La campagne à l’investiture républicaine de Rick Perry semble plus que jamais compromise, selon la plupart des analystes politiques, à la suite de son trou de mémoire survenu lors du débat de mercredi soir à Rochester, au Michigan.
Le gouverneur du Texas, qui tentait de relancer une campagne déjà chancelante, a été l’objet d’un trou de mémoire alors qu’il énumérait trois agences gouvernementales qu’il comptait supprimer s’il était élu. Après avoir nommé les départements du Commerce et de l’Éducation, il a été incapable, pendant les 53 embarrassantes secondes qui ont suivi, de nommer la troisième agence.
Ce n’est qu’un quart d’heure plus tard, lorsque les modérateurs lui ont redonné la parole, qu’il a précisé qu’il s’agissait du département de l’Énergie.
Mais le mal était fait. Et le « oups » un peu gêné qu’il a lancé à la fin des 53 secondes est depuis objet de dérision sur Twitter. Le mot-clé #oops regorge de blagues, de quolibets et de moqueries à l’endroit de Rick Perry. Idem pour les mots-clés #RickPerryMoment (moment Rick Perry) et #icantrememberthethirdone (je ne peux me souvenir du troisième).
Jeudi, le gouverneur du Texas tentait de récupérer cette bourde à son avantage. Sur son site web, un sondage en ligne demande aux internautes laquelle des agences gouvernementales ils aimeraient le plus oublier. CNN rapporte d’ailleurs que l’équipe de campagne de Rick Perry a envoyé un courriel à ses partisans, leur demandant de faire un don de 5 $ pour chaque agence gouvernementale qu’ils aimeraient voir disparaître.
De son côté, Buzzfeed a recensé une vingtaine de messages laissés par des partisans de Rick Perry sur les réseaux sociaux, pour tenter d’atténuer l’importance des 53 secondes. « Qui n’a jamais eu de trou de mémoire? », demandent plusieurs.
Le gouverneur du Texas n’en est pas à son premier moment embarrassant. À la fin octobre, lors d’un discours prononcé au New Hampshire, son attitude désinvolte a été à l’origine d’une rumeur voulant qu’il était ivre. Sa campagne a plutôt argué qu’il était simplement passionné par son sujet (voir un condensé de son discours ici). Cette explication n’a pas fait taire ses détracteurs.
Le trou de mémoire de mercredi marque-t-il la fin de la campagne de Rick Perry? Le New York Times, Fox News, Politico, Talking Points Memo, le Washington Post, DC Decoder et le Huffington Post, entre autres, semblent à tout le moins croire qu’elle est en sérieuse difficulté.
Les férus de politique municipale se rappelleront que Gérald Tremblay, lors d’un débat des candidats à la mairie de Montréal, en 2001, avait été désarçonné par une question de Pierre Bourque. Il avait mis 16 secondes, qui avaient paru interminables, avant de répondre.
Au lendemain du débat, plusieurs observateurs avaient estimé que cette longue hésitation allait couler Gérald Tremblay. Son équipe avait toutefois conçu une publicité dans laquelle on voyait cet extrait du débat. M. Tremblay invitait ensuite les électeurs à faire comme lui, le jour du vote, et à réfléchir 16 secondes avant de faire leur choix.  Le soir du scrutin, Gérald Tremblay était élu.
Mise à jour, 15 h 20 : Selon le Washington Post, Rick Perry sera jeudi soir au Late Show David Letterman, où il aura certes l’occasion de se moquer un peu de lui-même.
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