
Mitt Romney a participé mardi à la collecte de dons pour les sinitrés de l’ouragan Sandy à Kettering, en Ohio.
Alors que Sandy secouait le nord-est des États-Unis et que les interventions de sauvetage allaient rondement, lundi soir, plusieurs médias américains rappelaient que le candidat républicain veut transférer aux États les responsabilités de l’agence fédérale qui coordonne les mesures d’urgence, la Federal Emergency Management Agency (FEMA).
Interrogé sur le financement de la FEMA lors d’un débat contre les autres candidats aux primaires républicaines, en juin 2011, Mitt Romney avait même évoqué la possibilité de s’en remettre au secteur privé en affirmant que « chaque fois qu’il y a une occasion de transférer aux États des responsabilités du gouvernement fédéral, on va dans la bonne direction, et si on peut aller encore plus loin et transférer ces responsabilités au secteur privé, c’est encore mieux ».
Le New York Times, qui a déjà donné son appui à Barack Obama, affirme que la décentralisation des mesures d’urgence « est une notion absurde » puisqu’il s’agit de l’une des fonctions les plus vitales du gouvernement fédéral.
Plusieurs commentateurs politiques notent que la position défendue par Mitt Romney est tout à fait cohérente avec la volonté des républicains de transférer un maximum de pouvoirs aux États pour réduire le déficit de Washington. Le débat sur l’« ObamaCare », cette réforme de l’assurance maladie chère au président Barack Obama, en est l’exemple le plus frappant. Trop chère pour le gouvernement fédéral, mais acceptable pour certains États, dont le Massachusetts, où Mitt Romney a mis en place un service semblable.
Reste qu’en pleine tempête, les interrogations étaient nombreuses quant à la nécessité de réduire la taille du gouvernement fédéral jusqu’à lui enlever la gestion de crises, somme toute, nationale.
Le correspondant du Newsweek/Daily Beast Michael Tomasky écrit que le contrôle des inondations n’échoue que lorsque les élus prennent des « décisions stupides, comme l’a fait un certain gouverneur du Massachusetts [Mitt Romney] » en 2004, lorsqu’il a empêché le financement d’un projet de prévention d’inondation d’une ville qui a ensuite été inondée, comme le rapporte le Huffington Post.
Talonnée par les journalistes mardi matin, Mitt Romney n’a pas répondu aux questions sur le sujet, mais son équipe de campagne a toutefois envoyé une déclaration écrite, indiquant que « le gouverneur Romney pense que les États doivent être chargés de la gestion de secours d’urgence en cas de tempête et de catastrophe naturelle sur leur territoire. Étant les premiers à intervenir, les États sont mieux placés pour aider les personnes et les municipalités, pour orienter les moyens et les secours dans les zones où ils sont nécessaires. Y compris ceux provenant des agences fédérales et de l’Agence fédérale des situations d’urgence.»
Pendant ce temps, le gouverneur (républicain) du New Jersey, Chris Christie, a fait l’éloge du président Barack Obama à plusieurs reprises, affirmant s’être entretenu avec lui et avoir apprécié son leadership. Sur la chaîne conservatrice Fox News, il a d’ailleurs affirmé sans ambages qu’il n’avait rien à cirer d’une éventuelle visite de Mitt Romney et de la course à la Maison-Blanche.
Sandy aura-t-elle, pour autant, un effet sur l’issue du vote, le 6 novembre?
Pour me joindre :
bruno.maltais@radio-canada.ca