Billets classés sous «DSK»

Le Monde et la chaîne française d’information en continu BFM-TV ont eu accès aux vidéos de surveillance du Sofitel de New York du 14 mai dernier, le jour où Dominique Strauss-Kahn a été arrêté pour des soupçons d’agression sexuelle envers une femme de chambre, Nafissatou Diallo.

Ces enregistrements montrent entre autres l’ex-directeur du Fonds monétaire international quitter l’hôtel « visiblement calme et peu pressé », écrit le quotidien. On y voit aussi Mme Diallo lors de sa prise en charge par le service de sécurité de l’hôtel.

Sans compter la « danse de la joie » qui a fait couler tant d’encre après une enquête d’Edward Jay Epstein publiée par la New York Review of Books. Celui-ci avait évoqué une danse de trois minutes et avait menacé de rendre publics ces enregistrements, avant de dire qu’il ne les possédait pas. Depuis, il a admis une erreur sur la durée et la publication a écrit un erratum.

http://www.youtube.com/watch?v=I4Y3na0rep0

Dès la publication de l’article de M. Epstein, le groupe Accor, propriétaire du Sofitel, avait affirmé que les deux employés avaient « catégoriquement nié » que cet échange un rapport avec l’affaire DSK.

Les poursuites pénales engagées aux États-Unis contre cet homme politique français ont été abandonnées en août. Une procédure au civil reste en cours et son nom a été cité dans une enquête en France sur un possible réseau de proxénétisme. En outre, la procédure ouverte contre lui en France à la suite de la plainte de Tristane Banon pour tentative de viol a été abandonnée.

Sur les ondes d’Europe 1, l’avocat de DSK, Henri Leclerc, a rejeté la thèse d’un complot contre son client. « Je n’ai aucune preuve qu’il y a un complot », a-t-il martelé.

Dans une entrevue à son retour en France, le principal intéressé avait reconnu avoir eu une « relation inappropriée » avec Nafissatou Diallo. Au sujet d’un éventuel complot, il avait eu ces mots : « un piège, c’est possible, un complot, nous verrons ».

Avec AFP, BFM-TV et Le Monde

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Une enquête publiée en fin de semaine dans le New York Review of Books relance la théorie du complot dans l’affaire Dominique Strauss-Kahn (DSK).

L’enquête du journaliste Edward Jay Epstein souligne plusieurs zones d’ombre qui planent sur la journée du 14 mai 2011, où l’ex-patron du Fonds monétaire international (FMI) a été arrêté par les autorités américaines.

Même si les accusations, notamment d’agression sexuelle à l’endroit de la femme de chambre Nafissatou Diallo, ont été abandonnées par les procureurs de la Ville de New York (la plainte au civil suit quant à elle son cours), cette histoire a coûté son poste à DSK et mis un terme à ses ambitions de briguer la présidence française en 2012 pour le Parti socialiste.

Sans fournir de preuves matérielles, Edward Epstein, qui croit fermement que quelqu’un a voulu nuire à la campagne de DSK, fournit une série d’éléments circonstanciels qui soulèvent plusieurs questions sans réponses.

Le BlackBerry perdu

Il mentionne d’abord que le matin du 14 mai, DSK a été averti, par une amie qui travaille de façon transitoire pour l’UMP (parti du président Nicolas Sarkozy), qu’au moins un courriel envoyé à sa femme à partir de son BlackBerry avait été lu par des membres de l’UMP. Après avoir reçu cette information, DSK a téléphoné à sa femme pour lui demander de contacter un ami, afin de faire examiner son BlackBerry le plus rapidement possible.

L’appareil sera égaré dans le courant de la journée par DSK. Il n’a pas été retrouvé à ce jour. L’enquête d’Edward Epstein démontre que le système de localisation GPS du BlackBerry a été désactivé un peu plus d’une demi-heure après le dernier appel fait par DSK. Selon un expert consulté par M. Epstein, à moins que l’appareil n’ait été brisé par accident, la désactivation du GPS requiert une certaine connaissance technique sur son fonctionnement.

Mystérieuse « danse de célébration »

Le journaliste évoque également une vidéo tirée des caméras de surveillance de l’hôtel Sofitel, où résidait DSK. Selon M. Epstein, on y voit un responsable de la sécurité de l’hôtel et un autre homme, non identifié,  faire « ce qui ressemblait à une extraordinaire danse de célébration qui dure trois minutes », après avoir entendu la version des faits de Nafissatou Diallo.

