Billets classés sous «droits de scolarité»

Les images des profils Twitter de Martine Desjardins et François Legault

Les oiseaux de nuit ont pu assister hier soir à un vif échange sur Twitter entre la présidente de la Fédération universitaire du Québec, Martine Desjardins, et le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, au sujet des droits de scolarité.

À l’origine de ce « tweet-fight », ce message de M. Legault, qui a réanimé son compte Twitter depuis quelques jours : « Lorsqu’on compare avec le financement des universités du reste du Canada et qu’on voit des professeurs quitter, il y a sous-financement ».

La réplique de Mme Desjardins n’a pas tardé, celle-ci estimant qu’il s’agit d’une analyse réductrice. Les deux ont ensuite devisé pendant deux heures, parvenant difficilement à trouver un terrain d’entente.

Mal financement contre sous-financement

La présidente de la FEUQ a martelé la position qu’elle défend depuis le début du conflit étudiant : les universités sont mal financées, et non sous-financées. Elle estime pouvoir dégager des économies de 189 millions de dollars avec une meilleure gestion.

De son côté, François Legault soutient que les universités québécois accusent un écart de financement d’au minimum 500 millions de dollars avec celles du reste du pays. Il propose que les étudiants paient 200 millions et les contribuables 300.

Martine Desjardins a émis des doutes sur ces chiffres, affirmant au passage que les étudiants ont déjà dû payer 350 millions de plus ces cinq dernières années. Elle reproche au chef de la CAQ de ne pas disposer d’objectifs précis, notamment au niveau du nombre de professeurs nécessaires. « Pourquoi ne pas définir vos objectifs? Vérifier la gestion des universités? Au lieu d’augmenter l’endettement des étudiants et des familles? », écrit-elle.

Au fil de cet échange qui est resté courtois, chacun a tenu sa ligne; François Legault a insisté sur la comparaison avec les universités canadiennes, Martine Desjardins sur l’évaluation de la gestion des universités québécoises.

Toutefois, cette discussion publique a permis à plusieurs internautes de prendre connaissance des arguments des deux protagonistes, voire de participer aux échanges.

« Une théatralisation du débat démocratique »

On a d’ailleurs pu assister à plusieurs échanges sur Twitter de la classe politique québécoise ces dernières semaines. Une tendance que l’on peut voir dans de nombreux pays, surtout dans l’arène politique. Interrogé à ce sujet par Owni, le sociologue Antonio Casilli estime que « le tweet clash théâtralise un débat démocratique en pleine mutation ». « Tout le jeu politique moderne est basé sur la recherche de consensus et de compromis. De ce point de vue, le tweet clash peut être lu comme la résurgence d’une forme de discorde démocratique ancienne », estime le sociologue.

« Ce qu’on cherche avant tout, à travers l’expression des passions politiques et personnelles, c’est à convaincre les autres du bien-fondé de nos positions. Tout cela aboutit donc à une manifestation – du désaccord – qui aide à caractériser les positions parfois trop floues des hommes politiques. » – Antonio Casilli, sociologue

Les différents partis politiques québécois tentent d’ailleurs de se positionner sur les réseaux sociaux alors que les rumeurs d’élections s’intensifient. À l’instar de François Legault qui s’est remis à twitter dernièrement, l’équipe du premier ministre Jean Charest a investi Facebook. Ce dernier n’est pas sur Twitter, tout comme Pauline Marois, tandis qu’Amir Khadir s’y trouve aussi.

Les partis politiques sur Twitter

Les partis politiques sur Facebook

Les chefs des partis sur Facebook

Avec Bruno Maltais

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Florent DaudensLa crise vue par les médias étrangers

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 publié le 25 mai 2012 à 21 h 52

Comment la presse internationale traite-t-elle la situation au Québec? Nous avons compilé plusieurs articles et reportages au fil de nos recherches, en excluant les reprises de dépêches d’agences de presse. N’hésitez pas à nous en soumettre d’autres.

Crise au Québec et Monde / Royaume-Uni / États-Unis dans Florent Daudens (fdaudens)

Avec la contribution de Jean-Yves Ahern, Baptiste Barbe, Guy Boulanger, Sylvie Jochems, Jérôme Lussier, Laila Maalouf et Emmanuelle Walter.

