Le gouvernement britannique n’a pas cherché à obtenir le pouvoir de suspendre les réseaux sociaux en période de troubles, a indiqué le ministère de l’Intérieur, à la suite d’une rencontre avec les représentants de l’industrie.
Twitter, Facebook et le fabricant du BlackBerry étaient conviés, jeudi, à une réunion à Londres avec des responsables du gouvernement et des forces de l’ordre, pour faire le point sur les récentes émeutes qui ont enflammé l’Angleterre au mois d’août.

Des policiers antiémeutes à Hackney, le 8 août. La Presse Canadienne/Lefteris Pitarakis
Les discussions, présidées par la ministre de l’Intérieur Theresa May, « ont porté sur la façon dont le système judiciaire et les réseaux sociaux peuvent consolider les relations existantes [...] pour éviter que les réseaux sociaux ne soient utilisés à des fins criminelles », a déclaré une porte-parole du ministère.
Durant les émeutes, des fauteurs de troubles se sont surtout servis de la messagerie de BlackBerry, dont les échanges sont cryptés, pour communiquer entre eux, ce qui a compliqué le travail des policiers. Ils ont également utilisé Facebook et Twitter.
Pour mettre un terme aux débordements, le premier ministre britannique, David Cameron, avait déclaré devant le Parlement étudier la possibilité de bloquer l’accès à ces réseaux à des gens clairement mal intentionnés lors de troubles violents. La police londonienne était allée encore plus loin en envisageant la possibilité de désactiver temporairement les réseaux sociaux.
Ces suggestions avaient soulevé de nombreuses inquiétudes, notamment chez les groupes de défense des droits de la personne, qui y voyaient un rapprochement avec ce qui se fait en Chine, en Iran ou en Syrie.
Une coalition d’une dizaine de groupes a d’ailleurs écrit à la ministre May pour lui faire part de ses préoccupations quant à la possible adoption de mesures qui étendraient les pouvoirs du gouvernement sur les réseaux de communications. La coalition s’inquiétait notamment du fait que les discussions avaient lieu à huis clos.
Marche arrière

David Cameron rencontre des responsables de la police, des services d'urgence et d'incendie, le 10 août 2011. AFP PHOTO/Paul Elli
Mais le gouvernement britannique et les forces de l’ordre semblent maintenant vouloir se concentrer davantage sur les moyens d’améliorer la surveillance des réseaux sociaux et le repérage des fauteurs de troubles.
Une représentante de Twitter, citée par la BBC, a déclaré à la fin de la rencontre que son entreprise était toujours disposée « à explorer les moyens que peut prendre le site de microblogage pour être utile et pertinent en période de crise ».
«Nous avons bien accueilli le fait qu’il s’agissait d’un dialogue sur les façons de travailler ensemble pour assurer la sécurité des gens, plutôt que pour imposer de nouvelles restrictions sur le service Internet», a déclaré pour sa part un porte-parole de Facebook à la BBC.
« Il n’y a pas de place pour des activités illégales sur Facebook et nous sommes fermes à l’endroit de ceux qui brisent les règles », a ajouté la représentante de l’entreprise.
Deux jeunes Britanniques âgés de 20 et 22 ans ont été arrêtés, puis condamnés à 4 ans de prison après avoir créé, chacun, une page Facebook incitant les gens à participer à des émeutes, même si leurs plans respectifs ne se sont jamais concrétisés.
Avec BBC, AFP et The Guardian
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