Le groupe français Accor, propriétaire du Sofitel, a publié un communiqué dans lequel il affirme que la scène dure plutôt huit secondes et qu’il n’y a pas de « danse de fête ». Selon réseau France 2 M. Yearwood et l’homme non identifié ont déclaré que la « célébration » était en lien avec un « résultat sportif ».

Quoi qu’il en soit, le journaliste réclame que le groupe Accor diffuse la vidéo. Dans une entrevue accordée à Paris Match publiée lundi, il menace de rendre lui-même publique la vidéo. « J’attends le feu vert de mes sources, mais j’ai bon espoir de l’obtenir mardi 29 novembre », dit-il.

Sur Twitter, M. Epstein accusait dimanche Accor d’avoir nié l’existence même de la vidéo.

La chambre 2820

L’enquête du journaliste démontre aussi que la femme de chambre s’est rendue dans la chambre 2820 du Sofitel, voisine de celle de DSK, dans les moments qui ont suivi leur rencontre. Elle y était également allée avant le départ de la personne qui occupait cette chambre. Dans sa plainte à la police, elle avait omis de souligner ce détail. Si elle l’avait fait, ont noté les procureurs, la chambre 2820 aurait été considérée comme une scène de crime et aurait été fouillée.

Dans le communiqué cité plus haut, le groupe Accor, sans dévoiler l’identité du client, affirme plutôt que ce dernier a réglé sa chambre à 11 h 36 et que Mme Diallo a fait le ménage immédiatement après. « L’insinuation selon laquelle le client occupant la chambre 2820 serait impliqué dans l’incident est donc fausse et sans fondement », ajoute le communiqué.

Un journaliste spécialiste du complot

Rue89 publiait hier une intéressante chronologie des éléments relatés dans l’enquête d’Edward Epstein. L’article met également en lumière quelques failles de son enquête. Par exemple, on ignore s’il existe des vidéos qui auraient été filmées à l’étage où se trouvent la suite louée par DSK et la chambre 2820.

Le site d’information publie également un portrait d’Edward Jay Epstein, rappelle qu’il se spécialise dans la théorie du complot et des sujets remis en question, comme les attentats du 11 septembre, des attaques à l’anthrax et de l’assassinat de John F. Kennedy.

Rue89 souligne d’ailleurs que sur le site officiel d’Edward Jay Epstein comporte notamment une section consacrée à démonter des exclusivités du New York Times. L’article ajoute que le site tente également de mettre à mal certains mythes, comme celui de la prétendue forteresse d’Oussama ben Laden.

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L’onde de choc provoquée par l’inculpation du directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn se répercute sur la toile. On n’a qu’à tenter de suivre le mot-clé #DSK sur Twitter pour s’en rendre compte.

Sa comparution, lundi, a été relatée en direct sur Twitter par les journalistes Stephane Jourdain @daftkurt, Jean-Philippe Balasse @balasseNY, François Dufour @dufourdufour, Grégory Philipps @gregphil et en anglais par Jon Swaine @jonswaine.

L’affaire est également suivie en direct par les grands médias français comme Le Monde, Le Nouvel Observateur, Libération et Le Figaro, pour ne nommer qu’eux.

Billet intéressant, aussi, de Webdorado, sur la « tyrannie de l’e-média » (prononcer immédiat), qui recense des articles dénonçant la rapidité avec laquelle Internet peut, à coup de rumeurs ou d’inexactitudes, détruire une réputation sans laisser à la justice le temps de suivre son cours.

Parmi ces rumeurs, fondées ou non, notons celles qui concernent l’agression dont aurait été victime, en 2002, la journaliste française Tristane Banon. L’histoire est relatée dans cet article de Rue89, où on peut voir une vidéo de Mme Banon qui raconte l’histoire, en 2007, à l’émission 93, Faubourg Saint-Honoré, animée à l’époque par Thierry Ardisson.

La rumeur s’est emballée quand un compte Twitter nommé @Tristane_Banon a annoncé qu’une plainte avait été déposée pour l’affaire de 2002. L’information s’est répandue comme une traînée de poudre, jusqu’à ce que certains se mettent à se questionner sur l’authenticité de ce compte, jusqu’à ce que différents médias, dont Le Post, confirment qu’il s’agissait d’un faux. Les quelques centaines d’abonnements à ce compte ont fondu comme neige au soleil dans les instants qui ont suivi l’annonce de la supercherie.

Et toujours au rayon des réputations ternies, soulignons cette vidéo du tabloïd taiwanais à scandales Apple Daily, qui semble avoir déjà conclu à la culpabilité du grand patron du FMI.

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