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Les sites de la Sécurité publique et de la Déontologie policière du Québec ont tous deux été piratés par les Anonymous lundi en représailles à l’adoption de la loi spéciale. Ils deviennent ainsi les deux derniers en date à être la cible du groupuscule de pirates dans le cadre de l’« Opération Québec ».

On a ainsi pu lire brièvement la signature de la nébuleuse de pirates : « Nous sommes Anonymes. Nous sommes Légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas. Redoutez -nous ». Dans une vidéo sur YouTube, le groupuscule déclare que le gouvernement du Québec « assassine le droit de manifester en adoptant une loi d’urgence ».

Une autre vidéo ajoute que « la récréation est terminée ». Celle-ci ne semble pas créée localement, puisqu’elle utilise toutefois des expressions françaises plutôt que québécoises, comme « bisounours » au lieu de « calinours » ou encore « ravaler la façade » ou « channel » pour « canal IRC ».

La porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Valérie Savard, explique que les informaticiens du ministère tentent de rétablir la situation. Elle n’a pu préciser si des données avaient été volées ou endommagées.

Samedi, les sites du Parti libéral du Québec (PLQ) et de l’Assemblée nationale avaient aussi été attaqués. Celui de l’Assemblée nationale était rapidement revenu en ligne, mais celui du PLQ reste inaccessible. Michel Rochette, directeur des communications du parti, explique que les pirates ciblent les sites le week-end, car l’hébergeur du site est en effectif restreint, ce qui rend le retour en ligne plus long. Et d’ajouter que le service de courriel continue de fonctionner et qu’aucune donnée n’a été compromise.

Les sites du ministère de l’Éducation et de l’Aide financière aux études sont aussi hors ligne depuis samedi. Il ne s’agit toutefois pas de piratage; le ministère met ces deux sites hors ligne le week-end à titre préventif depuis plusieurs semaines. Ceux-ci avaient été la cible d’attaques le mois dernier.

Plusieurs des attaques des derniers jours étaient de type « déni de service », ce qui consiste à saturer les serveurs informatiques de requêtes simultanées. Ceux-ci deviennent alors incapables de répondre à la demande, rendant le site inaccessible. Toutefois, l’attaque sur le site du ministère de la Sécurité publique semble plus complexe, puisque les Anonymous ont été capables d’y afficher un message.

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Deux vidéos sur le travail de la police lors de la manifestation de dimanche dernier, qui s’est soldée par 300 arrestations, ont fait surface sur les réseaux sociaux. Les deux ont été tournées par des internautes.

La première implique une voiture de police qui avance alors qu’une personne se trouve sur le capot. Elle ne donne toutefois pas le contexte de l’évènement.

Contacté à ce sujet, Ian Lafrenière, le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, estime que « la personne s’est installée devant le véhicule de police et a voulu le bloquer ». Et d’ajouter : « Pendant ce temps, d’autres personnes jetaient des pierres » sur la voiture.
M. Lafrenière ajoute que la personne a été jetée sur le côté et n’a pas été blessée.

Le risque que la personne devant le véhicule se fasse renverser ou écraser n’était-il pas élevé? Le policier « faisait face à une foule hostile. S’il était descendu du véhicule seul, malheureusement, il aurait pu faire usage de son arme à feu » puisqu’il se serait retrouvé dans une situation potentiellement menaçante, explique le porte-parole.

L’utilisation d’un irritant justifiée?

La seconde vidéo, mise en ligne le 20 mai, montre une policière utiliser un irritant chimique à plusieurs reprises. Les évènements se sont déroulés au coin de Ste-Catherine et de St-Hubert dimanche soir, peu avant minuit. L’auteur de la vidéo, à qui nous avons parlé, ne souhaite toutefois pas être identifié.

Les images n’expliquent pas ce qui s’est passé avant que la policière l’utilise sur une première personne, mais l’intégralité de l’échange est ensuite filmée.

Olivier Grondin, le jeune homme qu’on voit recevoir l’irritant, explique qu’il avait demandé à la policière d’expliquer son comportement avec deux jeunes femmes qui avaient essayé de passer. « Elle leur a dit de « décâlisser ». Je lui ai demandé « Pourquoi vous êtes violent avec les gens? Vous pouvez juste nous demander de circuler ». Elle a menacé de m’arrêter. »

Il affirme lui avoir ensuite dit qu’elle n’avait pas besoin de le frapper et qu’il pouvait le faire lui-même. Il dit s’être alors mis lui-même trois coups. Le ton est alors monté et la policière a utilisé l’irritant.

