exécutions et au personnel de la prison où la mise à mort du condamné doit avoir lieu.

L’ACLU, l’union américaine de défense des libertés civiles, publie une liste d’action que les gens sont invités à faire d’ici mercredi : appels, courriels, pressions, etc. Même chose du côté de la coalition nationale pour l’abolition de la peine de mort.

Sur les réseaux sociaux

Soulignons également que la NAACP, l’association nationale pour l’avancement des personnes de couleur, de concert avec Amnistie internationale, a lancé la campagne Too Much Doubt, pour souligner que trop de doutes subsistent pour exécuter Troy Davis.

Sur Twitter, les usagers sont donc invités à utiliser le mot-clé #TooMuchDoubt et à changer leur avatar pour une photo de Troy Davis.

Soulignons également les pages de soutien à Troy Davis sur Facebook, comme Troy Anthony Davis, An Innocent Man Facing Execution in Georgia, Save Troy Davis From ExecutionSave Troy Davis et Troy Davis. Il s’agit de pages qui ont un nombre relativement restreint d’adeptes, mais qui ont gagné en popularité depuis l’annonce du comité des grâces.

Mentionnons qu’Amnistie France propose un documentaire sur l’enquête et le procès qui a mené à la condamnation à mort de Troy Davis. Le documentaire, présenté en quatre épisodes, met en lumière les différentes zones d’ombre qui planent sur ce dossier.

Soulignons enfin cette chanson de l’auteure-compositrice-interprète Nellie McKay.

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