« Ça fait des semaines que je fais des manifestations et les policiers sont soit excessivement impolis, soit excessivement brutaux. » – Olivier Grondin

M. Grondin souhaite toutefois continuer de manifester : « Oui, il faut. Je m’excuse souvent auprès de ma mère. Mais si c’est pour protéger des idées, je vais prendre des coups de matraque ».

Un manifestant sur place, Moustafa Chamli, soutient que la situation ne justifiait pas une telle intervention. « Je n’ai pas pu entendre l’altercation au complet, mais je ne vois pas de raison » à l’utilisation de cet irritant chimique. Il précise ne pas avoir entendu d’insultes ni vu de comportement violent. « Je n’ai vu personne s’en prendre directement à la police », indique-t-il, en ajoutant qu’il s’agissait de sa première manifestation.

De son côté, Ian Lafrenière affirme ne pas avoir vu cette vidéo. « On n’est pas infaillible, déclare-t-il toutefois. Il y a sûrement des cas où les policiers pourraient être réprimandés en fonction de la déontologie policière ». Il note que le SPVM enregistre «des records de plaintes » ces derniers temps.

Un conflit qui perdure

Malgré cela, le porte-parole défend le travail des policiers du SPVM, en soulignant qu’ils ont dû faire face à plus de 250 manifestations depuis le début du conflit étudiant (sans toutefois établir un lien direct entre ce conflit et les évènements d’hier).

« C’est une situation que peu de services de police ont vécue. Présentement on s’en sort plutôt bien dans le sens qu’il n’y a pas de blessés graves. » – Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM

« Plusieurs policiers se font agresser » par une minorité de gens criminalisés, selon M. Lafrenière. Il précise que la majorité des gens veulent faire passer un message pacifiquement.

Une rotation de personnel avec la Sûreté du Québec a eu lieu le week-end dernier pour permettre à plusieurs d’entre eux de se reposer, note M. Lafrenière. S’il estime que les policiers restent prêts à servir, il s’interroge toutefois sur d’éventuelles conséquences d’une prolongation des manifestations dans les prochains mois.

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Florent DaudensLa loi spéciale s’appliquerait aux tweets

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 publié le 18 mai 2012 à 15 h 05

Le projet de loi spéciale à l’étude à l’Assemblée nationale pourrait aussi toucher Twitter, a confirmé ce matin Michelle Courchesne en chambre. Et possiblement Facebook aussi.

Interrogée à cet effet par les députés Jean-Martin Aussant (Option nationale) et Stéphane Bédard (Parti québécois), la ministre de l’Éducation a confirmé que la police pourrait remonter jusqu’à l’auteur d’un tweet appelant à manifester. « Ce seront les corps policiers qui auront à décider si effectivement il y a lieu de remonter la filière » pour retrouver la personne à l’origine d’un appel à manifester, a-t-elle déclaré. Et d’ajouter qu’il reviendrait aux tribunaux de poursuivre ou pas l’auteur du tweet. « On ne peut pas prévoir tous les cas d’espèce », estime

On peut voir l’échange avec le député du PQ ci-dessous.

D’autre part, on ignore si arborer un carré rouge comme image de compte sur Twitter pourrait donner lieu à des poursuites. Mme Courchesne n’a pu répondre au sujet de la légalité du port du carré rouge en personne. La question de son port virtuel n’a pas été abordée.

La question des statuts Facebook n’a pas été abordée en chambre, mais on peut supposer que les mêmes dispositions s’appliqueraient.

Des amendements ont été apportés à l’article 29 : les mots « par un encouragement, un conseil, un consentement, une autorisation ou un ordre » ont été retirés, ainsi que « par un acte ou une omission ». Cet article peut concerner les citoyens relayant sur les réseaux sociaux un appel à manifester, par exemple. Toutefois, sur RDI, des juristes ont affirmé qu’il était difficile d’évaluer l’impact de cette loi et de ses amendements, y compris par rapport aux réseaux sociaux (voir la vidéo ci-dessous, dans la quatrième partie).

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